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 Fan-fiction : Opération Papillon

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Rangil
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MessageSujet: Fan-fiction : Opération Papillon   Lun 17 Jan 2011 - 21:55



J'ai récemment débuté une fan-fiction sur Farscape (jusque là, je pense que vous aviez compris^^). Le postulat est le suivant : Et si Farscape One n'avait pas été amenée par un vortex près de Moya, mais sur une planète attaquée par des pirates ? Et si John Crichton, au lieu de devenir un bandit en fuite, avait choisi d'être un Pacificateur ? Que se passerait-il si quelqu'un appliquait un changement aussi minime à notre univers ?

Le titre de cette fic est évidemment un clin d'oeil à une autre fic sur ce forum dont le postulat est semblable, vous l'aurez deviné

Etant donné que ce forum ne permet pas de conversation la mise en page de word, je vous invite à lire plutôt ma fic sur un site que j'ai créé pour l'occasion. Je posterai néanmoins chaque chapitre ici, pour des raisons de commodité ^^

LISTE DES CHAPITRES :


PROLOGUE
Je m’appelle John Crichton. Je suis un Pacificateur. Une vague d’ondes électromagnétiques est passée. J’ai été aspiré par un vortex. Maintenant, je suis perdu dans un coin reculé de l’univers à combattre en tant qu’agent spécial toutes sortes de créatures extraterrestres bizarres.
Je suis votre seul recours ! Laissez-moi vous aider ! Vous m’entendez ? Il y a sûrement quelqu’un quelque part qui m’entend. Je poursuis un vaisseau vivant habité par des bandits évadés qui savent quelque chose que je ne sais pas. Je cherche juste un moyen d’instaurer la paix dans la galaxie.


ACTE I : REPRISE
Spoiler:
 
- Scène 1
- Scène 2


Dernière édition par Rangil le Dim 1 Mai 2011 - 21:49, édité 4 fois
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Rangil
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MessageSujet: Re: Fan-fiction : Opération Papillon   Lun 17 Jan 2011 - 21:56

PROLOGUE


- Parfait, nous sommes tous réunis. Je pense que la séance peut dès à présent commencer.

Anateronxiletinieronës CXDVIII se redressa, même si ce vocabulaire anthropomorphique ne pouvait guère s’appliquer à une entité dépourvue de toute enveloppe matérielle, évoluant dans une dimension abstraite.

- Encore une fois, pour ma défense, je tiens à vous rappeler que l’opération papillon a été activée indépendamment de ma volonté.
- Rappelez-nous en quoi consiste votre invention, Anateronxiletinieronës CXDVIII.
- Il s’agit d’un simple programme de nettoyage temporel. J’en ai eu l’idée lorsque j’ai été nommé à la tête de la division consacrée au maintien de la structure temporelle du 13ème plan de la dimension n°7. Un univers particulièrement chaotique, un véritable imbroglio d’actions, d’événements, de non-événements, de paroles, de désirs…
- J’imagine aisément. Un univers entier en proie à la contingence la plus totale.
- Tout à fait. Mon objectif était d’essayer de remettre un peu d’ordre là-dedans. L’opération papillon consiste à traquer tous les nœuds événementiels qui compliquent inutilement la structure de cet univers. Voyez-vous, de nombreux événements peuvent être effacés de ce continuum espace-temps sans que les conséquences en soient perceptibles. On peut sans crainte annuler l’existence d’espèces mineures, supprimer quelques planètes, empêcher la formation de certains systèmes solaires… Par réaction de cause à effet, l’univers se simplifie alors de lui-même.
- Cela me semble bien pensé, vous avez pris une initiative louable, mais vous auriez dû avertir nos services avant de la concrétiser.
- C’est bien là le problème. Le code n’était pas encore achevé, mais l’opération papillon s’est déclenchée d’elle-même. Un bug malheureux, que j’ai corrigé aussitôt, mais pas assez vite pour n’empêcher que plusieurs points soient retirés de la ligne temporelle de cette dimension.
- Tant qu’il ne s’agit que d’événements mineurs, nous n’en tiendrons pas compte. Car il s’agit bien d’événements mineurs, n’est-ce pas ?
- Hé bien, comme je vous l’ai dit, la programmation de l’opération papillon n’était pas encore tout à fait terminée. Il semblerait que certains des points qui ont été… modifiés, ont eu plus d’impact que ce que nous imaginions. Une galaxie a été détruite des milliards d’années trop tôt.
- Est-ce que le milliard d’années représente une unité temporelle conséquente ?
- Oui, monsieur le juge. Pire encore, cette anomalie s’est, d’une façon ou d’une autre, répercutée, dans d’autres plans de cette même dimension.
- Ceci est gravissime, Anateronxiletinieronës CXDVIII !
- Laissez-moi suffisamment de temps et je trouverai quel point de la ligne temporelle a causé tous ces désagréments !
- C’est inutile.
- Vous n’allez tout de même pas envoyer les Nettoyeurs ?
- Non, ils sont occupés à d’autres tâches autrement plus importantes. Votre erreur est fâcheuse, Anateronxiletinieronës CXDVIII, et elle témoigne d’un manque de professionnalisme qui sera noté dans votre dossier. Néanmoins, la 13ème dimension ne joue pas un rôle majeur dans nos plans, il est inutile de perdre notre temps à essayer de corriger les désordres causés par l’opération papillon. Quel que soit l’événement à l’origine de cet effacement anticipé, laissez-le en l’état.

*

- Ici Farscape One, est-ce que quelqu’un m’entend ? Hého, la Terre ? Ici John Crichton, à bord de la navette Farscape One ! J’ai été aspiré par une sorte de vortex, je suis coincé dans ce tourbillon bleu, est-ce que quelqu’un m’entend ? Je crois que…

John s’interrompit. Sa navette venait de traverser le vortex et fendait à présent l’espace. Un espace tel que l’astronaute ne l’avait jamais vu. D’immenses nébuleuses rouges dansaient sur des étoiles scintillant d’une myriade de couleurs, des poussières argentées papillonnaient autour de la navette qui dérivait lentement dans cette nuit aux mille feux.

- Wouha, commenta John, quel dommage que vous ne puissiez pas voir ça, les gars…

Un instant après avoir prononcé ces mots émerveillés, une colonne de feu fit exploser un astéroïde près de lui. Sous la violence du choc, Farscape One fut propulsée vers la planète sous son ventre et s’écrasa en silence.

*

Lorsque John Crichton sentit une vive douleur envahir son cou, il commença par se dire qu’il n’aurait pas dû abuser de la bière la veille. Puis il se rappela que d’habitude, la gueule de bois lui donnait mal au crâne et que le crâne se situait plus haut que le cou. D’ailleurs, il n’avait certainement pas bu de bières la veille, puisqu’il avait l’obligation d’être sobre afin de piloter sa navette le jour J.
De fil en aiguille, le cerveau de Crichton finit par s’éveiller complètement, l’astronaute ouvrit les yeux et découvrit un vieil homme penché au-dessus de lui. D’un ton euphorique, il lança :

- Hey, salut pépé ! Ca va pépé ? J’ai fait un rêve trop, trop bizarre, j’étais propulsé à l’autre bout de l’univers et un vaisseau spatial me tirait dessus ! Franchement, parfois, j’ai l’impression de complètement planer, pépé !
- C’est probablement à cause du sérum que je t’ai donné pour ne pas que tu sentes les brûlures qui recouvrent ton corps.
- J’ai des brûlures, moi ?
- Ca arrive en général, lorsque l’on entre à toute vitesse en collision avec le sol.
- Non non non ! T’as pas compris pépé, ça, c’est qu’un rêve. Mon vaisseau ne s’est jamais écrasé, parce que ça voudrait dire qu’on serait à l’autre bout de l’univers et ça tu vois, c’est pas possible.
- C’est bien ce qui me semblait. Tu ressembles à un Sébacéen, mais tu n’en es pas un.
- Un Sépakoi ? Hey, m’insulte pas, je suis Américain, moi !
- Je n’avais jamais vu une espèce qui ressemble autant à la notre, avant toi. De quelle planète viens-tu ?
- Allez, c’est une blague ? De la Terre, bien sûr !
- Jamais entendu parler.
- Arrête de me raconter des cracks pépé, si t’étais un alien, comment je pourrais comprendre ta langue, hein ?
- Je viens de t’injecter des microbes traducteurs dans la nuque. Ils ont gagné ton cerveau et traduisent instantanément dans ton langage ce que je dis.
- Hein ?
- Tu délirais pendant ton sommeil et je n’arrivais pas à comprendre ce que tu disais, j’ai pensé que tes microbes devaient être déficients.
- Non. Non, non, non ! C’est juste un mauvais rêve ! Un vilain rêve très bizarre !
- Un cauchemar, plutôt. Regarde par la fenêtre.

Le vieil homme lui indiqua une vitre cachée par des rideaux. John se redressa, tituba et écarta ces pièces de tissu. D’immenses champs vierges baignaient dans une nuit splendide, illuminés par deux lunes argentées et une myriade de boules de feu qui tombaient du ciel. Des brasiers s’allumaient un peu partout à l’horizon et s’élevaient jusqu’aux étoiles.

- C’est pas… Comment est-ce que…
- On est dans la dren, résuma le vieil homme. Désolé petit, j’ai réussi à te sauver de ton crash, mais tu vas mourir ici.

Un court instant, John songea qu’il avait probablement sombré dans la folie. A dire vrai, il ne voyait aucun élément susceptible d’infirmer cette impression, mais son instinct de survie prit rapidement le pas sur les considérations psychologiques. Il écarta donc aussitôt cette question dans un coin reculé de son esprit et se retourna vers son interlocuteur. Pour la première fois, il remarqua alors quelque chose de très étrange. Il se trouvait dans une cabane en bois, tout ce qui existait de plus simple, si l’on exceptait quelques objets à la forme saugrenue. Il se dégageait de cet endroit une impression d’archaïsme, qui lui rappelait un peu le gîte de son grand-père dans l’Oregon, perdu au sein d’une immense forêt. Pourtant, le vieil homme qui l’avait sauvé se tenait assis sur une plate-forme qui flottait dans les airs et clignotait sans cesse.
Son interlocuteur surprit son regard, mais l’interpréta de travers, car il crut nécessaire d’expliquer les causes de son état :

- Une bataille contre les Scarrans, il y a 20 cycles. J’étais pilote et mon Maraudeur s’est écrasé sur une planète, un peu comme toi. J’ai perdu le contrôle de la plupart de mes membres. Il n’existe aucun remède pour les blessés dans un état aussi grave que le mien. Et à quoi pourrait servir un pilote incapable de se servir de ses membres, hein ?
- Donc, vous avez pris votre retraite ici ?
- Exact. J’ai demandé aux Pacificateurs quelque chose de plus simple, une petite planète agricole perdue dans les Territoires Libres, par exemple. Un endroit calme, où je pourrai me reposer jusqu’à ce que mon corps finisse par m’abandonner complètement.
- Loupé, on dirait.
- J’ai jamais eu beaucoup de chance. Toi non plus, je parie ?
- A la IASA, ils me surnomment tous l’attrape-guigne.
- Tu es militaire ?
- Non, juste un explorateur.
- Dommage, petit. C’est ce qui manque, ici. Des militaires. Les Pacificateurs ont déjà tellement à faire un peu partout dans la galaxie, ils ne peuvent pas s’occuper de ces territoires qui les rejettent. Et pourtant, la paix manque cruellement, ici…
- Tout ça… Tout ça me semble complètement dément ! Je sais que je devrais être complètement paniqué, mais je crois que la drogue que vous m’avez donnée me fait encore trop d’effet pour que je me laisse emporter par la surprise. Qui pourrait bien vouloir bombarder une petite planète perdue ?
- Des pirates. De petites ordures comme il en existe un peu partout, anonymes, qui sèment la destruction sans même parvenir à le faire correctement. Quelqu’un doit rétablir l’ordre dans les Territoires Libres, petit. Cet endroit sombre dans la folie et la nuit…

Une secousse bien plus forte que les précédentes secoua la cabane. Le vieil homme tomba de son fauteuil volant. Crichton se précipita pour l’aider à se relever, mais son sauveteur le repoussa d’un geste.

- Je peux me débrouiller tout seul, va plutôt chercher mon arme à pulsion.
- Votre quoi ?
- Dans le tiroir, là, le pistolet !
- Wouha, une petite merveille, celle-là… Un peu comme l’actrice Winona Ryder, ce qui est étrange parce que ce flingue n’a rien d’une femme, alors je me demande pourquoi je pense à elle, même si je dois reconnaître que je pense souvent à elle, mais de toute manière, je suppose que vous ne comprenez rien à ce que je raconte ?
- Pas un traître mot, mais je suis content qu’il te plaise, parce que tu vas devoir t’en servir !
- Je sais même pas comment fonctionne ce truc, prenez-le, vous !
- Impossible. Mon index est paralysé depuis mon accident. Contente-toi d’essayer de presser la gâchette.
- L’attrape-guigne, qu’ils m’appelaient… Je commence à me dire qu’ils n’avaient pas complètement tort.

Une autre secousse, bien plus forte encore, ravagea la cabane qui s’effondra aussitôt. John n’eut même pas le temps de porter secours à son nouvel ami : une pluie de feu s’abattit et embrasa la région. Les deux hommes furent propulsés au loin par l’onde de choc. L’astronaute parvint à écarter les restes de la cabane qui le recouvraient et à se relever. Les flammes mordaient son corps, encore insensible à la douleur. Il balaya les débris, sans voir de trace de son sauveur. Il paniqua, hurla, remua chaque morceau de bois, laissa le feu lécher ses doigts, pleura, hurla encore, insulta les astres, retourna au travail, essaya d’éviter le désastre, mais ne trouva qu’un vieil épouvantail.
Lorsque la fumée devint si forte qu’elle engloutit le paysage et que les flammes dépassèrent la cime des arbres, Crichton s’enfuit en boitant, essayant désespérément de trouver un abri. Il entendit les hurlements d’agonie de son sauveteur longtemps après que les flammes, rassasiées, se furent éteintes. Un soleil pâle avait beau l’éclairer tandis qu’il pataugeait dans un ruisseau boueux et puant, des kilomètres de marche à pied avaient beau le séparer du vieil homme, il entendait encore ses cris misérables.
Dans quel monde de déments avait-il échoué ? Un inconnu lui avait sauvé la vie et, quelques heures plus tard, lui l’avait laissé agoniser avant même de connaître son nom. Exténué, excité, encrassé, brûlé, blessé, drogué, aux aguets, John errait sur un monde étranger. Mais un moins, il avait un but.
Instaurer un peu d’ordre dans cette galaxie de fous.


Dernière édition par Rangil le Mar 18 Jan 2011 - 18:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fan-fiction : Opération Papillon   Mar 18 Jan 2011 - 2:59

Hey, j'adore ta bannière ! Elle est vraiment sympa. Excellente idée d'avoir intégré le symbole des Peacekeeper dans le coin droit, il s'insère parfaitement et semble tout à fait approprié, compte tenu du thème de ta fic.

Le scénario de ta fiction en rappel effectivement une autre. ^^ Amusante scène que celle du procès d'Anateronxiletinieronës CXDVIII - tout à fait le genre de Farscape que de donner des noms à rallonge à ses êtres multidimensionnels ^^-, j'aurais bien aimé avoir droit à quelques descriptions du tribunal, mais je suppose que that's the point, l'endroit est sans doute indescriptible. ^^ C'est tout l'effrayant principe des réalités alternées, bien sur, que de voir un unique individu fourrant son nez là où il faut pas influer sur la destiné de millions de milliards d'étoiles habitées. Bien que, je l'avoue, je me demande comment ce changement précis pourrait avoir une si formidable influence. J'en ai bien m'a petite idée, évidemment. Quand on a vu le 5x02...

John en Peacekeeper... Cette perspective également m'intrigue. Oh, je comprends bien comment l'Humain pourrait se laisser abuser initialement, comment cette police de l'espace dont les intentions sont si nobles sur le papier pourrait lui paraitre une noble cause, puis, peut-être, un mal nécessaire ; je me demande simplement comment tu vas l'empêche de finir par lui apparaître sous son véritable jour, un système cauchemardesque qui a dénaturé le terme de justice au point qu'il ne ressemble même plus à un cousin éloigné et abâtardi.

Je dirais que ton prologue partage l'un des défauts du pilote, qui est que John s'acclimate bien trop vite à l'environnement extra-terrestre dans lequel il se retrouve projeté. Difficile de dire à quel moment Crichton sort de son petit délire hallucinatoire et à quel moment il retrouve tout à fait ses esprits - on peut considérer, je suppose, que durant sa discussion avec le vétéran Peacekeeper il est encore en plein brouillard, et ne questionne pas trop les évènements - mais son calme et l'a-propos de ses questions ne me semblent pas appropriés à la situation. Dans le pilote, cela passait plus facilement, car nous ignorions ce que John avait dans la tête ; nous pouvions imaginer qu'il avait fait beaucoup d'introspection durant le temps passé en cellule - c'est ainsi que j'avais "sauvé les meubles" dans ma tête après le visionnage. Dans un récit écrit, ou le lecteur fait des plongés régulières dans les pensées du héros, que son ahurissement ne soit pas abordé est plus dérangeant.

Je vais suivre cette fiction avec curiosité. Wink

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MessageSujet: Re: Fan-fiction : Opération Papillon   Mar 18 Jan 2011 - 7:51

Citation :
aurais bien aimé avoir droit à quelques descriptions du tribunal, mais je suppose que that's the point, l'endroit est sans doute indescriptible. ^^
Exact, difficile de décrire une dimension abstraite XD

Citation :
je me demande simplement comment tu vas l'empêche de finir par lui apparaître sous son véritable jour, un système cauchemardesque qui a dénaturé le terme de justice au point qu'il ne ressemble même plus à un cousin éloigné et abâtardi.
C'est effectivement toute la difficulté et l'enjeu de la fic, même si ça ne sera pas directement abordé dès le début !

Citation :
Dans un récit écrit, ou le lecteur fait des plongés régulières dans les pensées du héros, que son ahurissement ne soit pas abordé est plus dérangeant.
Hum, déjà, ce n'est pas très évident dans ce prologue, mais pour cette fic, j'ai fait le choix de diminuer drastiquement les passages narratifs. Même s'il arrive que le narrateur décrive de temps à autre les pensées et sentiments d'un personnage, la plupart du temps, ce seront les dialogues qui se chargeront de faire avancer l'action ^^
Ensuite, pour la facilité avec laquelle John s'acclimate, c'est parce que je ne considère pas le pilote comme léger sur ce point, mais je pense au contraire que c'est un trait de la personnalité de John : on a affaire à un type doté d'une grande culture cinématographique et notamment, en matière de science-fiction. On ne peut pas dire qu'il est prêt pour une rencontre du 3ème type, mais en tout cas, il a quelques réflexes. Ensuite, John se montre régulièrement un peu... Arriéré, disons Razz Et en même temps, il jouit d'un instinct de conversation assez faramineux, qui le pousse à réagir parfois de façon totalement insensée pour sauver sa peau (cf. le tryptique "Kiss the Princess" de la saison 2 par exemple,
Spoiler:
 
). A mon sens, il est normal que John ne réagisse que très peu sur le moment, parce qu'il est danger. C'est une fois le danger passait qu'il va avoir mille questions à poser, mais quand la planète est bombardée, son esprit se fixe entièrement sur la question de la survie, même si ça peut nous paraître insensé ^^
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MessageSujet: Re: Fan-fiction : Opération Papillon   Mar 18 Jan 2011 - 17:04

Rangil a écrit:
Citation :
Dans un récit écrit, ou le lecteur fait des plongés régulières dans les pensées du héros, que son ahurissement ne soit pas abordé est plus dérangeant.
Hum, déjà, ce n'est pas très évident dans ce prologue, mais pour cette fic, j'ai fait le choix de diminuer drastiquement les passages narratifs. Même s'il arrive que le narrateur décrive de temps à autre les pensées et sentiments d'un personnage, la plupart du temps, ce seront les dialogues qui se chargeront de faire avancer l'action ^^
[...]
A mon sens, il est normal que John ne réagisse que très peu sur le moment, parce qu'il est danger. C'est une fois le danger passait qu'il va avoir mille questions à poser, mais quand la planète est bombardée, son esprit se fixe entièrement sur la question de la survie, même si ça peut nous paraître insensé ^^
Je vois. Et bien, je comprends cela - je crois effectivement que la capacité à mettre les trucs dingues de côté le temps de rester en vie fait parti des mécanismes de survie de John - et cependant, je crois que si peu de choses sont évoquées par le narrateur, une phrase à ce sujet devrait en faire partie. Quelque chose qui dirait en substance "John mit les trucs dingue de côté le temps de rester en vie". Cela me semble nécessaire pour faire comprendre au lecteur qu'il évolue bien dans un univers cohérent, que le personnage n'est pas un héros de conte de fée qui ne s'interroge pas sur sa santé mentale en voyant une grenouille lui parler.
Tu as le droit, cela va sans dire, d'avoir une opinion différente sur le sujet. ^^

Rangil a écrit:
Et en même temps, il jouit d'un instinct de conversation assez faramineux, qui le pousse à réagir parfois de façon totalement insensée pour sauver sa peau
C'est sûr que John est un sacré baratineur. mrgreen

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Dernière édition par Skay-39 le Mar 18 Jan 2011 - 19:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fan-fiction : Opération Papillon   Mar 18 Jan 2011 - 18:14

Citation :
Quelque chose qui dirait en substance "John mit les trucs dingue de côté le temps de rester en vie". Cela me semble nécessaire pour faire comprendre au lecteur qu'il évolue bien dans un univers cohérent, que le personnage n'est pas un héros de conte de fée qui ne s'interroge pas sur sa santé mentale en voyant une grenouille lui parler.
Hum, tu as sans doute raison à ce sujet, je vais faire un petit ajout dans la soirée. Merci de tes conseils ^^

EDIT : Voilà, j'ai simplement rajouté quelques lignes dans le prologue afin de clarifier la situation.
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MessageSujet: Re: Fan-fiction : Opération Papillon   Mar 18 Jan 2011 - 19:25

C'est au poil. ^^

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Rufus Shinra
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MessageSujet: Re: Fan-fiction : Opération Papillon   Jeu 20 Jan 2011 - 13:55

Waw.

Tout d'abord, merci beaucoup pour la référence, je suis honoré ! Pour ce qui est de la fic elle-même, ça m'emballe clairement ! L'idée peut être très intéressante, de voir un Crichton qui est dans "l'autre camp", et qui en découvre la nature, dans le bien comme dans le mal. Parce que malgré tous les défauts des Peacekeepers, ils font aussi pas mal de bonnes choses, préservent probablement la majorité des individus sous leur juridiction.

Côté adaptation rapide de Crichton, il aurait peut-être été possible de faire durer ça plus longtemps, mais le fait qu'il y aie une attaque en cours permet de raccourcir logiquement cette scène, John étant poussé par l'adrénaline dans ses retranchements que l'on connait. Par contre, il aura probablement un contrecoup majeur une fois la situation un peu plus calme, et ça sera marrant à voir. Mais un geek habitué et connaisseur des schémas narratifs et de la SFFF en général devrait quand même mieux s'habituer que le pékin lambda.

Bref, je vais suivre cette fic avec une attention toute particulière !

A quand la version B5 où les Minbaris ont vitrifié la Terre avant de se rendre compte de vous-savez-quoi, les Terriens étant à présent des nomades sans planète-mère ?
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MessageSujet: Re: Fan-fiction : Opération Papillon   Jeu 20 Jan 2011 - 21:41

Merci beaucoup pour tes compliments ^^

Spoiler:
 
Ca aurait sans aucun doute été marrant à écrire, mais j'ai préféré faire une ellipse de 7 cycles entre le prologue et le premier chapitre, donc on aura droit à un John Crichton familiarisé depuis longtemps avec cet univers. Ca m'embêtait d'écrire les premiers pas de John dans ce coin de l'univers, parce qu'il n'aurait pas été crédible avec ce qu'on sait des Pacificateurs qu'ils l'acceptent en quelques mois. Ecrire ses premiers pas reviendrait alors à le voir découvrir, seul, cet univers : ça aurait finalement été trop proche de ce qu'on a vu de la saison 1. Je préfère donc zapper cette partie pour attaquer directement le coeur de la fic : Crichton en tant que Pacificateur intégré au système.

Citation :
Bref, je vais suivre cette fic avec une attention toute particulière !
En espérant ne pas te décevoir ! Surtout pour les délais entre les chapitres, Word s'amuse régulièrement à buguer en effaçant mon travail et en refusant de faire les sauvegardes automatiques programmées, à ce train, je vais avoir du mal à boucler l'acte I -_-

Spoiler:
 
"Babylon 5 was our last best hope for home. It failed." Ca pourrait être intéressant comme concept, en plus ! Par contre, va falloir trouver un nouveau nom papillon XD
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MessageSujet: Re: Fan-fiction : Opération Papillon   Ven 28 Jan 2011 - 21:16

Eh bien voilà une surprise agréable. Une fan-fiction qui d'une part fait un clin d'oeil à un chef d'oeuvre sur Stargate de part son titre (et donc qui indique que l'auteur a du goût) et qui en plus est basée sur Farscape? Grace Grace Grace Grace

Alors, le prologue introduit bien ton histoire, et même si c'est rapide et brutal, ça colle parfaitement à la manière dont John s'était comporté lorsqu'il s'était retrouvé en pleine évasion de Moya.

Tu peux compter sur moi pour suivre attentivement les pérégrinations de Crichton dans cet univers alternatif Heureux
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MessageSujet: Re: Fan-fiction : Opération Papillon   Sam 29 Jan 2011 - 17:17

Ok, voici le début de la fan fic ! Egalement accessible ici, avec des alinéas en plus.
Le titre de l'acte est évidemment une référence au nom du premier épisode VO, Premiere, et à l'aspect théâtral de cet acte ^^ Amusez-vous à retrouver les références aux divers épisodes qui apparaissent ici !

______________________________________________________________________


ACTE I : REPRISE
Scène 1 : La machine infernale


Le roi Clavor, assis sur son trône fier, passait une main pensive sur son menton glabre.

- Je pense que je devrais me laisser pousser un petit bouc, qu’en dis-tu ma chérie ?
- J’en dis que notre peuple est effrayé et que notre race risque de disparaître d’ici quelques jours solaires, alors pourquoi est-ce qu’on est en train de discuter de ton menton ?
- Bien sûr, bien sûr. Mais quand même, un petit bouc…
- Tu as reçu des nouvelles des Pacificateurs ?
- Ils ont dit qu’ils allaient m’envoyer une de leurs meilleures équipes. J’en crois pas un mot. Ils nous détestent. Nous aussi d’ailleurs, on les déteste. Rappelle-moi pourquoi on fait appel à eux ?
- Parce que la machine infernale qui s’apprête à frapper cette planète tout entière a déjà détruit des dizaines de systèmes solaires et que nous sommes impuissants à l’arrêter. Sans aide, nous sommes tous condamnés..
- Oui, bien sûr qu’on a besoin d’aide, mais pourquoi eux, pourquoi les Pacificateurs ? Ca me dégoûte, quand je pense que notre noble famille a passé des centaines et des centaines de cycles à prévenir toute ingérence de leur part…
- Tu étais moins attaché à l’indépendance de ta planète lorsque tu t’es précipité dans les bras des Scarrans.
- Ca, je le reconnais, c’était une mauvaise idée. Mais comment deviner qu’ils allaient perdre leur guerre contre les Pacificateurs, alors qu’ils avaient tous les atouts en main ? Personne n’y croyait !
- C’est un miracle que les Pacificateurs n’aient pas rasé ta belle planète pour nous punir de cette alliance infâme.

Un valet interrompit leur dispute en les prévenant qu’un Maraudeur venait d’atterrir. Pour la première fois de sa vie, le roi Clavor remercia mentalement les Pacificateurs, qui lui offraient un parfait prétexte pour éviter une énième discussion avec sa femme, qui pour des raisons mystérieuses, n’avait jamais pardonné son alliance avec les Scarrans. Comme le reste de son peuple, d’ailleurs.
Le roi se leva et son manteau blanc traîna sur le marbre blanc de son palais blanc. Il pénétra gracieusement dans son ascenseur blanc et se rendit dans la salle blanche. Un instant, il se demanda pourquoi diable son architecte lui avait attribué un tel nom alors que la même blancheur recouvrait toutes les autres salles du palais. La plupart des ambassadeurs qu’il accueillait ne pouvaient se retenir de rire lorsqu’ils entendaient parler de la « salle blanche ». Cette pensée fut chassée par la découverte de son invité, affalé sur le plus grand fauteuil du palais. L’homme en noir dans la salle blanche…
Immédiatement, Clavor sut qu’il n’aimerait pas ce Pacificateur. Peut-être à cause de cette lueur insolente dans ses yeux bleus, ou du sourire victorieux sur ses lèvres, mais il existait un petit quelque chose d’inexplicable dans son attitude qui déclenchait une incompréhensible vague de haine chez le roi Clavor.

- Sympa la déco, fit le Pacificateur sans daigner se lever, ça manque juste un poil de couleur. J’aime beaucoup le blanc hein, mais tout de même, une civilisation tout en blanc, ça fait un peu mauvais épisode de Star Trek. Tu permets que je t’appelle Trekkie ?
- Pour qui vous prenez-vous, je suis le roi de cette planète, tout de même !
- Bon, dans ce cas, ça sera Trekkie King. Bon, si tu m’expliquais un peu les détails de ma mission, Trekkie King ? On m’a juste dit que ta planète est menacée par une machine étrange.
- Une seconde, où le reste de votre équipe ?
- Ici, répondit-il en brandissant son pistolet à impulsion. John Crichton et Winona, le duo explosif des Pacificateurs ! Rien ne nous résiste et pourtant, les résistances imprévisibles sont notre spécialité !
- On m’avait promis une équipe entière, c’est un scandale !
- Croyez-moi, vous n’avez pas besoin de vous encombrer d’une équipe quand John Crichton est là.
- En plus qu’est-ce que c’est que ce nom, « John Crichton » ? Ma royale personne n’a jamais rien entendu d’aussi disgracieux et ridicule !
- Tu peux parler, « Clavor ». Je croyais qu’il n’y avait que sur Nanarland qu’on osait porter un tel nom ! Et pourquoi pas « Clavor le Destructor », tant qu’on y est ?
- Je vous rappelle que je suis le roi de cette planète, vous me devez le respect !

Crichton bondit de son fauteuil. Un nuage de colère voila son regard jusque-là joyeux et irrévérencieux. Pour la première fois, Clavor réalisa qu’il y avait quelque chose de royal dans les yeux de ce Pacificateur. Il y sentait la flamme de la certitude qui le brûlait, comme si ce John Crichton avait percé les vérités de l’univers, et qu’il ne supportait pas d’être interrompu dans sa lutte contre la réalité elle-même par un petit joueur encore bloqué au premier niveau.

- Bon, s’exclama le Pacificateur d’une voix étrangement posée malgré la fureur qui hantait ses yeux, je vais essayer de vous expliquer les choses clairement. Votre majesté, vous êtes le pire grimmat que j’aie jamais rencontré.
- Comment osez-vous… ?!
- Silence, le trog, où je te promets que tu devras te débrouiller tout seul pour sauver ta planète de pleutres et de traîtres ! Tu t’es allié avec les Scarrans lorsque tu pensais qu’ils gagneraient la guerre et tu t’es caché dans les jupes de ta mère lorsqu’on les a battus ! Et maintenant, au premier petit souci, tu rappliques la queue entre les jambes, tu implores notre aide et tu prétends en plus vouloir me dicter tes règles? S’il n’y avait eu que ta vie en jeu, je peux t’assurer que je t’aurais moi-même balancé dans l’acide pour aider tes ennemis à arracher la peau de ton squelette répugnant, mais c’est une civilisation entière qui risque de disparaître et très certainement à cause des plans machiavéliques à deux kretmers ! Et chaque microt que je gaspille à t’expliquer la vie, tes ennemis l’utilisent pour affiner leur plan et les chances de survie de ton peuple diminuent proportionnellement, alors maintenant tu arrêtes de nous faire perdre un temps précieux et tu me donnes tous les détails de cette affaire, c’est bien compris ?

Clavor avala sa salive et essaya de se recomposer un air un tant soit peu digne et royal. En vain. L’écho de ses genoux en train de claquer résonnait dans toute la salle blanche. Crichton n’attendit pas sa réponse, retourna s’asseoir sur le fauteuil, croisa les jambes, patienta quelques microts et aboya :

- Bon, elles viennent, ces infos ?
- Oui, oui ! Hum, eh bien… Tout a commencé il y a cinq jours solaires. Nos radars ont détecté un vaisseau inconnu à l’approche de notre planète. Nous n’avons pas eu le temps de le contacter : il a lancé une centaine d’objets non-identifiés sur notre planète et il est reparti. La plupart n’étaient que des boîtes vides, sauf un : il a craché une puissante lumière qui a enveloppé toute la région sur laquelle il s’est écrasé. Lorsque mes troupes sont arrivées sur place, les gens étaient… Ah, c’est indescriptible, vous verrez ça par vos propres yeux. Le lendemain, presque à la même heure, le vaisseau est revenu et nous a menacés : soit nous acceptions de lui payer l’équivalent de cent mille lingots de borinium, soit il lâchait une autre bombe sur notre planète.
- Sacrée somme…
- Trop élevée. Même si nous acceptions de payer, je ne sais pas comment nous pourrions faire pour réunir autant d’argent sans avoir à vendre la moitié de cette planète ! J’ai donc refusé et envoyé mon armée. Le vaisseau inconnu est reparti avant d’avoir pu être atteint, mais avant, il a réussi à lâcher une autre salve de projectiles. Notre système de défense a été terriblement diminué depuis la fin de la guerre, nous n’avons pas réussi à faire exploser en vol tous les projectiles. De toute façon, cette fois encore, la plupart d’entre eux étaient des feintes, à l’exception de celui qui a explosé sur le désert blanc. Et le même schéma se répète encore et encore, chaque jour solaire, quasiment à la même heure. Mon armée n’arrive jamais à intercepter ni ce vaisseau, ni ses projectiles.
- Comment fait-il pour s’enfuir ? Est-ce qu’il s’agit d’un vaisseau standard, un peu trop rapide pour les vôtres ?
- Non, il utilise une propulsion qui ressemble beaucoup à la combustion d’un Léviathan, mais le design du vaisseau n’a rien à voir avec celui d’un Léviathan. D’autres questions ?
- Oui, votre planète, elle s’appelle vraiment la Planète Royale ? Elle n’a pas un vrai nom, vous savez, un truc un peu classe, qui ne ferait pas mourir de rire tous les visiteurs qui passent faire un peu de tourisme ?

Le teint de Clavor vira au rouge et ses lèvres palpitèrent de colère, mais le temps qu’il parvienne à hurler sur Crichton, celui-ci s’était déjà enfui en riant.

*

Crichton tourna à droite, ouvrit la première porte qui s’offrait à lui, la referma aussitôt en apercevant deux hommes nus occupés dans un lit, pivota sur lui-même, suivit la direction de son regard, ouvrit une autre porte au hasard, se reçut un produit nettoyant lancé par la locataire de ces WC et décida qu’il était temps pour lui de demander le chemin de l’infirmerie plutôt que d’essayer toutes les portes de ce palais.

- Facile, lui répondit un passant en blanc, suivez le chemin blanc et appuyez sur le bouton blanc lorsque vous verrez une porte blanche.
- Evidemment… Je tourne dès que je vois une flèche blanche ou je suis plutôt la flèche blanche ?

John n’attendit pas la réponse de son interlocuteur et préféra s’élancer dans la pièce juste à côté de lui. Depuis quand avait-il besoin d’aide, de toute manière ? Il était John Crichton, le poignard silencieux des Pacificateurs, l’homme qui avait vaincu trois Scarrans avec une pince à cheveux et deux trombones, il était parfaitement capable de se frayer son propre chemin.
La magnifique Kalish qui prenait sa douche poussa un cri strident en voyant John pénétrer dans sa salle de bain. Le Pacificateur ressortit aussitôt et redemanda des informations au passant qui l’avait sagement attendu en pouffant de rire.
Quelques minutes plus tard, il poussa les portes de l’infirmerie. Il songea d’ailleurs que cette pièce ressemblait plus à un laboratoire de savant fou des années 30 qu’à une véritable infirmerie, mais un laboratoire de savant fou propre et blanc, avec milles fils qui pendouillaient un peu partout et autant de lumières qui clignotaient sans raison, mais avec une harmonie indéniable.
Une infirmière en blanc l’accueillit avec un sourire :

- Le roi m’a prévenu de votre arrivée, mais je pensais que vous viendriez directement, vous avez fait un détour ?
- Hem, juste un peu de tourisme. Bon, parlez-moi plutôt des victimes de cette étrange lumière.
- Nous en avons cinq, dans ces appareils. Ceux-là sont en stase car nous sommes en train de réaliser des tests sur eux, mais si vous voulez en voir éveillés, nous en avons une centaine qui attendent dans les douves du palais.
- Les douves ? Drôle d’endroit, pour des malades.
- Ils ne se plaignent pas. En réalité, ils ne ressentent plus rien, ils sont dans un état végétatif permanent.
- Montrez-m’en un.
- Attention, la plupart des gens ont un choc lorsqu’ils voient ça pour la première fois.
- Vous savez, je sers depuis 5 cycles dans les forces spéciales des Pacificateurs, j’ai vu des choses si horribles que vous ne pourrez jamais ne serait-ce que… What the frell, qu’est-ce que c’est que cette… ?! Non ! Non, c’est impossible ! Une telle horreur, ça ne peut pas exister !
- Je sais, il faut du temps pour s’y habituer… Même moi, j’en frisonne encore à chaque fois.

Jamais John Crichton n’aurait cru qu’une telle immondice puisse être possible. L’épiderme de cet homme avait gagné en épaisseur et en rugosité, mais surtout, il avait viré au rose. Un rose affreux, baveux, monstrueux, le genre de rose criard qui ferait même vomir une Barbie. Des pustules de toutes les couleurs recouvraient la peau de cet homme et, régulièrement, l’une d’entre elles éclatait, laissant couler un épais liquide multicolore qui, sans aucun doute, ferait pousser d’autres pustules.

- C’est inhumain, même pour un coin de l’univers où il n’existe aucun humain… Un grand méchant mégalomaniaque menace de tous vous transformer en comateux roses avec des furoncles arc-en-ciel ?
- Ce ne sont pas vraiment des furoncles, mais oui, c’est l’idée.
- Quel genre de malade mental peut ruminer des plans aussi… Frell, c’est répugnant !
- Est-ce que vous allez nous aider ?
- Comptez sur moi. Je trouverai le fils de tralk qui a fait ça à votre planète et je laisserai Winona lui expliquer ce qu’elle en pense.
- Winona ?
- C’est le nom de mon arme. Oui, mon arme a un nom, ça vous gêne ?
- Vous lui donnez le nom d’une femme ?
- Oui, je trouve mon arme très féminine !
- Et d’une jolie femme, je suppose ?
- Oh, allez, qui n’a jamais un peu fantasmé sur Winona Ryder ? Excepté dans cette partie de l’univers où personne ne la connaît, évidemment…
- Vous savez, je fais aussi des études en psychiatrie et j’aimerais beaucoup avoir l’occasion de vous présenter à…
- Plus tard, j’ai une planète à sauver ! Votre planète !

Et John Crichton, l’homme qui avait vaincu trois Scarrans à l’aide d’un pince à cheveux et de deux trombones, s’éloigna à nouveau, disparaissant au détour d’un couloir blanc.

*

Crichton verrouilla la porte de sa chambre, sortit sa valise de sous le lit, entra le code secret et l’ouvrit pour en retirer un DRD tricolore.

- Coucou 1812, fit-il de ce ton ridicule qu’on prend pour parler aux animaux de compagnie, regarde qui est là ?
- Da da da da da da da dem dem dem !
- Chuuut ! Tu joueras de la musique plus tard. Commence par sécuriser la pièce, je veux être sûr que Trekkie King ne m’a pas mis sur écoute.

Le DRD hocha ses antennes et s’exécuta.

- Perfecto ! Maintenant, ouvre-moi un canal vidéo vers le centre de commande pacificateur. C’est l’heure de mon rapport quotidien !

John se sentait plus enjoué que jamais. Pour une raison inconnue, cette mission l’amusait terriblement. Il savait que la vie de millions d’innocents était en jeu, mais il ne pouvait pas s’en empêcher, la perspective d’affronter un ennemi inconnu désireux de repeindre l’univers en rose suscitait en lui une excitation presque enfantine.
Un écran holographique apparut au-dessus de 1812. John s’assit sur son lit. Un visage familier se présenta alors.

- Général Bilar Crais, déclara le Pacificateur d’un ton soudain sérieux.
- Agent spécial John Crichton. Depuis quand reste-t-on assis sur un lit lorsque l’on discute avec son supérieur ?
- J’aurais aimé me lever pour faire le salut militaire et tout, mais j’ai été frappé par un rayon paralysant, donc je ne peux plus bouger le bas de mon corps, désolé.
- Etrange, on ne m’avait pas prévenu que cette planète nous était hostile…
- Bien sûr que si, sans quoi, je n’aurais pas échoué ici.
- Sous-entendez-vous, commença Crais en élevant la voix, que je vous mettrai sciemment en danger ?!
- Oui, cria Crichton, vous avez même passé votre vie à m’envoyer dans des missions plus suicidaires les unes que les autres !
- Quelle impertinence, agent Crichton !, hurla Crais.
- Et quelle barbe général Crais, rugit Crichton, elle n’a jamais été aussi impeccablement rasée !

Les deux Pacificateurs se dévisagèrent un instant, silencieux, graves. Puis ils éclatèrent d’un rire complice.

- Ah, demanda Crais, tu trouves aussi ? Il m’a fallu plus de deux heures pour la couper, poil par poil.
- Une merveille, sans aucun doute ! Je parie que le roi Clavor te l’envierait !
- Comment est-il, le roi de cette planète ?
- Incompétent et idiot.
- C’est aussi ce que dit sa femme.
- Attends une minute, tu connais sa femme ?
- Bien entendu, c’est un agent à notre service. Je ne te l’avais pas dit ?
- Non, lança John en riant à nouveau, tu n’avais rien dit, sale trog ventru !
- Un oubli regrettable de ma part, sans aucun doute.
- Je trouve qu’il y a beaucoup d’oublis, dans cette mission…
- Les autres généraux veulent ta peau, Crichton. Personne ne sait exactement ce qui se passe, mais une chose est sûre : tu vas bientôt te retrouver confronté à une menace qui a toutes les chances de te faire disparaître de la surface de l’univers…
- Comme à chaque fois. Je ne laisserai pas ces gros dégénérés faire la loi ! Je suis un Pacificateur, pour le meilleur et surtout pour le pire, et je le resterai jusqu’au bout. Toutes ces tentatives pour m’intimer me font plus rire qu’autre chose.
- Alors, qu’as-tu découvert d’intéressant ?
- Un type rose avec des pustules arc-en-ciel. Un fou mégalomane menace de remodeler toute la population de la Planète Royale à cette image. Il l’a déjà fait sur d’autres mondes, apparemment. Il revient tous les jours, envoie une bombe étrange qui contamine les gens, et repart.
- Jenavian Charto nous avait déjà décrit ce phénomène.
- Qui ça ?
- La reine.
- Ah, d’accord.
- Des recherches sont en cours à ce sujet, mais pour l’instant, elles n’ont rien donné.
- Il y a autre chose. Apparemment, le vaisseau de notre maître chanteur utilise un mode de propulsion semblable à la combustion, pour s’enfuir.
- Il s’agit donc d’un Léviathan ?
- Non, le design ne colle pas. Mais après tout, nous avons bien une flotte de Léviathans modifiés, peut-être que notre homme a pu en transformer aussi ?
- Non, c’est impossible. Le secret de la modification génétique des Léviathans jouit d’une surveillance étroite et à toute épreuve. Personne n’a pu y avoir accès.
- C’est toi le chef, mon gros ogre !
- Qu’est-ce que c’est que ce surnom ridicule ?
- Je sais pas, ça m’est passé par la tête, mais ça rend pas si bien que ça.
- Pas du tout, non. Abandonne l’idée.
- Bon, je continue à enquêter et je te rappelle demain pour te mettre au courant.
- Bonne chance, agent Crichton !

Le visage de Crais disparut. Il ne restait qu’un écran rouge et vide, que 1812 s’empressa d’éteindre. John le remercia d’un geste de la tête et se laissa tomber sur son lit. Il ne tarda pas à plonger dans un lourd sommeil.

*

Ce furent les bourdonnements incessants de 1812 qui réveillèrent Crichton en plein milieu de la nuit. Sans ouvrir les yeux, son propriétaire grogna pour qu’il se taise. Le DRD commença alors à jouer l’ouverture solennelle 1812. John voulut lui jeter l’une de ses bottes, mais le DRD recula en augmentant le volume.

- Très bien, marmonna le Pacificateur en se levant difficilement, t’as gagné, qu’est-ce qu’y a ?

Mais il n’eut pas besoin d’attendre la réponse du DRD pour comprendre. Depuis sa fenêtre, il voyait un objet en feu tomber à toute vitesse du ciel. Celui-ci s’écrasa à moins d’un motra de là. Quelques microts plus tard, une intense lumière s’infiltra dans sa chambre et dévora le palais royal.
Plus haut, dans l’espace, un vaisseau passa en combustion pour fuir ses assaillants.
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Rufus Shinra
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MessageSujet: Re: Fan-fiction : Opération Papillon   Sam 29 Jan 2011 - 18:38

XD : J'adore ce chapitre !

Crichton est un badass complet, avec son style je-m'en-foutiste qu'on aime chez lui, et tu le retranscris bien.
Citation :
Il était John Crichton, le poignard silencieux des Pacificateurs, l’homme qui avait vaincu trois Scarrans avec une pince à cheveux et deux trombones, il était parfaitement capable de se frayer son propre chemin.
J'adore. J'adore. J'adore ! Evidemment, on ne demandera pas comment il s'est retrouvé à devoir neutraliser trois Scarrans à la fois, puisque, comme tu l'as indiqué, il était préparé et équipé.

Joli palais, d'ailleurs, totalement stupide, absurde et pourtant si logique dans l'univers Farscape. Le cousin de l'architecte devait vendre de la peinture blanche, ou un truc du genre. ^_^

Citation :
- C’est inhumain, même pour un coin de l’univers où il n’existe aucun humain… Un grand méchant mégalomaniaque menace de tous vous transformer en comateux roses avec des furoncles arc-en-ciel ?
XDDDDD, c'est clair, il y a vraiment des fous dans cette galaxie.

1812 ET Crais ?!

Tu as un fan à vie pour ça, Rangil !

Sinon, je sais que ça ne sera pas original pour Farscape, mais "journée de merde, hein ?".


Comme je l'ai dit et répété, j'adore, et ce chapitre part à grande vitesse dans du Farscape comme on l'aime. Seule remarque, à certains moments, le vocabulaire utilisé est un poil trop soutenu dans les dialogues, et ça casse un peu le naturel. Mais à part ce détail, rien à redire, tu as bien cerné l'univers, les personnages, et je vais suivre cette fic avec attention ! LA SUITE !
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Vyslanté
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MessageSujet: Re: Fan-fiction : Opération Papillon   Sam 29 Jan 2011 - 18:53

Je dois dire que j'ai jamais vu Farscape... :°

Mais si la série est aussi drôle et absurde que ta fic, et bien, je m'y mets sur le champs !


Sinon, ta fic, et bien, même sans aucune connaissance de l'univers dont elle sort, j'adooooodore, c'est vraiment, vraiment très drôle !
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Rangil
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MessageSujet: Re: Fan-fiction : Opération Papillon   Sam 29 Jan 2011 - 19:02

A Rufus :

Citation :
Evidemment, on ne demandera pas comment il s'est retrouvé à devoir neutraliser trois Scarrans à la fois, puisque, comme tu l'as indiqué, il était préparé et équipé.
Je pense que je développerai ce point plus tard, mais ce qui est sûr, c'est que ce surnom reviendra régulièrement, c'est un peu l'équivalent du "uncoming storm" pour le Docteur ^^

Citation :
Joli palais, d'ailleurs, totalement stupide, absurde et pourtant si logique dans l'univers Farscape. Le cousin de l'architecte devait vendre de la peinture blanche, ou un truc du genre. ^_^
Je n'ai pas grand mérite, la civilisation en blanc, c'est quand même déjà utilisé dans le triple épisode de la saison 2, je n'ai fait qu'accentuer ce trait ^^

Citation :
Seule remarque, à certains moments, le vocabulaire utilisé est un poil trop soutenu dans les dialogues, et ça casse un peu le naturel.
Je plaide coupable, c'est malheureusement un de mes défauts que d'employer trop souvent un vocabulaire à la fois oral et soutenu dans les dialogues ^^"

Citation :
Je vais suivre cette fic avec attention ! LA SUITE !
Malheureusement, je ne sais pas encore quand je vais publier la suite. J'ai un autre projet que je mène de front et que j'espère vous présenter dans quelques mois, plus ambitieux qu'un simple récit, mais qui me demande plus de travail, donc cette fan-fic a tendance à passer en second plan ! Je vais quand même essayer de terminer le premier acte d'ici deux ou trois mois, mais je ne peux rien garantir -_-

Ravi que ça te plaise autant, en tout cas mrgreen

---

A Vyslanté :

Tiens, j'étais pas sûr que la fic serait très parlante pour quelqu'un qui ne connaissait pas l'univers, apparemment si, c'est un bon point à savoir cool

A propos de Farscape, si tous les épisodes ne sont pas aussi absurdes que cette fic, y'en a quand même un paquet à côté desquels j'ai l'air d'écrire de la hard SF sobre et sérieuse ^^
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MessageSujet: Re: Fan-fiction : Opération Papillon   Sam 29 Jan 2011 - 21:11

Niak niak niak, excellent! Je me suis bien marré en lisant ce premier chapitre. On y retrouve le Crichton de la série, en mode miroir. Ton désinvolte, air enjoué, c'est bien lui!

Citation :
l’homme qui avait vaincu trois Scarrans avec une pince à cheveux et deux trombones
rigole excellente réplique, qui me fait penser à
Spoiler:
 

Tu as avec moi un autre lecteur assidu! Tu retranscris parfaitement l'univers foldingue qu'est celui de Farscape, c'est déjanté comme j'aime!
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MessageSujet: Re: Fan-fiction : Opération Papillon   Mer 2 Fév 2011 - 14:10

Aaah, Vyslanté ! Si tu ne veux pas te spoiler au dernier degré, ne lis pas mon commentaire !

J'ai aimé la manière dont tu as décris le palais de a planète Royale. ^^ C'est très... Pratchettien, tout ça. ^^ J'ai particulièrement apprécié la salle blanche !
Ton Crichton est tout à fait fidèle à celui de la série - la version 2.0, après la prise de la banque de dépôt mais avant le cimetière des Léviathans. Il doit donner beaucoup de travail au service de relations publiques des Peacekeeper... Quoique, à la réflexion, je doute que ce genre de service existe par chez eux. ^^

Bialar Crais en ami fidèle de l'ami Crichton, voila qui est inattendu. Je me demande ce qui a bien pu débarrasser le commandant Peacekeeper de la névrose qui était la sienne déjà bien avant la mort de son frère - et ce sans qu'il ait quitté les Peacekeeper, chose que j'avais toujours considéré comme un élément moteur de ce changement. Qu'a-t-il bien pu vivre dans ta time-line qui soit l'équivalent de plusieurs années d'errance à bord d'un vaisseau de combat vivant perturbé ? En tout cas, quoi que ce soit qui ai remplacé cette expérience, j'ai dans l'idée que Crichton n'y était pas étranger. Wink

Je suppose que nous allons maintenant apprendre que John Crichton, âme maudite des Peacekeeper, ne s'entend pas du tout avec l'officier Sun, mais qu'il est en revanche un grand ami de Larraq et Braca ? mrgreen Note, je n'aurais rien contre...
A quand les parties de poker du jeudi avec Scorpius ? biglol

En tout cas, ton John aime prendre des risques. ^^ Certes, on me dira que sur une planète entière, il faut vraiment être malchanceux pour se trouver pile sous la prochaine bombe biologique, mais quand il s'agit de Farscape, il est plus prudent de dormir en orbite. bounce

Au nombre de mes remarques, parce qu'il en faut, la tendance de Crichton a pouffer. Je ne l'ai jamais vu pouffer dans la série. Chuck Norris... Euh, pardon, John Crichton ne pouffe pas.

C'est du très bon boulot, continues comme ça !

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Rangil
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MessageSujet: Re: Fan-fiction : Opération Papillon   Mer 2 Fév 2011 - 18:36

Citation :
Tu as avec moi un autre lecteur assidu! Tu retranscris parfaitement l'univers foldingue qu'est celui de Farscape, c'est déjanté comme j'aime!
Merci bien, j'espère que les prochains chapitres te plairont autant ^^

Citation :
A quand les parties de poker du jeudi avec Scorpius ? biglol
Hey, ça c'est une idée :p Mais non, je ne vais pas me contenter de réintroduire tous les Pacificateurs connus de Farscape en inversant leurs relations avec John ^^ J'ai déjà des plans bien différents pour Scorpy niark

Citation :
Qu'a-t-il bien pu vivre dans ta time-line qui soit l'équivalent de plusieurs années d'errance à bord d'un vaisseau de combat vivant perturbé ?
Ce sera - entre autre - l'objet de l'acte suivant, mais faut déjà que je termine le premier, ce qui ne sera pas une mince affaire !

Citation :
En tout cas, ton John aime prendre des risques. ^^ Certes, on me dira que sur une planète entière, il faut vraiment être malchanceux pour se trouver pile sous la prochaine bombe biologique, mais quand il s'agit de Farscape, il est plus prudent de dormir en orbite. bounce
C'est pas complètement faux, mais d'un, il ne pensait jamais que le Palais se ferait attaquer comme ça, de deux, il n'aurait pas forcément été plus prudent de dormir seul dans un Maraudeur en orbite autour d'une planète qui n'aime pas beaucoup les Pacificateurs (Clavor sous-entend déjà dans une réplique que les Pacificateurs ont puni l'alliance avec les Scarrans en exterminant la plupart des défenses de la planète), dans un système solaire incapable d'assurer sa propre défense, qui se trouve à l'intérieur d'un territoire par essence hostile aux Pacificateurs, alors qu'un mystérieux vaisseau passe régulièrement à l'attaque dans le coin. Qui dit mystérieux vaisseau destructeur dit généralement ennemi des Pacificateurs, donc ça reviendrait un peu à piquer un roupillon avec une cible géante autour du cou ! Pas sûr que ça soit beaucoup plus sûr ^^ Sans compter que Crichton sait qu'il n'a pas beaucoup de temps avant que toute l'agresseur ne lance une attaque massive et qu'il vaut mieux qu'il reste sur place pour enquête, plutôt que de se taper des voyages orbite / Palais tous les jours !

Citation :
Au nombre de mes remarques, parce qu'il en faut, la tendance de Crichton a pouffer. Je ne l'ai jamais vu pouffer dans la série. Chuck Norris... Euh, pardon, John Crichton ne pouffe pas.
Ah tiens, j'avais jamais fait gaffe à ça, dans la série ^^ Mais je pense pouvoir l'expliquer : ce Crichton n'a pas suivi le même parcours que le Crichton que nous connaissons. Dans la série, Crichton 2.0 est un alien à l'aise qui aime s'amuser et ne rien prendre au sérieux, parce qu'il a une bonne bande de potes avec lesquels déconner. Mais ici, Crichton est seul, à tel point qu'il n'a qu'un vieux DRD customizé pour seul allié lors d'une mission potentielle mortelle ! On a droit à un Crichton qui s'est habitué à la solitude depuis plusieurs années et donc, qui a appris à devenir son propre meilleur ami. Il est donc normal qu'il rit aux blagues de son pote : lui-même. C'est sinueux, inutilement compliqué et un peu gros, donc ça me semble tout à fait approprié à la logique farscapienne aarf
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MessageSujet: Re: Fan-fiction : Opération Papillon   Dim 1 Mai 2011 - 21:49

Après plusieurs mois, je poste finalement la scène 2 entre deux épisodes de Starbird. Pour moi, plusieurs mois sans écrits, c'est très long, mais ici, c'est dû à deux raisons : déjà, je tiens à avoir toujours plusieurs chapitres sous le coude avant d'en publier un nouveau. Bon, là, je n'ai écrit que les premières pages de la scène 3, mais j'ai bien en tête de déroulement du reste de cet acte ainsi que plusieurs intrigues pour les actes suivantes.

Mais surtout, ce délai est dû à Starbird, que je considère comme mon véritable projet sérieux, cette fan-fic étant surtout l'occasion de me distraire ^^ Or, comme Starbird me prend énormément de temps, j'en ai mécaniquement moins à consacrer à Opération Papillon. Néanmoins, je compte bien m'efforcer de continuer cette fan-fic', encore quelques chapitres au moins.

Comme d'habitude, ce chapitre est également disponible le site Opération Papillon, avec en plus les alinéas. Au passage, j'aimerais que vous me disiez si la taille de mes chapitres vous semble confortables ou si vous les trouvez un peu trop longs !

Sur ce, bonne lecture !


________________________________________________________________________________


Scène 2 : Zombi mon ami

John Crichton resta aveugle et immobile de nombreuses microts. Quelle ne fut pas sa stupeur lorsque, en recouvrant la vue, il s’aperçut que rien n’avait changé. Le palais semblait aussi paisible et endormi. Sa propre peau ne lui apparaissait pas plus rose que d’habitude. Il tâta son visage, mais ne sentit aucune pustule, pas même la plus petite irritation. Il se dit qu’il avait eu de la chance.
Cette perspective le terrifia. La chance n’avait jamais fait partie du quotidien de John Crichton. A vrai dire, elle le narguait sans cesse, comme une rivière en plein désert dont l’eau filait entre les doigts du voyageur assoiffé. Il existait une loi qui régissait la vie de Crichton : si la chance se précipitait à son secours, alors un piège pire encore l’attendait aux alentours.
Le Pacificateur prit son courage à deux mains, mais jugea préférable de le reposer pour attraper Winona, et quitta sa chambre.
Dans le couloir, la lune illuminait avec précision des dizaines d’hommes, de femmes et de créatures impossibles à cataloguer, tous figés et affichant le même regard vide. Leur peau rose et leurs pustules arc-en-ciel trahissaient leur état. John agita sa main devant les yeux de l’un d’entre eux, mais il ne battit même pas des paupières. Il en pinça un autre, sans plus d’effet. Il soupira, passa sa main dans ses cheveux, mais ne sut comment réagir. Il entreprit de visiter le château dans l’espoir de trouver d’autres miraculés que lui.

*

Assis sur son trône blanc, Clavor affichait un visage furieux. Sa femme elle-même, postée derrière lui, lançait des regards irrités à son collègue Pacificateur.

- Vous, commença le roi, vous aviez promis de protéger ma planète ! Quel résultat, non mais franchement, c’est proprement admirable ! C’est le palais lui-même qui a été touché ! Mes serviteurs, mes fidèles conseillers, mes amis, mes admirateurs, les voilà contaminés à présent !
- Je ne suis pas responsable de la sécurité de cette planète, je ne me trimballe pas avec ma propre armée. Je trouverai le responsable de cette attaque et je l’arrêterai, mais d’ici-là, il faut que tu sois capable de protéger tes royales fesses par toi-même, Trekkie King !
- Je commence à me lasser de votre insolence, Pacificateur !
- Et moi de ta surprenante faculté à survivre quand tous les autres tombent autour de toi ! Je me suis un peu renseigné sur ton passé, c’est tout de même bizarre que ta mère et ta sœur aient toutes deux étaient victime d’un empoisonnement ADN, alors que toi, tu te portes comme un charme, tu ne trouves pas ?
- Oseriez-vous prétendre…
- Et maintenant, voilà que plus de la moitié du palais a été transformée en zombies roses, mais toi, comme par hasard, tu te retrouves dans la bonne moitié !
- Alors déjà, j’aimerais que vous arrêtiez de vous tutoyer parce que bon, je suis quand même le roi ici, hein, et ensuite, je vous ferai remarquer que vous aussi vous êtes dans la bonne moitié.
- Ne change pas de sujet, Trekkie King ! Est-ce que tu as un bouclier protecteur autour de ta chambre ?
- Bien sûr que non !
- Des murs renforcés à l’aide d’un alliage quelconque ?
- Non plus.
- Des murs plus épais que les autres pièces ?
- Toujours pas.
- Un sorcier personnel protecteur ?
- C’est possible, ça ?
- C’est absurde, donc dans ce coin de l’univers, ça veut dire que c’est très probable !
- Non, il n’y a rien de particulier dans ma chambre, je compte sur les gardes qui campent de l’autre côté de ma porte pour assurer ma protection.
- Gardes qui, eux, ont été zombifiés !
- On opte pour le terme de zombification, alors ?
- Ouaip, j’aime bien. Alors, comment expliques-tu que la lumière n’ait pas réussi à vous zombifier, toi ou ta femme ?
- Mais j’en sais rien, moi ! J’avais même pas remarqué que la lumière avait touché notre palais, je dormais, à ce moment-là !
- Arrête tes salades, personne ne pourrait continuer à dormir quand l’équivalent d’un soleil qui explose dans le jardin éclaire sa chambre !
- Vous croyez vraiment que je suis stupide au point d’installer ma chambre près d’un mur extérieur et d’y poser une petite fenêtre ? Hé oh, je suis le roi, j’ai quand même subi plusieurs tentatives d’assassinat ! Ma chambre est au cœur du palais, pas dans un endroit où le premier trog venu pourrait me tuer avec un lance-pierre !
- Une seconde, il n’y a pas de fenêtres dans votre chambre ?
- Non, puisqu’elle ne donne pas sur l’extérieur.
- Donc, la lumière ne vous a pas touchés…
- Ah oui tiens, c’est pas bête, j’y avais pas pensé…
- Mais dans ce cas, remarqua la reine Charto, pourquoi lancer une bombe lumineuse en pleine nuit ? La plupart des gens opacifient leurs fenêtres, à cette heure-là !
- Vous marquez un point, votre altesse.
- Ah bah c’est joli, s’exclama Clavor, elle, elle a droit à des « votre altesse », quand moi, je dois supporter « Trekkie King » !
- Discrimination positive, mon vieux. Donc, je disais que c’était bien vu, votre altesse. On lance une bombe lumineuse dans l’après-midi, quand tout le monde se ballade dehors, pas à une heure où les gens sont enfermés et coupés de l’extérieur. Ce qui signifie…
- Que notre maître chanteur s’amuse, termina la reine Charto. Il ne veut pas nous “zombifier” à tous, mais nous effrayer et nous laisser désespérés.
- Personne, je dis bien personne, ne joue avec John Crichton ! Le zombificateur est allé trop loin, il est temps pour lui de se préparer à la contre-attaque des Pacificateurs.
- Non, fit remarquer le roi, zombificateur j’aime pas trop.
- Aucune importance, la prochaine fois que je parlerai de lui, je te ramènerai sa tête pour qu’il puisse nous donner son vrai nom.
- Jusqu’à présent, vous avez beaucoup parlé, Pacificateur : j’attends encore de voir vos résultats.
- La prochaine fois, Trekkie King, la prochaine fois !

John lui fit un clin d’œil et repartit après une petite pirouette.

*

- 1812, sécurise la pièce et mets-moi en relation avec Gilina. Mais si, tu la connais, rappelle-toi, la jolie blonde qui dirige le service d’ingénierie ! On lui doit un verre ! Allez, hop, au boulot.

Le DRD hocha des antennes et s’exécuta. Une poignée de microts plus tard, un écran holographique s’afficha au-dessus de lui. Le visage souriant de Gilina s’offrait à Crichton.

- John, ça commençait à faire un moment, dis-moi !
- Trop longtemps, je sais. Mais dès que j’ai droit à quelques congés, je passe te voir, promis !
- Mais d’ici-là, tu as besoin de mon aide, je parie ?
- Tout juste. Tu es seule, là ?
- Oui, et cette communication n’est pas sous écoute, si c’est ce que tu veux savoir.
- Parfait. 1812 a enregistré les relevés d’une sorte d’arme lumineuse, qui transforme les honnêtes gens en zombies roses et apathiques.
- Je vais faire en sorte qu’elles soient rapidement analysées, mais pourquoi ne les donnes-tu pas directement au général Crais ?
- Crais serait obligé de les transmettre à ses supérieurs et avant, je préfèrerai en savoir plus.
- Pourquoi donc ?
- Parce que les seules personnes à ne pas avoir été affectées par cette arme sont celles qui dormaient dans une chambre isolée, donc qui n’ont pas été touchées par la lumière.
- C’est logique, oui.
- Oui, mais y’a une exception. Moi. J’ai baigné de cette lumière et elle ne m’a rien fait.
- Ca, c’est étrange…
- J’ai pas très envie que le haut commandement Pacificateur se pose trop de questions à mon sujet, déjà qu’ils ont du mal à digérer que je sois pas un Sébacéen, si en plus des choses bizarres arrivent autour de moi, enfin encore plus bizarres que d’habitude, je risque de passer un séjour prolongé en prison. Encore une fois.
- Entendu, j’analyserai moi-même tes données et je te recontacte dès que j’ai terminé.
- Merci Gilina, je savais que je pouvais compter sur toi !
- Fais attention à toi, d’accord ?
- Voyons, tu me connais, est-ce que je suis du genre à me mettre en danger ?

Gilina éclata de rire et coupa la communication. John secoua la tête d’un air résigné, un sourire amusé au coin des lèvres. Etait-ce sa faute si le danger avait décidé de faire de lui son meilleur ami ?

*

La nuit était tombée, mais personne sur la Planète Royale ne souhaitait dormir. Les récents événements avaient suscité une vague de panique qui maintenait la population entière en éveil. A l’exception du roi Clavor, qui s’était assoupi aussi vite qu’à l’accoutumée et ronflait du sommeil paisible du juste. Il dut pourtant renoncer à ses rêves érotico-épiques, car l’un de ses rares conseillers encore en état de parler vint le réveiller en pleine nuit :

- Majesté, majesté !
- Grumph, groum, brr.
- Majesté, c’est important !
- Ca a intérêt, sinon je vous fais exécuter.
- Cela risque d’être difficile majesté, tous nos bourreaux ont été touchés par l’affliction qui frappe notre planète.
- Ah frell, c’est vrai, ils ont été zombifiés, eux aussi… Tiens, où est ma femme ?
- Elle est déjà dans la salle du trône, votre majesté. Elle est restée éveillée la moitié de la nuit.
- Les femmes… Bon, dîtes-moi ce qui se passe ?
- C’est notre agresseur, majesté. Nous n’avons pas affaire au message enregistré habituel : il souhaite vous parler.
- Quoi ?!

Clavor se redressa aussitôt et enfila une robe de nuit blanche, l’air paniqué.

- Prévenez immédiatement le Pacificateur !
- Il est déjà au courant, majesté. Lui aussi vous attend dans la salle du trône.
- Ah bah bravo, je vois que je suis toujours le dernier informé ! Aidez-moi à trouver mes pantoufles, j’ai pas toute la nuit devant moi !
- Mais, votre majesté…
- Oh allez, vous les reconnaîtrez facilement, elles sont toutes blanches !

*

Lorsque Clavor pénétra dans la salle du trône, personne n’eut le cœur à se moquer de son accoutrement. Même John, qui avait troqué son uniforme Pacificateur contre une toge blanche plus anonyme, fixait avec une rare gravité l’écran holographique vide qui se tenait au centre de la pièce.

- Je suppose aux bruits de pas que j’entends, que votre roi est arrivé.

A l’instant où il entendit cette voix, Clavor sut qu’il ne pourrait jamais s’en sortir. Elle résonnait encore dans la pièce, calme et entraînante, tout à la fois grave et douce, la voix du Père par excellence. Le roi comprit alors pourquoi personne dans cette région de l’univers ne pourrait faire face à cette créature : elle réveillait chez tous ceux qui l’entendaient cette même panique incontrôlable, celle du petit enfant qui savait que son géniteur s’apprêtait à le punir.
Aucun visage n’était apparu sur l’écran, ces paroles avaient juste été accompagnées de lignes et de courbes, modulés en fonction des mots et du ton employés. Pourtant, Clavor avait l’impression de sentir des yeux tout-puissants le fixer et le mettre à nu, comme si le regard d’un dieu le survolait avec mépris, ne transperçant son âme que pour y laisser une empreinte indélébile, preuve de son incommensurable pouvoir.
Le roi serra les poings et demanda presque en pleurant :

- Qui êtes-vous et que voulez-vous ?
- Malgré votre retard évident, vous êtes un homme qui va droit au but, votre majesté. C’est une qualité que j’apprécie. Je ne chercherai donc pas à prolonger cette conversation plus que nécessaire : je souhaite obtenir les cent mille lingots de borinium que je vous ai demandé, ou du moins, une somme équivalente.
- Nous ne possédons pas une telle somme !
- Dans ce cas, c’est avec regret que je me vois obligé de vous avertir que mon prochain assaut sera le dernier. Au revoir, majesté.
- Attendez, cria John, je pense que nous pouvons vous donner cette somme !
- A qui appartient cette voix résolue ?
- Je m’appelle Harvey, improvisa John, je suis le conseiller du Roi, le seul à avoir réchappé à votre dernière attaque.
- Dans ce cas, vous devez être un homme chanceux, Harvey.
- Si seulement l’univers était d’accord avec vous, ma vie serait bien plus simple…
- Dans tous les cas, vous faîtes un piètre menteur. Le nom que vous venez de me donner n’est pas le vôtre. A quoi bon dissimuler un nom dans une pareille situation ? Que se cache-t-il sous votre véritable identité ? Vous m’intriguez, “Harvey”. Pensez-vous pouvoir réunir la somme en moins de trois arns ?
- Ce sera fait, si vous n’avez pas peur d’envoyer l’un de vos serviteurs la chercher.
- Un serviteur ? Quelle idée amusante. Non, nul besoin de serviteur, je viendrai en personne chercher cet argent. Ma navette se posera dans les jardins de votre palais d’ici trois arns. A bientôt, chers amis.

L’écran s’éteignit alors, faute de recevoir un signal quelconque. Il fallut de longues microts à Clavor pour se remettre de cet effroyable échange, mais lorsqu’il eut récupéré ses esprits, il se précipita vers Crichton pour l’étrangler. Le Pacificateur le fit machinalement tomber à la renverse d’un coup de pied. Personne dans la salle ne sembla y prêter attention. Le roi se releva en grognant :

- Vous venez de me frapper !
- Qui, moi ? Ah oui, mince, t’as raison. Désolé, j’étais absorbé par l’élaboration de mon plan, j’ai pas fait attention.
- J’en étais sûr, vous n’avez aucun plan !
- Si, j’ai un plan, un plan en élaboration, même.
- Vous vous rendez compte qu’en trois arns, je n’aurai même pas réuni le dixième de cette somme ?
- Tu te rends compte que ce type vient de nous dire quand et où il va se poser ? On pourrait sans difficulté détruire sa navette en plein vol. Soit on a affaire à un génie du bluff, soit il a vraiment plusieurs longueurs d’avance sur nous…
- Plus je vous connais, Pacificateur, et plus j’ai l’impression qu’il n’est pas très difficile d’avoir des longueurs d’avance sur vous…
- Il compte sans doute sur notre prudence, mais il vaut mieux qu’on entre dans son jeu. Dans le meilleur des cas, il doit avoir un moyen de lancer une attaque massive sur cette planète, si sa navette vient à être détruite.
- J’en étais sûr ! Continuez à ne rien faire hein, pour l’instant ça vous a tellement réussi !
- Il faut le capturer et le garder comme otage. Bien entendu, il doit avoir prévu une telle éventualité, puisqu’il a toujours une longueur d’avance sur nous. Essayons à notre tour d’en avoir au moins deux. Trekkie King, je vais avoir besoin de quelques armes !
- Si la sécurité de mon peuple et la mienne n’étaient pas en jeu, je vous aurais bien aidé, ça oui, en vous mettant vos armes là où je pense…

La reine lança à son époux un regard courroucé et Clavor comprit qu’une fois encore, il venait de déroger au protocole. Mais en ce moment, ce genre de détails lui paraissait étrangement futile. Et lorsque Crichton eut terminé de lui expliquer le plan censé les sauver tous, bien d’autres choses dans cette existence lui parurent futiles.

*

Le roi Clavor faisait les cent pas dans son jardin. Sous les arbres reposaient des centaines de caissons, vides pour la plupart. Crichton avait abandonné l’idée de le rassurer et, assis sur un banc, contemplait cette lune immense qui se dressait fièrement dans les cieux, implacable et autoritaire.
La silhouette d’une navette passa devant elle et la masqua à Crichton, qui se redressa aussitôt. Ce dernier avait reconnu cet appareil : il appartenait sans aucun doute à un Léviathan.

- John Crichton, l’avertit Clavor, notre invité vient de se poser !
- Je vois ça. On applique le plan à la lettre et tout va bien se passer.
- Est-ce que vos plans marchent, en règle générale ? Parce que celui-ci me semble franchement bancal…
- Mes plans marchent toujours, du moment qu’on les applique à la lettre.

Quelques minutes plus tard, deux gardes ouvrirent la porte et invitèrent à entrer une fantastique et effroyable créature. Vêtue d’une affreuse combinaison jaune parcourue de tuyaux, montée sur des échasses qui trahissaient en réalité des jambes immenses, elle posa une main grise et griffue sur l’un des caissons. Ses yeux rouges et jaunes parcoururent rapidement du regard les autres. Ses immenses lèvres noires laissèrent échapper un soupir. Ses deux larges oreilles, qui donnaient à son visage un aspect de chauve-souris, se dressèrent légèrement.

- Mon nom est Namtar. Je tenais à ce que vous puissiez le connaître pour le répandre à travers les étoiles.
- Alors, s’exclama Clavor, ça veut dire que vous allez nous laisser tranquilles ?
- Cela signifie que l’un d’entre vous survivra et avertira cette insignifiante galaxie. Personne ne peut me tromper. Vous leur direz ceci et, pour les mettre en garde, vous leur montrerez ce monde en ruine. Je suis Namtar, j’ai dompté à moi seul les secrets de la génétique de millions de monde, ma simple existence est un défi lancé l’univers et à toutes les lois, vous pensiez sincèrement pouvoir m’abuser avec des caissons vides ?

Clavor recula d’un pas. Ce n’était pas tant l’apparence diabolique de Namtar qui l’effrayait, que sa voix. Une voix si douce, si posée, de laquelle sortaient mille atrocités qui arrachaient avec férocité chaque parcelle de la réalité et n’apportaient qu’une monstruosité onctueuse et mielleuse. Clavor sut que contre une telle abomination, le ridicule petit plan du Pacificateur ne pourrait jamais fonctionner…

- Désolé le généticien dégénéré, lança joyeusement Crichton, mais y’a un petit changement de plan !
- Mes plans ne varient jamais d’un iota, le corrigea Namtar. Et votre éradication a déjà été planifiée.

Crichton ne dit pas un mot de plus. Il tira directement sur le bras droit de Namtar, qui explosa, ne laissant qu’un moignon sanglant. Pendant au moins cinq microts, le temps qu’un nouveau bras se forme, identique au précédent.

- Bingo, cria Crichton, j’en étais sûr ! Personne de sensé n’aurait pris le risque de venir en navette sur une planète dont il vient de transformer la population en zombies roses ! Franchement, annoncer l’heure et l’endroit où on compte se poser, sans même prendre la peine de sortir une petite menace genre « Si vous me tuez, jamais vous n’arriverez à guérir les vôtres », c’était trop gros. Sauf bien sûr, si cette personne n’a rien à craindre, même dans l’éventualité où sa navette exploserait en plein vol. Un genre de régénération instantané, hein ?
- Vous êtes quelqu’un d’amusant, Harvey-qui-ne-veut-pas-donner-son-nom. Malgré votre physique rudimentaire et votre air de primate sous sédatif, il semblerait que votre cerveau soit en mesure d’émettre des hypothèses imaginatives et tout à fait correctes. Je vous laisse me surprendre, Harvey. Quel est donc votre plan ?
- Oh, rien de très compliqué. Tu sais ce qu’on fait à un animal qu’on ne peut pas abattre ? On le met en cage.

Brusquement, des dizaines de fusil sortirent des arbres, des buissons, des fenêtres. Plusieurs gardes attendaient, impatients, qu’on leur donne le signal de tirer.

- 27 soldats dont vous avez contaminé la famille vous menacent tous à l’aide d’un pistolet paralysant, résuma Crichton. Embêtant, n’est-ce pas ?
- C’est tout ? C’est tout ce que votre cerveau de singe glabre a pu concevoir ?
- Ah, s’exclama Clavor, vous aussi, vous êtes un peu déçu, hein ?
- Ca doit être affreux pour une créature immortelle d’être piégée, mettons, au fond de l’océan, pour l’éternité ? C’est très simple : vous prenez une grosse boîte en métal, vous y mettez un bloc de ciment. Paralysé à l’intérieur de ce bloc de ciment, vous enfermez un gros méchant généticien dément enchaîné, et il n’a pas d’autre choix que de regarder les quatre parois de sa minuscule prison jusqu’à la fin des temps. Pour info, c’est dans longtemps.
- Hum, fit Namtar, comment de soldats avez-vous mentionné ?
- 27.
- Et combien d’hommes contaminés par mes bombes dorment dans ce palais ?

John se tourna vers Clavor, qui réfléchit un instant.

- A peu près 250…
- 278 exactement, rectifia Namtar.
- Qu’est-ce que ça change, le nombre de zombies roses qui…

Crichton s’interrompit aussitôt. Il venait de comprendre. Il se maudit lui-même d’avoir été aussi stupide. Pourquoi n’y avait-il pas songé plus tôt ? Il aurait pourtant dû le comprendre, lorsqu’il avait d’instinct appelé « zombies » les personnes contaminées.
Les soldats hurlèrent de peur et de douleur et John se maudit plus encore. Il y avait dans ce palais 278 zombies endormis. 278 zombies endormis, mais affamés. Et Namtar venait de tous les réveiller.
Tandis que des zombies roses se jetaient sur les gardes pour les dévorer vivants, que Clavor fuyaient lâchement se cacher dans le jardin, que Namtar le regardait d’un air condescendant, Crichton sortit Winona de son étui et s’exclama en la pointant sur le généticien dément :

- Décidément, les zombies, c’est vraiment pas mes amis…
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MessageSujet: Re: Fan-fiction : Opération Papillon   Sam 7 Mai 2011 - 21:53

Et bien, tu as du talent pour égayer nos journées avec un grand éclat de rire !

Bon, n'ayant toujours pas vu Farscape (promis, quand j'ai fini B5, je tente !), je ne peux pas vraiment faire comme Skay et me marrer à propos des personnages, mais franchement...

Après les classiques zombies nazis de films de bas étage, les zombies "Mon petit poney" ?

Au final, continue, j'adhère (et adore !) !
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