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 L'esprit du blockbuster commun et sa dimension morale

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Mat
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MessageSujet: L'esprit du blockbuster commun et sa dimension morale   Mer 13 Mai 2009 - 18:10

L'on reconnaît souvent à un film une seconde lecture, et de manière peut-être un peu paradoxale, les blockbusters ont souvent l'air d'en avoir une. Autre possible paradoxe, certains comme I, Robot semblent tirer leur épingle du jeu niveau critique en ne touchant pas aux thèmes classiques.

New-age religieux rétrograde dans Prédictions, émulation maladroite de la famille et rebelote religion dans Babylon A.D, apologie dans Transformers de l'adulte abruti par essence et de l'ado grassouillet qui lui aussi peut se taper une meuf super bonne sur le capot d'une caisse d'enfer, sans oublier les vilains caïds épais et caricaturaux qui se font toujours bouffer par les monstres en guise de punition dans AvP2 et équivalents, ou encore héroïsme guerrier douteux dans Star Trek XI...
EDIT : et Transformers 2 rappelle à notre bon souvenir la branche militaro-chauviniste et accessoirement peut-être un peu xénophobe du genre.

Dans 90% des blockbusters actuels, le même socle de propos tourbillonne et surnage sans arrêt. Que pensez-vous de ces thèmes abordés? Y voyez-vous ou non une certaine unicité de sous-entendus? Pensez-vous qu'il s'agisse de contenus conscients, ou juste d'un effet provoqué mécaniquement par la réutilisation par défaut des mêmes grosses cordes hollywoodiennes habituelles?


Dernière édition par Mat Vador le Mer 2 Sep 2009 - 18:31, édité 2 fois
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Skay-39
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MessageSujet: Re: L'esprit du blockbuster commun et sa dimension morale   Mer 17 Juin 2009 - 5:24

Je pense que la question qui tue (au sens figuré comme au sens très figuré) et qui se trouve au centre de l'émulation d'un blockbuster est "A qui voulons-nous plaire ?"

A partir du moment ou l'on axe une production autour de ce questionnement quasi-quantique, ça ne peut guère que tourner en eau de boudin.

Car soyons réaliste... Les trucs qui plaisent au plus grand nombre, et que même les plus érudits ne peuvent nier apprécier, à un niveau plus ou moins viscéral, sont toujours les mêmes : sexe, violence, justice, mystique. Le sexe se teintant parfois d'amour, souvent sur la forme et pas le fond, parce que sinon ça devient chiant, et la justice se limitant évidemment à nos pulsions du moment - la brute imbécile qui se fait arracher la tête, ah ah bien fait pour lui. C'est un mécanisme que tout le monde connait.

A moins d'en avoir vraiment soupé de ces sauces toutes préparées - en somme de posséder un vrai esprit critique -, c'est une recette qui fait toujours plaisir. Star Trek XI, joli à regarder, ça stimule l'adrénaline, on voit une alien verte à moitié nue, des vaisseaux explosent. De l'action, le tout bien réalisé quoique sans originalité particulière, et absolument aucun intérêt (à mon sens) autre que le pur divertissement.

Cela pourrait surprendre quelques-unes des personnes qui me connaissent, car j'aime à faire l'apologie du divertissement. C'est pour moi une activité tout à fait honorable (je vais même jusqu'à apprécier un Twilight). Mais il faut de la mesure... Le Star Trek en question, bien que ne m'ayant pas ennuyé, m'a donné la sensation... et bien... d'un travail bâclé. Un travail bâclé dont on se satisfait pleinement. Divertir, oui... Mais divertir bien.

Je crois que le signe le plus parlant est que je ne vais d'ordinaire jamais voir un Transformers ou Star Trek XI. Je ne sais pas ce que je recherche qui ne se trouve pas dans ces productions... La mesure, peut-être. L'acceptation d'une vraie fin en demi-teinte. La capacité à rouler son héros dans la boue, à le montrer comme un minable parfois - pas en looser asociale, non... Pas un minable selon les critères usuels de la société. Un véritable minable... et bien... à la manière de ces gars qui sont les héros de tellement de séries pour ados, en fait.

Il est là, le vrai problème. L'héroïsme douteux, la cool attitude enfin atteinte qui te permet de te taper la bonasse sur le capot d'une voiture, les vilains sans profondeurs si faciles à sacrifier.... Tout ce que tu évoques avec un fond de réprobation... C'est un idéal pour beaucoup de gens, qui ne se posent pas la question suffisamment en profondeur.

Je ne sais pas bien si j'ai répondu aux bonnes questions, ni même si une argumentation cohérente ressort de ce que je viens de dire, mais, bah, je crois qu'il n'y a rien de trop idiot en tout cas... ^^

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Phenix Noir
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MessageSujet: Re: L'esprit du blockbuster commun et sa dimension morale   Lun 22 Juin 2009 - 10:13

Je me dois de défendre un peu Transformers, car s'il y a bien un aspect que j'ai su apprécier en le regardant, c'est sa tendance auto-parodique assumée : Ce film nous rappelle toujours au bon moment qu'il ne se prend pas au sérieux, et c'est très bienvenu. (la nana sur la voiture ? Cliché certes mais qui rompt le cliché de la nana se liant aux sportifs, leur "lycée" étant attaché à une hiérarchie de valeurs très marquée). Par ailleurs l'armée joue un grand rôle, ce qui peut toujours déplaire, mais dans d'autres formes de fiction (je pense aux japonais), l'intervention humaine conventionnelle ne mène jamais à rien contre une menace surnaturelle : la structure usuelle devient donc : intervention d'une menace "anormale" --> moyen militaires employés mis en échec --> la menace s'éteint/ ou elle mise en échec par un groupe d'initiés souvent usant de moyens non conventionnels.

Même un film militariste au possible comme "Independance day" doit user d'une ficelle scénaristique grossière pour éviter cet écueil (toi aussi apprends à pirater les vaisseaux aliens, mon pote)

Pour le reste, Skay à tout à fait raison : le film ne cherche pas à porter de message, mais à plaire. Moi j'assume chercher avant tout la force esthétique des scènes choc : les héros, les amourettes liées au genre ne me plaisent pas et je suis encore plus content quand on ne le met pas en avant. Je ne dis pas que ça ne compte pas, les films acclamés présentent au contraire, des héros/méchants plus travaillés, mais ça reste loin de ce que je peux apprécier* et je ne reproche pas aux réalisateurs de faire ce qu'ils peuvent en 2-3h de film.

*Mes penchants de toute façon ne peuvent pas vraiment être grand public
hi hi
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Mat
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MessageSujet: Re: L'esprit du blockbuster commun et sa dimension morale   Lun 22 Juin 2009 - 11:11

Citation :
et que même les plus érudits ne peuvent nier apprécier, à un niveau plus ou moins viscéral
Heu, le mystique à deux balles, ça me fait soupirer automatiquement. ça me provoque même un certain embarras apitoyé parce qu'honnêtement, je trouve ça instantanément ridicule. (pour faire l'expérience en puissance 1000, écoutez la voix off d'ouverture de Dante 01, même s'il ne s'agit pas d'un blockbuster... radical)

Sinon, je partage plutôt ton sentiment, Skay. Ce qui est vraiment triste, c'est que citer quelques films cultes rappelle qu'on peut très bien concilier divertissement et travail de fond. Est-ce qu'un amateur au premier degré de blockbusters s'ennuierait forcément devant Aliens, Total Recall...? Cela m'étonnerait.

Citation :
(la nana sur la voiture ? Cliché certes mais qui rompt le cliché de la nana se liant aux sportifs, leur "lycée" étant attaché à une hiérarchie de valeurs très marquée).
Précisément. Au début de ce genre de scénario, la nana canon sort la plupart du temps avec le connard sportif/populaire du lycée du coin (qui généralement cassera sa gueule au héros à un moment ou à un autre) , pour mieux le larguer et se jeter dans les bras du héros gringalet et atypique (celui avec la beauté intérieure qu'est pas comme les autres, et seulement deux amis geek) à la fin. C'est le même schéma éculé dans AvP 2 : Requiem, dans The Faculty... et bien d'autres, y compris en dehors de la SF, avec les comédies Américaines de cul pour ados par exemple (parallèle assez révélateur à propos de Transformers à mon humble avis) , ou encore parfois dans l'Horreur à deux sous. (d'ailleurs, si le film est dans la veine d'AvP2 : R, le connard sportif a de bonnes chances de se faire découper vivant par les monstres dans un délais assez bref... car ce genre de film démontre toujours que le connard sportif est en fait un gros naze lourdeau et incapable)
à l'inverse, je ne saurais pas citer d'oeuvre où la pom pom girl la plus prisée du lycée reste avec le connard sportif/branché en définitive.

Que Transformers ne se soit jamais pris pour un 2001, c'est certain; de là à trouver de l'autodérision dans les codes du film (du genre adultes = abrutis, surtout si liés au pouvoir) , franchement, j'ai du mal à me laisser persuader. mrgreen clin d'oeil Mais il faut dire que je suis maladivement méfiant.^^

D'autre part, j'ai fréquenté un peu de faune lycéenne à l'époque et personne n'a pris autrement qu'au premier degré que vieux = bâtons dans les roues, ados = héros et vive les belles gonzesses sur le capot. Il faut dire que Transformers ne s'est jamais voulu un film d'auteur, l'objectif c'était le carton commercial. à mon avis, le film a fait en sorte de trouver le public qu'il visait, voilà tout.
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Phenix Noir
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MessageSujet: Re: L'esprit du blockbuster commun et sa dimension morale   Lun 22 Juin 2009 - 15:47

Ouais, je sais que c'est conçu pour plaire au public geek, même si dans de nombreux autres programmes le sportif est réellement valorisé, hein.

Quand je parle d'autodérision, je songe à la scène de "cache cache", la poursuite avec la bagnole de flic etc. On évite les messages pesants et persistant sur les valeurs à défendre. Ce qui pour quelqu'un comme moi qui ne va voir ça que pour les FX, est idéal.

Après, si on est pas content, comme dans le jeu vidéo, la réponse est tristement simple : "vous ne représentez pas assez d'argent". Et je me méfie des "classiques" : Un Aliens, c'est certe un film d'action au dessus de la moyenne, mais je pense que le temps et la nostalgie jouent beaucoup : à son époque l'objectif était le même. Et ce qui est considéré comme débilement jeuniste et violent sera sans doute vu avec plus d'indulgence plus tard... s'il y a réellement quelque chose à sauver.

Cela dit, ce qui est fascinant, c'est que même dans ce cadre assez serré, on arrive à faire du plus ou moins convainquant, et du plus ou moins lourd au point d'avoir des nanars et de bons blockbusters.

PS : ne vous inquiétez pas, je joue un peu la provoc Wink Et je rappelle qu'il existe un média qui ne nécessite pas d'apport financier pour être impressionnant : celui que vous pratiquez ici-même....
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Skay-39
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MessageSujet: Re: L'esprit du blockbuster commun et sa dimension morale   Mar 23 Juin 2009 - 2:45

Mat Vador a écrit:
Citation :
et que même les plus érudits ne peuvent nier apprécier, à un niveau plus ou moins viscéral
Heu, le mystique à deux balles, ça me fait soupirer automatiquement. ça me provoque même un certain embarras apitoyé parce qu'honnêtement, je trouve ça instantanément ridicule.
Là n'est pas la question. Mais je ferais tout de même remarquer que tu as un regard particulier sur la chose, que tu y attaches une importance peu commune ; beaucoup de personnes peuvent se contenter d'un pseudo-mysticisme, totalement vide de sens sur le fond, parce qu'ils ne regardent pas au fond.
Il n'en reste pas moins que le mysticisme fascine tout le monde, à un degré ou à un autre. C'est l'une des valeurs sur lesquelles on peut forcer pour donner une aura à un film, et c'est à mon avis l'une des raisons pour lesquelles tant de réalisateurs en usent et abusent, à plus ou moins bon escient.
Ensuite, la qualité, c'est autre chose.

Mat Vador a écrit:
D'autre part, j'ai fréquenté un peu de faune lycéenne à l'époque et personne n'a pris autrement qu'au premier degré que vieux = bâtons dans les roues, ados = héros et vive les belles gonzesses sur le capot.
C'est très vrai.

Phenix Noir a écrit:
Skay à tout à fait raison
Voici une phrase qu'on devrait lire plus souvent...

Phenix Noir a écrit:
Quand je parle d'autodérision, je songe à la scène de "cache cache", la poursuite avec la bagnole de flic etc. On évite les messages pesants et persistant sur les valeurs à défendre.
Au hasard, je songe à quelques scènes de Farscape : on arrive à faire passer des messages pesants sur des valeurs à défendre à coup de vaisseaux qui explosent et d'aliens à trois têtes. Je ne crois pas qu'il y ait le choix entre le subtil et le jouissif. On peut faire du jouissif, du bang-bang-muahaha, tout en faisant passer quelques chose de moral et de fondamentalement beau.

Phenix Noir a écrit:
Et je me méfie des "classiques" : Un Aliens, c'est certe un film d'action au dessus de la moyenne, mais je pense que le temps et la nostalgie jouent beaucoup : à son époque l'objectif était le même.
Je crois vraiment qu'il y a une différence. On sent que Alien a été réalisé avec une véritable volonté de surprendre, d'innover, de présenter des choses inhabituelles. Faire de l'argent ? Sans doute. Mais la question est : comment ? Je crois qu'il y a deux manières de jouer sur les émotions, l'une en saturant les récepteurs sensoriels de couleurs et de musique, et l'autre en stimulant l'imagination, en créant une réelle implication. L'un est un spectacle de foire, l'autre... mhm... un opéra ?
(Oui, évidemment que j'exagère, mais j'avais un message à illustrer ^^)

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Phenix Noir
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MessageSujet: Re: L'esprit du blockbuster commun et sa dimension morale   Ven 9 Avr 2010 - 16:47

Est-ce que le blockbuster répond à une logique de la peur ? Peur de déplaire, ce qui amène à poser des situations et des personnages qui peuvent à leur tour déplaire, mais à un public supposé comme non attiré par le genre, et pourtant...

Certains éléments semble associés, enraciné à un genre, comme les scènes d'ation, les personnages sensuels, les passages violents ou poétiques, avoir l'un c'est avoir l'autre, et finalement peu de films portent la marque d'un metissage propre à effrayer le producteur. Un District 9 distribue avec générosité les effets d'armes amusants sans porter l'étendard d'un aspect série B qui n'est pas revendiqué. Suppose-t-on que le sang ne se marie qu'avec un scénario transparent ?

Mais pourtant, on se rassure avec ce que l'on peut, que ce soit en s'adossant à une oeuvre déjà légitimée (adaptation, et encore)... ou simplement en suivant ce qui a pu fonctionner, tel un piton fermement encastré dans la roche de la falaise, afin d'y mettre à son tour le pied, sans plus de risque. Le cinéma dans lequel l'argent s'investit fonctionne par effet de mode, rien de nouveau là dedans sinon le caractère spéculatif du domaine, et non artistique, ce qui ne pose finalement pas problème car il y aura toujours plus de sources que de places libres et quel que soit le moment. Une rasade de fantasy ? D'innombrables scénarii attendent, si vous le souhaitez vraiment. Mais il fallait bien qu'un film du genre triomphe pour rouvrir la malle à billets.

L'évolution du genre semble donc constituée d'une série de marches branlantes, jalons posés par quelques réalisateurs plus inspirés ou courageux suivis d'une nuée de copies au sens larges qui vont explorer le nouveau domaine, quitte à le stériliser par leur inanité, parfois. L'élément le plus sensible et constant semble être la morale qui conditionne finement la structure des récits. Certains règles s'appliquent, et leurs variations pèsent sur l'ambiance profonde d'un film, quitte à en faire parfois trop dans l'audace assumée et hyper revendiquée. Après tout si on se permet depuis longtemps de faire des méchants adorables ou pardonnables ou simplement charismatiques, la part sombre du héros reste avant de l'ordre du cosmétique... le faux pas, l'écart, resteront bien délimités et annoncés, et mèneront à une leçon de vie qui nous sera assénée à nous spectateur.

Assiste-t-on donc à de véritables rédemptions ou chutes dans ce domaine ? On pourra objecter qu'un star wars présente ces thèmes mais le traitement en est plus attristant que réjouissant, la faute à de nombreux chois malheureux par ailleurs. Ce qu'il y a d'irritant dans le genre c'est que le résultat probable de chaque scène nous est le plus souvent clairement signifié, parfois longtemps à l'avance, le cas le plus probant étant celui des erreur tactiques ou stratégiques. L'attente et l'imprévisible ne sont plus que des feux follets évanescents, hors de portée de nos cerveaux que l'on espère à tort trop engourdis pour réellement savoir digérer ce qui fut vu par le passé et en extrapoler les conséquences sur le présent. Tout œuvre est remaniement, certes, mais le tissu peut en être grossier comme fin et diabolique et c'est ce qui manque au genre.

La peur donc, viendrait-elle encore et toujours démolir tout effort visant à embourber le spectateur dans ses sentiments dès qu'on lui promet du spectacle ? Les sentiments mitigés sont la crainte proverbiale, car on va au cinéma pour s'amuser et non s'attrister ou partir en colère. Colère pourtant contre les auteurs de certaines salades, on peut en ressentir, et se sentir perdu dans ce continent des esprits assoiffés d'histoires grandioses et profondes, rejetés sur les plages parfois arides des films plus modestes. Finalement, que la morale fut bafouée, et l'audience en sortirait brisée, perdant à pleines gorgées ce public supposé satisfait. Mais comment faire sentir à posteriori la déception quand l'audience montre le contraire ? Le bouche à oreille négatif reste une solution parfois dérisoire.

Essaye-t-on de promouvoir une quelconque forme de pensée dans un blockbuster ? C'est confondre le message et le miroir, miroir déformant certes puisque calibré, mais l'un peut-il renforcer l'autre, par un possible effet anesthesiant ?

J'ignore s'il en est ainsi de la plupart des écrivains mais imaginer ses aventures narrées en film est chez moi chose courante. Il me faut admettre à présent que je me les représente bien davantage sous la forme stylisée d'un film d'animation que dans la pompe grossière d'une adaptation gros budget. La faute à ces voix rocailleuses, à ces formules à l'emporte pièce dont le ridicule est perçu même par leurs producteurs. La simple poèsie d'une bande annonce sans paroles me tente bien plus.

Et pourtant, il est dur de résister à l'espoir de gravir une autre marche.
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