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 Dominion

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Zarquon
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MessageSujet: Dominion   Mar 15 Mar 2011 - 18:36

Dominion se déroule dans le futur (quelle originalité), et conte l'histoire de différents personnages dont le destin est lié. Je préfère ne pas trop en dire et vous laisser comprendre tout seul, même si tout ne parait pas clair au premier abord, c'est normal (du moins, je l'espère).
Je l'ai commencée il y a peu, et j'ai peu de temps disponible pour la compléter, donc je fais ce que je peux. Ceci n'est que le chapitre 1, d'autres sont déjà écrits, d'autres encore sont en cours d'écriture. Je vous prie de m'excuser s'il y a des fautes qui sont passées outre mon oeil de lynx et celui du correcteur de word, n'hésitez pas à me les communiquer.
Sur ce, je vous laisse découvrir, et attend une critique constructive d'ici peu.
Trêve de blabla inutile:
DOMINION

Première partie:
La Guerre des Trois Cités


1


Jared Krash était accoudé à la fenêtre de la grossière chambre qu’il avait réussi à louer en arrivant sur la planète. Il s’émerveillait devant le ciel orangé contrastant avec le gris des immeubles qui constituaient le Cœur, la capitale de Caeteri. Une légère brise soufflait dans ses cheveux, s’engouffrant à l’intérieur de la petite pièce, mais ne parvenant tout de même pas à réveiller la jeune femme allongée sur le lit qui prenait, pour faire simple, toute la place disponible.
Jared se retourna et contempla quelques minutes la silhouette élancée dont les détails lui étaient cachés par le contre jour. Il essayait de se rappeler ces petits détails : elle était brune, le visage fin, la peau blanche, presque pâle, ses yeux étaient bleu, ou vert, non, bleu. Quelques taches de rousseur parsemaient son visage. Elle était assez grande, peut être atteignait-elle le mètre soixante-dix. Elle portait une robe fine dont il ne se souvenait pas la couleur, mais il devina facilement qu’elle était rouge.
Les rayons du soleil rougeâtre faiblirent vaguement mais juste assez pour qu’il s’aperçoive qu’il avait raison sur toute la ligne. La jeune femme se réveilla, ouvrit les yeux et les dirigea vers l’homme qui la regardait.
–Jared, commença-t-elle d’une voix douce, tout va bien ?
–Ne t’inquiète pas ma chérie, répondit-il en laissant transparaitre le moins possible le stress qui l’envahissait.
Il revint à la fenêtre et vit quelques petites explosions dans le ciel. La guerre avait atteint Caeteri, leur fuite n’avait probablement servi à rien. Une petite larme coula de son œil gauche et ce fut la seule, il retint toutes les autres. Sa femme se leva et le rejoignit à la fenêtre, passant ses bras autour de son cou.
–Ils sont là ? demanda-t-elle, sa voix trahissant son inquiétude. Que va-t-on faire ?
–Attendre, répondit-il, avec un peu de chance, les vaisseaux du Tribun réussiront à se débarrasser de nos assaillants.
–Et si ce n’est pas le cas ? Il y avait tellement de vaisseaux lorsqu’on est parti de Lenur…
–Ils seront justement peut être trop occupés à défendre Lenur, manquant de ressources pour s’emparer de Caeteri. Nous sommes sur un monde du Tribun je te rappelle, ils peuvent faire appel à toute la force du CPGS.
Ils restèrent songeurs en pensant à cette dernière phrase. Caeteri faisait parti des Trois Cités, trois planètes fortement industrialisées mais se trouvant à la bordure extérieure de la galaxie, éloignée du centre du Consulat Pan-Galactique Standard et de sa capitale, Gaudréon. Les chances pour que le CPGS envoie le plus gros de sa flotte pour défendre cette petite planète distante étaient moindres. Ils avaient envoyé une partie de leur flotte, c’était certain, mais elle n’était aussi certainement pas suffisante pour écraser la rébellion Lenurate et Keiji. Et puis maintenant que les Catervas s’en étaient mêlés, les chances avoisinaient le zéro.
Lenur, l’une des Trois Cités, était la planète d’où venaient Jared et sa femme. Ils l’avaient quittée deux semaines auparavant, lorsque le sentiment de révolte commençait à s’approprier le cœur des Lenurates. Le gouvernement local n’avait pas tardé à réagir et avait déclaré la guerre à ses deux plus proches voisins, Keiji, monde du Tribun nouvellement gouverné par des séparatistes, et Caeteri, allié fidèle du CPGS. Les Catervas, la plus vieille force armée humaine dissidente qui s’était réfugiée sur un monde inconnu, avaient alors profité du chaos général de cette région de l’espace pour envoyer des vaisseaux de guerre et aider les mondes séparatistes à se libérer de « l’oppression du Tribun ».
Jared avait toujours été d’accord avec la politique de neutralité menée par le gouvernement Lenurate. C’est pourquoi ils quittèrent leur maison, leurs affaires, leurs amis, leurs familles, leur monde, après les premières révoltes séparatistes. Ils avaient réussi à se dégotter un billet pour partir sur Caeteri, le monde du Tribun le plus proche, se pensant en sécurité. Sur place, ils furent aidés par Sari Tando, un Caeterien touché par leur histoire. Et depuis deux semaines, ils vivaient dans cette minuscule chambre louée à un prix assez déraisonnable. La patience était maintenant leur meilleure arme. Il fallait attendre de voir comment les choses allaient tournées.
Il se repassa toute sa fuite en un instant dans ses pensées. L’instant d’après fut beaucoup plus rapide, mais parut prendre une éternité. En regardant par la fenêtre, il aperçût un point brillant qui fonçait droit sur la planète. Il eut à peine le temps de se rendre compte qu’il s’agissait d’un vaisseau enflammé par son entrée dans l’atmosphère que celui-ci s’écrasa en plein milieu du Cœur, provoquant une gigantesque explosion dont l’onde de choc souffla jusqu’à sa chambre et les renversa sur le lit. Un champignon colossal se dressait à une vingtaine de kilomètres de son immeuble. L’air était rempli de poussière, les fenêtres des bâtiments alentours avaient éclatées et le verre tombait avant de s’écraser au sol. Jared se releva aussi vite que possible pour regarder au dehors : c’était la panique, des hommes et des femmes étaient dehors, hurlant, des petits vaisseaux personnels s’étaient écrasés dans les rues à cause de l’onde de choc. Il leva la tête et vit une dizaine de vaisseau, probablement des transporteurs de troupes, avancer vers le Cœur avant de se poser dans les rues. L’un d’eux se posa près de son immeuble, et il se rendit vite compte que c’étaient des vaisseaux Keijis.
–Viens, dit-il à sa femme en lui tendant la main pour l’aider à se relever, ce n’est plus sûr ici.
–Où va-t-on ?
–Rejoindre le Docteur Tando, je pense qu’il pourra nous aider, mentit-il.
Il n’en avait véritablement aucune idée. Sari n’était pas un homme très influent de la planète, et il n’était pas plus riche que ça, il avait juste un salaire de médecin. Mais il fallait bien qu’ils aillent quelque part s’ils ne voulaient pas se faire décimer par les soldats Keijis.
Ils ramassèrent quelques affaires importantes qu’ils rangèrent dans un sac et sortirent de leur chambre aussi vite que possible. Ils virent rapidement qu’ils n’étaient pas les seuls à avoir eu l’idée de partir, des dizaines, peut être plus, d’hommes et de femmes essayaient de descendre l’immeuble, par l’escalier ou par l’ascenseur. Jared préféra ne pas prendre de risque et pris l’escalier. Il entendit au dehors les tirs des vaisseaux Keijis sur la cité. Il se demanda où étaient les renforts Tribun mais chassa vite ce tourment : il ne fallait pas compter sur eux s’il voulait survivre. Ils sortirent dans la rue, et se mirent à courir sur les trottoirs gris métalliques reflétant le ciel orangé. Ils n’étaient pas seuls, de nombreux Caeteriens étaient sortis de chez eux pour se mettre à l’abri, et les troupes Keijis commençaient déjà à descendre l’avenue, tirant sur quelques passants un peu trop révoltés.
Ils traversèrent la route, profitant de la confusion générale, et passèrent dans une petite ruelle sombre. En regardant au dessus, ils purent apercevoir d’autres vaisseaux. Jared reconnut des chasseurs T-14, propres à la flotte du Tribun. A y regarder de plus près, tout en se protégeant les yeux du soleil, il discerna également un G-7, transporteur de troupe. On aura des renforts, finalement, pensa-t-il.
Ils avancèrent prudemment en essayant de ne pas se faire remarquer par le nombre de plus en plus important de soldats Keijis qui examinaient les rues.
Les soldats Keijis portaient une armure de combat grise qui se mêlait parfaitement à l’environnement citadin qui les entourait. Chacun d’eux portait un F-17, un fusil de précision utilisé en temps normal par les forces du CPGS. Ils portaient tous un casque qui devait très certainement intégrer un système HUD et une radio. Dans chaque escouade, formée de cinq à six hommes tout au plus, se trouvait un garde au casque noir. Jared supposa à juste titre qu’il s’agissait d’un commandant ou quelque chose comme ça. Il était impossible de distinguer leurs traits asiatiques caractéristiques des Keijis, mais cela n’empêcha pas les époux de les imaginer à l’intérieur de leurs armures.
Ils avaient l’habitude de voir des Keijis. En effet, les Trois Cités étaient très reliées malgré leurs différences, aussi bien politiques, religieuses que sociales. De nombreux marchands faisaient la route entre Caeteri, Keiji et Lenur pour assurer ce qu’ils appelaient le Commerce Intercités. On n’est pas près de les revoir, se dit Jared en pensant à ces hommes là. Ils se cachèrent derrière un vaisseau personnel écrasé pour échapper à une patrouille et se dépêchèrent de traverser une nouvelle rue. Ils virent un bâtiment ouvert et décidèrent de s’y arrêter quelques secondes pour faire le point sur la situation.
–Ils sont trop nombreux ! dit Krash à sa femme assise sur des escaliers.
–Qu’est-ce qu’on peut faire à part courir ? répliqua-t-elle comme s’il s’agissait d’une évidence.
–Je ne sais pas, eut-elle comme réponse.
Ils restèrent ainsi deux ou trois minutes. Jared réfléchissait à un plan d’action ou quelque chose qui y ressemblait, mais il n’était pas fait pour ça. C’était un architecte, pas un stratège. Il se rendit facilement compte que sa femme avait raison, ils ne pouvaient rien faire d’autre que fuir. Et trouver le Docteur Tando pendant qu’ils y étaient. Ils ne seraient plus seuls à désespérer. Il laissa sa femme et monta à l’étage pour regarder par la fenêtre. Il vit un peu plus loin une escouade Keiji au prise avec un bataillon Tribun. Il regarda la scène de loin, essayant de différencier les soldats. Ce n’était pas bien difficile, les armures de combat des forces du CPGS possédaient toutes des bandes rouges au niveau des épaules et des jambes, le tout sur fond noir, gris ou blanc, en fonction de l’utilité des soldats. Le bataillon commençait à prendre de l’avance sur la petite escouade dont les officiers tombaient un par un. Soudain, il remarqua quelques soldats en rouge et gris entrain de s’effondrer également. Il essaya d’analyser la situation et compris que d’autres soldats Keijis s’étaient infiltrés par derrière et n’allait pas tarder à décimer le bataillon. Certains soldats prirent la fuite, plus ou moins blessés, plus ou moins rattrapés par les Keijis, plus ou moins morts.
Jared se retourna et fit demi-tour pour retrouver sa femme, mais elle avait disparu, elle n’était plus sur les marches où il l’avait laissée. Il fut pris d’un vent de panique et descendit les escaliers en trombe. Elle était là, derrière les stores qui cachaient une vitre entrain de regarder la rue. Il se calma rapidement et s’approcha d’elle.
Il n’avait pas fait attention tout à l’heure, mais les rues étaient à présent complètement vides, excepté les soldats, le plus souvent ennemis, qui passaient par là. Les bâtiments alentours semblaient tout autant inoccupés. Les gens avaient fuit, la plupart grâce à leur vaisseau personnel, les autres à pied. Ils pensèrent aux pauvres malheureux qui s’étaient fait abattre sans sommation par les unités ennemis. Eux deux avaient eu de la chance sur ce coup là, mais pour combien de temps encore ?
–Le Docteur Tando habite à cinq quadrants à l’est, dit Jared à sa femme. Si on est assez rapide, et si on ne se fait pas prendre, on peut y arriver en une trentaine de minutes.
–Et dans le cas où on se fait arrêter ? questionna-t-elle.
–On est des Lenurate à ce que je sache, on pourra toujours essayer de faire valoir nos droits face aux Keijis, nos peuples se battent l’un comme l’autre pour une pseudo-liberté.
–Une liberté qu’on avait déjà, fit-elle remarquer. Je ne vois vraiment pas pourquoi on a déclenché cette guerre.
–Je n’en ai aucune idée, on en saura peut être plus lorsqu’on aura rejoint les officiers Tribuns.
Ils attendirent que les soldats dégagent la rue avant de s’autoriser une sortie, tout droit vers l’est. Ils se dépêchèrent d’atteindre le premier quadrant qu’ils avaient à traverser. Les bâtiments étant tous vacants, ils en profitèrent pour se cacher entre deux patrouilles, et pour traverser une partie du quadrant en étant à l’abri. Ils purent ainsi franchir deux quadrants sans trop de problèmes. Les troupes Keijis étaient malgré tout limitées et occupées à se battre contre les bataillons Tribuns.
Et pourtant, malgré toute la chance qu’ils avaient accumulée depuis leur départ, ils se firent intercepter à l’aube du troisième quadrant. Enfin, intercepter n’est peut être pas vraiment le mot. Jared laissa sa femme traverser la rue séparant les deux quadrants pendant qu’il n’y avait personne, mais un groupe de soldat ne tarda pas à débarquer, et ils la virent elle en première, laissant le temps à Jared de se dissimuler derrière un pan de mur. Il fouilla dans son sac à la recherche de quoi que ce soit qui puisse l’aider, mais il ne trouva qu’une petite bombe lacrymogène, devant certainement appartenir à sa femme. Il les regarda discrètement et les vit, tous les quatre, autour d’elle entrain de lui poser des questions, probablement pour connaître son identité. Krash s’apprêta à tout lâcher et la rejoindre coûte que coûte. Mais l’aubaine intervint une fois de plus. Il entendit quelques coups de feu et vit deux des quatre soldats s’écrouler, une grosse marque sur la poitrine. Les deux autres s’empressèrent de rejoindre l’autre bout de la rue d’où venaient les tirs. Jared se précipita vers sa femme et l’amena à l’intérieur du bâtiment. Ils perçurent d’autres coups de feu, mais d’un autre type, probablement Keiji, ainsi qu’un cri de douleur. Ils avaient probablement abattu leur assaillant. Ils allaient bientôt revenir, il fallait donc se dépêcher.
Tous deux coururent à l’intérieur du bâtiment jusqu’à son extrémité est et sortirent par une fenêtre, vérifiant qu’il n’y avait personne dans la rue. Ils avaient déjà parcouru la moitié du troisième quadrant. Ils continuèrent un peu avant de s’arrêter à la frontière avec le quatrième quadrant. Ils montèrent au deuxième étage pour être sûr d’être tranquilles et de pouvoir se reposer. Il n’y avait toujours personne, la majorité de la population avait dû décamper. Le Cœur devait certainement n’être qu’une vaste ville fantôme.
–Qu’est-ce qu’ils t’ont dit ? demanda Jared une fois assis sur un canapé laissé à l’abandon.
-Mon nom, mon travail, mes origines, répondit sa femme, la voix tremblotante.
–Le classique. Que leur as-tu répondu ?
–La vérité. Je pense que c’est pour ça qu’ils ont hésité. Tuer un expatrié Lenurate alors qu’ils font une guerre à leurs côtés…
–Ils ne la font pas véritablement à leurs côtés tu sais, mais je pense que tu as tout de même raison.
Il s’enfonça dans le canapé, ferma les yeux et souffla quelques minutes. Il entendit alors des petits sanglots étouffés. Il tourna la tête et vit sa femme entrain de pleurer, la tête dans un coussin. Il l’étreignit, approcha sa bouche de son oreille et lui murmura :
–Tout va bien aller ma chérie, on va retrouver le Docteur Tando à son appartement, et il va nous aider à partir.
–Mais tu ne vois donc pas ? s’écria-t-elle. Tout le monde est parti ! Sari a du faire la même chose ! On est tout seul, coincé au milieu de ses bêtes sauvages qui ne pensent qu’à tuer !
–Son appartement est à 10 quadrants de là où se sont posés la plupart des soldats Keijis, son quartier est peut être moins touché, il ne sera peut être pas encore parti, répliqua-t-il sans y croire vraiment.
Elle rapprocha la tête de son épaule pour y pleurer pendant qu’il se rendait compte des difficultés qui les entravaient. Tout semblait perdu. Elle avait très probablement raison, Tando avait du partir avec les autres au moment de l’explosion. Il se surprit à verser une petite larme en pensant à leur futur qui n’existait vraisemblablement plus. Il entendit alors un petit bruit, comme si quelqu’un déplaçait quelque chose comme des chaises, voir même une table. Il crut d’abord que c’était sa femme, mais elle était toujours blottie contre lui. Il entendit de nouveau le bruit, et cette fois-ci, elle leva la tête.
–Des patrouilles ? dit-elle, recommençant à sangloter.
–Reste ici, je vais voir, fit-il, peu sûr de lui.
–Non reste, s’ils viennent pour moi…
–Je ne laisserai pas cela arriver, fut ses derniers mots avant qu’il ne disparaisse de la vue de la jeune femme en descendant les escaliers.
Il prit la petite bombe lacrymogène et descendit pas à pas, doucement, les escaliers, essayant de faire le moins de bruit possible. Le son se reproduisit une fois de plus, il essaya de repérer sa position à l’oreille mais ne put différencier s’il s’agissait du premier étage ou du rez-de-chaussée. Il descendit prudemment et s’arrêta au premier étage, bombe en main. Mais il n’y avait personne. Cela devait donc venir d’en bas. Il regarda par la fenêtre et ne vit aucune patrouille, juste une petite tache de sang à l’entrée du bâtiment. Le bruit semblait avoir cessé, toutefois, il entendit un petit gémissement, qu’il sépara parfaitement de ce qu’aurait pu faire sa femme. Il continua son chemin et attrapa une petite lampe qui pourrait lui servir de matraque. Il sentait la sueur commencer à couler sur son front et sous sa chemise. Il n’osait pas l’avouer, mais il avait peur. Peur de se retrouver nez à nez avec une patrouille Keiji, peur de se faire arrêter, voire d’être tué. Peur que sa femme se retrouve coincée dans le bâtiment sans lui, peur qu’elle finisse par mourir.
Il regarda discrètement par la porte qui séparait l’escalier du rez-de-chaussée mais n’aperçut personne. Il avança doucement, lampe à la main gauche, bombe lacrymogène à la main droite. C’est alors qu’il entendit une voix féminine qui provenait de derrière lui.
–Ne bougez plus, dit-elle sèchement, je vous ai dans mon viseur.


Dernière édition par Zarquon le Dim 27 Nov 2011 - 18:47, édité 11 fois
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Mat
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MessageSujet: Re: Dominion   Mer 16 Mar 2011 - 11:28

J'ai lu ton entrée en matière, Zarquon, et de la petite place qu'est la mienne, je pense que c'est un texte qui a du potentiel. Tu maîtrises l'orthographe, ça semble bête à dire mais c'est souvent un luxe dans ce que je fréquente du net. Tu as de l'imagination, des idées, que tu sais mettre en exercice. L'univers que tu poses apparaît rapidement riche et structuré, j'apprécie notamment ton effort d'imagination efficace concernant les noms et désignations de factions, planètes, cités, dignitaires... détail? Peut-être, mais il y a ici une certaine originalité et une richesse qui va avec, ainsi que la trace d'un effort sérieux, là où depuis des années, il demeure si courant et si facile, pour les auteurs tant amateurs que professionnels, d'arrêter bêtement son choix sur une déjà-vue-mille-fois "Confédération des planètes unies/Confédération Terrienne" dirigée par quelque incontournable Conseil, généralement la marque d'une société fictive à l'esprit fonctionnel et bureaucratique, sans "chair" au niveau identitaire, culturel, historique... le genre d'entité politique fédératrice que l'on aurait fondé sans passion, simplement en voyant la chose sous un angle utilitaire et gestionnaire. Ce que la CEE est à l'Europe, ce que le pacs est au mariage.
Tu emploies des effets de style qui te sont propres, ce qui est une bonne chose. Cependant, je reprocherais au fil de ton style d'être trop précipité par endroits, faisant l'impasse sur la ponctuation et sur ce que la syntaxe du français permet comme liant au sein d'une phrase. Par exemple;


Citation :
Une légère brise soufflait dans ses cheveux et s’engouffrait à l’intérieur de la petite pièce mais ne parvenait tout de même pas à réveiller la jeune femme allongée sur le lit qui prenait grosso modo toute la place disponible.
Voilà une phrase qui selon moi se lit en apnée, et qui présente également l'inconvénient d'être un peu sèche, linéaire, taillée à la serpe. A titre personnel, je la rédigerais ainsi :
Une légère brise soufflait dans ses cheveux salis par le rythme des évènements, et s'engouffrait à l'intérieur de la petite pièce tout juste salubre; sans toutefois parvenir à réveiller la jeune femme allongée sur le lit étroit. Elle s'y était étalée de telle sorte que son époux aurait à peine pu s'y asseoir en bordure...

Je ne dis pas que cette phrase que je viens d'improviser est "meilleure", ni qu'en fonction des goûts de chacun, on ne pourra pas reprocher l'une ou l'autre chose à cet exemple que je donne. Mais je pense que cela aura au moins le mérite de t'indiquer ce que, depuis ma sensibilité personnelle, je reproche à ton style ; je trouve, étant donné tes moyens en écriture et le potentiel des idées que tu y articules, qu'il mériterait d'être davantage habillé littérairement parlant, avec plus de pauses, plus de fluidité, plus de"parure". Quand bien même tu préférerais vraiment t'appuyer sur un style davantage direct et évènementiel que ce que je suggère, travailler sur le rythme, la ponctuation, les liaisons entre parties dans une phrase, restera, je le crois, un passage important de ton travail.

Autre exemple pour clore ce point précis :
Citation :
Ils traversèrent la route profitant de la confusion générale et passèrent dans une petite ruelle sombre.
Une simple paire de virgules rendrait ce passage anodin incomparablement plus agréable à lire. clin d'oeil

Outre cela, un petit reproche plus subjectif encore, concernant ton scénario; sans appeler forcément à de la caricature Ellen Ripley/Sarah Connor, je trouve que l'épouse du personnage principal est trop dans le "elle pleure, elle grelotte dans un coin, son mari lui met une couverture sur les épaules, il la tire par la main pour fuir un endroit dangereux..." ça fait un peu genre "héros interplanétaire qui tient la pin-up potiche dans ses bras", façon années 50, je trouve.
Bon, ça ne veut pas dire que je la verrais mieux dessouder l'alien gluant au lance-roquettes laser (oui, je sais que ça ne veut rien dire) en débardeur blanc sans soutif, en jurant comme une camionneuse, mais pour ce que j'en ai lu, je la trouve trop cantonnée dans le champ du petit être fragile, entièrement passif et globalement silencieux, un peu le faire-valoir de la virilité qui s'exprime en face, finalement. On a l'impression que si il n'était pas là, elle serait morte dés le deuxième paragraphe.^^

Citation :
Le gouvernement local n’avait pas tardé à réagir et avait déclaré la guerre à ses deux plus proches voisins, Keiji, monde du Tribun nouvellement gouverné par des séparatistes, et Caeteri, allié fidèle du CPGS. Les Catervas, la plus vieille force armée humaine dissidente qui s’était réfugiée sur un monde inconnu, avaient alors profité du chaos général de cette région de l’espace pour envoyer des vaisseaux de guerre et aider les mondes séparatistes à se libérer de « l’oppression du Tribun ».
Les autres diront que venant de moi, c'est l'hôpital qui se fout de la charité, mais je trouve qu'à ce stade de ton récit, le lecteur n'est pas encore assez familier de la coloration, l'identité, de tes différentes factions, pour que ce passage soit fluide. Le lecteur vient à peine d'arriver et les noms de factions étant encore plus ou moins interchangeables à ce stade, ce parpaing politico-tactique lui tombe dessus sans qu'il puisse vraiment en faire autre chose que le décortiquer sans aisance et en tirer un schéma.^^ La chose serait différente dans une fanfiction, puisque l'auteur a alors un background préexistant en commun avec le lecteur, mais c'est un avantage que ne possède pas le texte indépendant.

Citation :
à la bordure extérieur de la galaxie

des transporteurs de troupe,
Extérieure et troupes, je crois^^

Voilà, Zarquon, ce que je pouvais en dire pour une première approche. Évidemment, je suis loin d'être une référence en particulier, mais pour ce que ça vaut, tu as quand même mes encouragements perso; il y a de quoi faire avec ton texte et son univers.^^


Dernière édition par Mat Vador le Sam 19 Mar 2011 - 14:49, édité 3 fois
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Zarquon
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MessageSujet: Re: Dominion   Mer 16 Mar 2011 - 16:33

Avant toute chose Mat Vador, je te remercie pour ta critique constructive et pour le temps que tu as utilisé pour lire mon texte et la rédiger.
Je vais essayer d'éclairer certains points qui me paraissent important:

Citation :
Outre cela, un petit reproche plus subjectif encore, concernant ton scénario; sans appeler forcément à de la caricature Ellen Ripley/Sarah Connor, je trouve que l'épouse du personnage principal est trop dans le "elle pleure, elle grelotte dans un coin, son mari lui met une couverture sur les épaules, il la tire par la main pour fuir un endroit dangereux..." ça fait un peu genre "héros interplanétaire qui tient la pin-up potiche dans ses bras", façon années 50, je trouve.

Ce n'est pas exactement ce que je voulais laisser transparaître, je te l'avoue, mais je pense que l'attitude de sa femme, qui soit dit en passant n'a pas de nom et c'est voulu, ne te gênera pas trop dans les chapitres suivants. Si ce sera toujours le cas, je compte sur toi pour me le dire (au pire, ça ne te dérangera pas très longtemps, tu comprendras pourquoi).

Je pense devoir juste préciser que Jared Krash n'est pas le('unique) personnage principal de mon histoire. S'il t'a laissé un arrière gout de "Justicier de l'espace" (je caricature), ça devrait s'estomper dès le prochain chapitre qui traite son histoire.

De la même façon, je suis certain que tu me le feras remarquer si c'est toujours le cas, et j'aviserai.

Citation :
Les autres diront que venant de moi, c'est l'hôpital qui se fout de la charité, mais je trouve qu'à ce stade de ton récit, le lecteur n'est pas encore assez familier de la coloration, l'identité, de tes différentes factions, pour que ce passage soit fluide. Le lecteur vient à peine d'arriver et les noms de factions étant encore plus ou moins interchangeables à ce stade, ce parpaing politico-tactique lui tombe dessus sans qu'il puisse vraiment en faire autre chose que le décortiquer sans aisance et en tirer un schéma.^^ La chose serait différente dans une fanfiction, puisque l'auteur a alors un background préexistant en commun avec le lecteur, mais c'est un avantage que ne possède pas le texte indépendant.

En ce qui concerne le parachutage d'une politique légèrement compliquée dès le début, c'est volontaire; je conçois que ca puisse déstabiliser un peu, mais c'est ce que je recherchais. Comme plus haut, tout devrait s'éclaircir avec les chapitres qui suivent.
Du moins, je l'espère.

Citation :
Tu maîtrises l'orthographe, ça semble bête à dire mais c'est souvent un luxe dans ce que je fréquente du net.

Il me semble que c'est un minimum pour écrire un texte digne de ce nom, non? ^^'

Citation :
Cependant, je reprocherais au fil de ton style d'être trop précipité par endroits, faisant l'impasse sur la ponctuation et sur ce que la syntaxe du français permet comme liant au sein d'une phrase.

Je t'avoue que j'y fait rarement attention (shame on me!). Je vais tenter d'y accorder plus d'attention dans mes prochains chapitres.

Citation :
Extérieure et troupes, je crois^^

En effet, ça me semble logique! Merci!

Bref, j'espère avoir apporté quelques éclaircissements.
Quoiqu'il en soit, je prend en note tes observations et vais tenter d'améliorer tout ça!
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Vyslanté
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MessageSujet: Re: Dominion   Mer 16 Mar 2011 - 20:04

Un nouveau récit ! Je jubile !

Un nouveau récit dans la section space opera ! J'éructe de joie -Il exulte, ça suffira- !

Un nouveau récit dans la section space opéra et qui en plus commence vraiment très bien ! Je.. euh... suis content ?

Bref, tout ça pour dire que, non, je ne fait pas de commentaires "à la Mat", mais que ça ne m'empêche pas d'apprécier.

Bon, c'est vrai, je suis quelqu'un qui aime les détails -beaucoup de détails- et, forcément, nous plonger directement dans un fouillis géo-politico-spatio-stratégique, mouais, mais si tu dis que c'est fait pour.. j'attend !
Oh, par contre, toujours niveau détails, c'est le genre de trucs que j'aime, le fait que ça soit nom pas "Un chasseur du Tribun", mais T-14.

En résumé : t'as gagné un fan !
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MessageSujet: Re: Dominion   Mer 16 Mar 2011 - 20:47

Vyslanté a écrit:
Un nouveau récit ! Je jubile !

Un nouveau récit dans la section space opera ! J'éructe de joie -Il exulte, ça suffira- !

Un nouveau récit dans la section space opéra et qui en plus commence vraiment très bien ! Je.. euh... suis content ?

Bref, tout ça pour dire que, non, je ne fait pas de commentaires "à la Mat", mais que ça ne m'empêche pas d'apprécier.

Bon, c'est vrai, je suis quelqu'un qui aime les détails -beaucoup de détails- et, forcément, nous plonger directement dans un fouillis géo-politico-spatio-stratégique, mouais, mais si tu dis que c'est fait pour.. j'attend !
Oh, par contre, toujours niveau détails, c'est le genre de trucs que j'aime, le fait que ça soit nom pas "Un chasseur du Tribun", mais T-14.

En résumé : t'as gagné un fan !

Merci, ça fait toujours plaisir de voir un tel enthousiasme et ça m'encourage à poursuivre malgré le peu de temps dont je dispose !

J'ai quelques chapitres en réserve mais je ne veux pas tout vous donner d'un coup et prendre le risque de vous faire attendre une éternité avant d'avoir la suite ^^'
Et puis j'attends de voir tous les conseils que vous pouvez m'apporter!
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MessageSujet: Re: Dominion   Sam 19 Mar 2011 - 15:21

Tout d'abord, je m'excuse pour ce double post.

2

Elle rêvait, endormie sur son lit dans sa chambre sommaire à l’intérieur du vaisseau Chimaera. Elle songeait au temps où elle vivait encore sur Eros. C’était une petite fille à l’époque, elle avait l’habitude de courir dans les champs qui entouraient leur maison. Elle et sa famille vivaient à la périphérie d’une ville importante de leur circonscription. Ses parents étaient des fermiers modernes, labourant les champs à l’aide de leur V-Tract. A l’âge de 12 ans, elle avait quitté l’école du village pour étudier en ville, en internat. La vie n’était pas facile, elle n’avait jamais été très bonne en cours, elle s’en sortait toujours de justesse. Et elle était seule.
Un jour, les Catervas avaient débarqué sur Eros et avaient fait main mise sur la nation en moins d’une semaine. Elle avait 16 ans à l’époque, et les jeunes étudiants étaient confinés dans l’enceinte de l’institution, à cause des combats qui opposaient les forces locales aux intrus.
Mais elle en avait décidé autrement. Un soir, elle quitta le domaine en cachette et réussit à convaincre un automobiliste qui fuyait la ville de l’emmener chez elle. Ce fut la surprise pour ses parents, mais également le soulagement de la revoir en ces temps de crise. Peu de temps après, lors d’une soirée plutôt calme pour la situation, ils entendirent du bruit près de leur maison : des troupes Catervas approchaient, une dizaine peut être. La famille alla se cacher à l’étage quand les soldats enfoncèrent la porte de la maison. Ils étaient venus piller ce qui pouvait l’être, et surtout, se ravitailler en vivre. Deux d’entre eux vinrent inspecter l’étage et tombèrent nez à nez avec le père qui tenait une petite arme et leur tira dessus. Naturellement, leurs armures de combat absorbèrent le choc énergétique. Ils répondirent, et tuèrent l’homme aussi facilement que s’il s’agissait d’un animal. La jeune fille et sa mère étaient en pleurs, les deux hommes les laissèrent là et partirent avec leur escouade.
Trois jours plus tard, les forces du CPGS étaient arrivés en nombre et s’étaient débarrasser des envahisseurs. La famille ne s’était toujours pas remise de leur perte incommensurable. La jeune fille se jura de venger la mort de son père d’une manière ou d’une autre. Dès sa majorité, elle s’engagea dans l’armée du Tribun, contre l’avis de sa mère, et fut amenée à l’Académie G-36, sur Embirca, une planète servant exclusivement à l’entrainement militaire. Elle avait monté en grade au fil des années avant de servir comme sous-officier sous les ordres du Général Luth à bord du Chimaera.
C’était il y a deux ans. Aujourd’hui âgée de vingt-huit ans, Alima Berry pouvait prendre sa revanche sur les Catervas en aidant l’armée à les mettre en déroute.

Une lumière rouge envahit sa chambre, suivie par une alerte sonore dérangeante. Elle se réveilla en sursaut, se rhabilla et se rendit à la salle de contrôle, en même temps que les officiers et les autres sous-officiers. Ils devaient être une quinzaine en tout.
–Nous avons reçu un message extrêmement urgent aujourd’hui à 4h37, heure standard, du Ier Consul, commença le Général Luth. Je vous laisse l’écouter.
Un homme se dessina en hologramme à taille réelle au centre de la pièce. Alima reconnut tout de suite l’uniforme noir du Ier Consul, portant un chapeau tricorne ainsi qu’une cape où était tissé un liseré argenté. C’était Kers Thumin, l’homme le plus important du Consulat Pan-Galactique Standard.
–Ce message est de la plus haute importance, dit-il. Il semblerait que Keiji et Lenur, du secteur dénommé les Trois Cités, aient chacun rassemblés une flotte conséquente. Comme vous le savez probablement, Keiji est désormais contrôlée par un parti séparatiste, quant à Lenur, de violentes émeutes ont éclaté, c’est tout ce que nous savons ; les communications avec chacun de ses deux mondes ont été coupées peu après. Néanmoins, nous avons pu repérer pas moins de cinquante vaisseaux de guerre dans l’espace Lenurate, aucune information en ce qui concerne les Keijis. La cible du Tribun la plus proche est Caeteri, dernière des Trois Cités, et la seule encore sous autorité du CPGS. Nous venons de recevoir un message de Lenur déclarant la guerre à notre gouvernement et son « infamie ». Vous êtes réquisitionnés pour aller porter atteinte à la flotte Lenurate dans les quinze heures. Si la flotte Keiji se met en mouvement, vous serez autorisés à leur porter atteinte également. Bonne chance.
L’hologramme se coupa, et le Général Luth reprit la parole.
–Ce message a été envoyé à vingt autres vaisseaux C-15 comme le notre. Nous aurons également droit à l’appuie de quatre-vingt chasseurs T-14 et quinze croiseurs J-18. Nous entrerons en hyperespace d’ici dix heures, comptez cinq heures de trajet. Nous arriverons pile au moment de l’attaque coordonnée. Allez, tous à vos postes !
Ils rebroussèrent tous chemin. Alima Berry se dirigea vers le quartier des engagés afin de briefer les unités qu’elle allait commander. Elle déambula pendant plusieurs minutes dans les couloirs gris ternes du vaisseau de guerre avant de prendre un ascenseur, lui permettant de se rendre aux étages les plus bas du bâtiment militaire. Elle entendit dans les haut-parleurs le message annonçant aux soldats de se rassembler par bataillons habituels dans les salles de briefing prévu à cet effet. Elle y parvint et les vit, tous les six, au garde-à-vous, attendant pour de plus amples instructions.
–Repos messieurs, fit-elle, nous sommes réquisitionnés pour servir dans la région des Trois Cités. Notre destination principale est Lenur, on va s’occuper de la flotte qu’elle a rassemblée, il faut se préparer à une attaque au sol éventuelle. Des questions ?
L’un d’entre eux, assez jeune, leva la main.
–Oui Marf.
–Qui attaque les Lenurates, madame ?
–Personne, ce sont eux qui nous attaquent. Allez, préparez vous, entrée en hyperespace dans dix heures standard, mission effective dans quinze heures standard.
Elle les quitta pour retourner à sa chambre. Elle avait beau les presser, ils avaient largement assez de temps.

Ce furent probablement les quinze heures les plus rapides qu’elle passa de toute sa vie, mais à H-10min, elle était prête, avec son bataillon, dans un vaisseau G-7, parés à la descente. Le Chimaera sortit d’hyperespace à l’Heure H en même temps qu’une centaine d’autres vaisseaux du Tribun et se mirent à tirer peu après des torpilles à plasma pour affaiblir les boucliers déflecteurs ennemis. Les Lenurates ne tardèrent pas à répondre à l’aide de tirs à énergie ionique qui vinrent s’écraser contre les boucliers des C-15, et détruisirent certains T-14.
Le Général Luth se tenait debout dans la salle de commande du Chimaera et supervisait l’attaque.
–Monsieur, commença un lieutenant assis en face d’un module informatique, je ne détecte que trente-cinq vaisseaux sur les cinquante promis par le Ier Consul.
–Certains ont déjà du partir pour Caeteri, lança Luth. Scannez l’espace à la recherche de signatures énergétiques résultantes de l’ouverture des fenêtres d’hyperespace.
–Bien mon général, fit l’homme en s’exécutant. Il… il y a effectivement plusieurs signatures. Que faisons-nous ?
–Envoyez un message au reste de la flotte, nous partons pour Caeteri d’ici quinze minutes standard.
Le lieutenant obéit. A travers l’immense baie vitrée de la salle de contrôle, Luth put voir les chasseurs T-14 s’approcher dangereusement de la coque des vaisseaux Lenurates et leur infliger de sérieux dégâts. Deux bâtiments ennemis avaient déjà été détruits. Mais de leur côté, ils avaient perdu trois croiseurs J-18 et treize T-14. Les lumières provenant des tirs à énergie formaient un véritable feu d’artifice jurant avec le noir de l’espace intersidéral, masquant presque les nombreuses étoiles parsemant le sombre paysage.
–Nous recevons un message codé du Général Ramirez du Manticore, fit une jeune femme assise devant un autre module.
–Passez-le sur l’écran principal, ordonna Luth.
L’image d’une femme approchant probablement la cinquantaine, brune aux cheveux courts, la peau ridée par les ans, et portant l’uniforme réglementaire bleu marine des Généraux du Tribun, s’était formé sur la baie vitrée et masquait le vaste champ de bataille.
–Général, dit-elle, nous avons détecté une trainée hyperspatiale se dirigeant vers Keiji. Il est probable que certains Lenurates se soient translatés dans le système Keiji pour négocier une alliance et se lancer à l’attaque de Caeteri.
–Que proposez-vous ? répondit le vieux général.
–Il faut translater la moitié de la flotte vers Caeteri pour la défendre, et dans le cas où le reste de nos forces se laisse déborder ici, qu’ils se replient vers Caeteri pour nous prêter main forte.
–Je suis d’accord. Restez ici pour superviser l’attaque de Lenur, je vous tiens au courant. Lieutenant, fit-il en s’adressant à la jeune femme, envoyez un message pour prévenir les autres bâtiments et ouvrez une fenêtre pour Caeteri.
Luth réfléchit un instant. Caeteri était à quinze minutes standard en hyperespace de Lenur. Il espérait sincèrement que les quinze vaisseaux manquant avaient suivi l’idée de Ramirez, craignant de se retrouver face à une véritable armada en attaquant un ouvertement un monde du Tribun. Ainsi, les Caeteriens avaient encore une chance de ne pas avoir été envahi.
Le Chimaera passa en hyperespace. La lumière violacée caractéristique des tunnels hyperspatiaux s’empara de la salle de contrôle. Ils en ressortirent quinze minutes après, comme prévu. Mais il n’y avait rien, excepté la planète bleuté. Ils furent rapidement rejoins par quelques C-15, une trentaine de T-14 et sept J-18.
–Envoyez un message par relai hyperespatial au Général Ramirez, commanda Luth.
–Le canal est ouvert mon général, entendit-il.
–Avons atteint Caeteri. Menace encore inexistante. Restons en attente.
–Message envoyé monsieur.
–Parfait, contactez l’Ambassadeur de Caeteri, je tiens à lui parler.

Alima Berry et son bataillon ne suivirent que de loin la vaste bataille qui se déroulait au dessus de Lenur. Les transporteurs de troupe n’étaient que rarement déployés. Le Tribun avait peu d’intérêt à engager le conflit avec d’autres nations étant donné que le CPGS gouvernait presque tout l’étendu de la galaxie. Il leur arrivait parfois de se frotter aux Catervas, lorsque ceux-ci avaient des idées d’expansion. Mais c’était devenu exceptionnel depuis la bataille d’Eros.
Ils restèrent donc assis durant tout l’affrontement avant de recevoir un message les avisant d’une nouvelle entrée en hyperespace, en direction de Caeteri. Un déploiement était plus probable, pour défendre la population locale en cas d’invasion terrestre. L’un des soldats soupira.
–Alors Marf, vous en avez déjà marre ? lança-t-elle à l’intention du jeune homme, au fond du G-7.
–Non madame, répliqua-t-il.
–Je préfère ça.
Elle était jeune, peut être plus que certains de ses hommes, mais elle avait déjà largement fait ses preuves en s’illustrant lors d’émeute violentes ou lors de l’Affront de Styx. Elle fut alors promue au rang de sous-officier, lui permettant de gérer son propre bataillon. Ces gars-là n’avaient pas l’habitude de se faire commander par une femme, aussi jeune qui plus est. Il fallait donc maintenir une certaine poigne de fer si elle ne voulait pas se faire marcher sur les pieds.
Ils passèrent pour ainsi dire quatre jours en alerte avant que les attaques ne reprennent. La nourriture et l’eau leur étant servis à l’intérieur du transporteur.

Après deux jours d’attente, le Général Ramirez transmit un message à l’intention de Luth. Il lui signifiait que l’intensité des combats n’avait fait que diminuer après leur départ mais que tout avait repris avec l’arrivée nouvelle de vaisseaux de guerre Keiji dans le système Lenurate. Malgré tout, ils tenaient bons et ne déploraient la perte que d’un seul vaisseau C-15, alors qu’ils avaient abattus sept vaisseaux mères Lenurates.
Au troisième jour, il reçut un nouveau message. Il provenait du Général Yu, du Minotaure, il lui spécifiait que le Manticore avait été détruit par quatre vaisseaux Catervas dès leur sortie d’hyperespace et qu’il supervisait à présent l’attaque. Il lui apprenait également qu’il avait fait parvenir au CPGS un message comportant une demande de renfort. Luth lui proposa de lui envoyer quelques C-15 pour les aider, mais il refusa. En effet, l’intrusion des Catervas au cœur du conflit n’annonçait rien de bon, et il prévoyait une attaque plus qu’imminente contre Caeteri, et certainement de très grosse envergure. La flotte se plaça alors en périmètre de défense autour de la planète, l’ordre principal étant d’empêcher tout ennemi de franchir le blocus et d’atteindre la surface de la planète.
Le lendemain, une trentaine de vaisseaux de guerre lourdement armés débarquèrent. Ils représentaient une alliance Keiji-Lenurate-Caterva et étaient apparemment bien décidés à s’emparer de la planète afin de « libérer de l’oppression du Tribun nos frères et sœurs de la région des Trois Cités ». Ils demandèrent à la flotte du Tribun de s’écarter afin d’éviter toute bataille qui pourrait avoir des répercussions malheureuses et promirent de ne plus importuner les forces du CPGS une fois l’obtention de Caeteri. Leur but officiel étant de pouvoir contrôler un Commerce Intercité indépendant du Tribun.
Bien entendu, le Général Luth refusa une telle proposition mais les informa toutefois qu’ils ne feront que défendre la planète, et que si la flotte de cette alliance de fortune désirait quitter le système pour éviter l’affrontement, ils ne les poursuivraient pas.
C’était une diplomatie de sourd, chacun sachant parfaitement qu’il ne respecterait pas ces arrangements, surtout avec la bataille acharnée qui se déroulait autour de Lenur.
Les vaisseaux de l’alliance furent les premiers à attaquer, larguant des dizaines et des dizaines de chasseurs et de vaisseaux transporteurs de troupes. Les torpilles à plasma fusèrent en même temps que les tirs à énergie. Les bâtiments Catervas lâchèrent une quinzaine de disques lasers chacun. Ceux-ci se déployaient dans l’espace entre les vaisseaux et servaient à la fois de boucliers pour arrêter les tirs ennemis et de barrières contre les chasseurs T-14. Rapidement, les vaisseaux de l’alliance gagnèrent du terrain et les efforts concertés de tous les J-18 et T-14 ne fut pas suffisant pour empêcher les chasseurs et transporteurs ennemis d’atteindre Caeteri.
Alima Berry reçut un message dans son unité com lui indiquant leur largage imminent. Des vaisseaux avaient réussi à s’infiltrer, leur mission était de les abattre ainsi que les unités déjà déposées au sol.
Ils se rendirent facilement compte que beaucoup trop de bâtiments ennemis s’étaient introduits sur la planète. Ils s’arrangèrent avec les autres G-7 et prirent en chasse quelques vaisseaux qui se dirigeaient vers le Cœur. Ils purent en détruire un mais furent obliger de se poser s’ils voulaient finir le boulot. Ils atterrirent donc et sortirent leurs fusils LIM. Ils sortirent du transporteur et furent assaillis de tirs à énergie verts provenant d’un bâtiment un peu plus loin. Ils identifièrent des unités Keijis et commencèrent à leur répondre. En peu de temps, la population s’affola, les gens sortirent de chez eux, certains se firent tuer par les soldats Keijis, ce qui accentua encore plus la panique.
Un véritable séisme les secoua tout d’un coup. Ils tombèrent à terre et peinèrent à se relever. L’air était chargé de poussière et du verre commençait à pleuvoir au dessus de leur tête. Lorsqu’elle se releva, Berry aperçut un immense nuage en forme de champignon provenant de ce qu’elle devinait être le centre du Cœur. La population avait déjà disparu de la rue où ils s’étaient posés, mais elle entendait encore des cris provenant des quadrants adjacents. Elle s’empressa de se retourner et fit feu vers le bâtiment qui cachait l’escouade Keiji. Elle pivota légèrement la tête et vit qu’un de ses hommes, Marf, avait été touché avant le séisme, et s’était écroulé, mort. Les cinq autres hommes se positionnèrent derrière des pans de murs pour viser l’escouade ennemie. Alima descendit un tireur posté sur un toit avant de se cacher derrière son G-7. Elle vit un autre des ses hommes tomber et se jura qu’il s’agirait du dernier. Cependant, une grenade sonique arriva à leur niveau et explosa, les mettant tous plus ou moins à terre. Leurs oreilles sifflaient et ils avaient tous une migraine insupportable. L’escouade Keiji se rapprocha mais Berry parvint à les arrêter en en descendant deux d’entre eux. Ils furent alors surpris par deux autres escouades plus nombreuses qui venaient de deux directions différentes. Ses quatre derniers soldats furent descendus avant même d’être complètement remis de la grenade sonique. Berry abattit le dernier Keiji de l’escouade originelle et commença à courir vers sa direction, maintenant dégagée. Des tirs à énergie la frôlèrent, d’autres passèrent loin au dessus, mais l’un d’entre eux la toucha à la cuisse. Elle tomba à terre dégoupilla une grenade ionique mais la retint avec sa main. Elle se releva, et recula pour passer dans une ruelle. Elle lâcha la grenade à l’entrée et courut du mieux qu’elle put de l’autre côté. Les mûrs des deux bâtiments formant la ruelle s’effondrèrent et bouchèrent l’entrée, Berry fut projetée en avant et se cogna la tête en tombant à terre. Elle saignait à la cuisse droite et sur le front. Elle se releva, et se servit de son arme comme appui. Elle ne devait pas trainer ici ; elle fit tout son possible pour traverser le quadrant et s’éloigner des deux escouades.
Elle continua ainsi pendant une quinzaine de minutes, faisant du mieux qu’elle pouvait pour éviter les patrouilles Keijis qu’elle croisait. Elle mit du temps avant de se rendre véritablement compte que les rues étaient désertes. Le séisme, enfin, l’explosion qui en était responsable avait probablement fait fuir toute la population. Tant mieux pour elle, elle aurait plus d’endroits où se cacher. Elle poursuivit son périple pendant quelques temps avant de s’arrêter dans un bâtiment dont la porte était ouverte. Elle posa son arme sur la table et essaya de s’asseoir sur une chaise mais tomba, trop étourdie par le choc à la tête. La chaise se renversa, elle essaya de la ramasser mais fut prise de vertige et se retint contre la table qui glissa sur quelques centimètres. Elle redressa finalement la chaise et parvint à s’asseoir dessus.
Elle entendit alors quelques petits bruits à l’étage qu’elle perçut uniquement grâce à son casque HUD qu’elle avait remis en place après avoir essuyé le sang qui coulait sur son front. Elle prit son LIM et se posta légèrement en retrait, visant la sortie de l’escalier. Elle attendit quelques secondes et vit un homme apparaitre, tenant une lampe dans une main, et une sorte de grenade lacrymogène dans l’autre. Il était grand, peut être 1m90, les cheveux châtains-blonds. Il portait une chemise bleu clair trempée par la sueur et continuait à lui tourner le dos. Elle sortit de sa cachette et fit quelque pas aussi discrètement que possible.
–Ne bougez plus, dit-elle sévèrement, je vous ai dans mon viseur.

En espérant que ca vous ait plu.


Dernière édition par Zarquon le Jeu 24 Mar 2011 - 17:32, édité 1 fois
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Rangil
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MessageSujet: Re: Dominion   Mer 23 Mar 2011 - 22:14

Ca y est, j'ai lu tes chapitres et globalement, j'ai plutôt apprécié. Je dois d'abord dire que j'ai été très surpris, parce que ça deux ans que je bosse sur une histoire qui raconte une guerre entre trois civilisations, que l'un de mes personnages principaux s'appelaient Jared et que j'utilise beaucoup de noms à résonance gréco-latine. J'ai donc eu une sensation de familiarité avec ton texte, et même si ça s'est estompé par la suite, c'était assez amusant ^^
Je vais dissocier mes remarques sur le fond et celles sur la forme, en commentant ensemble tes deux chapitres.

Pour la forme, je n'ai pas grand chose à dire, Mat a déjà bien exprimé le tout. Je me différencierai un peu de lui dans la mesure où la longueur de tes phrases ne me gênent pas, d'autant plus qu'en règle générale, tu places plutôt bien tes virgules. Peu de fautes, un style simple et soutenu, rien non plus à signaler à ce niveau. J'ai tout de même relevé les erreurs que j'ai croisées :

Citation :
Les chances pour que le CPGS envoie le plus gros de sa flotte pour défendre cette petite planète distante étaient moindres.
J'ai pas vérifié mais a priori, on ne dit pas "moindre" seulement dans le contexte d'une comparaison ? Je mettrais plutôt "minuscules" ou "infimes".
Citation :
il n’était pas plus riche que ça, juste un salaire de médecin.
Grammaticalement, ça pose problème : tu dis qu'il est un salaire de médecin. Je pense que là, tu es obligé d'ajouter qu'il avait un salaire de médecin.
Citation :
–Qu’est-ce qu’on peut faire à part courir ? répliqua-t-elle comme s’il s’agissait d’une évidence.
–Je ne sais pas, eut-il comme réponse.
C'est la femme non, qui a ça comme réponse ?
Citation :
la majorité de la population avait du décamper
Avait dû
Citation :
Le son se reproduit
Se reproduisit
Citation :
afin de briefer les unités qu’elle allait commandées
Commander
Citation :
se mirent à tirer aussi sec
C'est étrange, "aussi sec" relève du registre familier alors que ton récit reste exclusivement cantonné à un registre soutenu. Pourquoi ce changement soudain ?
Citation :
Ils passèrent pour ainsi dire quatre jours en alerte avant que les
attaques ne reprennent. La nourriture et l’eau leur étant servis à
l’intérieur du transporteur.
Je ne sais pas ce qu'en pense les autres, mais j'ai un peu l'impression que la remarque sur l'eau et la nourriture tombe comme un cheveu sur la soupe...

Voilà pour les corrections. Rien de bien grave, donc. Au contraire, de manière globale, je trouve ça propre, et Mat a pointé la plupart des problèmes ponctuels. Je note tout de même que dans le premier chapitre, ton style arrivait à rendre assez bien le chaos et l'excitation aux alentours, alors que le second est plus posé, plus froid. Ca peut coller avec cette image de guerre par vaisseaux, étant donné qu'on a affaire à une situation qui reste encore sous contrôle, mais j'avais tout de même préféré la vision plus humaine finalement du premier chapitre, à un exposé essentiellement techniquement du second. Mais bon, ça, c'est purement subjectif ^^

Passons au fond, maintenant ! J'ai trouvé ton premier chapitre intéressant et intrigant. On est plongés au coeur de l'action et ma foi, ça rend plutôt bien, on ressent le désarroi de tes personnages. A la différence de Mat, je n'ai pas trouvé que la fille faisait particulièrement pin up des années 50 : elle laisse son mari s'occuper de tout mais bon, il me semble possible qu'il sache mieux réagir qu'elle dans ce genre de situations et donc qu'elle le laisse faire. J'ai plutôt eu l'impression d'une femme qui lui faisait confiance que d'une potiche. De même, je n'ai pas trouvé que ton personnage faisait trop super-héros américain. Il essaie de réagir calmement et peut-être y a-t-il dans son passé des éléments qui permettent d'expliquer ça, surtout que ça n'a pas l'air d'être la première guerre qu'il y a dans ce coin de la galaxie. Effectivement, il n'est pas exclu que le héros vire au stéréotype américain, mais pour ce premier chapitre, je n'en ai pas su assez sur lui pour me faire une première impression.

Ton premier chapitre m'a intéressé, parce que tu as su nous plonger directement dans le feu de l'action, sans nous faire préalablement un exposé sur l'univers où tes personnages évoluent. C'est une bonne chose je pense, surtout quand on voit la richesse potentielle de ton background, mais le revers de la médaille, c'est que comme Mat le dit, on se retrouve brusquement parachuté là-dedans avec une foule de noms compliqués qui s'enchaînent et qui sont tous importants. Je peux comprendre que c'était ton objectif, mais une fois arrivé au second chapitre, j'ai toujours eu autant de mal à différencier les forces en présence. Ce n'est pas forcément trop handicapant pour la lecture, surtout qu'à force, ces noms vont bien finir par rentrer, mais on perd tout de même une partie de la richesse de ton histoire, surtout que le contexte géopolitique est très important pour le moment.

A propos du contexte géopolitique, je le trouve intéressant. C'est sobre et crédible, ni particulièrement inventif, ni plat ; il n'y a pas de manichéisme et je pense que tous les partis doivent avoir des points de vue qui se défendent ; il y a déjà des différences culturelles qui pointent le bout de leur nez et qui vont probablement être développées par la suite ; en somme, c'est un univers que je m'imagine facilement et qui s'annonce très complet. Un bon point à ce niveau, donc. Dès le début de ton roman, on sent un grand potentiel à ce niveau.

En revanche, je suis plus mitigé sur la bataille spatiale du chapitre 2. Il faut dire que je ne suis pas particulièrement féru des récits trop technologiques et que je n'ai pas vraiment de point de comparaison (Rufus m'excusera, mais je n'ai pas encore lu sa fic ! Ca viendra, promis, mais hé, faut vraiment avoir du temps devant soi, vu son avancée ^^). D'un côté, et c'est un point positif, j'ai l'impression que tu sais très bien où tu vas. Ta description est propre, assez précise sans virer le moins du monde au technoblabla. Peut-être que les scientifiques du forum auront des critiques à te faire à ce niveau, mais personnellement, j'ai parfaitement visualisé la bataille - même si je m'encombre un peu avec les classes de vaisseaux représentées par une lettre et des chiffres XD.
En revanche, ce qui m'a semblé plus gênant, c'est que la bataille ne m'a pas fait vibrer du tout. C'est un simple récit extérieur et objectif de ce qui se passe, j'avais plus l'impression de lire un article de presse sur le net qu'un roman. Pour les amateurs de bataille spatiale, ce n'est peut-être un défaut, mais personnellement, j'aurais aimé que tu mettes plus à profit le support littéraire pour nous faire passer quelque chose. La lecture n'est pas désagréable ou quoique ce soit, entendons-nous bien. Mais je n'ai pas pris de plaisir particulier non plus, passées les premières lignes. C'est trop froid et objectif, ça manque d'âme, pourtant ça ne donne pas non plus l'impression d'être fait exprès. Etant donné que je suppose que les batailles spatiales vont avoir une grande importance dans la suite de ton récit, je te conseillerai de travailler cet aspect, de mieux exploiter la nature littéraire de ton support : j'ai plus l'impression que tu cherches à retranscrire un film qui passe dans ta tête qu'à écrire véritablement un texte romanesque.

Enfin, je trouve cette approche intéressante, de présenter deux héros en deux chapitres, avec à chaque fois, à la fin du chapitre, le même point de vue. Il s'agit d'une technique qui rend bien ici, surtout dans l'ardeur du combat, puisque ça correspond à l'aspect parcellaire qui se dégage du premier chapitre.

Je terminerai avec des petits trucs qui m'ont fait rire :

Citation :
–Où va-t-on ?
– Rejoindre le Docteur
Pendant une seconde j'ai bugué et j'ai fait : "Quoi, le TARDIS peut même aller dans les univers fan-fictionnels ?" Puis j'ai vu Docteur Tando et je me suis rappelé qu'on était pas dans Doctor Who ^^"

Citation :
Ces gars-là n’avaient pas l’habitude de se faire commander par une
femme, aussi jeune qui plus est. Il fallait donc maintenir une certaine
poigne de fer si elle ne voulait pas se faire marcher sur les pieds.
Quoi, encore ? Punaise, la société évolue lentement, même dans le futur ils ne reconnaissent pas l'autorité d'une femme compétente ? Ils doivent encore avoir droit à la journée de la femme version galactique, franchement, là, ils assurent pas !

Pour conclure, je vais suivre ton roman avec curiosité, mais je te conseillerai de baisser ta vitesse de production. Tu n'as pas de souci à écrire correctement, et ça c'est appréciable, mais je pense que tu fais les choses un peu vite : ton deuxième chapitre me laisse l'impression d'avoir été moins travaillé que le premier, d'un niveau purement littéraire. Sur ce forum, on ne va pas te harceler pour avoir la suite, t'es pas obligé de poster deux chapitres en moins d'une semaine ^^ Je pense que si tu prenais un peu plus de temps, tu pourrais nous offrir quelque chose de vraiment super, parce que tu as un contexte géopolitique qui n'est pas seulement prometteur, mais qui commence déjà à se montrer intéressant et complexe dès le tout début de ton récit. Ton histoire me semble donc au point, mais tu devrais prendre la peine de travailler plus la narration et ses effets, pour qu'on puisse vraiment s'immerger. Ce n'est clairement pas une petite histoire que tu nous écris là, assure-toi donc que tous les aspects soit à la hauteur et si je te dis ça, c'est parce que je vois bien que tu en es capable. Ton récit m'aurait semblé moins ambitieux, j'aurais passé moins de temps pour faire ce commentaire.

Il ne fait aucun doute qu'avec du temps, ton texte va devenir très riche, mais surtout, ne te presse pas, particulièrement pour le début !
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Zarquon
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MessageSujet: Re: Dominion   Jeu 24 Mar 2011 - 17:26

Rangil a écrit:
D'un côté, et c'est un point positif, j'ai l'impression que tu sais très bien où tu vas.

Je ne sais pas si c'est un atout, mais avant de me lancer dans ce récit j'ai passé plusieurs semaines à trouver des idées et à rédiger un résumé de chacune des trois parties qui doivent composer ce "roman". Ainsi, je sais exactement ce qu'il va se passer après, je n'invente pas totalement "au fil de la plume".

Rangil a écrit:
En revanche, ce qui m'a semblé plus gênant, c'est que la bataille ne m'a pas fait vibrer du tout. C'est un simple récit extérieur et objectif de ce qui se passe, j'avais plus l'impression de lire un article de presse sur le net qu'un roman. Pour les amateurs de bataille spatiale, ce n'est peut-être un défaut, mais personnellement, j'aurais aimé que tu mettes plus à profit le support littéraire pour nous faire passer quelque chose. La lecture n'est pas désagréable ou quoique ce soit, entendons-nous bien. Mais je n'ai pas pris de plaisir particulier non plus, passées les premières lignes. C'est trop froid et objectif, ça manque d'âme, pourtant ça ne donne pas non plus l'impression d'être fait exprès. Etant donné que je suppose que les batailles spatiales vont avoir une grande importance dans la suite de ton récit, je te conseillerai de travailler cet aspect, de mieux exploiter la nature littéraire de ton support : j'ai plus l'impression que tu cherches à retranscrire un film qui passe dans ta tête qu'à écrire véritablement un texte romanesque.

Là je ne sais pas trop quoi dire, à part que j'essaierai de m'améliorer au fil des chapitres. Il faudrait voir si d'autres l'ont ressentie comme toi que je sache un peu mieux ce qui ne va pas.
Les batailles spatiales ne vont pas prendre une si grosse place que ça, je préfère m'attarder sur les personnages à vrai dire. Elles sont obligatoires, étant donné que j'essaye quand même de décrire une guerre, mais je ne veux pas leur donner une trop grande importance. On verra bien si j'arrive à maintenir cet équilibre.

Rangil a écrit:
Pendant une seconde j'ai bugué et j'ai fait : "Quoi, le TARDIS peut même aller dans les univers fan-fictionnels ?" Puis j'ai vu Docteur Tando et je me suis rappelé qu'on était pas dans Doctor Who ^^"

Je suis désolé, mais je ne peux rien contre les doctorophiles! Le rapprochement ne m'était même pas venu à l'idée ^^'

Rangil a écrit:
Quoi, encore ? Punaise, la société évolue lentement, même dans le futur ils ne reconnaissent pas l'autorité d'une femme compétente ? Ils doivent encore avoir droit à la journée de la femme version galactique, franchement, là, ils assurent pas !

Certes, c'est de la SF, mais j'essaye quand même de rester réaliste aarf


Rangil a écrit:
Pour conclure, je vais suivre ton roman avec curiosité, mais je te conseillerai de baisser ta vitesse de production. Tu n'as pas de souci à écrire correctement, et ça c'est appréciable, mais je pense que tu fais les choses un peu vite : ton deuxième chapitre me laisse l'impression d'avoir été moins travaillé que le premier, d'un niveau purement littéraire. Sur ce forum, on ne va pas te harceler pour avoir la suite, t'es pas obligé de poster deux chapitres en moins d'une semaine ^^

A vrai dire, j'ai peut être posté les deux chapitres en moins d'une semaine, mais les écrire m'a pris plus de temps que ça. Une semaine pour deux chapitres, c'est définitivement trop court pour mon emploi du temps de ministre ^^'
Comme je l'ai précisé au début de mon premier post, certains chapitres sont déjà écrits, 4 en tout, et un cinquième est en cours (depuis plus d'une semaine). Je n'ai pas posté mon premier chapitre juste après l'avoir écrit.
En fait, au départ, je n'avais pas prévu de poster ce récit où que ce soit, m'étant rendu compte de la dureté avec laquelle sont jugées certaines fan-fictions, j'avais vraiment peur de me faire allumer et de perdre l'envie d'écrire, n'étant qu'un "écrivain du dimanche". De plus, mes études étant beaucoup plus scientifiques que littéraires, je n'ai véritablement aucune base dans le domaine de l'écriture.

A part ça, merci pour les fautes et autres erreurs de syntaxe! Je corrige ça de suite!
Après vérification pour "moindres", ça doit pouvoir s'utiliser ainsi.
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Rangil
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MessageSujet: Re: Dominion   Jeu 24 Mar 2011 - 20:37

Citation :
En fait, au départ, je n'avais pas prévu de
poster ce récit où que ce soit, m'étant rendu compte de la dureté avec
laquelle sont jugées certaines fan-fictions, j'avais vraiment peur de me
faire allumer et de perdre l'envie d'écrire, n'étant qu'un "écrivain du
dimanche". De plus, mes études étant beaucoup plus scientifiques que
littéraires, je n'ai véritablement aucune base dans le domaine de
l'écriture.
Faut pas déconner, on est rarement méchants sur ce forum ! Il est arrivé qu'il y ait eu des auteurs vraiment, vraiment mauvais, mais dans ce cas-là, on parle de types incapables de faire une phrase sans fautes, d'inventer un semblant de scénario et d'aller au-delà d'une ennuyante succession de batailles spatiales. Et même dans ces cas-là, ce genre d'auteurs n'est pas descendu dès sa première, c'est s'il récidive sans prendre en compte les remarques qui lui ont été faites que là, ça commence à barder ! T'es quand même à des années-lumières de ce genre de Shep12.

N'oublie pas qu'ici, nous sommes tous des écrivains du dimanche, certains plus ambitieux que d'autres, voilà tout ^^ Sans compter que la plupart des membres de ce forum viennent également de filières scientifiques. Pour quelqu'un qui prétend ne pas avoir de bonnes bases, je trouve les tiennes assez assurées. Tu as bien fait de publier ta fiction ici : elle n'a pas à rougir et je pense qu'elle sortira enrichie des conseils de ses divers lecteurs.
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Zarquon
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MessageSujet: Re: Dominion   Dim 27 Mar 2011 - 18:23

Merci pour ces conseils, Rangil clin d'oeil

3

Elle garda son arme ainsi pointée pendant près d’une minute avant d’articuler une autre phrase.
–Déclinez votre identité, ordonna-t-elle.
Elle vit l’homme, les mains derrière la tête, trembler comme une feuille à l’idée qu’elle puisse faire feu. Elle dut attendre encore quelques secondes pour qu’il reprenne son calme et finisse par répondre, en claquant des dents.
–Ja…Jared Krash, trente-cinq ans, ar…architecte Lenurate. Si…s’il vous plait, ne nous faites pas de mal.
Les deux individus se rendirent compte presque exactement au même moment de l’erreur qu’il venait de commettre.
–Nous ? posa Berry.
–Je veux dire… commença Krash. Aidez-nous, je vous en prie.
Il s’était à présent retourné et avait joint ses mains en tombant à genoux. Il espérait ainsi susciter l’émotion aussi bien chez un soldat Keiji, qui ne voudrait probablement pas tuer un ressortissant Lenurate, que chez un soldat du Tribun, qui répugnerait à tuer un innocent. Il remarqua assez rapidement les bandes rouges du CPGS sur l’uniforme de la jeune femme, et se conforta dans son choix.
Elle regarda avec un air de pitié cette chose qui l’implorait, dont la vie lui appartenait. Elle analysa la situation. C’était un Lenurate, il était donc soit en exil, soit un expatrié, soit un marchand, ce qui pouvait être dangereux, voire même un espion, ce qui serait encore pire.
–Que faites-vous ici ? demanda-t-elle.
Il se décida à lui dire la vérité. S’il avait effectivement vu juste, elle l’épargnerait, et serait peut être même enclin à leur porter assistance.
–Je… ma femme et moi sommes des réfugiés de Lenur. Nous sommes partis lorsque les premières révoltes ont éclaté…
–Où est-elle, votre femme ? continua Berry.
–A l’étage.
–Amenez-y-moi.
Il passa devant et commença doucement à monter les escaliers. Elle garda son arme pointée sur Krash et tenta d’avancer, mais la douleur était encore trop grande. Elle avait fait l’erreur de traverser une partie de la ville dans un état aussi lamentable que le sien. Elle se sentait véritablement mal, elle avait le vertige, et perdait beaucoup de sang. Elle s’écroula avant d’avoir pu faire un pas.
Jared Krash entendit un bruit sourd lorsqu’il commença à grimper les marches et se retourna presque aussitôt. Il aperçut la jeune femme à terre, ne bougeant plus. Il se dépêcha de la rejoindre et tenta de la soulever, mais il se rendit compte qu’elle ne faisait aucun effort pour l’aider : elle s’était évanouie. Pour la première fois, il remarqua sa plaie béante à la cuisse d’où le sang coulait sous un bandage mal serré, ainsi qu’une blessure à la tête paraissant assez sérieuse. Il la monta donc à l’étage et la posa sur le canapé où était assise sa femme quelques minutes auparavant.
–Qui est-ce ? demanda-t-elle, inquiète.
–Un soldat du Tribun. Je pense qu’elle pourra nous aider, mais elle est assez mal en point.
Sa femme alla chercher des serviettes, ainsi qu’un nécessaire médical dans la salle d’eau. Elle ne trouva malheureusement pas grand-chose ; une serviette humide, un gant propre qu’elle mouilla à l’eau chaude et un bandage propre probablement suffisant pour remplacer l’ancien. Elle y dénicha également quelques antidouleurs.
Elle lui posa le gant sur le front après avoir essuyé le sang avec la serviette et placé un petit bandage autocollant. Elle nettoya succinctement la plaie de la cuisse et la protégea à l’aide de bande adhésive.
-Je ne peux rien faire de plus, dit-elle, il faut attendre qu’elle se réveille pour qu’elle prenne les antidouleurs. Nous devrions l’emmener chez le Docteur Tando, en espérant qu’il n’est pas encore parti.
Ils durent attendre ainsi une bonne heure avant qu’Alima Berry daigne une nouvelle fois ouvrir les yeux. Elle se sentait fatiguée, comme si toute sa force vitale lui avait été aspirée. Elle essaya de parler mais en fut incapable. Elle discerna juste une femme, probablement celle de l’homme qu’elle avait vu précédemment, qui lui tenait un verre d’eau et deux comprimés.
–Buvez, disait-elle, ça vous fera du bien.
Sa vision était floue mais s’améliorait de seconde en seconde. Elle finit par voir tout à fait clair, mais était toujours incapable de bouger. Elle ressentit alors une violente douleur à la cuisse droite. Elle se souvint de l’attaque qu’elle avait subie, et de ses conséquences. Elle vit alors l’homme sur qui elle avait braqué son fusil. Jared, ou quelque chose qui y ressemblait. Visiblement, il l’avait aidée quand elle s’était évanouie.
–Vous pouvez nous dire ce qu’il se passe ? demanda-t-il quand il vit qu’elle s’était réveillée.
Elle essaya d’articuler une phrase mais aucun son ne sortit. Elle retenta l’expérience et quelque chose finit par sortir de sa gorge.
–Keiji… nous… attaqué… souffla-t-elle.
–Que font-ils là ? fit Krash. Qu’est-ce qu’il se passe là, dehors ?
–Les Keijis et… les Lenurates… ensembles… contre Caeteri…
–Jared, tu ne vois pas qu’elle est épuisée ? fit une voix de femme venant d’une chambre voisine. Laisse-la respirer.
–Je suis désolé, lâcha-t-il en s’éloignant.
Elle ferma les yeux et revit le spectacle de la mort de ses coéquipiers. C’était abominable. Mais leurs ennemis étaient trop nombreux, il n’y avait rien eu d’autre à faire. Elle rouvrit les paupières pour échapper à cette vision d’horreur. Le soleil semblait plus pâle que tout à l’heure, et il faisait plus sombre. Elle ne mit pas longtemps à comprendre qu’elle avait du se rendormir, et qu’on était maintenant en début de soirée.
–Ca va mieux ? demanda la femme de son sauveur.
–Je pense que oui, répondit-elle.
Elle comprit qu’elle était redevenue à même de s’exprimer correctement. Elle en était satisfaite, et s’attendit à revoir Krash débarquer avec quelques questions. Ce qui ne manqua pas d’arriver.
Mais c’est elle qui commença la première à parler, anticipant l’interrogation de son hôte.
–Les Keijis se sont joints aux Lenurates, et visiblement, les Catervas aussi.
–Comment ont-ils pu atterrir ici ? fit-il. Vous ne protégiez pas la planète ?
–Bien sûr que si, mais leur flotte était trop importante et nous nous sommes laissé déborder. Nous avions abandonné une partie de nos effectifs en orbite autour de Lenur pour détruire les vaisseaux de guerre qu’ils avaient rassemblés. Certains d’entre eux ont pu passer notre blocus, plus que nous le pensions, à ce que j’ai pu voir.
–Vos blessures sont graves, débuta la femme, nous songions à vous emmener voir l’un de nos amis médecin, le Docteur Tando, chez qui ne tentons de nous rendre. Le problème est que nous ne savons pas si son quadrant a été touché, et si la population a été évacuée.
–Donnez-moi mon casque, s’il vous plait, eut-elle comme réponse.
Elle le mit sur sa tête et activa le HUD. Elle put instantanément voir toutes les informations diffusées sur le réseau militaire. A première vue, le Cœur n’était pas le plus touché, si on excluait la carcasse du croiseur J-18 qui s’était écrasé en plein milieu du quartier d’affaire. Les Keijis s’étaient posés un peu partout sur la planète où plusieurs affrontements entre les forces du Tribun et ces derniers avaient lieu.
–Quel secteur ? questionna-t-elle.
–Secteur 7, quadrant 13, informa Krash.
Elle zooma sur son écran HUD et vit apparaitre le découpage de chacun des secteurs et quadrants ainsi que les endroits critiques où la population avait été évacuée pour faciliter l’avancée des soldats du CPGS. Si elle comprenait bien ce qu’elle voyait, il y avait encore deux quadrants devant eux, les séparant de leur destination. Mais seulement le premier était victime des attaques au sol Keijies. Le second n’avait pas encore été officiellement évacué, mais certains Caeteriens ne s’étaient pas fait prier pour partir. Elle vérifia également s’il n’y avait pas un ou plusieurs camps de base établis dans les parages, mais rien n’était encore signalé. Elle n’avait donc pas d’autre choix que de suivre ce couple, surtout dans l’état où elle était. Jamais elle ne pourrait continuer seule.
Elle leur décrivit la situation tout en essayant de nuancer les informations qu’elle jugea néfastes pour leur moral. Le risque que le Docteur Tando ait déjà fui demeurait un risque non négligeable, mais elle était prête à le prendre. Ils décidèrent que la fugue vers le domicile du médecin était la meilleure solution qui s’offrait à eux.
Berry était encore faible, mais elle se releva en s’appuyant sur son arme qu’elle remplaça par l’espèce de canne que Krash avait réussi à lui dénicher dans les étages supérieurs. Elle passa son arme dans son dos à l’aide de la sangle qui y était attachée et s’approcha de la fenêtre dont elle entrouvrit les stores pour vérifier l’absence de soldats Keijis dans les environs. Ils descendirent les escaliers pas à pas en surveillant le jeune sous-officier. Ils arrivèrent au rez-de-chaussée duquel ils purent confirmer les renseignements qu’ils avaient amassés à l’étage.
La rue était déserte, seuls quelques détritus voltigeaient par dessus le gris métallique de la cité. Ils prirent la rue principale qui traversait le premier des deux quadrants qui les séparaient de leur destination, et la dévalèrent aussi vite que leur autorisait la blessure d’Alima. Ils prirent relativement peu de temps pour arriver au carrefour principal du quadrant où se déroulait une rixe entre soldats Keijis et du Tribun à quelques mètres sur la gauche. Ils se cachèrent dans une petite ruelle assombrie par l’ombre du soleil couchant. S’ils se dépêchaient, ils pourraient y arriver bien avant la tombée de la nuit, mais ils devaient d’abord traverser le carrefour.
–Comment on va faire ? s’inquiéta Jared. Ils ne nous laisseront jamais passer.
–J’ai peut être une idée… commença Berry. Il me reste une grenade à fumigène et une autre à impulsion retardée. Je vais m’arranger pour lancer la grenade fumigène assez bien pour qu’elle englobe la plus grosse partie du carrefour. Quant à celle à impulsion, vous allez la prendre, traverser la ruelle en face et l’installer derrière le groupe Keiji sans vous faire remarquer et l’activer. Elle explosera cinq minutes après, faisant diversion pendant que l’on traversera l’écran de fumée.
Krash acquiesça, prit la grenade à impulsion retardée et cavala de l’autre côté de la rue avant de se retrouver dans une allée parallèle à la leur. Il continua ainsi pendant deux minutes avant d’entendre le bruit des armes Keijis. Il déposa la grenade, l’activa en pressant l’unique petit bouton sur la sphère grisâtre et rebroussa chemin. Il lui fallut deux autres minutes pour retrouver sa femme et le sous-officier Berry. Il hocha la tête pour signifier qu’il avait réalisé sa partie de la mission. Alima attendit encore quelques secondes et lança la grenade fumigène au centre du carrefour. L’épais brouillard commença doucement à s’étirer. Il finit par englober la quasi totalité du croisement quand ils entendirent une explosion : la grenade à impulsion. Ils traversèrent la rue à l’intérieur de l’écran de fumée, Krash aidant Berry à marcher. Il leur fallut près d’une minute pour arriver de l’autre côté. La jeune femme s’adossa au mûr d’un bâtiment bleu pâle pour se reposer quelques secondes. Soudain, contre tout attente, étant donné les précautions qu’ils avaient prises, un tir d’énergie violet toucha le mûr à quelques centimètres d’Alima. Ils continuèrent donc à avancer, espérant demeurer hors de portée des soldats ennemis, mais les tirs s’intensifièrent. Ils se dissimulèrent à l’intérieur d’un bâtiment pour échapper à leurs poursuivants.

Le caporal Xui-Wang Vo était perché au cinquième étage d’un immeuble à la périphérie du Cœur, à partir duquel il apportait un appui à son escouade qui était sous le feu des soldats du Tribun. Derrière son casque noir, on pouvait apercevoir ses pommettes saillantes, ses yeux bleu en amande et son teint foncé caractéristique des Keijis. Il était plutôt grand, on devinait un corps athlétique sous l’épaisse armure de combat, et il était positionné un genoux au sol, devant la fenêtre.
Dans la lunette de son sniper TGP (Très Grande Portée), il tentait d’apercevoir les membres du bataillon ennemi réfugiés derrière des pans de murs pour se défendre. Une sorte de fumée grisâtre vint alors encombrer sa vision. Il pivota son arme vers le nuage cloué au sol et sentit une petit explosion, au bas de son immeuble, qui faillit le faire trébucher. Il remit son œil dans l’axe et vit trois personnes, deux femmes, l’une tenue par un homme, sortir du violent brouillard nouvellement formé, de l’autre côté du carrefour. Il tira lorsqu’il vit qu’ils s’étaient arrêtés, mais manqua de peu sa cible, la jeune femme qui portait une armure du Tribun reconnaissable par ses motifs rouges. Il comprit son erreur quand ils commencèrent à fuir. Il tira quelques coups qui manquèrent à nouveau leur cible mais il les vit rentrer à l’intérieur d’un immeuble.
Il dut décider assez rapidement de la suite des événements : continuer à soutenir son escouade ou pourchasser les trois inconnus. Il regarda rapidement par la lunette son équipe et vit qu’ils étaient en position de force. Il positionna son arme sur automatique pour qu’elle tire sur toute source de chaleur ne portant pas d’émetteur Keiji, solution peu efficace, mais bien utile. Il descendit son propre immeuble au pas de course. Arrivé en bas, il traversa le nuage gris, son fusil CMP (Courte et Moyenne Portée) pointé vers l’avant. Il continua prudemment à la sortie de l’écran de fumée, arme tendue. Il se colla au mur précédent l’entrée du bâtiment et posa un regard discret à l’intérieur en pivotant légèrement sa tête. Rien à signaler. Il entra donc, marchant le plus doucement possible pour éviter de se faire remarquer. Il était dans un grand couloir coupé par un escalier en spiral, plusieurs portes d’appartements et l’ascenseur encrés dans la cloison. Il activa la vision infrarouge de son casque HUD. Il détecta plusieurs sources de chaleur au rez-de-chaussée mais aucune d’entre elles n’avait la forme caractéristique des humains. L’immeuble devait bien faire une quinzaine d’étage, et il était hors de question qu’il les ratisse un par un.
En passant devant l’ascenseur, il remarqua qu’il était hors service, un tir avait du toucher son système sous le toit. Leur unique moyen d’atteindre les étages était l’escalier, et visiblement, ils s’étaient arrêtés avant qu’il ne rentre à l’intérieur du bâtiment. Il lui avait fallu deux minutes pour arriver de l’autre côté de la rue. Réflexion faite, ils n’avaient pas du pouvoir monter très haut. Il grimpa les marches et s’arrêta au deuxième. Il vit une silhouette en infrarouge qui paraissait suspecte, mais lorsqu’il défonça la porte de l’appartement pour vérifier, il n’y avait rien d’autre que les biens matériels de la famille évacués. Les radiateurs et les circuits incorporés aux cloisons et au sol ne lui facilitaient pas la tâche en chauffant. Il poursuivit sur sa lancée et arriva au troisième. Il distingua plusieurs silhouettes. Cette fois, il était sur de ne pas se tromper, l’une d’entre elle était en mouvement, et il entendait du bruit. Il se positionna devant la porte et désactiva la vision infrarouge pour discerner au mieux les détails. Il enfonça l’entrée avec un violent coup de pied et orienta son arme en direction de l’endroit où il avait précédemment vu les cibles. Mais il n’y avait rien. Il comprit alors qu’il était tombé dans un piège. Le temps qu’il se retourne, il fut frapper violemment sur son casque et fut mis à terre par un coup bien placé. Le temps qu’il prenne conscience des événements, son casque avait été retiré, et il sentit la pointe d’un revolver ACT sur son front. Il comprit qu’il s’agissait de la femme soldat du Tribun qu’il avait aperçu. Il lut sur son visage une expression de souffrance, elle était probablement blessée.
–Vous n’irez pas loin… commença-t-il.
–Je vous rassure, dit-elle, vous non plus.
Elle leva son bras pour lui mettre un coup de crosse mais il lui attrapa sa jambe blessée ce qui la fit trébucher. Il crut étonnamment prendre l’avantage, mais il reçut un nouveau choc violent sur la tête, vraisemblablement porté par l’une des personnes qui l’accompagnaient. Tout n’était pas perdu, dans la précipitation, il avait réussi à placer un implant détecteur sur l’armure du soldat, au niveau de la jambe. Il se laissa alors emporter par les ténèbres.

Jared Krash aida Alima Berry à se relever et à s’asseoir après sa chute.
–Vous n’avez rien ? s’inquiéta-t-il.
–Non tout va bien, s’efforça-t-elle à répondre, malgré la douleur persistante. Il faut partir d’ici au plus vite, il sera peut être rejoint par d’autres.
Ils descendirent les trois étages qui les séparaient de la rue et continuèrent leur chemin en direction du dernier quadrant qui les séparait du Docteur Tando. Celui-ci n’était pas encore sous contrôle Keiji, ils croisèrent donc certains Caeteriens, la plupart préparant leurs affaires pour partir avec leurs vaisseaux personnels ou VP. Ils poursuivirent ainsi pendant quelques minutes avant d’atteindre un grand bâtiment en brique rouge. Le revêtement était factice, bien entendu, c’était un outil d’architecte pour vieillir un immeuble.
¬–C’est ici, dit Krash en pointant du doigt la porte d’entrée de l’édifice.
Les trois compagnons de fortune s’approchèrent de l’ouverture lorsqu’un homme bien portant, petit, le crâne presque chauve, excepté quelques cheveux courts, probablement la cinquantaine, et visiblement pressé, les bouscula, une grosse valise à sa main. Ils se retournèrent et le virent s’approcher d’un petit vaisseau personnel garé juste devant.
–Docteur Tando ! s’écria la femme de Krash. Docteur !
Le vieil homme se retourna, plissa les yeux quelques secondes et esquissa un petit sourire.
–Ah vous deux ! J’espérais avoir de vos nouvelles avant de partir ! C’est chose faite ! J’ai de la place pour vous ici, dit-il en montrant l’intérieur de son vaisseau.
–Attendez, il faut que vous nous aidiez, fit Krash. Cette jeune femme, elle est gravement blessée.
Berry avait chacun de ses bras autour du cou de l’un des époux. Elle était épuisée, les antidouleurs ne faisaient plus effet.
–Je suis désolé Jared, mais je n’ai vraiment pas le temps, l’ordre d’évacuation ne va pas tarder à être déclaré dans ce quadrant, nous devons partir…
–Voyons Sari ! commença la femme. Elle se bat pour nous aider !
–C’est eux qui ont amené la guerre ici ! répondit le médecin.
Alima lâcha Jared et sa femme pour attraper son revolver et le braqua sur le Caeterien. Elle tenta le tout pour le tout.
–Plus vite nous remonterons dans votre cabinet, plus vite vous me soignerez, plus vite je baisserai mon arme, et plus vite pour pourrez partir.
Elle resta ainsi peut être cinq seconde avant de perdre connaissance, sous le coup de la douleur, en plein milieu de la rue.
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Zarquon
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MessageSujet: Re: Dominion   Dim 10 Avr 2011 - 15:08

Quatrième chapitre, volontairement plus court.

4

Le spectacle était d’une beauté angoissante, bouleversant le fragile équilibre du sombre espace parsemé d’étincelles. Le tableau ainsi peint se substituait aux affres de la guerre, noyant l’âme des défunts combattants dans le noir d’ébène. Une danse de couleurs se déployait tout autour de l’œuvre, une tornade de vert, rouge et autres jaune et orange. Le gris métallique s’élançait entres les différentes teintes, craignant l’extinction, et répétait une valse calculée pour échapper au néant alentour.
Derrière l’unique vitre panoramique de la salle de contrôle du Chimaera, le Général Luth admirait la scène. Le vieil homme n’en était pas à sa première bataille spatiale, mais, malgré le défilement des morts, véritables poussières dans cet intervalle faramineux, la succession de débris, caricatures de comètes traversant les distances ahurissantes, et les abondantes déflagrations marquant l’aboutissement de trop nombreuses vies, le général était toujours interpellé par la beauté de la situation.
Ce qui le coupa fut la voix de son second, l’officier Adam, dont il s’étonnait de ne pas avoir remarqué l’absence durant tout le début de l’affrontement.
–Ils sont trop nombreux, entendit-il simplement.
–Je crains en effet que la présence des Catervas ne nous facilite pas la tâche, admit-il.
La situation était proche de tourner à la catastrophe. L’armement Catervas était probablement l’un des plus évolué de toute la galaxie. Ils étaient la puissance armée indépendante la plus conséquente que renfermait l’amas d’étoile. Parmi la trentaine de vaisseaux qui avaient débarqué, les forces du Tribun n’étaient parvenues à s’en débarrasser que de quatre, dont trois étaient Keijis, le dernier Lenurate. De leur côté, ils avaient fait leurs adieux à trois C-15, deux J-18 et la moitié des T-14.
La bataille durait depuis moins d’une heure, mais déjà l’espoir s’était évaporé. Luth se demandait comment se débrouillait ses homologues au dessus de Lenur, et si les renforts promis par le Général Yu avaient fini par arriver.
A travers l’immense baie vitrée, on pouvait distinguer plusieurs J-18 qui escomptaient percer les défenses, qui se résumaient à quelques disques lasers, d’un vaisseau Caterva. L’imposante paroi rouge agissait comme un bouclier, mais sur un plus grand intervalle de surface. Le vaisseau qui l’utilisait voyait ses propres tirs traverser aisément la barrière, et se réconfortait en voyant les torpilles ennemis s’écraser lourdement de l’autre côté. Néanmoins, cet appareil possédait une sérieuse tare : l’énergie. Plus il contrait de projectiles, plus il consommait. Le risque étant qu’il se désactive de lui-même. Les Catervas avaient partiellement réglé ce problème dramatique d’une façon plutôt ingénieuse : chacun de leurs propres tirs à énergie servait de générateur, lorsqu’il traversait le champ de force, le disque se permettant de prendre dix à vingt pourcent de sa puissance, diminuant l’intensité des décharges et les dégâts qu’ils pouvaient créer.
Les croiseurs J-18 virevoltaient selon une formation tactique en losange, permettant de couvrir tous les flans. Ils furent rapidement pris en chasse par des torpilles à photons ennemies. Ils s’élevèrent et rompirent provisoirement la formation, laissant les torpilles passer entre les vaisseaux, afin de les surprendre par l’arrière, ce qu’ils réussirent avec brio. Ils s’approchèrent dangereusement du champ de force rougeâtre mais l’évitèrent astucieusement avant de profiter du mince écart qui se profilait entre deux parois écarlates. Ils se séparèrent à nouveau pour couvrir une grande partie du vaisseau ennemi vers lequel ils avançaient.
Le système de défense interne se mit en marche et commença à bombarder les J-18. L’un d’entre eux se trouva sur la trajectoire rectiligne d’un projectile à ion et explosa de mille feux, un second eut un accroc avec les quelques tourelles qui s’acharnaient à défendre le pont principal du vaisseau, encore intact après la détonation engendrée par la destruction du croiseur. Les deux restants peinèrent à se frayer un chemin vers la coque du bâtiment ennemi, mais reçurent l’aide inespérée de trois T-14 qui avaient suivi leur périple. Ils réduisirent au silence les tourelles principales, permettant aux J-18 de lâcher leurs bombes à plasma près du centre de contrôle et du système de survie. Une importante fumée grisâtre transperça le noir intense de l’espace lorsque le vaisseau piqua du nez, n’ayant plus personne aux commandes. Il passa hâtivement sous la paroi du disque laser, ce qui permit à un tir concentré de C-15 d’abattre le vaisseau Caterva.
Si l’on doit finir en enfer aujourd’hui, je préfèrerai qu’on les emmène avec nous, pensa Luth devant la déflagration produite par l’oxygène brulant.
–Mon général, le Général Yu du Minotaure sur le canal principal.
Luth se retourna et s’approcha de l’un des transmetteurs.
–J’espère que vous m’apportez de bonnes nouvelles, fit-il sans trop espérer.
–Je crains que les Catervas ne nous donnent plus de fil à retordre que nous aurions pu le penser, répondit le vieil homme dont les traits légèrement asiatiques se profilaient sur l’écran de contrôle.
–C’est bien ce que je redoutais, ici aussi on est dans une situation risquée. Qu’en est-il des renforts dont vous m’aviez parlé ? Ils n’ont tout de même pas déjà été annihilés ?
–Je vous rassure Luth, treize C-15 font le chemin en ce moment même depuis la Marge pour nous rejoindre. Ils sont informés de la division de notre flotte initiale, et devraient faire de même. Leur arrivée est prévue d’ici dix minutes standards sur Lenur, l’autre partie ne devrait pas tarder à vous regagner.
Luth eut un hochement de tête significatif que le Général Yu reconnut immédiatement : il n’avait rien à ajouter. Yu l’imita et la conversation fut coupée.

Le Minotaure était un vieux bâtiment du Tribun, assemblé durant les premières heures du Consulat Pan-Galactique Standard. L’un des premiers modèles C-15, et probablement le dernier encore en un seul morceau au sein de la flotte. Malgré tout, il tenait face aux assauts répétés des vaisseaux Lenurates qui défendaient leur planète natale. Grâce à l’aide des autres C-15, des croiseurs et des chasseurs, ils tenaient en défaite le gros de la flotte locale. Mais l’arrivée des vaisseaux Catervas, probablement les plus dangereux de la galaxie, avaient remis les pendules à zéro. Le Manticore n’avait pas tardé à être descendu, perdant ainsi le grand Général qu’était Ramirez. Yu s’était retrouvé à la tête de cette partie de la flotte, ce qui le mettait en position de force face aux autres généraux. Il était également devenu le coordinateur de l’attaque, ce qui ne lui facilitait pas la tâche. Ils tinrent l’heure suivante sans perdre aucun C-15, mais sacrifiant la quasi-totalité de leurs J-18. Les Lenurates battaient presque en retraite, laissant le champ libre aux Catervas et leurs infranchissables disques lasers.
Lorsque Yu eut des nouvelles de l’appui tactique qu’il avait demandé, il s’empressa de communiquer ces informations au Général Luth qui commandait l’autre partie de la flotte, autour de Caeteri. Ils tinrent bon jusqu’à l’arrivée des six C-15 venus leur porter assistance, sept autres n’allaient probablement pas tarder, s’ils n’étaient pas déjà arrivés, dans le système voisin. Les six bâtiments quittèrent l’hyperespace juste derrière la ligne formée par les vaisseaux de l’Alliance. Les Catervas, qui n’avaient jusqu’à lors aucune raison de protéger leurs arrières se laissèrent surprendre par la petite armada qui venait de se matérialiser. Les conséquences ne se firent pas prier. Deux de leurs vaisseaux furent anéantis par les forces jointes de quatre des C-15, les deux autres s’efforçant de viser au mieux, à l’aide de torpilles à plasma, les disques lasers afin de les rendre inopérants. La destruction de l’un d’eux condamna un autre bâtiment Catervas, annihilé, entre autre, par le Minotaure.
Les Lenurates qui avaient précédemment battu en retraite se rendirent compte de l’opportunité qui se présentait sous leur nez. Ils quittèrent leurs positions retranchées et s’aventurèrent en direction des C-15 fraîchement débarqués. Ils créèrent ainsi une seconde ligne de front au dessus de Lenur. La bataille était loin d’être gagnée.

Un schéma similaire se dessina aux alentours de Caeteri. Trois C-15 débarquèrent derrière les vaisseaux de l’Alliance et abattirent un vaisseau Caterva, deux Keijis, et un Lenurate, avec l’appuie du Chimaera et des autres vaisseaux commandés par Luth.
Le visage rond d’un homme approchant la quarantaine, chauve, les yeux d’un brun intense, une barbe naissante, parsemées de poils gris, s’esquissa sur l’écran de contrôle du Chimaera.
–Général Luth, ici le Commandant Briestof du Medusa.
Commandant, médita le vieux Général, Yu avait raison, ils viennent de la Marge.
–Je vous reçois. Je constate également que vous n’êtes que trois vaisseaux, on m’en avait promis le double.
–Je suis sincèrement désolé, mais nous avons reçu de nouvelles directives de la part du Ier Consul, nous sommant d’envoyer quatre vaisseaux dans le système de Keiji.
–Je ne veux pas contredire le Ier Consul, commença Luth, mais si une flotte similaire les attend autour de Keiji, ils ne vont pas survivre longtemps.
–Le Tribun a également prévu ce cas de figure, un escorteur W-37 a été dépêché pour les rejoindre. Ne vous faites plus de mourrons et concentrez-vous sur Caeteri. Ce sont les ordres du Ier Consul, Général.
–En ce cas, Commandant, ne cessez le feu que si je vous l’ordonne.
Un W-37, songea Luth, le Tribun craint la défaite s’ils vont jusqu’à enrôler un Amiral dans cette caricature de guerre...
C’est alors que l’impensable se produisit, un vaisseau devant faire le double d’un vaisseau Keiji se matérialisa dans le dos des C-15 nouvellement arrivés. Luth ne tarda pas à le reconnaître comme le vaisseau amiral de la flotte Keiji, venant probablement épauler ses forces sur le terrain. Il se débarrassa vulgairement d’un des C-15, les obligeant à rejoindre le reste de l’armada, en orbite autour de la planète.
Luth soupira. Le plus gros restait encore à faire.
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