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 BCU-23

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Phenix Noir
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MessageSujet: BCU-23   Dim 27 Déc 2009 - 14:34

Je cours le long de la route noire, bordée d'indistinctes lumières, rouges, orangées, jaunes, je cours et ne peux même pas prendre le temps d'observer le sol. Je le sais noir, sa surface dure, menaçante comme l'asphalte nocturne. Je cours et les éclats s'allongent peu à peu, comme je prends de la vitesse, je cours, entouré de lignes de feu, et je n'entends même pas mes pas. Je cours et l'ombre sans cesse me rattrape. Je cours dans ce tunnel sans fin.


12 décembre, au matin.

Malgré le froid, l'odeur en provenance de la carcasse calcinée lui parvenait avec netteté. Monfort, observa quelques instant les restes de la voiture, puis se pencha pour saisir un débris qu'il examina longuement. Le vrombissement d'un drone le tira de sa contemplation, et il s'écarta pour rejoindre les deux autres inspecteurs. Nelson et Denfet prenaient quelques photos d'un mur aveugle, et il en saisit aussitôt la raison. Ce dernier montrait des traces de sang et d'impact bien plus visibles que le reste de la rue. La violence qui s'était abattue dans les environs n'avait fait qu'ajouter une nouvelle couche aux dégradations du quartier, apportant ses propres scories à ces vitres hâtivement maintenues par de l'adhésif sale, les tags en lutte contre les affiches déchirées, les déchets dont plus personne ne voulait. Machinalement, Monfort donna un coup de pied à une canette, écouta son tintement se perdre au loin. Il en avait assez vu.

– On fait faire une expertise balistique, lieutenant ?
Denfert venait probablement d'en finir avec les clichés.
– Ce ne sera pas nécessaire. Le même type d'impact que les autres fois.
– Mais l'enquête...
– On me fait déjà assez chier avec le temps pris par cette enquête. Nous savons que c'est encore le même scénario, n'est-ce pas ? Les analyses serviront si on arrive à coincer quelqu'un, pour le reste...
– Si les armes ne sont pas différente à chaque fois, rappela Nelson.
– Si les armes ne sont pas différentes à chaque fois.

Monfort cala profondément les mains dans ses poches. Les hivers étaient plutôt doux ces dernières années, mais chaque règle souffrait ses exceptions. Assez élancé, il ne s'imaginait aucune affinité avec les rudes gaillards nordiques. Il leva les yeux pour découvrir un ciel d'un gris uniforme, complétant à merveille les sommets hérissés d'antennes d'immeubles tout aussi gris, juste plus sombres. Le danger pouvait surgir à tout instant de ces hauteurs, mais d'autres yeux que les siens veillaient à leur sécurité, la plupart mécaniques.

– On devrait être au chaud pour les fêtes... Nelson semblait d'humeur maussade.
– Certains en ont décidé autrement, constata simplement le lieutenant. Et je pense qu'il ne sont pas du genre à prendre du repos.
– Vous pensez qu'on en a encore pour longtemps ?
– Je ne sais pas. Et à votre avis, il y en a combien ?
– Pardon ?
– De macchabées.
– Deux corps ont été retrouvés. Le premier... près du mur que vous avez vu là-bas, le second, couché sur les cartons qui se trouvent là-bas, fit l'inspecteur en tendant un doigt pâle. Tous les deux, tués par balles. Quatre à cinq impact chacun.
– Et votre pronostic réel ?
– Le vrai nombre ? Je ne sais pas, lieutenant.
– Vous imaginez toujours le pire, intervint Denfert.

Monfort demeura songeur, les yeux fermés. Il n'y avait rien qui puisse ressembler à une scène de crime ordinaire. Ils ne faisaient qu'examiner un champs de bataille, un travail relativement éloigné de ce qui aurait du être son ordinaire. Pourtant, il avait encore ce sentiment vif d'être victime d'un tour de magie, détourné de ce qu'il faudrait réellement comprendre.

– C'est vrai qu'ils ont tendance à parfois récupérer les corps ou les blessés...
– Nous ne sommes pas les bienvenus, ajouta Denfert.
– Merci, j'avais pas remarqué.

Le lieutenant ne s'efforçait pas de les débusquer, mais il savait que des visages fermés les observaient au loin, entre les fentes des vieux volets, ou des stores à peines entrouverts. Normalement, les rubans jaunes et noir et les gyrophares attiraient comme des mouches les curieux et les voyeurs, mais ici, aucune silhouette n'était visible aux abords de la scène. Tout juste des passants se mettaient rapidement hors de vue, anonymes entre les anonymes sous leurs vêtements trop couvrants.

– Et comment peut-on enquêter dans ces conditions, s'énerva Nelson, décidément d'une humeur massacrant. Tout juste si on ne devrait pas déguerpir.
– On pourrait s'en aller, concéda son supérieur. Mais nous partis, il ne restera plus personne pour ce soucier des morts dans cet endroit.
– Et merde... soupira l'inspecteur.
– Et ceux qui font ça n'attendent que cette occasion. Fondre leur petit bain de sang dans le merdier sans fin de la cité. Laisser la crasse à la crasse.
– Normal. Ils s'entretuent, c'est leurs affaires.
Monfort foudroya Nelson du regard.
– Ils veulent qu'on pense de cette manière. Mais je ne peux pas le faire parce que ce n'est pas vrai. Parce que ça, c'est ce qu'on essaye de nous faire croire depuis des mois. Et je refuse.
– Alors combien ?
– Je ne sais pas. On laisse toujours quelques corps. De quoi confirmer l'hypothèse d'une rixte entre bandes, une de plus, une de moins, où est la différence ? Bientôt dix ans que ce genre de chose n'est presque plus de notre ressort. Mais si je devais faire confiance, à mon instinct, je dirai au moins une trentaine.
– Trente, rien que ça ! Nelson, temporairement mis au pas, reprenait du poil de la bête. Attendez, nous avons une fusillade, là et vous, vous me parlez d'un massacre. Vous nous dites qu'il y a eu une boucherie, ici ?

Monfort le dévisagea sans ciller. Une brusque rafale de vent fit claquer le bas de son imper, ravivant l'odeur de brûlé. Il hocha simplement la tête, avant de tourner le dos aux inspecteur et de continuer vers les véhicules.

– Il y a eu une boucherie. Une après tant d'autres.


**


Le policier de faction devant la voiture de patrouille les salua de la main, le dos calé contre le blindage du véhicule. Stationné au centre de la chaussée, l'engin avait été fraîchement repeint en blanc, ce qui ne dissimulait guère les marques du temps et des agressions. Nelson prenait son temps pour venir, les yeux rivés au sol, l'air visiblement las de s'opposer à son supérieur. Ce dernier jeta un dernier coup d'œil en direction des lieux de l'affrontement, et tenta de se représenter la scène. Il s'imaginait bien les jeunes en train de se rassembler et faire donner leur puissance de feu pour se débarrasser des intrus, mais il ne parvenait pas à se représenter ces derniers. Formes indistinctes, ils attaquaient avec les mêmes armes que les banlieusards, et disparaissaient ensuite.

Denfert s'engouffra sans demander son reste dans la voiture, pressé de quitter l'humidité glaciale du dehors. Monfort s'apprêtait à le suivre quand une série de bruit sourds retint son attention. Se retournant, il se retrouva façon à un empilement de plaques composites bleu marines, ajustée pour former une silhouette massive, qui le dévisageait de toute sa hauteur. Il leva les yeux pour découvrir le casque qui surmontait l'amure de géant, dont la verrière réfléchissante ne laissait rien deviner du visage qui se cachait derrière. Remis de sa surprise, le lieutenant afficha un rictus de circonstance.

– Ha on vient nous rendre visite.
– Tout se déroule bien, lieutenant ?
La voix du nouveau venu provenait d'un haut parleur inséré au sommet de la cuirasse, très déformée. Les générateur dorsaux émettaient quand à eux un ronronnement diffus, qui contribuait notablement à l'humanité du personnage, malgré l'imposant fusil qui prolongeait son bras.
– On dirait bien, monsieur...
Monfort chercha ses mots, et finit par déchiffrer les lettres peintes sur le poitrail en carbone.
– Capitaine de la 2ème BCU. Rien que ça, siffla le lieutenant.
– Capitaine Kadov, précisa l'intéresse.
– Et bien, tout se passe à merveille. Mais je ne suis pas sûr que la tenue de contrôle urbain soit... appropriée. Vous n'avez pas essuyé trop de tirs, j'espère ?
– Vous êtes un marrant, lieutenant, c'est ce qu'on m'a dit. Mais peut-être que vos hommes sont plus soulagés que vous par notre présence.
– Je leur demanderai. J'espère que c'est bien chauffé là dedans, parce que de notre côté ça n'aurait pas été de refus.
– Vous les prenez pour des petites anges, n'est-ce pas ? Faites votre enquête comme vous le voulez, moi je vous protège avec mes méthodes.
– Je ne peux pas apercevoir votre joli minois ?
Un rire bref provint du haut parleur, du genre capable d'irriter Monfort en un instant. Kadov, tapota le casque de son index blindé.
– Niet, pas le droit, la consigne. Vous le saurez peut-être une autre fois, lieutenant ?
– Quel dommage, les gens du coin ne verront pas l'homme derrière le robot. Et bien je vous laisse, capitaine.
– Vous êtes bien pressé.
– Nous ne voudrions pas nous perdre dans les embouteillages ! Vous feriez mieux d'en faire autant, les chars circulent mal après dix-huit heure.

Malgré lui, Monfort claqua la portière et fit signe à Denfert de démarrer. Le véhicule laissa derrière lui l'armure solitaire, qui disparut rapidement du rétroviseur. Un silence pesant régnait dans la voiture, qu'il s'empressa de briser.
– Il se croit où, ce type ? Denfert, est-ce qu'on a demandé la présence des gars des BCU ?
– Je ne crois pas, répondit-il d'une voix hésitante. Ce sont peut-être de nouvelles consignes ?
– Chier, de quoi on a l'air avec monsieur robocop pour veiller sur nous ? On n'est pas en pleine guerre, quand même !
– À croire que si, lieutenant... enfin pour eux.
Monfort poussa un profond soupir, et jeta un coup d'œil à Nelson. Se dernier somnolait ou faisait semblant, pour éviter la conversation.

– Allume la radio, qu'on se change les idées.
Une pluie légère tombait sur la ville, s'abattant sur leur par-brise. Denfert semblait tendu, les yeux rivés sur la route.
– Vous êtes bien nerveux, lieutenant, fit-il avec un peu d'hésitation. Le capitaine ne pensait pas à mal. Enfin je pense. C'est sans doute...
Il tenta un coup d'oeil en direction de Nelson, mais aucun aide ne viendrait de ce côté là.
– Je sais ce que vous pensez, continua l'inspecteur. Vous n'aimez pas cette image de la police, en tenue anti émeute et tout.
– Qu'est-ce que nous somme venus faire, à votre avis ?
– Hum, enquêter.
– Nous sommes venus enquêter, vous êtes bien d'accord. On nous colle une armada pour nous accompagner, c'est ça que je ne trouve pas normal. Et ça va de mal en pis. Aujourd'hui, on a droit à la BCU qui parade entre les enquêteurs, la prochaine fois on aura le droit de regarder la scène sur vidéo, peut-être, ou avec des jumelles.
– Les incidents sont très nombreux. J'aimerais que ce soit simple, moi aussi. Mais ce ne serait pas possible. Ils sont nerveux, alors quand en plus il y a des morts, on... Je veux dire, des collègues se sont presque fait lynchés, il y a encore deux mois et je...
– Un vase prêt à déborder ? La cocotte minute ? C'est bon, c'est bon, coupa Monfort d'un ton sec.
Il désigna la radio de l'index, et Denfert s'exécuta avec zèle, trop heureux d'échapper à ce débat stérile.

« … cadre des élections européennes, dans 42 jours, nos invités de cet après-midi sont madama Diane Jaqua, candidate sur la liste PSD, députée européen, membre de l'observatoire des libertés. Et monsieur Prik Moekels, délégué du tout récent PEP, ancien député affilié Défense Europe. Depuis le début de cette campagne, les thèmes développée par le tout nouveau parti Pour l'Europe Puissance alimentent la controverse. Issu de la fusion de Défense Europe et des députés non affiliés, on a pu qualifier les discours de certains membres, comme Jonas Terri, je cite « d'agressif », voire « guerriers. » Dans ce contexte, avez-vous une première réaction à nous offrir monsieur Moekels ?
– Bonsoir, et merci de votre invitation, monsieur Peros. Les critiques... les critiques qui sont formulés, avant tout, par une frange relativement bien pensante du paysage politique, visent une fois de plus à éluder de nombreux débats de fond que souhaite soulever notre formation. On nous reproche d'avoir une rhétorique populiste, réactionnaire, vieillotte, alors même qu'on nous reproche également d'avoir abandonné des thèmes autrefois prisés par de nombreux partis, à savoir la défense de l'intérêt des nations et des pays. Tout cela au profit de l'idée que nous désignons sous le terme « d'Europe puissance », un projet résolument communautaire et tourné vers l'avenir. Soyons clair, ces insultes ne sont qu'une manifestation d'un paysage politique qui par prudence, préfère aller à rebours de l'Histoire.
– Merci. Madame Jaqua, considérez-vous également que les accusions portées sur PEP sont plutôt infondées, ou confirmez vous les propos que l'on prête à l'observaroire des libertés ?
– Je partage au moins un point commun avec monsieur Moekels, la conviction que le seul domaine qui soit réellement central dans ces élections reste l'Europe, un thème qui aura mis longtemps à obtenir son identité auprès des électeurs, et doit encore gagner en légitimité. Par contre, monsieur Moekels devrait comprendre que les critiques portées à l'encontre de PEP, c'est à dire le caractère profondément anti étranger, ouvertement belliqueux, sont ce qui fondent leur discours. Derrière cette idée d'Europe puissance, se cache un discours que je dirais hélas trop commun, un discours aux accents déplaisants. Alors laissez moi dire qu'à l'approche du centenaire de la seconde guerre mondiale, il y a faute. Il ne faut certes pas confondre politiques et symboles à tout bout de champ, mais dans certains cas, les propos sont graves, et déplacés. C'est le cas de ceux qui proviennent de figures de votre parti.
– Bien bien. J'ai ici une question d'un de nos auditeurs à destination de monsieur Moekels. Je cite : « Monsieur Terri s'est fait une spécialité des discours à l'emporte-pièce, et cette habitude ne l'a pas quitté en intégrant les rangs d'Europe Puissance. Dans son allocution du 17 décembre, il évoque le thème de la sécurité intérieure du continent. Plus que les attaques portées contre les puissances étrangères, est-ce que ce genre d'allusion ne sont pas basées sur une exagération souvent pratiqué en période électorale ? » J'ajoute que nous avons déjà reçu de nombreux messages évoquant une dérive populiste et une utilisation déplacée des thèmes sécuritaires. Que pouvez-vous nous dire, monsieur Moekels ?
– Tout d'abord, j'aimerais revenir sur les dernières paroles de madame Jaqua. La force symbolique du centenaire de la seconde guerre mondiale, dont les cérémonies commenceront l'année prochaine est évidemment de la plus haute importance. Mais je ne vois moi pas de contradiction entre ce que véhicule cette mémoire et les objectifs défendus par Europe Puissance. Car oui, rappelons que l'Europe que nous défendons, est une fille de ce conflit, le produit de l'idée qui a su triompher de l'union des peuples si souvent hostiles par le passé. J'ajouterai que l'Europe, non contente d'avoir su éviter d'autres effondrements comme ceux du siècle dernier, est fatalement destinée à redonner leur place aux peuples européens, place qu'ils ont perdu à la faveur de ces conflits et de la soumissions aux nouvelles puissances. Je ne vois donc pas en quoi la position d'Europe Puissance serait opposée à ce que peut signifier ce centenaire.
– Monsieur Moekels..
– Attendez. Pour en revenir plus précisément à la question soulevée, il faut comprendre que ces problèmes de sécurité sont avant tout une affaire de loyauté. Je ne parles pas simplement d'activités criminelles, qui ont toujours eu lieu et auront je le crains toujours lieu, avec une insécurité liée qui n'est donc pas nouvelle. Mais le contexte général, lui a changé.
– Changé de quelle manière ?
– Monsieur Moekels le dit lui-même, les problèmes sociaux qui sont depuis longtemps le quotidien de population victimes à plus d'un titre n'ont rien de vraiment nouveau. Je ne dit pas qu'il s'agir de les minimiser, ni de renoncer à tout débat concernant des espaces abandonnés de nos pays. Mais je refuse qu'on se serve à nouveau de cet état de fait à des fins d'instrumentalisation, ce que nous dit le PEP ressemble hélas à une cuisine populiste déjà vue et revue.
– Laissez-moi finir, s'il vous plaît. Le contexte a changé, disais-je. Nous allons affronter des défis inédits à une échelle, elle aussi inédite. Et le fragile équilibre qui s'est constitué sur ces dernières décennies est non seulement susceptible de se briser, mais est déjà, je l'affirme en train de s'effondrer. C'est dans ce contexte là que s'inscrit l'objectif d'Europe Puissance. Et ce qu'il faut comprendre, intégrer c'est que désormais il va y a voir des tensions vis à vis de nombreux ex-partenaires de part le monde, des tensions qui vont mettre à l'épreuve notre loyauté. Des arbitrages difficiles sont en cours, dont tous ne seront pas possible à résoudre sans qu'il n'y ait de perdants. Et parce que cette pression est importante, nous ne ne pouvons pas nous permettre d'avoir des poches de séditions, des populations qui pour des raisons qui leur sont propres se dresseront contre nos intérêts car ils en auront d'autres. C'est de cela que nous parlons, d'un continent menacé de ne plus pouvoir exercer sa propre souveraineté à de nombreux endroits de son territoire. Il ne s'agit d'un danger qui... »

Monfort venait de couper la radio. Comme personne ne semblait réagir, il lança comme pour se justifier
– Quel connard.
L'inspecteur hocha imperceptiblement la tête. La pluie s'était intensifiée est le bruit des gouttes envahissait l'habitacle silencieux.
– Vous me déposerez en passant. Je vais envoyer la paperasse remplie directement de chez moi.
– Vous ne voulez pas faire un débriefing au bureau.
– Vous en avez envie, vous ? Monfort lança un regard plein de sous-entendu à l'inspecteur.
– Non, pas vraiment...

– Passez de bonnes fêtes en tout cas.
– Merci lieutenant.

- - -

Le fracas du verre brisé le tira soudainement du sofa, où il commençait presque à s'assoupir, temporairement libéré de la pression de la journée. Monfort hésita un instant, puis décida d'aller voir la source du bruit sans se munir de son arme. La vitre de la véranda était éclatée, visiblement suite à l'impact d'un objet. Non loin, une moto se mit à gronder, avant de s'éloigner à tout allure, comme pour le narguer. Sans bouger, le lieutenant chercha le coupable parmi les innombrables débris de verre et le trouva aisément. C'était une brique sur laquelle était peint en rouge le nombre vingt-trois. Tenant toujours l'objet glacial à la main, il se hâta de retrouver rapidement la chaleur du salon.
Monfort songeait, inattentif à la rumeur du poste allumé et à la brique trônant sur la table basse. Ce message, limpide à ses yeux, ne le surprenait pas réellement. On pouvait dire qu'il l'attendait, voire même l'espérait en un sens, tant il venait enfin démontrer qu'il ne faisait pas fausse route. Toute ce qu'il avait réuni jusqu'à présent tenait malgré tout à son interprétation des faits, qu'il avait su affiner et défendre contre l'avis de son entourage. Et maintenant, une menace à peine voilée venait se présenter, et il devait en tirer les conséquences. Voyant l'heure passée, il se décidé à passer un coup de fil.

Une photo de Nathalie emplissait son écran, tandis qu'il attendait qu'elle décroche. IL détestait toute idée de vidéoconférence, ou camera. Observer son regard clair et pénétrant, définitivement suspendu à l'instant de la prise lui suffisait.
– Allo ?
– C'est moi. Est-ce que tout va bien ?
– Enfin ! Oui, tout va bien. La petite s'ennuie un peu sans ses jeux, mais nous avons prévu une séries de sorties avec maman pour l'occuper. Je pense que ça lui fera un bien fou.
– C'est bien.
– Et c'est tout ? Tu ne vas donc pas venir, je suppose.
Le reproche non dissimulé lui fit froncer les sourcils.
– Non, je ne pourrai pas. Et je pense que j'ai eu raison. Tout va bientôt se terminer, enfin, commencer si tu veux. J'ai réuni assez de matériel pour faire franchir un pas à l'enquête.
– Tu te sens prêt à continuer ?
– Plus que jamais.
– Il ne se passe rien de grave ?
– Non. Mais comme je le pensais, il faudra que je contourne un peu la voie hiérarchique. Il ne me reste plus beaucoup de temps avec la fin de l'année.
Il la sentit hésiter.
– Est-ce que... tu en as vraiment envie ?
– Oui.
– Alors fais ce qui te semble le plus juste. Je ne te reprocherai rien.
– Merci. Je le ferai.
– Promets-moi de bientôt revenir.
– Je te le promets.

Il se sentit brièvement vidé. Quand avait-il cessé de lui décrire les détails de l'enquête ? Quand il avait-il inconsciemment décidé de la protéger de ce monde qu'il s'était mis à parcourir ? Il ouvrit le dossier qu'il ouvrait chaque soir, et la dernière version du message qu'il préparait depuis trop longtemps. Il n'en changeait plus une ligne depuis plusieurs jours. Un doute l'empêchait encore d'en faire usage. Mais à présent une brique avait atterri dans ses fenêtres. La peur. Elle venait de les toucher aussi.

« Monsieur Tamignac,

Je vous contacte aujourd'hui de la manière la plus directe possible. Si je le fais, c'est parce que j'ai la conviction que je ne pourrai pas obtenir d'appui de la part de ma hiérarchie directe, quand au développement d'un enquête dont je suis actuellement chargé, peut-être pour peu de temps encore. Vous en comprendrez rapidement la raison au vu de ce que j'ai pu personnellement en dégager.

J'ai désormais la certitude qu'un groupe non affilié aux bandes issues des banlieus, et n'appartenant pas non plus à la criminalité organisée ordinaire se trouve derrière de récentes affaires de règlements de compte dans les zones difficiles. Si vous consultez les éléments réunis, vous constaterez un bilan humain en apparence faible, qui est en contradiction avec une grande quantité de témoignages que j'ai pu recueillir. La violence endémique des quartiers, et l'omerta puissante qui y règnent rendent à la fois cette enquête difficile et tentante à conclure comme n'étant qu'une manifestation de la violence endémique des zones « perdues » de la République.
Je vous demande de croire que j'ai soigneusement passé en revue la plupart des hypothèses, et que ma conclusion, disons anormale, a été difficile à formuler. J'ignore le motif réel derrière ces agressions, mais leur caractère violent, et les indices qui laissent à croire qu'on cherche à les camoufler, m'ont amené à y voir un caractère raciste, ou de justice personnelle. Une manifestation organisée de ce qu'on observe de plus en plus souvent de la part d'individus isolés.

Je vous transmets avec ce mail de nombreuses pièces que j'ai pu rassembler et que vous pourrez consulter à loisir, en espérant votre aide dans ce dossier. La direction que je propose pour poursuivre l'enquête ne peut pas être suivie actuellement sans un appui à votre niveau.

Sincèrement,
lieutenant Sylvain Monfort. Police judiciaire, section Nord. »


Remonter au niveau préfectoral tenait du baroud d'honneur. Monfort ne savait pas vraiment jusqu'à quelle strate les conclusions qu'il présentaient n'étaient pas recevables mais il n'espérait plus pouvoir longtemps garder les mains libres. On lui avait fait comprendre que ses hypothèses n'avaient pas vraiment droit de cité, parfois poliment, parfois moins. Le message envoyé, il s'affala à nouveau dans le sofa, le regard dans le vide. Il n'avait plus qu'une envie, dormir au plus vite.
En passant devant le miroir, il s'aperçut, visage taillé à la serpe, barbe naissante sur son ton légèrement hâlé. Dans la semi obscurité du couloir, son regard n'était plus qu'une ombre. Il ne voulait pas devenir un fantôme, un homme dont l'existence se lirait dans ses traits. Depuis le début de sa carrière, Monfort s'auscultait régulièrement, vérifiait qu'il était encore intact. Ironiquement, il y était parvenu, jusqu'à cette dernière affaire, mais bientôt il aurait besoin de passer pour un flic qui s'investit, et non pas un illuminé. Il se glissa sous sa couverture en songeant à la brique abandonnée dans le salon, qui risquait de hanter son sommeil.
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MessageSujet: Re: BCU-23   Dim 27 Déc 2009 - 14:35

résultat le décevait. Le sous préfet était tout à fait capable de l'endormir, avant de trouver moyen d'étouffer l'affaire d'une manière plus définitive. Son regard s'arrêta sur la fenêtre, et la rue déserte et glaciale qui s'étendait au-delà. La maison était vide, morne, mais pour une fois, on lui offrait presque de ne pas la quitter. Cette période pouvait être mise à profit pour se renseigner davantage, plus discrètement, comme un citoyen et non un policier.

**

17 décembre

Monfort resserra son pardessus pour lutter contre le vent, la main crispée sur le sac qu'il emmenait au rendez-vous. Tamignac était un homme à l'allure assez effacée au vu des photos qu'il avait pu trouver. Il avait tenté de se rendre plus présentable pour l'occasion, ne comptant guère sur le look de renard marqué par la rue pour impressionner l'homme. Il s'engouffra dans l'immeuble à la façade neuve et traversa les étages comme dan un rêve. Il trouva le sous préfet, seul, ce qui le rassura. Son bureau n'avait rien que de très ordinaire, mais une pile de papier, qu'il identifia comme la documentation qu'il lui avait adressée trônait, à côté de son écran, second signe positif. Après une brêve introduction d'usage, Tamignac chaussa ses lunettes et se saisit d'un feuillet qu'il entreprit de lire à voix haute.

« Au cours de mes recherches, j'ai rencontré à plusieurs reprises le sigle BCU-23, qu'on ne peut manquer d'associer aux brigades de contrôle urbains. S'il ne faut pas forcément y lier des éléments venant de la police, il y a au minimum une identification à cette fonction de maintien de l'ordre chez les responsables. »
– Monsieur Monfort, est-ce que cette opinion que vous exprimez-là, est-ce que cette opinion a changée depuis lors ?
– Sur l'implication de la police ? Je sais qu'il n'existe que 22 unités BCU, donc vingt sont réellement déployées. Je pense aussi qu'il faut un entraînement certain pour accomplir tout cela, voire des complicités. Si vous me demandez de trancher, je ne le ferai pas, mais des cas de ce genre se sont déjà vus, si vous voulez mon avis.
– Vous êtes conscient que ça complique encore davantage votre affaire, lieutenant ?
– J'en suis conscient... mais dois-je comprendre que vous prenez donc tout cela au sérieux, s'enquit-il avec un espoir non dissimulé.

Sébastien Tamignac croisa les doigts, ferma les yeux comme pour rassembler ses pensées. Sans un regard pour l'enquêteur, il lança d'un ton plus détendu :

– Avez-vous été surpris de la rapidité de ma réponse ? Qu'en avez-vous déduit ?
– Et bien, j'avoue que je craignais des consignes pour mettre fin à l'enquête. C'est que, vous voyez, j'ai rencontré une grande résistante tout au long de ces derniers mois, dès que ce sujet était abordé, ou plutôt à partir du moment où j'ai tracé les conclusions que vous savez.
– Pourtant la raison est tout autre. En réalité, vous n'êtes pas le premier, fit Tamignac avec un sourire en observant la surprise du lieutenant. Mais bien sûr ce n'était en général que des suppositions, des détails, des fragments. Des personnes nous ont fait remonter en interne leur interrogations. Mais vous, vous avez poursuivi le travail bien au-delà, peut-être à cause de votre position privilégiée. Votre compte rendu est bien plus complet. Vous avez recoupé les informations, recueilli des témoignages dans des conditions, il faut bien le dire, défavorables.
– Vous étiez prêt à recevoir mon dossier, si je comprends bien.
– C'est cela. Il a pour une grand part, précisé ce faisceau de présomptions. Il ouvre également de nouvelles pistes.

Malgré lui, Monfort croisait les bras par nervosité. Se ressaisissant, il décida de passer à l'offensive.
– Monsieur. Si vous êtes bien convaincu de réalité de ces faits, j'aimerais, j'aimerais savoir comment vous envisagez la suite, à titre personnel.
– Vous me demandez : et maintenant ? Je comprends votre charge d'enquêteur et votre désir personnel très fort, oui, réellement profond au vu du travail solitaire que vous avez mené, votre désir de faire la lumière sur ces actes, et d'appréhender les coupables. Mais vous êtes intelligent, lieutenant, donc vous en saisissez les difficultés.
L'inspecteur serra les poings, sentit venir l'habituel laïus qu'il s'était entendu dire durant les dernières semaines. Il tenta malgré tout de paraître plus détendu qu'il ne l'était.

– Je pense, monsieur, qu'il y a beaucoup de résistances... moins à cause des coupables éventuels, enfin, bien entendu, si nous parlons de la police, mais surtout à cause des victimes. Les banlieusards ne sont pas très bien vus.
– Vous pensez au racisme ? Demanda le sous-prefet d'un ton qui lui parut pleins de sous entendus.
– En partie, commença-t-il avec prudence, mais je pense surtout qu'il s'agit d'un conflit permanent avec les forces de l'ordre. Ils, ces hommes n'ont pas envie de s'entendre dire qu'il doive défendre des personnes qui les méprisent et les craignent.
– Et s'en prennent aux policiers...
– Et s'en prennent à eux, soupira Monfort. Mais je considère que ce n'est pas notre devoir que de laisser ce genre de sentiments nous aveugler. Qu'ils se démerdent, laissons-les s'entretuer, voilà ce qu'on m'a dit, en toute franchise. J'ai peur qu'il faille une réponse venant de plus haut.
– Donc le principal problème c'est que ces personnes sont indéfendables.
– Comment ça ?
– L'enquête, telle qu'il faudrait la mener, nous poussera à chercher un groupe s'en prenant pour des motifs xénophobes, ou simplement d'auto justice à des groupes de banlieue. Et non seulement les victimes ne sont pas populaires, c'est le moins qu'on puisse dire, mais elles sont prêtes à prendre les armes si le bruit court du véritable motif de ces agressions.
– Sauf votre respect, monsieur...
– Attendez. Si jamais la rumeur au sujet de BCU-23 s'échappe, et elle s'échappera, vous pouvez me croire, pensez-vous pouvoir mener votre enquête ? Les jeunes vont s'armer, se préparer, ou simplement lancer leurs propres expéditions punitives. Nos effectifs vont ruer dans les brancards. Et si votre hypothèses d'éléments policiers a un fond de vérité, nous aurons affaire à un ennemi de l'intérieur. Mais j'insiste le plus important reste la réactions des victimes.
– Monsieur, elles savent déjà très bien de quoi il retourne. Ce ne sont pas des fuites qui leur apprendront.
– Ce n'est pas médiatisé ! Ils n'ont besoin que d'un prétexte pour enflammer les cités, et cette affaire pourrait leur donner. Notre seule chance, je dis bien seule chance de s'en tirer à peu de frais, serait de présenter les faits une fois les coupables déjà interpellés. Sinon, je ne donne pas cher de la peau de votre enquête, ni des policiers amenés à se déplacer là-bas.

Mortfort lui fit signe de lui laisser quelques instants de réflexion. L'appui des services serait difficile à obtenir, il l'avait toujours su, mais il n'avait pas pu sonder l'opinion des administrateurs. Il sentait confusément que céder au confort signerait l'arrêt de mort des poursuites.

– Je comprends votre inquiétude, fit-il en le dévisageant, mais nous sommes encore capables de faire preuve de discrétion. Ce que je crains, c'est bien plutôt que la réaction d'auto défense ne soit lancée par les bandes. Il est possible qu'elle soit indiscriminée, et, pardonnez-moi un peu de cynisme, plus grave que la traditionnelle émeute.
– Il n'y a pas de notion d'émeute traditionnelle. Ou plutôt il n'y en a plus. Les choses évoluent, parfois en bien, bien plus souvent en mal. Pourquoi pensez-vous qu'il existent des brigades de contrôle urbain ? Parce que ce contrôle n'est plus assuré dans certains lieux, ajouta Tamignac en fronçant les sourcils. Et ce n'est plus une situation temporaire, c'est un fait, presque historique. Bien entendu, vous ne verrez aucun membre du gouvernement tenir un tel discours.
– En somme vous ne souhaitez pas agir.

Tamignac fit glisser ses doigts sur le bureau et l'écran s'anima, sa face arrière visible pour le lieutenant. Un logo stylisé de chien à trois têtes se dessina sur fond noir.

– Vous avez entendu parler de Cerbère ?
– Vous voulez parler du plan ? Celui de réponse à une émeute importante ?
– Parfois, parfois, insista-t-il d'un air complice, les décideurs choisissent des noms fort à propos. Ce n'est pas un plan anti émeute, lieutenant, c'est un plan anti insurrectionnel. Et si vous n'en savez pas davantage, c'est parce que son existence est un aveu d'impuissance, et sans doute aux yeux de beaucoup de monde, une absurdité. Cerbère, le célèbre chien à trois têtes, est le gardien des enfers.
– L'enfer, ce sont les banlieues en révolte...
– Tout à fait. Si on décide d'appliquer Cerbère, nous lèverons une triple barrière : circulation interdite autour des quartiers, blocage de l'information, en agissant auprès des réseaux de téléphonie, enfin, coupure de l'énergie lors de la dernière phase. Celle qui précèdera la reprise du contrôle.
– Ce n'est pas..., Monfort peinait à trouver ses mots.
– Correct ? Légal ? Ce plan suppose que nous soyons plongés dans une zone grise au plan juridique. Mais les grandes émeutes de 2005, 2017 et 2036 nous ont appris beaucoup de choses. Leur aspect contagieux, en grande partie. C'est particulièrement cela que le plan vise à empêcher.
– Pourquoi me dites-vous tout cela ?
Monfort décroisa les bras, visiblement mal à l'aise.

– Pour que vous compreniez dans quel contexte nous sommes. Je n'ai pas besoin de vous écouter pour savoir que l'inertie vous offense. Il m'a suffit de lire ce que vous m'avez adressé pour le savoir, parce que bien peu de monde aurait persévéré comme vous l'avez fait. Vous avez des convictions, et il est très difficile de se heurter à des convictions. Racontez votre histoire à des personnes capables de décider, et ils n'en dormiront plus de la nuit. D'autres qui au contraire se réjouiraient, car ils n'attendent que cela, cette confrontation avec les populations de ces quartiers. Ils sont prêts à souffler sur les braises, si nous avons le malheur de les fournir.
– Des actions anti banlieu ne sont pas spécialement un arguments pour ces gens. Cela ferait l'affaire des anti racistes, au contraire.
– Au contraire, ils seront donnés en exemple ! Il y a du monde prêt à en découdre, ou du moins à pencher pour ceux qui veulent le faire. Ce que nous devons faire, c'est opérer en tout discrétion. Je vais recontacter les personnes qui m'ont confié leurs soupçons, et nous allons créer une cellule. Nous risquons de faire appel à l'IGS, soyez-en conscient.
– J'en suis conscient.
– C'est parfait. Nous ne devons révéler tout cela qu'une fois la situation réglée, pour ne faire ni le jeu des l'extrême-droite, ni des jeunes excités. Est-ce que je peux compter sur votre discrétion et votre aide quand le moment viendra ?
– Bien sûr.

Tamignac avait repris la main, et dominait totalement l'échange, ce qui ne dérangeait pas réellement l'inspecteur. Il découvrait une homme à la stature plus imposante que prévu, peut-être capable de porter ce fardeau sur les épaules. Monfort se demanda s'il devait en parler à sa femme, les bonnes nouvelles ne faisaient pas de mal, mais il craignait de lui donner de faux espoirs. S'il n'était plus seul, les risques allaient considérablement diminuer.
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MessageSujet: Re: BCU-23   Dim 27 Déc 2009 - 21:15

Et bien, tu restes décidément le plus productif d'entre nous tous... Mais quantité peut rimer avec qualité. J'ai très vite apprécié l'ambiance de ce récit.

Je crois que malgré tout mon enthousiasme pour la Science-Fiction et le fantastique, je garde une affection particulière pour les romans policiers, en particulier lorsqu'ils prennent pour personnage principale un flic (oui, c'est loin d'être systématique) aux prises avec la procédure. Puisqu'ici tu mêles les deux, je m'en trouve ravi. Les tensions qui entourent ces mécas ne font qu'accentuer leur intérêt.

Le récit est très fluide, les dialogues et les évènements s'enchainent très naturellement, avec ce rythme discret qui fait que le lecteur visualise complètement les scènes et oublie qu'il lit un texte. Les personnages sont très crédibles dans leurs paroles et leurs attitudes, en particulier les collègues du personnage principal, moins "secrets" que le préfet, et donc plus abordables.

Je crois que c'est la première fois que je lis un récit de ta part nettement politique, et ma foi, tu t'en sors très bien. Ton préfet est très crédible dans son rôle d'autorité sévère évoluant entre blanc et noir, et les discussions politiques radiophoniques, les éléments d'histoire inventés sont très crédibles. J'ai vite oublié qu'il s'agissait un récit amateur.

Je m'interroge simplement sur la possibilité pour des êtres aussi voyants et reconnaissables que les unités BCU d'agir à plusieurs reprises sans jamais laisser de témoins. Mais peut-être cela s'expliquerât-il.

Je suis impatient de découvrir la suite de cette histoire.

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Rufus Shinra
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MessageSujet: Re: BCU-23   Dim 27 Déc 2009 - 21:46

Je me vois forcé de protester Skay : on ne peut qualifier ce genre de texte de récit "amateur" !

Plus concrètement, de la politique-fiction, qui illustre un avenir possible, les conséquences de telle ou telle évolution, au travers d'une histoire qui, dans sa nature, est quelque peu intemporelle. On y trouve donc un contexte très intéressant, car tout ce qu'il y a de plus possible et crédible. La BCU-23 est au centre des questions d'une poignée de flics intègres qui mènent leur enquête.

Au niveau du récit, bien raconté, l'ambiance toujours caractéristique et particulière que l'on trouve dans tes textes, avec l'humain face à quelque chose qui le/la dépasse. On peut se demander ce qu'il se passe vraiment quels sont les objectifs de ce groupe.....

Spoiler:
 

Et, effectivement, je plussoie Skay sur le fait que tu es le plus productif d'entre nous, avec une qualité qui reste au taupe-niveau (attention, jeu de mots tout pourri).
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Phenix Noir
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MessageSujet: Re: BCU-23   Mar 13 Avr 2010 - 16:12

La suite arrive et sera probablement du même ordre en terme de taille. Je pensais que mes idées initiales auraient changé mais à vrai dire ça n'aura pas été le cas. C'est donc quasiment ce que j'aurais pu finir en début d'année.
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