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 L'aura de l'Alien selon les films

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Mat
Le Pharaon
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MessageSujet: L'aura de l'Alien selon les films   Mar 30 Juin 2009 - 14:53

On peut constater que la créature n'est pas appréhendée de la même manière selon le film où elle évolue.

Alien : le monstre y a sans conteste une force un peu mystique, mais pas du tout au sens religieux. Plutôt au sens naturel et émotionnel, presque animiste, chamanique, du terme. Le tout renforcé par la forte connotation symbolique, sensualo-sexuelle et psychologique qu'il revêt. Son origine (qu'elle soit biologique ou technologique, naturelle ou artificielle) ne donne lieu à aucune hésitation paranormale dans le ton "vient-il de l'Enfer?" , "est-il une malédiction?" mais rien de ce qui l'entoure (commentaires et admiration de Ash, par exemple) n'est très terre à terre non plus.
L'ambivalence destin/hasard, la mort (pas au sens de jugement dernier mais au sens de contraire de la vie) , l'émotion, la sensualité, la pulsion aussi exquise que destructrice, le mystère qui nous dépasse, la puissance supérieure de la nature... l'Alien selon Giger et Ridley Scott pourrait être une ou plusieurs choses dans ce genre.
De plus, le huitième passager apparaît, à défaut, peut-être, d'un véritable individu, au moins comme un personnage à part entière, et même davantage : il est finalement le personnage le plus important. Ripley elle-même pourrait, dans l'absolu, être absente ou remplacée; pas lui. Et il est possible de s'interroger sur sa volonté, son ressenti, ce qui se passe dans sa tête.

Aliens : gros changement de ton, beaucoup plus terre à terre et beaucoup moins rêveur. Exit le symbolisme, exit l'aura mystiquo-sensuelle, exit l'individualité. L'Alien devient un fichu gros cafard qui vit en ruche, une saleté de parasite tueur qu'il faut blaster de toute urgence, façon "Starship Troopers". Tout comme la notion d'assassinat, voir de duel, transparaissait dans le 1, il n'est maintenant plus question que de bataille, de guerre, d'extermination, de mêlée générale. Cependant, l'image reste sombre, le ton reste grave, l'ambiance reste impressionnante et effroyable. L'Alien demeure une ombre silencieuse qui glisse imperceptiblement sur le mur.
Le terme scientifique et détaché de "Xénomorphe" fait son apparition pour désigner celui que l'on nommait auparavant l'Alien (= l'étranger) , le monstre, la créature, comme une sentence de la démythification. (et démystification)
Cela me rappelle une remarque de la voix off dans un épisode de "au delà du réel" : les enfants parlent de monstres sous le lit et de fantômes dans le placard. Si les adultes pouvaient les voir eux aussi, ils les classeraient en espèces, en genres et en familles différentes, puis ils étudieraient leur arbre phylogénétique. mrgreen Demeure-t-il un monstre dans la forme, il n'est plus, dans le fond, un monstre sacré, mais plutôt un animal nuisible.
On s'attache à décortiquer le fonctionnement biologique de l'Alien en tant qu'espèce animale, et à l'exception de la reine mère, l'individualité disparaît. Autant on s'amusait à débattre des possibles sentiments et des hypothétiques objectifs du huitième passager (peur, sadisme, jeu, faim, volonté à long terme, instinct de prédation) , autant cela ne vient plus à l'esprit de personne ici, tant LES AlienS évoquent plutôt maintenant une sorte de robot insecto-organique où toute réaction est aussi automatique que primaire. D'ailleurs, les concepts de reine mère et de ruche leur ont été appliqué à partir du film Aliens, sur une idée de Cameron. Giger y voyait une créature solitaire et autonome, dont le cycle de reproduction originel est dévoilé dans le director's cut d'Alien, le huitième passager.
Evidemment, le fait que, plus nombreux et face à une force militaire assez lourde, plusieurs Xénomorphes meurent bien plus vite que ne l'a fait le huitième passager et que ne le fera l'Aliendog, pourtant isolés, contribue à désacraliser les créatures.

Alien 3 : retour à l'individualité et au mysticisme, mais cette fois, moins dans une optique naturelle et informulée que dans une conception religieuse plus construite. Pour la première fois dans la saga et alors que de son côté, Ripley s'enmartyrise, l'Alien (à la couleur ocre!) , dans la façon dont on le qualifie, ainsi que dans le montage et la bande-son qui s'articulent autour de lui, prend des allures de malédiction, de démon, de mauvais sort, envoyé pour l'apocalypse. On pourrait presque lui prêter une provenance occulte, satanique.
Désormais partiellement quadrupède et plus véloce que jamais ("Aliendog") , son aspect "créature des bas fonds" est accentué, alors qu'il redevient pour un film un ennemi au caractère unique, un monstre à part.

Alien Résurrection : retour au style Aliens, mais en moins sombre, en plus déjanté, à la sauce comics. Comme si une certaine routine cynique s'était installée, une façon de dire qu'entretenir le mystère ou la peur de l'inconnu, à ce stade, serait artificiel et hypocrite. Les Aliens sont de retour dans leur rôle de "bestioles", mais cette fois les Humains sont moins impressionnés, les monstres moins dissimulés dans l'ombre et dans le décor. Ils sont à ce moment-là plus que jamais anecdotiques en eux-mêmes. Plus important, le Xénomorphe varie dans sa nature en quittant le statut de force naturelle insaisissable, pour devenir pour la première fois l'objet de la science, une possible créature de Frankenstein et une possible victime de l'Homme, pour laquelle l'Humanité portera à l'avenir un peu de responsabilité.
C'est une racine ancienne du cyberpunk, qui rejoint enfin la saga Alien aux côtés des concepts de Synthétiques, d'I.A et d'état-corporation criminel. (avec Alien 4 version longue, le post-apocalytpique, autre recoin du cyberpunk, rejoint également la saga)

Je les cite par acquis de conscience : dans AvP 1, l'Alien est juste un animal dangereux, un fauve dans les jeux du cirque Romain, un simple prédateur naturel qui sert de divertissement et qui pimente la partie en s'échappant de son enclos. Est-ce si éloigné de la vision de Aliens et de Alien 4? Dans AvP 2 : R, il chute (tout comme son compagnon de galère) au rang des zombies, des cannibales consanguins et des slashers usés jusqu'au trente-huitième opus insipide. Le voilà réduit à chasser l'adolescent stupide dans un patelin US isolé.


Quelle est selon vous la meilleure aura que l'on ait tissé autour de l'Alien? La pire (hors AvP2 sinon c'est trop facile^^) ? Pourquoi? Et laquelle voudriez-vous revoir (ou alors quelle nouvelle aura voudriez-vous découvrir) dans un éventuel cinquième film?
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