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 Metropolis

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Mat
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MessageSujet: Metropolis   Mar 19 Aoû 2008 - 0:28





Métropolis, la cité titanesque, fonctionne à deux vitesses: les maîtres dans les somptueux jardins et balcons ornant les sommets des tours, les ouvriers dans la ville souterraine: salle des machines de la taille d'une mégapole, au rythme de travail ininterrompu et périlleux. Ici meurent les esclaves de l'ère industrielle, pour le compte des citadins indifférents. Mais le fils de l'administrateur de Métropolis tombe amoureux de Maria, une jeune fille de condition ouvrière...



Année de sortie : 1927
Réalisateur : Fritz Lang
Producteur : Erich Pommer
Scénariste : Fritz Lang & Thea von Harbou
D'après une œuvre originale de : Thea von Harbou, épouse du réalisateur (roman Métropolis, 1926)
Compositeur : Gottfried Huppertz
Nationalité : Allemande



Alfred Abel - Joh Fredersen
Brigitte Helm - Maria / L'androïde
Gustav Fröhlich - Freder Fredersen
Rudolf Klein-Rogge - Rotwang, l'inventeur
Theodor Loos - Josephot / Joseph
Fritz Rasp - Le grand échalas
Erwin Biswanger - Georgy, n°11811
Heinrich George - Grot
Hanns Leo Reich - Marinus
Heinrich Gotho - Le maître de cérémonie






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MessageSujet: Re: Metropolis   Dim 15 Mar 2009 - 18:17

Métropolis est un titre légendaire à bien des égards. Savant fou, androïde, voitures volantes, mégapole futuriste, décors hyper-esthétiques , et bien sûr commentaire illustré de la société réelle... Autant de codes de la science-fiction qui sont nés au cinéma avec Métropolis, bien que le film lui-même n'ait pas été le premier du genre - puisque devancé depuis 1902 par Le Voyage dans la Lune de Meliés.
Sa sphère d'influence reste pourtant immense, et inspirera nombre de références explicites dans la science-fiction sur grand et petit écran (par exemple, le commissariat de Blade Runner, la cité des Étrangers dans Dark City, C-3PO dans Star Wars...) et dépassera même ce genre, marquant ainsi d'autres branches du cinéma. On verra du Métropolis jusque dans la bande dessinée, les clips musicaux et le jeu vidéo. Citons aussi le film Japonais d'animation du même nom, et bien sûr le THX 1138 de Georges Lucas, généralement considéré comme l'une des variations les plus intéressantes sur le thème de "la cité d'anticipation": laboratoire et vignette d'une certaine vision socio-économique, politico-culturelle et scientifico-technologique (le facteur écologique étant lui beaucoup plus tardif) d'un futur possible.

Le film a connu maintes difficultés. Après avoir fuit l'Allemagne nazifiante pour les États-Unis d'Amérique, son réalisateur le renia pendant un temps car Hitler, jamais rassasié de propagande, lui avait brodé de toutes pièces une interprétation national-socialiste. L'ex-femme de Lang, mère du roman originel et co-scénariste du film, serait ensuite proche du parti nazi, mais plusieurs années plus tard... on se demande d'ailleurs si cette adhésion n'était pas bon gré mal gré.
Dépecé de fond en comble par des studios qui, en matière de réussite artistique, n'y voyaient jadis pas plus clair qu'aujourd'hui, il fut amputé de séquences entières, définitivement supprimées, du moins croyait-on. Aussi les versions assemblées recemment portaient-elles une mention rappelant qu'un quart du film était considéré comme perdu à jamais. Mais, par miracle, la fondation Murnau semble l'avoir redécouvert en intégralité, dormant à Buenos Aires, en... 2008. Peut-être Métropolis pourra-t-il alors bientôt renaître entièrement !
Curieusement, ce film de Lang - aujourd'hui considéré comme un pilier du genre - apparut sur les écrans alors que la SF au cinéma n'avait pas encore vraiment pris conscience d'elle-même ! Certes, on parlait depuis un certain temps d'anticipation et parfois de "scientifiction", mais dans le domaine de la littérature (romans et premiers comics) . Au cinéma existait seulement une tendance générique, l'expressionnisme, consistant à déformer et styliser le réel dans une optique onirique et émotionnellement frappante. Dans l'idée générale, Métropolis n'était donc qu'un décor original mais parmi d'autres pour l'expressionnisme, comme il existait des tons médiévaux, délirants ou même classiques.
Rétrospectivement, ce film a insufflé d'emblée une crédibilité à la science-fiction, même si après la longue période des nanars de guerre froide (quoique parfois entrecoupés de quelques réussites comme Planète Interdite et Le jour où la Terre s'arrêta) il fallut attendre La Planète des Singes et 2001 Space Odyssey pour qu'elle soit de nouveau reconnue.
Outre une esthétique réellement unique, cette crédibilité s'appuie sur un scénario et un sujet forts: à l'heure de la crise économique et de la montée des extrêmes dans la République Allemande de Weimar, le réalisateur Autrichien y signe un beau et grave manifeste à propos de la condition ouvrière, "prolétaire" de son temps, mais pourtant toujours d'actualité aujourd'hui. Car, à la manière d'un Germinal ou des Temps Modernes, Métropolis illustre un vieux et sensible débat: la lutte des classes, Homo Industrialus, et l'exploitation de l'Homme par l'Homme. D'ailleurs, les thèmes de la cité-usine, de l'aliénation Humaine par le travail à la chaîne, et de la mécanisation aveugle du monde sont finalement les premières pierres apportées au Cyberpunk. En attendant, plus tard, celles de l'atome et de la pollution, puis celles du virtuel et du génome.
La présence de l'androïde usurpateur, ainsi que d'une cité industrielle futuriste dont certains plans et décors ont été repris avec précision dans Blade Runner, sont également des indices explicites quant à cette racine Cyberpunk.
Egoïstes, comme à leur habitude, les Humains exploitent une majorité pour le confort d'un petit nombre. Le désordre social en résultant amène la violence, catalysée autour d'un building principal digne de Babel. Car ici, où les Hommes ne s'entendent plus, Babel va-t-elle échouer de nouveau? Finalement non, parce que Métropolis vante non la lutte, mais bien la collaboration des classes, dans l'harmonie, la justice et le respect. "La médiation du coeur entre le cerveau et la main". Décrié de manière fallacieuse, à la fois comme sympathie Nazie et comme propagande Bolchevique en fonction des inclinaisons politiques du critique, le film prouve ainsi se tenir solidement à la place que lui donne son idéal de justice sociale paisible et conciliante, emplit de bonne volonté et d'idéalisme, sans extrémisme.

Visionner Métropolis n'est pas semblable à la découverte de films plus récents. Le film de Fritz Lang restera muet, noir et blanc ou encore recolorisé de manière criarde, et partagé entre différents montages issus de la fastidieuse reconstitution du film après son meurtre. (Mention spéciale à la version colorisée, pourvue d'une bande son mêlant Freddy Mercury, Bonnie Tyler et d'autres encore)
Quoi qu'il en soit, le regarder ne peut laisser indifférent. Après tout, nous sommes ici au coeur de plusieurs sous-genres de la science-fiction, et Métropolis n'est pas qu'un précurseur, il est aussi un bon film. Si les massacres successifs du montage ont rendu un peu simples certains traits du scénario et des personnages, (défauts qui devraient être en partie drainés avec la renaissance de la version quasi-intégrale) je reste fasciné par le rythme fiévreux de ce film très instinctif, sans dialogue oral, où nos oreilles ne sont bercées que par la musique. (très différente selon la version) Cela rend tout bonnement hypnotique cet univers, entre la nouvelle Babel et les voitures volantes virevoltant autour, ces colonnes d'ouvriers synchronisés en route pour la gueule du Moloch mi-sculptural mi-mécanique, la scène de l'horloge, le grand engloutissement, la découverte du robot... finalement, le film ressemble à un opéra baroque. C'est encore plus flagrant à propos des versions recolorisées avec des filtres monochromes criards, que je trouve davantage dans le ton que le noir et blanc d'origine. Outre cela, je suis tout bonnement éberlué en imaginant comment ces créateurs de 1926 et 1927 sont parvenu à imaginer de manière si moderne la mégapole futuriste avec ses voitures volantes, le robot...

Il y a beaucoup de points de détail que je pourrais citer longuement, aussi pour aller au plus court dirais-je simplement que j'aime ce film et que je trouve qu'il mérite son statut. C'est une merveilleuse fable moderne, et comme le disait la romancière dans la préface de l'oeuvre originelle:
Citation :
« Ce livre n'est pas un tableau du présent.
Ce livre n'est pas un tableau de l'avenir.
Ce livre ne se passe nulle part.
Ce livre ne sert aucune tendance, aucune classe, aucun parti.
Ce livre est un drame qui tourne autour d'une seule et même expérience :
le médiateur entre le cerveau et les mains, c'est le cœur. »

Vivement la sortie de la version presque intégrale, une fois restaurée. J'espère qu'outre le noir et blanc, il y aura une nouvelle version modernisée.
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Rangil
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MessageSujet: Re: Metropolis   Mer 9 Juin 2010 - 11:21

J'ai récemment acheté la version intégralement restauré, sortie cette année. Enfin, le terme "intégralement" est un peu abusif, même s'il est revendiqué par la jaquette : il manque encore de nombreuses scènes. Le film dure deux heures, il doit facilement manquer une demie-heure : par moment, un écran noir apparaît, avec un simple texte pour résumer ce qui devait composer les scènes manquantes. Parfois, ce n'est pas très grave (certaines scènes sont faciles à imaginer), d'autres fois, c'est vraiment dommage, car on sent que les scènes en question auraient vraiment été marquantes, je pense notamment
Spoiler:
 

Malgré tout, cette édition vaut le coup d'oeil. Déjà, parce que la jaquette est très jolie ^^ Et ensuite parce que les bonus sont nombreux (je ne les ai pas encore visionnés) et la restauration, faite de manière très professionnelle, avec différents sous-titres en fonction de l'état de la restauration du film. Tout ça à prix riquiqui, bref, si vous n'avez pas le film et que vous êtes intéressé, vous pouvez sans crainte sauter sur l'occasion. Attention tout de même, il n'y a pas de version en couleur dans cette édition (à moins que je n'ai pas été capable de la trouver, mais ça m'étonnerait, quand même ^^"). Ce qui, personnellement, ne m'a pas gêné du tout.

Citation :
finalement, le film ressemble à un opéra baroque

Je retiendrai surtout cette phrase de Mat : c'est effectivement l'impression que j'ai eu, en voyant ce film. J'ai vraiment été subjugué par la magie des images et de la musique, au point de regretter que le cinéma ait arrêté de produire des films muets. C'est incroyable à quel point on peut développer un scénario de qualité (surtout pour l'époque, où les histoires d'androïdes ne faisaient pas légion) avec quelques lignes de dialogue à peine. Les acteurs ont un jeu évidemment exagéré, pour faire passer leurs émotions, mais c'est ici un point positif, car cela donne au film une ambiance vraiment unique. Le revers de la médaille, c'est que Metropolis écope également des défauts que l'on retrouve souvent dans les opéras, notamment
Spoiler:
 
Mais bon, ça c'est le post-adolescent du XXIème qui parle, dans les années 1920, le contexte artistique était différent et cela ne faisait pas de mal d'avoir enfin une vision un peu optimiste de l'homme.

Certains détails m'ont tout de même choqué. A la fin notamment,
Spoiler:
 
Surtout, un point que je n'arrive pas à m'expliquer, c'est le pentagramme inversé dans le labo du savant Suspect Je veux dire, certes, le réalisateur fait des parallèles constants avec la Bible et il est parfaitement logique de voir ce laboratoire comme un lieu habité par Satan. Mais enfin, quand même, on peut le faire avec plus de subtilité O_o Vous imaginez, vous allez au CNRS et là, vous voyez un cercle diabolique de deux mètres de haut peint à l'entrée ? D'accord, le savant fou est méchant, mais enfin il n'a rien de mieux et de plus discret à faire que de s'amuser à peindre des symboles satanistes géants dans sa maison ? Faut pas qu'il s'étonne que personne n'aie envie de lui rendre visite, ensuite !
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Mat
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MessageSujet: Re: Metropolis   Sam 12 Juin 2010 - 22:30

Citation :
J'ai récemment acheté la version intégralement restauré, sortie cette année. Enfin, le terme "intégralement" est un peu abusif, même s'il est revendiqué par la jaquette : il manque encore de nombreuses scènes. Le film dure deux heures, il doit facilement manquer une demie-heure : par moment, un écran noir apparaît, avec un simple texte pour résumer ce qui devait composer les scènes manquantes.
Il ne doit pas s'agir de la version de Buenos Aires alors, car celle-ci est sensée être quasiment intégrale.

Citation :
la lutte [...] faisait vraiment datée...
Mais, ça l'est aarf

Citation :
je trouve d'ailleurs que l'actrice jouait bien mieux l'androïde démoniaque que la jeune fille vertueuse ^^
Clairement...

Citation :
Surtout, un point que je n'arrive pas à m'expliquer, c'est le pentagramme inversé dans le labo du savant Suspect Je veux dire, certes, le réalisateur fait des parallèles constants avec la Bible et il est parfaitement logique de voir ce laboratoire comme un lieu habité par Satan. Mais enfin, quand même, on peut le faire avec plus de subtilité O_o Vous imaginez, vous allez au CNRS et là, vous voyez un cercle diabolique de deux mètres de haut peint à l'entrée ? D'accord, le savant fou est méchant, mais enfin il n'a rien de mieux et de plus discret à faire que de s'amuser à peindre des symboles satanistes géants dans sa maison ? Faut pas qu'il s'étonne que personne n'aie envie de lui rendre visite, ensuite !
Outre le fond de naïveté qu'on ne peut pas nier (il ne suffisait pas forcément d'inventer le cinéma pour en posséder l'aisance que l'on en a avec un siècle de pratique), je pense qu'il faut le comprendre en partie de manière utilitaire et non simplement idéologique et/ou esthétique. En effet, la vision populaire de la science et de la technique de haut niveau à cette époque est encore approximative. Je veux pour exemple Le voyage dans la Lune, tourné 25 ans plus tôt par Méliès, et où bien que depuis 1837, des chercheurs aient conclu qu'il n'y avait ni eau ni atmosphère sur la Lune (merci Artheval) , soit le public manquait à tel point de représentations, soit il s'en fichait tellement, que ne posait aucune question le fait que des hommes se promènent en complet-veston sur une Lune Vernienne (champignons géants...) parfaitement respirable, pour y rencontrer les Sélénites, une version insectoïde de l'image d'épinal du sauvage des colonies. Et, point révélateur, ce film était classé dans la catégorie féérie, dans laquelle on casait à l'époque indistinctement tout ce qui préfigurait la SF, la fantasy... et Métropolis est selon moi, à cet égard, le meilleur descendant du Voyage dans la Lune. Là où je veux en venir, c'est qu'à mon avis, Rotwang, le savant fou du film, peut très bien pratiquer la sorcellerie, une sorcellerie hybridée utilisée tout naturellement pour donner une connotation occulte et puissante à une science qui serait un peu d'aspect boing boing si elle était trop "pure". Il n'y a pas un pentagramme parce qu'il "fait style maléfique" mais parce que cela fait partie des pratiques visant directement une accumulation de pouvoir et de connaissance surnaturels. Je ne pense pas que cela aurait choqué un public ne se posant guère la question là non plus. Bien sûr, il y a des contre-exemples, tel que les savants Verniens (Robur, Nemo...) qui sont voulu très rationnels, mais d'autres, comme Frankenstein et ici Rotwang, sont plutôt le chaînon manquant, le passage de relais, entre le sorcier et le savant fou. Peut-être Rotwang est-il l'ancêtre du sorcier typique de Farscape, ou même du technomage de B5...^^


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MessageSujet: Re: Metropolis   Sam 4 Déc 2010 - 15:30

(Qu'as-tu pensé de ma conception de la chose, Rangil?)

Frell de mivonks, je viens tout juste de réaliser que la version "ultime" a été diffusée sur Arte en février 2010, et donc je l'ai bien entendu ratée! En plus, pour l'instant, le seul DVD-blu-ray qui semble exister pour cette version est très cher et probablement limitée zone 1... de toute façon, ils n'ont pas l'air de s'être fait chier pour ce disque. Pour moi, le blu-ray idéal aurait bien sûr la version authentique de 2008 comme centre de gravité de son contenu, mais il serait aussi intéressant d'avoir les montages antérieurs commentés à titre didactique, et/ou au moins la version recolorisée et resonorisée, au contraste stylistique impressionnant, puis bien sûr recaser des documentaires sur le film, le livre initial et leur parcours, sur F. Lang, sur l'héritage immense du film, sur l'essence de la SF à l'époque, sur le contexte global des sociétés et notamment Weimarienne finissante (au profit de l’Hitlerisme) entourant la genèse du film et sa carrière à l'époque...
Enfin bon, c'est l'édition dont je rêve, mais je croise surtout les doigts pour une version VOSTFR du montage intégral qui soit au moins disponible en zone 2, même "toute nue", au pire...


Dernière édition par Mat Vador le Ven 10 Déc 2010 - 1:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Metropolis   Jeu 9 Déc 2010 - 8:28

Oups, shame on me, j'avais complètement zappé ce topic !

Citation :
Il ne doit pas s'agir de la version de Buenos Aires alors, car celle-ci est sensée être quasiment intégrale.
Je n'ai malheureusement pas ma version dans mon appartement, donc je ne peux pas vérifier, mais je suis certain qu'elle est récente et plutôt complète. Maintenant, je n'ai aucune idée du nombre de minutes qui manquent... S'il faut, ce n'est peut-être que 20 minutes d'images sur un film de plus de 2h. Il faudra vraiment que je pense à vérifier ça lorsque je rentrerai chez moi !

Citation :
Citation :
la lutte [...] faisait vraiment datée...
Mais, ça l'est aarf
Oui, c'est sûr que le film est vieux, mais globalement, je le trouve assez intemporel, avec de nombreuses scènes marquantes même pour aujourd'hui. Sauf ce happy end avec un combat sur le toit, qui me rappelle plus la série Zorro que regardaient nos parents qu'autre chose ^^ C'est dommage qu'un film si puissant s'achève comme ça, le happy end est compréhensible, mais il devient encore plus lourd avec la séquence Le méchant kidnappe la fille + combat héros / méchant sur un toit + on s'avoue notre amour et la ville entière, réunie, chante joyeusement tandis qu'on s'embrasse. Bon, c'est pas rébarbatif, mais j'ai trouvé ça un peu dommage ^^ Franchement, imagine qu'à la fin de Farscape, Aerin ait été kidnappée sur un toit et que Chriton doive la sauver tandis qu'elle pleure en le suppliant de ne pas se faire mal ! Qui ne préfèrerait pas tuer directement le personnage pleurnichard pour garder la femme forte et diabolique, je vous le demande niark ?

Citation :
Outre le fond de naïveté qu'on ne peut pas nier (il ne suffisait pas forcément d'inventer le cinéma pour en posséder l'aisance que l'on en a avec un siècle de pratique), je pense qu'il faut le comprendre en partie de manière utilitaire et non simplement idéologique et/ou esthétique. En effet, la vision populaire de la science et de la technique de haut niveau à cette époque est encore approximative. Je veux pour exemple Le voyage dans la Lune, tourné 25 ans plus tôt par Méliès, et où bien que depuis 1837, des chercheurs aient conclu qu'il n'y avait ni eau ni atmosphère sur la Lune (merci Artheval) , soit le public manquait à tel point de représentations, soit il s'en fichait tellement, que ne posait aucune question le fait que des hommes se promènent en complet-veston sur une Lune Vernienne (champignons géants...) parfaitement respirable, pour y rencontrer les Sélénites, une version insectoïde de l'image d'épinal du sauvage des colonies. Et, point révélateur, ce film était classé dans la catégorie féérie, dans laquelle on casait à l'époque indistinctement tout ce qui préfigurait la SF, la fantasy... et Métropolis est selon moi, à cet égard, le meilleur descendant du Voyage dans la Lune.
Etant donné que je viens tout juste d'acquérir le voyage sur la lune de Méliès, je pourrai les comparer plus rigoureusement d'ici quelques jours, mais qu'entends-tu par "utilitaire" ?

Citation :
Là où je veux en venir, c'est qu'à mon avis, Rotwang, le savant fou du film, peut très bien pratiquer la sorcellerie, une sorcellerie hybridée utilisée tout naturellement pour donner une connotation occulte et puissante à une science qui serait un peu d'aspect boing boing si elle était trop "pure". Il n'y a pas un pentagramme parce qu'il "fait style maléfique" mais parce que cela fait partie des pratiques visant directement une accumulation de pouvoir et de connaissance surnaturels. Je ne pense pas que cela aurait choqué un public ne se posant guère la question là non plus. Bien sûr, il y a des contre-exemples, tel que les savants Verniens (Robur, Nemo...) qui sont voulu très rationnels, mais d'autres, comme Frankenstein et ici Rotwang, sont plutôt le chaînon manquant, le passage de relais, entre le sorcier et le savant fou. Peut-être Rotwang est-il l'ancêtre du sorcier typique de Farscape, ou même du technomage de B5...^^
Je n'avais pas vu les choses ainsi, mais effectivement, cela me paraît assez juste. Sans compter qu'entre sa dégaine et son attitude, Rotwang ressemble beaucoup à un sorcier, une chose que ses motivations ne font que renforcer. J'essaie de ressusciter la femme que j'aime, c'est un peu la motivation de base du nécromancien moyen. J'aime bien cette interprétation ^^

Citation :
Frell de mivonks, je viens tout juste de réaliser que la version "ultime" a été diffusée sur Arte en février 2010, et donc je l'ai bien entendu ratée! En plus, pour l'instant, le seul DVD-blu-ray qui semble exister pour cette version est très cher et probablement limitée zone 1... de toute façon, ils n'ont pas l'air de s'être fait chier pour ce disque. Pour moi, le blu-ray idéal aurait bien sûr la version authentique de 2008 comme centre de gravité de son contenu, mais il serait aussi intéressant d'avoir les montages antérieurs commentés à titre didactique, et/ou au moins la version recolorisée et resonorisée, au contraste stylistique impressionnant, puis bien sûr recaser des documentaires sur le film, le livre initial et leur parcours, sur Murnau, sur l'héritage immense du film, sur l'essence de la SF à l'époque, sur le contexte global des sociétés et notamment Weimarienne finissante (au profit de l’Hitlerisme) entourant la genèse du film et sa carrière à l'époque...
Comment dit-on "crétin", déjà, en farscapien ? Parce que je viens de me rendre compte que je n'ai pas encore vu les bonus présentés sur mon DVD ! Je sais que j'en ai une pléiade, dont divers concerts qui reprennent les musiques de Métropolis, mais il serait intéressant de voir l'influence qu'a eu ce film sur les oeuvres qui ont suivi, ainsi que des informations sur la façon dont le contexte historique a influencé l'écriture (dans une période entre fascisme, nazisme et communisme, c'est toujours intéressant, ça) Est-ce que les scénaristes étaient plus inspirés par Hitler ou par Staline ? Est-ce qu'ils essaient d'adhérer à l'une de ces visions en la mignifiant, ou est-ce qu'au contraire, ils rejettent tout ça en montrant qu'ils ont tort ?
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MessageSujet: Re: Metropolis   Mer 29 Déc 2010 - 23:57

Et hop, une version en noir et blanc de 2004 récupérée au pied du sapin, une !

Pour ne pas réécrire ce qui a déjà été évoqué brillamment par mat, je vais faire court :

-Metropolis rappelle l'œuvre de Zola, en particulier Germinal. Je ne serai d'ailleurs pas étonné que von Harbou s'en soit inspiré. Bien sûr parce qu'on retrouve toute la problématique de lutte des classes et d'exploitation, mais aussi parce que plusieurs éléments précis sont communs aux deux œuvres. Je pense notamment à la Machine se muant en monstre avalant les ouvriers : Zola écrit justement une comparaison basée sur la même idée au début de Germinal. On retrouve également l'idée de l'inondation autodestructrice : Dans Metropolis, elle est en partie involontaire et se finit bien. Dans Germinal, les ouvriers inondent volontairement les mines, leur lieu de travail, faisant de nombreux morts au passage en connaissance de cause.

-Le film rappelle également dans sa conclusion une conception très allemande du socialisme, fondée sur la médiation (notamment par le biais de syndicats plus cogestionnaires que revendicatifs, traditionnellement) et qui au lieu de remettre en cause les logiques de domination, les entérine en prônant une médiation, des compromis entre les classes. Metropolis est en ce sens un film très intéressant, qui montre les logiques de domination mais offre une conclusion inconséquente qui montre qu'en somme, la domination est logique, naturelle (certains sont le cerveau, d'autres les mains, l'hypothèse n'est pas remise en question), mais doit être réalisée avec coeur. Fritz Lang lui-même a d'ailleurs confié regretter cet aspect :
Citation :
I was not so politically minded in those days as I am now. You cannot make a social-conscious picture in which you say that the intermediary between the hand and the brain is the heart. I mean, that's a fairy tale — definitely

-Le caractère visionnaire est assez impressionnant, même s'il est nécessaire de le nuancer. Rappelons par exemple que la sortie du film ne précéda que de trois ans la construction de l'Empire State Building. Malgré tout, les routes suspendues et pléthoriques, l'architecture très "quartiers d'affaires" de Metropolis préfigure ce qu'on vit plus tard. Même la cité ouvrière et ses immeubles ne sont pas si différents des grands ensembles de HLM construits en Europe après la guerre. Les effets spéciaux (notamment les astuces optiques très malignes) sont également remarquables pour l'époque.


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MessageSujet: Re: Metropolis   Sam 22 Oct 2011 - 15:49

J'ai profité de 5 heures de pause hier pour aller voir le film en version intégrale au cinéma. Un séance que je ne suis pas près d'oublier.

Citation :
Le film dure deux heures, il doit facilement manquer une demie-heure


Ça devait être à peu près ça puisque cette version dure 2h20. Et encore il manque encore certaines petites scènes.
Spoiler:
 

Le film était en noir et blanc ce que je trouve bien mieux. Je suis franchement retissant vis à vis de la colorisation des films. On retrouve aussi la musique originale, ou du moins la partition originale, géniale et qui colle parfaitement au film.
L'utilisation du thème reprenant un bout de
Spoiler:
 
Comme vous l'avez dit ça donne des airs d'opéra. Par contre je ne suis pas d'accord avec:

Citation :
Le revers de la médaille, c'est que Metropolis écope également des défauts que l'on retrouve souvent dans les opéras, notamment un happy end un peu cul-cul.

L'opéra n'est pas du tout mon domaine de prédilection en matière de musique mais dans ceux que je connais, la fin y est toujours assez tragique (et pareil pour le seul que je suis allé voir). Mais c'est vrai que j'ai été aussi un peu déçu par cette fin. Je trouve dommage de finir un travail aussi colossale par une fin aussi invraisemblable... Un peu de gaieté ne fait pas de mal certes, mais tout de même...

Je trouve ton développement sur le savant/sorcier très pertinent Mat. Le film transpose d'ailleurs de manière réussi pleins de références bibliques, de mythes...

Pour ce qui est de l'architecture de NewYork, Fritz Lang a dit lui même: "Metropolis est né du premier regard que j'ai jeté sur les gratte-ciels de New York en octobre 1924".

Metropolis est en tout cas un film immensément riche à tous les niveau, surtout pour son époque. Ses petits "travers" ne gâche en rien sa féerie et comme le dit Mat il mérite amplement son statut.

PS: il me semble avoir vu dans certain magasins cette édition intégrale en Blue-ray et DVD.

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