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 Alien : saga indirectement K.Dickienne?

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Mat
Le Pharaon
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MessageSujet: Alien : saga indirectement K.Dickienne?   Dim 22 Aoû 2010 - 2:46

Nul besoin de présenter l'écrivain, son monde et l'impact de ce dernier sur la SF (t'inquiète pas Skay, je vais le présenter quand même^^). Devenu l'un des romanciers les plus importants de l'anticipation et du cyberpunk, il créer un univers de solitude et de mensonge, foncièrement cruel, intransigeant et anti-altruiste, où les individus doivent vivre seuls l'éprouvante découverte de la réalité des mondes environnants. Le factice est au coeur de sa bibliographie : tantôt l'être Humain dans sa nature physique, tantôt l'Humanité dans sa signification transcendante, tantôt la vie, tantôt la mémoire, tantôt la logique, tantôt la morale, tantôt la science, tantôt la vérité officielle, tantôt la légitimité et la bienveillance du pouvoir en place, tantôt le tissu spatio-temporel de la réalité elle-même : tout est faux à un moment ou à un autre. Parfois, même ce qui est sensé être faux n'est pas ce qu'il devrait être. Blade Runner, Minority Report, Total Recall, Impostor, Planète Hurlante, The Truman Show... sont autant de grands films célèbres dont le socle nous arrive de l'esprit de Dick.

La connexion entre Alien et K. Dick, c'est Ridley Scott. Quatre ans après Alien, le réalisateur adaptera une nouvelle de l'auteur pour réaliser Blade Runner.

Ce qui peut frapper, c'est la nette proximité de ton existant tant dans le fond que dans la forme entre Alien, le monstrueux bébé de Scott, d'O'Bannon et de Giger, et Blade Runner, l'hybride Scott/Dick.

Les deux films dépeignent ces univers (symboliquement pour Alien, bien sûr, puisque son univers hors-caméra ne se limite pas à un vaisseau et à un décor lunaire) noirs, mécaniques et étriqués, où la technologie est laide, les ciels ombragés, les Humains défaillants. L'ambiance va dans les deux cas au marasme, à une violence inévitable et anxiogène, à la solitude de tout un chacun au milieu du groupe. De manière plus formelle, on aurait aucun mal à unifier les deux univers s'il n'y avait l'incompatibilité chronologique (en 2019, Roy est bien plus avancé que Ash, qui ne sera construit que des décennies plus tard au moins) : profondément cyberpunk, on y retrouve le règne des multinationales (Tyrell Corporation/Weyland-Yutani) , la violence de leurs caprices et leur désintérêt pour la vie et la dignité d'autrui, mais aussi la manipulation qui remet toute la société en question (Consigne spéciale appliquée par Ash et Mère, vérité sur Rachel et l'humanité des créateurs/créations) , ou encore l'androïde tueur qu'il faut identifier au milieu des leurres (Ash/les nexus 5) , une civilisation mécanique, titanesque et sombre où les gens fuient vers le ciel (le dirigeable appelant les accidentés de la vie à tenter leur chance dans les colonies de l'espace aurait pu être à l'origine de la carrière de l'un des routiers du Nostromo) ...

A se demander si quand Scott a adapté Les moutons électriques, il n'était pas dans le même état d'esprit qu'il l'avait été 4 ans plus tôt, pour Alien, attestant de leur compatibilité spirituelle.

Bien sûr, le huitième passager, l'alien, ne répond pas forcément directement aux thématiques de Dick. Cependant, si on dépasse le premier degré, pas besoin d'aller bien loin pour voir que la créature non plus n'est pas ce qu'elle semble être, et arrive d'une tromperie. C'est le complot de la multinationale qui a été la chercher là où elle se trouvait et qui lui a donné les moyens de nuire, de la même manière que Roy devient immoral parce qu'il ne supporte pas la mort prématurée qu'on a inscrite arbitrairement et injustement dans sa nature physique. La menace est une sorte de réaction chaotique (voulue ou du moins prévisible) à une manipulation douteuse de l'organisation dans sa quête de satisfaction, de profit. L'Alien passe d'abord pour une évidence simple, qui se suffit à elle-même, avant que la supercherie ne se dévoile, montrant que derrière la bête, il y ceux qui, déguisés, ont joué double-jeu : Mère, Ash (avec qui la réalité de l'être Humain, une fausse réalité de plus, vole aussi en éclats par surprise) et les employeurs. Avec cette "trinité" saute la légitimité affective, hiérarchique, logique... Eux-mêmes (les comploteurs) ne sont pas ce qu'ils semblent être et le huitième passager n'est finalement plus que leur paravent, l'avatar de l'écran de fumée généralisé qu'ils ont tissé au nom de toute la société, tout le système, qu'ils représentent.

Par dessus le marché, on peut se demander si dans les notions qu'est traditionnellement censé représenter la créature (Eros, Thanatos...) , il n'y a pas un reflet symbolique des sentiments d'égoïsme et de désir au sens large, qui font agir les manipulateurs (la Weyland-Yutani dans le cas présent mais aussi la Tyrell dans l'absolu) comme ils le font, c'est-à-dire en refusant aux autres tout droit à leur intégrité et à leur autodétermination, pourvu que eux obtiennent ce qu'ils veulent au bout du compte (peu importe ce que c'est) .

En cela, ce monde et ses agents est "digne" de ses homologues Dickiens dans la duperie, l'égocentrisme, la solitude, l'envie et l'irresponsabilité. Déjà alter ego de Blade Runner dans son esthétique et dans les grandes lignes de son univers, Alien reprend alors en lui cette ambivalence du vrai et du faux, ainsi que cette désillusion sur la nature Humaine et sur les belles histoires qu'elle se raconte, qui caractérisent tant le monde de Dick.

Bien sûr, Alien devient par la suite une saga plus étendue, qui échappe à Ridley. Cependant, elle reste sur un axe linéaire et enrichit le cyberpunk spatial de la franchise en répondant à l'esprit d'Alien 1, sans jamais le remettre en cause. On peut donc dire que si jamais Scott était déjà influencé par Dick quand il a fait Alien, ou s'il a tourné Blade Runner en s'inspirant de son Alien, alors Aliens, Alien 3 et Résurrection respectent l'héritage de cette composante Dickienne en eux-mêmes.



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