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 District 9

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Skay-39
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MessageSujet: District 9   Ven 8 Mai 2009 - 14:56





Vingt-huit ans plus tôt, un gigantesque vaisseau spatial est apparu en Afrique du Sud. à bord, des réfugiés malades et affamés. Depuis lors, ils vivent dans des ghettos à l'écart des Humains, avec lesquels ils entretiennent une relation houleuse.
C'est dans ce contexte qu'un fonctionnaire sans envergure est chargé d'organiser le déménagement forcé d'un camp à un autre...



Réalisateur : Neill Blomkamp
Producteur : Peter Jackson
Scénaristes : Neill Blomkamp & Terri Tatchell
Compositeur : Clinton Shorter
-
Nationalité : Néo-Zélandaise
Titre VF : District 9
Date de sortie : 14 août 2009
Budget : 30 millions de dollars
1 H 50 Min
Pas de classification par âge connue



William Allen Young - Dirk Michaels
Robert Hobbs - Ross Pienaar
Jason Cope - Christopher
Sharlto Copley - Wikus
Kenneth Nkosi - Thomas
David James - Koobus
Venessa Haywood - Tania





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ketheriel
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MessageSujet: District 9   Mer 26 Aoû 2009 - 9:39

Citation :
Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre...
Ces visiteurs d'au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire...
Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n'a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d'énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu'à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l'ADN extraterrestre.
La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s'occuper de leur transfert. L'un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l'homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu'une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien.
Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu'un seul endroit où se cacher : le District 9...
Source Allociné

Le film en lui même est vraiment une belle bouffée d'oxygène dans le monde de la SF. Cela faisait longtemps qu'il n'y avait pas eu un film dont le scénario n'avait rien à envier aux FX (ici magnifiques de réalismes). Personnellement c'est de loin le film de SF de l'année 2009 (et il va falloir qu'Avatar de Cameron montre autre chose que ce qu'on a vu pour espérer tenir la comparaison, même si à priori le sujet ne sera pas exactement le même)
Mais le plus mémorable c'est quand même la pub virale absolument géniale qui fait la promotion du film :








http://www.strimoo.com/video/16782106/DISTRICT-9-spot-de-campagne-MNU-2-vost-WatTv.html


Ps : Voici le court métrage qui a inspiré ce film

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Artheval_Pe
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MessageSujet: Re: District 9   Sam 5 Sep 2009 - 23:09

Critique dithyrambique de District 9 en Anglais (keth ne va pas aimer un des commentaires du début, mais c'est pas grave ^^) :



Bon, ne soyez pas trop excités, mais c'est plutôt bon signe.

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ketheriel
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MessageSujet: Re: District 9   Sam 5 Sep 2009 - 23:23

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Webkev
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MessageSujet: Re: District 9   Dim 6 Sep 2009 - 20:35

Eh bien ce film à l'air très intéressant, et prometteur!

Les critiques lui font la part belle, reste à voir ce qu'il donnera quand il sortira sur grand écran...
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Mat
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MessageSujet: Re: District 9   Jeu 17 Sep 2009 - 0:46

Putain de di**!
La vraie SF est de retour en force au cinoche, et en plus, loin de se contenter de torpiller sans le moindre mal les Transformers et autres Star Trek XI sur la question du fond (mais ça personne n'en a douté une seule seconde) , elle se paie le luxe de les battre à plate couture sur leur propre terrain, réel ou supposé, à savoir celui de l'action, du rythme, et donc du divertissement. (et là ça créer la surprise)

Je ne sais pas quelle pierre ils ont soulevé pour trouver ce fameux Neill Blomkamp (à peu près totalement inconnu au bataillon pour rappel) , mais il faut retourner voir s'il n'y a pas un nid! C'est de l'or, ce mec. Quant à Jackson, j'aime définitivement ce gars. Merci à lui d'avoir soutenu Neill pour qu'une telle réalisation soit possible. Si après les court-métarges Halo et ça, on ne leur donne pas enfin de quoi s'occuper du long-métrage Halo, c'est qu'il y a de sacrés Shep12 aux postes clé dans les majors!

Il y a tout, dans ce District 9. Des codes cinématographiques brisés (la super-soucoupe qui loupe Manhattan et la Maison Blanche... le héros qui est loin d'être beau comme un dieu et irréprochable comme une utopie sur pattes... ni happy end ni fin d'apocalypse car le film est réaliste, donc "gris" et imprévisible plutôt que "blanc" ou "noir" et prédestiné...) , des acteurs excellents pour des personnages réussis, un fond adulte et sérieux, une réalisation originale, des FX fabuleux (les visages alien sont d'un photoréalisme, vus de près... et puis cette expressivité! La relation Wikus/Cristopher, c'est quelque chose) , un rythme clair et appuyé qui bande vos muscles, de l'action digestible visuellement (loin de Transformers et Gamer) et qui, à la manière d'une War of the Worlds de Spielberg, ne laisse jamais oublier que la guerre et les armes, c'est avant tout la douleur et la mort de ceux qui y participent, à tort ou à raison, à bien ou à mal. Citons aussi une caméra qui ne se prive aucunement de montrer ce qu'il y a à montrer, même si c'est hard, mais sans en abuser gratuitement non plus.

J'écris tout ceci comme cela me sort, je sais que ça fait un peu bouillie et je m'en excuse. Mettons cela sur le compte de l'enthouasisme et d'un film à la fois fluide et dense.^^

Le background des aliens est correctement développé, et pour une fois, leur armement, c'est pas un unique flingue avec lequel il est impossible de viser, pour un fantassin balourd, sous-équipé et dépourvu de tout appui. Les "crevettes" ont une science de l'armement digne de leur science tout court, et ça se voit! Les Terriens feraient bien de prier pour que les Crevettes de la planète mère ne décident pas de débarquer ici en force!

Au rayon des invraisemblances, j'avoue ne pas comprendre pourquoi en 20 ans, les nations de la Terre n'ont toujours pas entièrement investi et démantelé l'arche déserte et inactive, afin de s'approprier les secrets de son antigravité, de sa propulsion, de son informatique, de sa métallurgie, de son hyperpropulsion... de même, je vois mal en en quel honneur le carburant d'un vaisseau spatial transformerait un Humain en alien. Autre facilité, j'accepte que tous les aliens comprennent l'anglais, mais que n'importe quel soldat pris au hasard comprenne instantanément leurs gargouillis à eux, par exemple... Mais District 9 est avant tout un film d'ambiance et de propos, pas un film à univers, donc, je pardonne (en plus, un bon scénariste pourrait répondre assez facilement à ces questions sans trop tirer de cheveux) . Cependant, si, dans une situation tout à fait hypothétique, District 9 s'agrandissait avec plusieurs films ou une série télé, c'est ce genre de détails qui ferait que j'aurais du mal à rentrer dans le bain, non pas en tant qu'ambiance mais en tant qu'univers. C'est un peu ce qui m'arrive avec Doctor Who (pas à propos de la langue, hein) .

De fait, en parlant d'ambiance... du début à la fin, on se croirait dans un reportage géopolitique de Canal +. Appartheid, Abou Ghraib, Black Water, gangs de la pauvreté et de la superstition, scandales politico-financiers et militaires... tout y passe. C'est avant tout notre monde qui est là, instantanément reconnaissable, et putain, c'est très moche. Je dirais même que c'est d'un réalisme incommodant, malsain, obscène.
Car oui, depuis le temps que je gueule pour un film à propos, voilà que maintenant j'en parle à peine, me direz-vous... et bien, c'est avant tout car ce propos, bien présent effectivement, est palpable, désarmant, criant de vérité. C'est tellement "ça" que ça se passe de commentaire. Mais il est bien possible qu'en 2060, District 9 soit étudié pour ce qu'il montre sans complaisance ni acharnement, simplement avec lucidité, réalisme et honnêteté, de nos années à cheval sur deux siècles.

Je reviens une minute sur l'action fluide et rythmée, la violence maîtrisée et le réalisme/dévelloppement des FX, que j'évoquais ci-dessus. En effet, je tiens à dire que les scènes d'action se déroulent dans un décor filmé, un truc avec de vraies voitures blindées, de la vraie bouillasse, et ça se sent! Franchement, j'avais rarement vu de la guerre science-fictionnelle à ce point photoréaliste depuis que l'ère du tout numérique a déboulé avec ses gros sabots trop lisses et trop nets. La subtilité des FX, leur harmonie les uns par rapport aux autres, et leur incrustation parfaite dans un décor tangible, le tout souligné par la réalisation à la mode film engagé de grand reporter, font qu'à mes yeux, District 9 et ses 30 millions de dollars de budget défoncent sans l'ombre d'un doute le trailer d'Avatar et ses 315 millions sur la question du photoréalisme des FX. (pourtant autoproclamé révolutionnaire et tout le tralala sur Avatar)
Et on reconnaît très facilement le style d'Halo Landfall, même s'il y a eu entretemps une progression fulgurante de la réalisation, sans parler des moyens qui ne sont bien sûr pas les mêmes. Blomkamp s'est déjà trouvé sa propre patte, cela ne fait aucun doute.

Je regrette un peu que la partie "reportage" du film ne fasse pas référence au côté "quotidien urbain", on ne voit pas d'alien confronté à l'un de ces fameux panneaux d'interdiction à l'entrée d'un centre commercial, par exemple. Et pourquoi la scène de l'interrogatoire est absente du film, de la version cinéma, du moins?
S'ils font un effort pour le DVD (court-métrage original, clips marketing intra-univers au contenu inédit...) , ça va être une tuerie!

Citation :
Personnellement c'est de loin le film de SF de l'année 2009
Non, c'est le film de SF des deux-trois dernières années au minimum, et il figure sans soucis dans un top 3 ou 5 de la SF cinématographique de la décennie.^^ Et ceux qui se souviennent de mes guerres virtuelles sur Fusion contre ceux qui mettent systématiquement entre 17 et 21 sur 20 au premier SF-blockbuster crétin venu (si bien qu'il était de notoriété publique que "je n'aime jamais aucun film de SF") , savent quel poids ont ces mots quand ils viennent de ma bouche...
Le temps de glisser que selon moi, on a des chances de tenir là un futur vrai film culte, un Blade Runner des années 2010, et voilà, ceci me tiendra lieu de conclusion béate.^^

PS : maintenant, oui, j'espère une suite. Pour savoir si Christopher reviendra, pour savoir si le nouveau Wikus va s'en sortir, pour voir ce monde davantage développé, et aussi parce qu'après que Blomkamp ait brillamment dressé le portrait d'une situation donnée, j'aimerais bien connaître les réponses qu'il suggère, à titre personnel, d'y appliquer.


Dernière édition par Mat Vador le Ven 18 Sep 2009 - 0:31, édité 4 fois
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EvilLoki
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MessageSujet: Re: District 9   Jeu 17 Sep 2009 - 1:26

Mat Vador a écrit:
Putain de di**!

Mat Vador a écrit:
c'est le film de SF des deux-trois dernières années au minimum, et il figure sans soucis dans un top 3 ou 5 de la SF cinématographique de la décennie

Pas mieux.

Et bien, après avoir attendu tout l'été pour voir ce film, je dois dire que ma patience a été récompensé au delà de toutes mes espérance.

En premier lieu, la forme est magnifique. La réalisation en prenant ce parti pris du docu-fiction est très bien pensée. Les décors sont d'une grande qualité et nous immerge parfaitement dans ce bidonville plus que sordide. Mais ce que je préfère avant tout c'est l'esthétisme de ces "Crevettes". Même si ce n'est pas le concept le plus original et fait un peu "humanoïde retravaillé", il y a un petit quelque chose qui les rend crédibles.

Le plus important maintenant, le fond. Le scénario est rondement mené et on ne s'ennuie pas une seule seconde (je l'ai même trouvé un peu trop court^^). Le thème de la transformation et de la quête de cet ADN alien par la MNU est également vraiment prenante. Wikus van der Merwe est l'antihéros parfait et même parfaitement détestable au début. On(je?) ne rêve que de le voir se faire violemment trucider par un des aliens au début (on sait que cela ne changera pas le système en place, mais en tant qu'incarnation de cette abomination, ça soulagerait). Il arrive cependant à attirer la sympathie une fois qu'il commence sa transformation. Bon, il s'agit plutôt de pitié pour ce qu'il endure et la façon dont il est traité mais quand même. On finit finalement par oublier ce petit employé totalement conditionné à détester ces aliens (il a dans la trentaine et connait donc l'existence des aliens depuis son plus jeune age et a donc certainement été élevé à la propagande MNU) expliquant en partie son côté "grand sourire en partant les expulser vers un camps de concentration". Donc définitivement, Wikus van der Merweest est un héros intéressant, originale est parfaitement interprété.

Il faut également remarquer que, et chose rare dans ce genre de film, le "héros" n'en est vraiment pas un. IL ne sauvera pas la race humaine ni la planète, il ne fera pas tomber la MNU pour ses agissements. Il demeure pendant une grande partie du film un trouillard uniquement animé par son désir de survivre et ne surtout pas ce transformer en une crevette car il ne se départira vraiment jamais de son rejets pour cette race. Sa réaction est bien sur assez normal et extrêmement crédible pour ce genre de personnage et cela change de ces héros à l'altruisme dégoulinant et au sourire parfait. Donc rien que pour tout ça, je rejoins parfaitement Ketheriel, ce film est une bouffée d'air frais. Bon certes, cela change un peu vers la fin. Cette évolution est cependant lente et la sorte d'amitié qu'il lie avec Christopher, ou plutôt une relative confiance réciproque, s'explique largement par la prise de conscience qu'il a sur ses propres actes et ceux de la MNU (qui je le rappelle sont particulièrement atroces).

En ce qui concerne la Mnu, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle se situe au niveau d'Umbrella Corporation. Cependant, au contraire de celle ci, on sait au moins qu'elle dispose d'un accord, ou tout du moins d'un laisser faire, tacite de la part des gouvernements mondiaux. Cela fait un peu : "on mets sous le tapis ce que l'on ne veut pas voir" et rappelle asez facilement ce qu'il peut se passer IRL. L'impact de ces atrocités sont quand même un peu moindre de par ce fait. Les gouvernements pourront toujours se cacher derrière cela pour justifier de leur non intervention ou de leur non connaissance des expériences du niveau -4. Cependant cette exaltation de la cupidité des hommes, ce "la fin justifie les moyens" est assez dérangeante de par sa pertinence. Des qu'il y a souffrance, misère et haine, c'est bizarre, mais il y a toujours un marché potentiel. Les nigérians incarnent cela parfaitement et même si il ne sont pas beaucoup plus enviables que leurs victimes, il y aura toujours des vautours pour profiter de ces états de faits.

La redéfinition assez élastique du racisme est également intéressante à voir. On le voit pendant un des reportages où un des sud-africains avouent que finalement il préfère les autres humains de tout bords, la seule chose qu'il demande c'est le départ des aliens. Tant qu'il y a quelque chose de plus différents, on oublie les racisme d'avant. Mais est-ce que cela est passager et dès qu'il n'y aura plus d'aliens, les racismes classique s recommenceront, ou est ce que l'Humanité retiendra la leçon? Question intéressante.

La race alien est également sympathique et on s'y attache. On voit qu'ils sont extrêmement intelligent (bon c'est sur puisqu'il ont construit ce vaisseaux). Ce ne sont en outre pas les "barbares" présentés dans les petits documents de la promo (et oui mon gars, ils les aiment leurs enfants). D'ailleurs le fiston de christopher est très mignon (et également très intelligent). On regrette cependant de ne pas en apprendre beaucoup plus sur leur exode, leur culture et le pourquoi de leur relative apathie face à ce qu'ils subissent.

Bon il y a quelques point noir ou zone d'ombre. Leur armement est un peu sur-réaliste (et encore un mécha) et je ne comprends comment le liquide noir peut à la fois être un carburant et un virus entrainant des mutations.

Cela dit on les oublie vite face à ce grand spectacle. La fin est également inattendue et surprenante et parachève tout cela. On est pas encore au niveau d'un chef d'oeuvre, mais il en est vraiment pas loin.
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Skay-39
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MessageSujet: Re: District 9   Dim 20 Sep 2009 - 0:28

A-Otch. Violent. Très violent, à plus d'un point de vue.

Violent dans les faits, de la manière la plus crue qui soit, avec des exécutions sommaires, des laboratoires cauchemardesques, des armes qui causent de véritables boucheries, des aliens au mode de vie déroutant, des affrontements violents et sans concession, des mutations sévères montrées de manière très médicale, des héros qui se comportent comme de véritables fils de tralk. Et violent dans le propos, à la fois choquant et obcène : "Voila, ça, c'est nous."
Et le pire dans tout ça, le meilleur, le plus habile et générateur d'amertume... C'est qu'il n'en dira rien. Pas une seule fois, dans tout ce fichu film, nous n'auront droit à une tirade poignante, à un regard lourd de sens, à une musique évocatrice, à un ralentit parlant. Pas une seule fois, le film ne suggèrera le moindre message moraliste. On nous montre tout cela, sans chef de société secrète ténébreux, sans que cet acharnement amoral décomplexé ne soit pointé du doigt, décrit comme autre chose que l'environnement logique auquel nous aurions dû nous attendre. Et il faut bien l'avouer... aucune invraisemblance là-dedans, aucune facilité, aucun cliché. Comme l'a dit Mat, c'est juste "ça". Les politiques qui se détournent des affamés et des persécutés, c'est ça. Les sans-défenses qui finissent exploités et broyés par la machine financière, dans l'indifférence générale, c'est ça. Ici, pas de conspiration du secret, pas de révélation finale à la population qui fera tomber l'empire du mal. Les caméras suivent les évènements en permanence, et les quelques intervenants qui critiquent la gestion du District 9 n'en rendent la chose que plus triste, car c'est un schéma terriblement familier. Parce que les gens qui regardent les infos pendant le diner s'en fichent, tout comme ils se fichent des dictatures, des génocides, des famines. Alors pour des créatures au faciès de crustacé, sans chef ni avenir...

Bien, tâchons d'entrer dans les détails...

Le personnage de Vykus Van der Merwe est profondément pathétique, de la façon la plus agaçante qui soit tout d'abord. Il y a vraiment quelque chose de pitoyable dans l'image de ce petit gars ringard et mal habillé qui est un peu trop enthousiaste à l'idée de passer à la télé, signe que c'est bien au-delà de toutes ses ambitions. Mec ! Ton boulot, c'est de cramer les fœtus des aliens, de les berner pour les faire agir contre leur intérêt et de les regarder se faire flinguer sommairement ! Alors arrête de sourire !

Et puis, peu à peu, cette image évolue. De petit fonctionnaire mesquin méprisable, Vikus devient un enfoiré pur jus, égoïste et sans classe. On ne peut guère lui reconnaitre qu'une chose : il a les tripes d'agir lorsque sa situation devient insoutenable, chose qui n'est pas si évidente.

Il y a vraiment un contraste saisissant entre la merveille de technologie meurtrière que sont les armes et mécas aliens, et le comportement de soulard simplet et agressif que présentent pas mal de membres de la population du District 9. En effet, ce n'est pas parce que ces êtres sont plus avancés scientifiquement qu'ils sont plus malins que nous (je ne dis pas qu'ici c'est le contraire, simplement, l'amalgame niveau technologie/érudition intellectuelle de l'usager est tentant). Ce n'est pas non plus pour cela qu'il n'auront pas leur classe ouvrière.
Il aurait en fait peut-être suffit d'un seul membre rompu aux relations diplomatiques - et peut-être un ou deux scientifiques - à bord du vaisseau pour que le destin des crevettes soit tout autre. Non pas que cela aurait pu inciter le MNU a de meilleurs sentiments, mais en se structurant, les crevettes auraient pu accumuler davantage d'influence, surtout considérant leur supériorité militaire et ce qu'ils ont à marchander.

La réalisation est vraiment formidable, dynamique et variée, bien équilibrée, criante de vérité. Il y a une sorte de virtuosité dans l'absence apparente de mise en scène de certains plans.

Le passage dans le niveau -4 est sans doute le pire de tous. a ce stade, j'en voulais presque au réalisateur... Je lui en voulais, parce que tout ceci était affreusement crédible. Tous ces êtres écorchés, découpés, testés, traités comme... et bien, comme nous traitons nos animaux de laboratoire, en fait. A ce stade, on ne peut que s'agripper à Vykus, et prier de tout coeur pour qu'il survive... Non pas parce qu'il est sympathique, non pas parce qu'il le mérite, mais tout simplement parce que ce qui lui arrive est trop cauchemardesque.

Je ne sais pas si c'est volontaire, ou si cela ne rend ainsi qu'en français, mais à la lecture de certains résumés j'avais parfois eut l'impression que des deux, Vikus était l'alien, et Christopher l'humain.

Sinon, dites-moi... Est-ce que c'est une impression, ou bien ce méca est vraiment efficace ? Je veux dire, il est rapide, maniable, résistant, multitâche, lourdement armé, et des armes pour le moins efficaces... Il peut courir, bondir, ramper, saisir des choses... J'ai l'impression que c'est la première machine du genre que je voie dont l'existence est justifiée. Un genre de fantassin, mais en plus redoutable sur tous les points...
Dans le même registre, les armes aliens m'ont initialement déçu, de par leur apparence : je les trouvais trop... je ne sais pas, elles semblaient balourdes, sans grâce. Mais c'est uniquement parce qu'elles ont été pensées comme un armement très étranger, et dont avant tout pratique, et non comme des œuvres d'art. Une fois ce choc culturel passé, j'en suis très rapidement devenu fan. Car ceux qui les emploient ne peuvent pas dire à leurs enfants "c'est juste pour se défendre"... Ce sont des armes qui tuent à tous les coups.

Au niveau de mes regrets, il y a effectivement le manque de scènes mettant en contact humains normaux et crevettes. Il n'y a guère que les militaires et les scientifiques qui soient confrontés à eux, et leurs réactions ne sont peut-être pas les plus représentatives de l'opinion publique - qui est mauvaise, sans doute, mais peut-être d'une manière différente... Quoique, maintenant que j'y pense, il y a bien eu les scènes d'émeutes du début.
Et ensuite, il y a comme l'a fait remarquer Mat Vador l'incohérence que représente ce vaisseau alien, abandonné dans les airs sans que quiconque ne s'y intéresse, alors qu'il semble fourmiller de technologies intéressantes.
J'aurais également bien aimé en savoir un peu plus sur la raison d'être de ces réfugiés. Nous entendons des théories à propos d'une épidémie, mais comment se fait-il que l'on en sache pas plus ? Les aliens eux-mêmes devaient bien connaitre la raison de leur présence sur ce vaisseau, non ?

Bref, ce District 9 est pour moi une vraie petite merveille, intelligent, habile et nerveux. Une vraie claque, à ne pas mettre devant les yeux de n'importe qui peut-être... Parce que le sang, les morts, les démembrements, on y est désormais habitué. Mais la vérité, ça pourrait être brutal...

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Dernière édition par Skay-39 le Lun 21 Sep 2009 - 0:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: District 9   Dim 20 Sep 2009 - 1:15

Et bien me voilà aussi, tout baigné de jus de crevette.

Et bien mon sentiment c'est une sorte de tendresse pour ce film. Il ne m'a pas laissé sous le choc, haletant ou quoi que ce soit. Il ne me marquera sans doute pas tant que ça -quoique. Mais merde on a envie de l'aimer. Parce que c'est de la SF qui met les pieds dans le plat et sait s'amuser à la fois, et que c'est bien rare de nos jours.

Bon inutile d'énumérer ce qui est bien ça a été amplement dit, le personnage central est juste génial dans ses aspects crédibles, cet aspect un peu bête et méchant et surtout très lâche... Mais il saura tourner sa veste, un peu à l'arrache mais quand même.
L'autre "star" c'est bébé crevette, un personnage qu'on penserait mineur au début mais pour qui au final on se fait le plus de soucis. Je pense que c'est son attitude tellement moins indolente que les autres ET qui joue beaucoup.

Côté visuel, rien à dire, tout est super bien intégré, j'avoue en avoir été surpris. Les images d'avatar aperçues dans une BA juste avant sonnaient bien faux de ce point de vue, même si je ne néglige pas l'influence du sujet (la crasse, on sait bien la rendre, mine de rien)

Alors quand je dis que le film sait "s'amuser" je parle de ces aspects potaches : répliques débiles de bureaucrates dans des moments inopportuns, petites scènes crades, armes aliens aux effets... très visuels. Plus quand même de longues longues scènes de fusillades et l'intervient d'un engin musclé. Le ton est donné : le sujet est grave mais on ne va pas être lourds. Par contre si j'ai trouvé ça amusant je suppose que ça peut constituer une barrière pour d'autres publics.

Mes deux seuls regrets, tiennent finalement au parti pris : les Aliens sont vraiment inactifs et on comprend mal la raison d'agir de ceux rencontré par le héros, ou plutôt leur timing et donc le commencement de ce bordel... d'autant que les Aliens et les hommes savent parler entre eux ! Et l'autre finalement au portrait quasiment qu'à charge envers nous-même... auquel certains adhèrent sans sourciller mais quand même un peu simpliste.

Quand à la fin ouverte, je ne lui reproche pas... les auteurs se réservent le droit de ne pas imposer leur conclusion, ce qui revient comme Mat l'a dit à ne pas expliciter de jugement. Comme je pratique ce genre de choses moi-même, je ne peux qu'approuver.
Donc, voilà j'ai une grande tendresse pour les crevettes Wink
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MessageSujet: Re: District 9   Dim 20 Sep 2009 - 1:52

Citation :
les Aliens sont vraiment inactifs et on comprend mal la raison d'agir de ceux rencontré par le héros
Les aliens ici ne sont qu'un simple reflet des grands camps de réfugiés africains (ou d'autres d'ailleurs). Ce parti pris que tu évoques n'est en définitive qu'un mirroir de ce qui existe encore à l'heure actuelle.

Citation :
Et l'autre finalement au portrait quasiment qu'à charge envers nous-même... auquel certains adhèrent sans sourciller mais quand même un peu simpliste.
Pas si simpliste puisque l'auteur ne fait que transposer en alien ce que notre histoire (le XX eme siècle suffit) montre de l'humanité. Il y a réellement des transpositions carrément réalistes (il suffit de remplacer aliens par un type d'humain) comme par exemple le coup de la bouffe pour chat ou le coup du MNU qui est simplement la mise d'un nom sur des organisations qui ont réellement existé sous d'autres formes. C'est là le pire, ce film montre sous couvert de SF en à peine un condensé ce que l'homme a osé faire à ses propres congénères...et c'est ça le plus dérangeant. Et en plus là on pourrait avancer que sur ce point, le film est assez soft.
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MessageSujet: Re: District 9   Dim 20 Sep 2009 - 11:14

J'ai effectivement reconnu le parallèle. Ce qui n'empêche pas qu'il s'agisse d'un parti pris, tant la présence d'extraterrestre aurait pu susciter tant d'autres réactions (très possiblement contradictoires) de notre part.

Pour enfoncer le clou, puisque la communication est établie on aurait pu imaginer davantage de crevettes intégrées de ci de là, ne serait-ce que dans d'autres institutions plus recommandables que la MNU. Idem, les gangs, ayant à disposition des Alien assez bêbêtes avec des grosses armes n'ont bien entendu cherché à amasser ces dernières sans les utiliser au lieu disons d'intégrer quelques crevettes. De même, le gros vaisseau qui devrait grouiller de scientifiques est laissé à l'abandon depuis l'exode.

Du coup le postulat de départ est vraiment orienté sur l'aspect "problème" humanitaire, c'est aussi l'originalité du film et je ne lui reproche pas. Mais il illustre quelque part aussi volontairement le concept de gabégie : tout le monde agit vraiment de manière stupide et/ou cruelle : gangers, le héros lorsqu'il décide de partir seul avec le gamin, la MNU, bien entendu. Et généralement l'attitude humaine qui évoque un gros gâchis.
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MessageSujet: Re: District 9   Dim 20 Sep 2009 - 11:33

Citation :
J'ai effectivement reconnu le parallèle. Ce qui n'empêche pas qu'il s'agisse d'un parti pris, tant la présence d'extraterrestre aurait pu susciter tant d'autres réactions (très possiblement contradictoires) de notre part.

Pour enfoncer le clou, puisque la communication est établie on aurait pu imaginer davantage de crevettes intégrées de ci de là, ne serait-ce que dans d'autres institutions plus recommandables que la MNU. Idem, les gangs, ayant à disposition des Alien assez bêbêtes avec des grosses armes n'ont bien entendu cherché à amasser ces dernières sans les utiliser au lieu disons d'intégrer quelques crevettes. De même, le gros vaisseau qui devrait grouiller de scientifiques est laissé à l'abandon depuis l'exode.

Du coup le postulat de départ est vraiment orienté sur l'aspect "problème" humanitaire, c'est aussi l'originalité du film et je ne lui reproche pas. Mais il illustre quelque part aussi volontairement le concept de gabégie : tout le monde agit vraiment de manière stupide et/ou cruelle : gangers, le héros lorsqu'il décide de partir seul avec le gamin, la MNU, bien entendu. Et généralement l'attitude humaine qui évoque un gros gâchis.

Sauf que là tu fais un peu ta fanfiction en explicitant les supposés possibilités qu'auraient pu avoir la présence Alien...Malheureusement ça rendrait le film clairement moins vraisemblable voir pas du tout.
Quand je dis que c'est une transposition c'est que l'auteur a pris notre histoire purement humaine et a apposé à la place d'un groupe humain, les aliens en y intégrant la notion élargie d'appartenance graduée.
Il n'a pas fait de psychologie de comptoir sur les possibles réactions fantasmées de l'humanité mais a pris tel quel ce qui a existé et existe toujours malheureusement. Le postulat du film c'est simplement de montrer l'humanité pour ce qu'elle est réellement en s'appuyant sur des faits existant et non pas la version fantasmée de celle-ci avec la version "occidentalisante" bien rose bonbon avec une toute petite pointe de gris où l'on nous dépeint les hommes tirant plus vers le "blanc gris" que le "gris-noir".
Si l'auteur avait voulu s'appuyer sur autre chose que la réalité, nous ne serions plus du tout avec le même film bien ancré dans le réel mais dans une toute autre oeuvre dont le sujet aurait été totalement différent.
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Phenix Noir
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MessageSujet: Re: District 9   Dim 20 Sep 2009 - 12:06

Il y a quantités d'actes innommables commis un peu partout, l'Afrique n'en manque guère. C'est une réalité. On trouve des exploiteurs, des marchands de misères, des tueurs prêt à tout pour un avantage parfois dérisoire. Le film souhaite montrer cette réalité là - avec au passage un clin d'oeil très appuyé aux pratiques crédules de quantités d'Africains. Je dis juste qu'il ne montre que ce versant, en signalant brièvement en arrière plan les initiatives tout aussi crédibles de militants (manifestations, et révélations des manoeuvres par le collègue du héros)

Reste que le "désintérêt" pour le sujet m'a semblé frappant. Puisque la moindre météorite est disséquée longuement pour débattre des roches martiennes, que des ethnologues étudient inlassablement divers peuplades menacées, le relatif "abandon" de cet espace est étrange. Qu'on parle d'une population parquée, maltraitée, exploitée mais aussi finalement pas si fréquentable, soit, ça s'est vu et ça risque de se voir encore. Quand elle a une technologie monstrueuse et par sa nature même constitue le "graal" d'une bonne partie de la science, c'est étrange de ne voir que le premier volet. Et je ne vois pas ce que ça à voir avec ma vision gris blanc de la vie. Quand on parle d'aujourd'hui on parle d'un monde où sauver les apparences a quand même pris une grande grande importance.

Je ne reproche pas au film de dépeindre les choses comme il le fait, je signale que c'est le parti pris des auteurs, j'ai même dit que c'était aussi une de ses forces. Si maintenant on me demande d'applaudir dès qu'on fait un portrait de nous au vitriol, je préfère avoir ma propre opinion sur ce sujet.
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MessageSujet: Re: District 9   Dim 20 Sep 2009 - 12:56

Citation :
Si maintenant on me demande d'applaudir dès qu'on fait un portrait de nous au vitriol, je préfère avoir ma propre opinion sur ce sujet.
Qui te demande ça ? Personne jusqu'à preuve du contraire. De plus le simple terme vitriol ici est totalement hors de propos puisque ce film n'est qu'une transposition...depuis quand dépeindre la réalité existante est faire un portrait au vitriol ? Ici nous ne sommes pas dans l'exagération justement.

Citation :
Reste que le "désintérêt" pour le sujet m'a semblé frappant. Puisque la moindre météorite est disséquée longuement pour débattre des roches martiennes, que des ethnologues étudient inlassablement divers peuplades menacées, le relatif "abandon" de cet espace est étrange
Etrange seulement si le spectateur oublie que le film se passe quasi 30 ans après l'arrivée alien. Et tu confirmes que tu as une vision un peu édulcoré de l'humanité (c'est bien, c'est ce qui fait qu'il y a un peu d'espoir dans ce monde^^). Les ethnologues et assimilés ne sont qu'une poignée. Si on totalise 50 000 chercheurs dans le monde sur ce type de sujet c'est un miracle. De même que les défenseurs des causes de groupes ethniques sont très peu nombreux dans les faits (et tout cela passe à la trappe dès que les instances politiques haussent un peu le ton pour des soi disant intérêts supérieurs). Là tu trouves frappant qu'un phénomène hyper-marginal passe inaperçu ou presque dans le film (pas totalement inaperçu vu les pubs virales et les clips de manifestations pro non-humains)... De même l'exemple des roches martiennes est à remettre en perspective, celles-ci sont très récentes mais entends-tu parler des roches lunaires ? Non (1 article ou 2 en 10 ans dans des revues spécialisées c'est tout).
Tant qu'une chose est inhabituelle et récente, tu peux arguer que l'intérêt pour celle-ci la mettra sur le devant de la scène. Mais là on parle d'individus qui sont devenus des réfugiés comme les autres. Ils font partis du décor. Après 28 ans, cela est devenu truc commun, d'ailleurs une génération entière a toujours connu ces aliens comme faisant partis du monde. Ce ne sont pas des peuplades au fin fond de la jungle amazonienne totalement coupé du reste du monde mais des individus qui vivent aux portes d'une grande métropole dans un camp. D'ailleurs ce passage est très bien montré, on passe de l'engouement de l'humanité pour ces aliens à leur arrivée (et même avec des principes officiels de l'humanisme) à un total ou presque désintérêt de la majorité presque 30 ans plus tard où ces aliens ne sont plus que l'équivalent d'une communauté de réfugiés.
Citation :

Quand elle a une technologie monstrueuse et par sa nature même constitue le "graal" d'une bonne partie de la science, c'est étrange de ne voir que le premier volet.
Cela fait presque 30 ans qu'ils étudient cette technologie. La période de l'impression du "graal" est dépassée depuis longtemps. Les humains en 30 ans se sont montrés incapables de reproduire celle-ci, ce qui est logique d'ailleurs et ce n'est pas en collaborant avec les aliens qu'ils réussiront à la reproduire. (tout est une question de technologies des infrastructures que le monde ne possèdera que dans bien longtemps et c'est d'ailleurs pour cela que le héros n'est pas "soignable" directement sur Terre).

EDIT:
Citation :
Il s'agit de 20 ans., si je me souviens bien de ce qui est dit dans le film.
Le Trailer officiel du film dit : "They came here 28 years ago" (sur le site officiel d-9.com)


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MessageSujet: Re: District 9   Dim 20 Sep 2009 - 14:23

Il s'agit de 20 ans., si je me souviens bien de ce qui est dit dans le film. (EDIT, 28 il semble)

Alors certes on n'est plus dans l'actualité. S'il s'agissait d'une crise humanitaire, ça me semblerait même tout à fait plausible. Sauf que d'un point de vue sociologique, scientifique et sans doute politique l'évènement est potentiellement d'un autre ordre de magnitude... : quelques points

Entre étudier de petits fragments de roches et un vaisseau extraterrestre entier il y a une marge. 20 ans n'y suffiraient pas...
Ce sont sans doute des réfugiés, sans doute "décevants". Mais qu'aucun groupe non hostile ne soit en contacta avec eux, il y a une marge. C'est davantage qu'une pure histoire de spécialiste "ethnologue"
Enfin, ces êtres ont un armement disproportionné. Que des théories sur leur inaction soient posées, certes, le fait qu'une éventuelle vengeance ne soit évoquée que sur la fin est tout de même une attitude vraiment imprudente.

Finalement le film montre une mainmise presque totale d'un organisme obscur, et l'absence de soutien total de la communauté au dessus. Une strate bureaucratique est certes présentées mais dès le coup d'envoi, le dessous des cartes est révélé. Ce n'était pas forcément nécessaire, et des interlocuteur plus légalistes quoi que probablement impuissants auraient pu être montrés.
Donc finalement, on traite les réactions à un évènement extraordinaire comme une "crise" historique. Tu peux considérer que c'est donc très réaliste, voire la réalité -sic- il reste que c'est un choix narratif : les séquences du début sous forme de reportage visent cet objectif, avec un ensemble de séquences servant à montrer la banalité du sujet. Je considère à titre personnel que c'est un choix. Rarement présenté, et potentiellement "réjouissant" à voir abordé, évidemment.


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Mat
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MessageSujet: Re: District 9   Dim 20 Sep 2009 - 21:27

EvilLoki a écrit:
Même si ce n'est pas le concept le plus original et fait un peu "humanoïde retravaillé", il y a un petit quelque chose qui les rend crédibles.
Ben ils font vraiment extraterrestres, je trouve. En mettant à part le remake Star Trek pour différentes raisons, je ne me souviens même pas de la dernière fois que c'est arrivé... The war of the worlds, peut-être.

EvilLoki a écrit:
Wikus van der Merwe est l'antihéros parfait et même parfaitement détestable au début. On(je?) ne rêve que de le voir se faire violemment trucider par un des aliens au début (on sait que cela ne changera pas le système en place, mais en tant qu'incarnation de cette abomination, ça soulagerait).
J'aimerais bien savoir dans quelle disposition mentale est Wikus au début. Suit-il la masse avec une pointe de malaise qu'il n'arrive pas à identifier ou qu'il se refuse à identifier? Ou n'en a-t-il vraiment rien à foutre, des horreurs commises?
Personnellement, certains petits éléments dans la première partie me laissent plutôt suggérer l'option numéro une...
Quoi qu'il en soit, il me semble raisonnable d'écarter directement l'hypothèse selon laquelle il y prendrait un quelconque plaisir.

EvilLoki a écrit:
et ne surtout pas ce transformer en une crevette car il ne se départira vraiment jamais de son rejets pour cette race.
Oui enfin, je pense que c'est normal d'être attaché "viscéralement" à son corps de naissance en tant que corps de son espèce... les Crevettes pourraient être les plus grandes alliées et amies de l'Humanité, ça reste un physique extrêmement laid au sens "érotique" du terme, pour un Humain. (alors que la fiction montre parfois des aliens pas trop Humain d'aspect mais au physique pourtant susceptible de plaire aux Humains)
D'ailleurs, à la fin du film, il doit parfois se passer de drôles de choses dans le cerveau de Wikus-alien. Sa physiologie nouvelle, et la chimie cérébrale qui en résulte, doivent s'opposer à sa plasticité cérébrale héritée de son corps Humain, sur la question de la sexualité des Crevettes pour ne pas la nommer. Comme Wikus reste attaché au souvenir de sa femme Humaine, il doit refouler la phase ultime de sa mutation, à savoir la conversion mentale. Si jamais celle-ci est possible, sinon je suppose que la folie ou la dépression sont inévitables.

EvilLoki a écrit:
Bon certes, cela change un peu vers la fin. Cette évolution est cependant lente et la sorte d'amitié qu'il lie avec Christopher, ou plutôt une relative confiance réciproque,
Il se passe quand même quelque chose quand Wikus ordonne à Cristopher de partir avec le petit, et que celui-ci promet spontanément de revenir.

EvilLoki a écrit:
s'explique largement par la prise de conscience qu'il a sur ses propres actes et ceux de la MNU (qui je le rappelle sont particulièrement atroces).

En ce qui concerne la Mnu, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle se situe au niveau d'Umbrella Corporation. Cependant, au contraire de celle ci, on sait au moins qu'elle dispose d'un accord, ou tout du moins d'un laisser faire, tacite de la part des gouvernements mondiaux. Cela fait un peu : "on mets sous le tapis ce que l'on ne veut pas voir" et rappelle asez facilement ce qu'il peut se passer IRL.
Cela me rappelle vraiment les crimes commis en toute impunité par Black Water en Irak, et relatés à demi-mots, sans suite.

EvilLoki a écrit:
La redéfinition assez élastique du racisme est également intéressante à voir. On le voit pendant un des reportages où un des sud-africains avouent que finalement il préfère les autres humains de tout bords, la seule chose qu'il demande c'est le départ des aliens. Tant qu'il y a quelque chose de plus différents, on oublie les racisme d'avant. Mais est-ce que cela est passager et dès qu'il n'y aura plus d'aliens, les racismes classique s recommenceront, ou est ce que l'Humanité retiendra la leçon? Question intéressante.
Très intéressant, en effet. Je pense qu'en l'absence des Crevettes à partir d'un moment donné, dans une société aux grosses inégalités sociales, économiques, ethniques... le protectionnisme classique reviendra effectivement à la première occasion. (mon exemple peut sembler étrange, mais prenons par exemple certains gros fans de Stargate : ils ont beau être totalement immergés dans un univers cosmopolite à échelle galactique, qui les passionnent, ils semblent loin de relativiser puisqu'ils continuent de tenir, aussi bien au cours de débats intra que extra-univers SG, des propos américanophobes, des propos quasi néocolonialistes... comme quoi...)
En revanche, si un contact officiel continu et tangible est établi avec la planète des Crevettes, (en supposant qu'ils ne possèdent qu'un seul monde) et que de là la connaissance de l'univers s'étend, il est possible que cette "relativisation internationale" perdure sous l'action du sentiment perpétué de petitesse Humaine.

EvilLoki a écrit:
Ce ne sont en outre pas les "barbares" présentés dans les petits documents de la promo (et oui mon gars, ils les aiment leurs enfants).
Ceci dit, rien n'empêche que l'empathie des Crevettes pour leurs petits ne survienne pas avant un certain stade de développement intellectuel de ces derniers. Après tout, selon mon ancien prof d'SES, il fut une époque où les gens (Terriens^^) de la classe populaire Européenne s'attachaient moins à leurs nombreux enfants en bas âge, puisque de toute façon ils en perdraient inévitablement la moitié ou plus encore.
Après, c'est clair que ça remet quand même entre guillemets l'allégation selon laquelle pour eux, brûler une voiture est juste divertissant (en dehors du facteur de désoeuvrement social et moral qui est le même pour les laissés pour compte classiques -Humains- ) .

EvilLoki a écrit:
Leur armement est un peu sur-réaliste (et encore un mécha)
Comme Skay le disait, celui-ci a l'air très fonctionnel, et dévolu à une tâche de fantassin d'assaut amélioré plutôt qu'à un rôle lourd subalterne (Donc, un +, rien qu'un +) . Ajoutant à cela sa sophistication bien supérieure à celle que nous pouvons concevoir pour un équivalent Humain, ce mécha-ci ne me pose pas de problème.
Franchement, quand on voit tout ce que fait et tout ce à quoi résiste (sans champ de force!) un unique exemplaire vétuste, conçu il y a vingt-huit ans au mieux, peut-être 50 au pire, et piloté par un fonctionnaire Terrien halluciné, j'ai tendance à croire qu'en cas de guerre urbaine, avec 20 Crevettes militaires de profession, maniant 20 versions récentes et parfaitement entretenues de ces méchas, ça jarcterait les GI et les légionnaires du terrain assez gentiment.

EvilLoki a écrit:
On est pas encore au niveau d'un chef d'oeuvre, mais il en est vraiment pas loin.
En quoi? Les invraisemblances?

Skay-39 a écrit:
C'est qu'il n'en dira rien. Pas une seule fois, dans tout ce fichu film, nous n'auront droit à une tirade poignante, à un regard lourd de sens, à une musique évocatrice, à un ralentit parlant. Pas une seule fois, . On nous montre tout cela, sans chef de société secrète ténébreux, sans que cet acharnement amoral décomplexé ne soit pointé du doigt, décrit comme autre chose que l'environnement logique auquel nous aurions dû nous attendre. Et il faut bien l'avouer... aucune invraisemblance là-dedans, aucune facilité, aucun cliché. Comme l'a dit Mat, c'est juste "ça". Les politiques qui se détournent des affamés et des persécutés, c'est ça. Les sans-défenses qui finissent exploités et broyés par la machine financière, dans l'indifférence générale, c'est ça. Ici, pas de conspiration du secret, pas de révélation finale à la population qui fera tomber l'empire du mal.
Bien dit^^

Skay-39 a écrit:
et les quelques intervenants qui critiquent la gestion du District 9 n'en rendent la chose que plus triste, car c'est un schéma terriblement familier
ça rappelle un peu ces experts que l'on découvre de temps en temps au zapping de Canal +, peu de temps après une catastrophe financière, sociale, géopolitique, écologique... et qui avaient expliqué par A + B, plusieurs mois ou années auparavant, pourquoi et comment on allait droit dans le mur, clairvoyance massivement ignorée et contournée. Il est vrai que cela ajoute au sentiment de désarmement que District 9 fait ressentir.

Skay-39 a écrit:
Parce que les gens qui regardent les infos pendant le diner s'en fichent, tout comme ils se fichent des dictatures, des génocides, des famines. Alors pour des créatures au faciès de crustacé, sans chef ni avenir...
Actuellement oui, mais lors de l'arrivée, c'était sans doute l'inverse. Les Crevettes ont très certainement servi de paravent médiatique (genre Ingrid Betancourt et trip sur la grippe H1bidule) à l'époque, pour couvrir les autres scandales humanitaires et/ou moraux du même bois, qui auraient fait tâche.

Skay-39 a écrit:
Et puis, peu à peu, cette image évolue. De petit fonctionnaire mesquin méprisable, Vikus devient un enfoiré pur jus, égoïste et sans classe.
Certes mais tu semble oublier le plus important, la fin. Dés lors qu'il est pris en chasse, Wikus semble réaliser à vitesse grand V, comme une sorte d'anti-illumination, la vérité sur son monde et sur ses propres actes, même si dans le feu de l'action il fait encore certaines choses terribles. S'il était tel que tu le décrit jusqu'à la fin, il écraserait Cristopher avec le mécha pour passer devant, au lieu de se décider à l'aider au péril de ce qu'il reste de sa vie et sans contrepartie réellement possible (ce dernier fait étant au clair dans son esprit) .

Skay-39 a écrit:
Ce n'est pas non plus pour cela qu'il n'auront pas leur classe ouvrière.
warrior

Skay-39 a écrit:
Il aurait en fait peut-être suffit d'un seul membre rompu aux relations diplomatiques - et peut-être un ou deux scientifiques - à bord du vaisseau pour que le destin des crevettes soit tout autre. Non pas que cela aurait pu inciter le MNU a de meilleurs sentiments, mais en se structurant, les crevettes auraient pu accumuler davantage d'influence, surtout considérant leur supériorité militaire et ce qu'ils ont à marchander.
La question est, le MNU aurait-il été plus diplomatique (plus hypocrite) face à une force organisée? Est-ce la faiblesse, la passivité des Crevettes qui les a convaincu d'aller jusque là? Se seraient-ils abstenu dans une autre situation? Ou le MNU n'avait-il pour vocation véritable et unique, depuis le début, que l'exploitation scientifique, industrielle, financière, quelle que soit la situation?
Si c'est cela, ce que tu décris n'aurait eu comme objectif final que de transformer le District, voire la ville entière, en zone de siège.

Ceci dit, c'est vrai que c'est troublant : à voir ce que Cristopher construit presque seul, avec des bouts de ficelle, j'ai du mal à croire qu'ils n'aient pas pu réparer leur vaisseau mère uniquement à cause de l'absence de chefs. Mais bon, pas un film à univers, je sais.

Phenix Noir a écrit:
Il ne me marquera sans doute pas tant que ça -quoique
Heu, oui, quoique... ^^
Il peut ne pas marquer les esprits du consommateur de base, (pas une ligne de critique sur Fusion jusqu'ici, Star Trek XI et Transformers 2 avaient leurs topics entiers bien sûr) mais je pense qu'en plus de rentrer dans ses frais, il marquera vraiment les amateurs. Et après tout, les bons films y survivent bien, d'être ignorés de la masse pop-corn. (sans vouloir paraître élitiste)

Phenix Noir a écrit:
Le ton est donné : le sujet est grave mais on ne va pas être lourds.
J'ai rien à redire là-dessus, mais comme je trouve cela pertinent, je quote^^

Pour ce qui est de la discussion entre Phénix et Keth, je comprend ce que Phénix veut dire à la base :
Phenix Noir a écrit:
Mes deux seuls regrets, tiennent finalement au parti pris : les Aliens sont vraiment inactifs et on comprend mal la raison d'agir de ceux rencontré par le héros, ou plutôt leur timing et donc le commencement de ce bordel... d'autant que les Aliens et les hommes savent parler entre eux ! Et l'autre finalement au portrait quasiment qu'à charge envers nous-même... auquel certains adhèrent sans sourciller mais quand même un peu simpliste.
Ce qui concerne le manque de vraisemblance "mécanique" de certains faits peut correspondre à un défaut du film. Certains le trouveront peut-être épuré ainsi, pour ma part je pense qu'on aurait touché au sublime si le film avait été un film à ambiance, à propos ET à univers, en même temps. L'équilibre parfait, l'harmonie absolue, une synthèse très difficile à établir dans les proportions idéales. De fait, District 9 n'est pas trop, je radote, une oeuvre à univers.
Partant de là, si j'adhère sans trop sourciller à ces invraisemblances et sans sourciller du tout à ces choix d'éléments "choc" sur lesquels nous sommes focalisés, c'est parce que d'une certaine manière, faire autrement serait "hors-sujet", il s'agirait d'une autre oeuvre. Jackson (producteur) , Blomkamp (réalisateur) et Tatchell (scénariste) ne voulaient pas créer un monde précis, détaillé, chronologique, cohérent, "encyclopédique", à la B5. Ce monde en soi n'est qu'un prétexte à sens unique, une scène de théâtre. à partir du moment où le propos du film, au centre et au sommet du long-métrage, veut être "attention! Regardez ce que nous nous sommes faits, ce que nous nous faisons, ce que nous risquons de nous faire encore, regardez dans quoi nous baignons" , il m'apparaît normal que le film se focalise sur les éléments de son univers qui vont dans le sens de la démonstration voulue, en laissant an arrière-plan, en décor même, d'autres choses comme les militants pour les droits de l'alien. J'irais même jusqu'à dire que cela n'aurait peut-être rien à faire sous ces projecteurs-ci. Cela ne signifie pas que ces éléments mis de côté n'existent pas dans l'espace hors-caméra de la fiction.

Ceci dit je le répète, si le film avait mieux soigné son aspect "contexte" dans sa vraisemblance et dans son évolution, je l'en aurais loué. Il y a plein de choses branlantes qui font que si on me présentait ces événements comme des faits réels, j'aurais du mal à y croire. Au fond, c'est un peu l'équivalent d'un conte. Moderne et noir, pour adultes même, mais on retrouve la forme un peu fragile où des choses peut-être un peu invraisemblables semblent s'être déroulées d'elles-mêmes, afin que planter rapidement le décor souhaité soit possible.

Citation :
avec au passage un clin d'oeil très appuyé aux pratiques crédules de quantités d'Africains
Oui, d'ailleurs quelques malins accuseront sans doute le film de racisme latent, mais il suffit de s'être un peu renseigné sur le sort fréquent des albinos dans certaines régions du continent pour se convaincre du contraire.

Citation :
Cela fait presque 30 ans qu'ils étudient cette technologie. La période de l'impression du "graal" est dépassée depuis longtemps. Les humains en 30 ans se sont montrés incapables de reproduire celle-ci, ce qui est logique d'ailleurs et ce n'est pas en collaborant avec les aliens qu'ils réussiront à la reproduire.
Cependant, je continue d'estimer étrange que le vaisseau n'ait pas été entièrement désossé, même en vain.^^

Sinon, il me semble que c'est bien 28 ans^^
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MessageSujet: Re: District 9   Lun 21 Sep 2009 - 20:05

Si je n'avais pas vu ce topic, si je n'avais pas vu les éloges que vous en faisiez, j'aurais surement passé mon chemin sans me soucier une seule seconde de ce film. Une chose est sure, j'ai bien fait de jeter un oeil ici!
Je ne peux pas le comparer ni à Transformer, ni à Star Trek XI que je n'ai pas vu, mais je peux reconnaître que District 9 fait fort, et il le fait bien. On prend une bonne dose d'extraterrestre insectoïdes, que l'on mélange à une humanité dont ceux qui la constitue qui s'en trouvent dépourvu pour la plupart. On parsème une mutation d'un agent d'une multi-nationale qui n'oeuvre que pour le bien de ses dirigeants, on agite pendant une heure quarante en soupoudrant d'effets spéciaux et de scènes d'actions bien tournées, et on obtient un très très bon film que celui-ci. Voilà, c'est un peu ça que je ressens... Le réalisateur a réussi à mêler correctement les différentes composantes d'un bon film de SF, en incorporant tous les ingrédients à bonne dose, ni trop, ni trop peu. Juste ce qu'il faut pour se dire que nom de di** c'est que ca pourrait être vrai!
Je ne vais pas commenter plus en détail, je suis loin d'être un cinéphile averti. Mais bon sang qu'est ce que je suis content d'avoir vu ce film!
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MessageSujet: Re: District 9   Mar 22 Sep 2009 - 19:11

Mat Vador a écrit:
EvilLoki a écrit:
Même si ce n'est pas le concept le plus original et fait un peu "humanoïde retravaillé", il y a un petit quelque chose qui les rend crédibles.
Ben ils font vraiment extraterrestres, je trouve. En mettant à part le remake Star Trek pour différentes raisons, je ne me souviens même pas de la dernière fois que c'est arrivé... The war of the worlds, peut-être.


C'est pourquoi je les trouve très crédible en tant qu'aliens et notamment au niveau de leur tête (les FX jouent beaucoup sur ce point) mais j'ai trouvé leur corps un peu moins original.

Mat Vador a écrit:

EvilLoki a écrit:
Wikus van der Merwe est l'antihéros parfait et même parfaitement détestable au début. On(je?) ne rêve que de le voir se faire violemment trucider par un des aliens au début (on sait que cela ne changera pas le système en place, mais en tant qu'incarnation de cette abomination, ça soulagerait).
J'aimerais bien savoir dans quelle disposition mentale est Wikus au début. Suit-il la masse avec une pointe de malaise qu'il n'arrive pas à identifier ou qu'il se refuse à identifier? Ou n'en a-t-il vraiment rien à foutre, des horreurs commises?
Personnellement, certains petits éléments dans la première partie me laissent plutôt suggérer l'option numéro une...
Quoi qu'il en soit, il me semble raisonnable d'écarter directement l'hypothèse selon laquelle il y prendrait un quelconque plaisir.

Cela semble en effet évident, Wikus n'est pas un tortionnaire qui prend plaisir à son travail. En ce qui concerne ses dispositions mentales au début, c'est assez flou. Cela dit, il ne faut pas oublier qu'il a vécu quasiment toute sa vie avec les Crevettes. Il semble donc totalement imprégné de la propagande du MNU. A partir de là, je pense personnellement qu'il partage largement l'opinion générale de dégout de la population et qu'il considère son trabvail comme nécessaire. Il n'en a pas rien à foutre des Crevettes, il obéit aux ordres, c'est tout. Il n'est au final rien de plus qu'un pion dans ce système et il ne s'en rend pas compte, persuadé de la "mission" qui lui incombe. Le Wikus du départ n'est au final rien d'autre que l'équivalent d'un petit fonctionnaire nazi travaillant avec un peu de zèle dans un camps de concentration sans être véritablement raciste (quand aurait-il été si la génération élevée par les HitlerJugend avait eut le temps de grandir pour prendre ces postes là?).

Mat Vador a écrit:
Personnellement, certains petits éléments dans la première partie me laissent plutôt suggérer l'option numéro une...

Il semble quand même persuadé du bien fondé de sa "mission" et peu d'élément montre ce trouble interne. Ce n'est qu'une fois sur le terrain qu'il se rend compte de la réalité (et encore, il aura fallu pour cela qu'il se retrouve sur le billard. Il ne se rebelle que face à la disqueuse lorsque celle ci se trouve à quelques centimètre de son thorax).

Mat Vador a écrit:

EvilLoki a écrit:
et ne surtout pas ce transformer en une crevette car il ne se départira vraiment jamais de son rejets pour cette race.
Oui enfin, je pense que c'est normal d'être attaché "viscéralement" à son corps de naissance en tant que corps de son espèce... les Crevettes pourraient être les plus grandes alliées et amies de l'Humanité, ça reste un physique extrêmement laid au sens "érotique" du terme, pour un Humain. (alors que la fiction montre parfois des aliens pas trop Humain d'aspect mais au physique pourtant susceptible de plaire aux Humains)
D'ailleurs, à la fin du film, il doit parfois se passer de drôles de choses dans le cerveau de Wikus-alien. Sa physiologie nouvelle, et la chimie cérébrale qui en résulte, doivent s'opposer à sa plasticité cérébrale héritée de son corps Humain, sur la question de la sexualité des Crevettes pour ne pas la nommer. Comme Wikus reste attaché au souvenir de sa femme Humaine, il doit refouler la phase ultime de sa mutation, à savoir la conversion mentale. Si jamais celle-ci est possible, sinon je suppose que la folie ou la dépression sont inévitables.

Ce thème pourrait être intéressant dans le cadre d'un second opus. La transformation mentale de Wikus n'est pas effective pendant le film, mais je ne vois pas pourquoi cela ne serait pas le stade finale de sa transformation. Après, quelles en seraient les conséquences, difficile de le dire mais on peut imaginer qu'une fois le retour de Christopher il pourrait refuser de se soigner et rester une Crevette. Il pourrait également sombrer dans la folie... . En ce qui concerne l'attachement viscérale à son corps, je le trouve bien sur normale, mais je voulais souligner la phase de dégout de Wikus au début de sa mutation. Cet élément est on ne peut plus intéressant (cela ne semble pas être le cas dans Avatar par exemple).

Mat Vador a écrit:

EvilLoki a écrit:
Bon certes, cela change un peu vers la fin. Cette évolution est cependant lente et la sorte d'amitié qu'il lie avec Christopher, ou plutôt une relative confiance réciproque,
Il se passe quand même quelque chose quand Wikus ordonne à Cristopher de partir avec le petit, et que celui-ci promet spontanément de revenir.

Et encore une fois cette relation est un des plus du film. Elle n'est pas un stéréotype du genre. D'ailleurs, plus que la scène où Wikus laisse Christopher partir qui est révélatrice de cette confiance, c'est lorsqu'il revient le chercher alors qu'il allait se faire exécuter. Jusque là, ce n'est pas une véritable confiance, mais plutôt une entraide imposée par les évènements.

[quote="Mat Vador"]
EvilLoki a écrit:

EvilLoki a écrit:
La redéfinition assez élastique du racisme est également intéressante à voir. On le voit pendant un des reportages où un des sud-africains avouent que finalement il préfère les autres humains de tout bords, la seule chose qu'il demande c'est le départ des aliens. Tant qu'il y a quelque chose de plus différents, on oublie les racisme d'avant. Mais est-ce que cela est passager et dès qu'il n'y aura plus d'aliens, les racismes classique s recommenceront, ou est ce que l'Humanité retiendra la leçon? Question intéressante.
Très intéressant, en effet. Je pense qu'en l'absence des Crevettes à partir d'un moment donné, dans une société aux grosses inégalités sociales, économiques, ethniques... le protectionnisme classique reviendra effectivement à la première occasion. (mon exemple peut sembler étrange, mais prenons par exemple certains gros fans de Stargate : ils ont beau être totalement immergés dans un univers cosmopolite à échelle galactique, qui les passionnent, ils semblent loin de relativiser puisqu'ils continuent de tenir, aussi bien au cours de débats intra que extra-univers SG, des propos américanophobes, des propos quasi néocolonialistes... comme quoi...)
En revanche, si un contact officiel continu et tangible est établi avec la planète des Crevettes, (en supposant qu'ils ne possèdent qu'un seul monde) et que de là la connaissance de l'univers s'étend, il est possible que cette "relativisation internationale" perdure sous l'action du sentiment perpétué de petitesse Humaine.

Encore un thème possible pour un deuxième film. Il est sur qu'un départ définitif des Crevettes n'aurait pas d'impact à long terme sur le racisme classique. Mais un séjour plus long, avec augmentation rapide de la population des Crevettes et leur possible intégration dans la société serait peut être décisif. Encore qu'un contact officiel avec les autorité de la planète mère aurait plus de poids. La question est également de savoir si la position dominante ou non de l'espèce humaine par rapport aux aliens à une conséquence pour cela. En position dominante (comme dans le film) et une fois l'effet de surprise passé, je pense que l'on en reviendrai rapidement aux schéma antérieur. D'un autre côté, si les Crevettes débarquent en force en nous exterminant pour ce que l'on a fait, il semble plus probable que l'unité se renforcerait. On en revient au débat sur la création de la Nation. Pour que deviennent effective dans l'esprit des gens l'idée de Nation et d'appartenance collective à un ensemble plus grand il faut soit la guerre, soit l'éducation (dans le meilleurs des cas les deux). L'éducation étant très lente et s'opposant à de nombreux freins, une bonne guerre pourrait régler cela. Un ennemi commun unit très fortement des populations extrèmement diverses.

Mat Vador a écrit:

EvilLoki a écrit:
Ce ne sont en outre pas les "barbares" présentés dans les petits documents de la promo (et oui mon gars, ils les aiment leurs enfants).
Ceci dit, rien n'empêche que l'empathie des Crevettes pour leurs petits ne survienne pas avant un certain stade de développement intellectuel de ces derniers. Après tout, selon mon ancien prof d'SES, il fut une époque où les gens (Terriens^^) de la classe populaire Européenne s'attachaient moins à leurs nombreux enfants en bas âge, puisque de toute façon ils en perdraient inévitablement la moitié ou plus encore.

Bien sur, mais c'était en réaction à un des mini reportage entourant la promotion du film. Ce travail de diabolisation des "autres" est un outil tellement utilisé pour stigmatiser certaines populations "barbares" que c'est toujours marrant (d'en un sens très ironique) de voir à quel point ces allégations officielles sont souvent loin de la réalité. Marrant, mais surtout révélateur d'une façon de penser immorale et très présente IRL.

Mat Vador a écrit:

EvilLoki a écrit:
Leur armement est un peu sur-réaliste (et encore un mécha)
Comme Skay le disait, celui-ci a l'air très fonctionnel, et dévolu à une tâche de fantassin d'assaut amélioré plutôt qu'à un rôle lourd subalterne (Donc, un +, rien qu'un +) . Ajoutant à cela sa sophistication bien supérieure à celle que nous pouvons concevoir pour un équivalent Humain, ce mécha-ci ne me pose pas de problème.
Franchement, quand on voit tout ce que fait et tout ce à quoi résiste (sans champ de force!) un unique exemplaire vétuste, conçu il y a vingt-huit ans au mieux, peut-être 50 au pire, et piloté par un fonctionnaire Terrien halluciné, j'ai tendance à croire qu'en cas de guerre urbaine, avec 20 Crevettes militaires de profession, maniant 20 versions récentes et parfaitement entretenues de ces méchas, ça jarcterait les GI et les légionnaires du terrain assez gentiment.

En ce qui concerne les armes, je fait surtout allusion à celle projetant une sorte d'éclair transformant en "pluie humaine". Elle est cool certes, mais je la trouve un poil too much. A moins qu'il existe un procédé l'expliquant genre micro-onde concentrées ou autre. Ketheriel, Webkev ou Rufus si vous aviez une idée sur ce point.
En ce qui concerne le mécha, je l'adore c'est sur. Il change des autres et semble on ne peut plus efficace (il faut vraiment pas que la planète mère des Crevettes veuille se venger par ce qu'on est mort). D'ailleurs, plus qu'un mécha, cette armure me fait plus penser à un exosquelette ultime.

Mat Vador a écrit:
j'ai tendance à croire qu'en cas de guerre urbaine, avec 20 Crevettes militaires de profession, maniant 20 versions récentes et parfaitement entretenues de ces méchas, ça jarcterait les GI et les légionnaires du terrain assez gentiment.

Je les vois facilement tenir à 1 contre 100. Et vu la puissance de feu dont il dispose, ce serait une vrai boucherie de notre côté.

Mat Vador a écrit:

EvilLoki a écrit:
On est pas encore au niveau d'un chef d'oeuvre, mais il en est vraiment pas loin.
En quoi? Les invraisemblances?

En effet, et aussi, pour te paraphraser, parce que c'est juste un film-ambiance. Il manque beaucoup du côté background pour véritablement s'attacher à cet univers.
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Parnassus
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MessageSujet: Re: District 9   Mar 22 Sep 2009 - 22:53

Je suis déçu. On m'a vendu un chef d'œuvre or je ne suis pas d'accord.

Techniquement, il est très bien, rien à redire. Mais je suis vraiment le seul à penser qu'il enfonce des portes grandes ouvertes? Les parallèles traitement des aliens/racisme sont omniprésents et répétitifs. On nous rabâche la même chose pendant une heure, et pour couronner le tout, on situe l'action en Afrique du Sud (au cas où on aurait pas compris le propos).

C'est bien de vouloir dire quelque chose d'intelligent mais d'une ce thème n'est pas nouveau, de deux il n'est pas très subtilement traité. J'ai vraiment l'impression que les critiques se sont excités sur pas grand chose parce que ça fait longtemps qu'ils n'ont rien eu à se mettre sous la dent.

Engels a dit un jour: "Le niveau d'une œuvre d'art est d'autant plus haut que l'idée que cette œuvre exprime est plus profondément dissimulée."

Je suis d'accord.
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MessageSujet: Re: District 9   Mar 22 Sep 2009 - 23:28

Citation :
Il change des autres et semble on ne peut plus efficace (il faut vraiment pas que la planète mère des Crevettes veuille se venger par ce qu'on est mort).
Ce n'est pas vraiment l'optique du film, du moins du côté alien qui nous est montré. A la base ces aliens même si réfugiés n'avaient pas de volonté belliqueuse, ils n'ont apparemment pas eu cette ambition alors que bon un vaisseau spatial de la taille dune mégapole en lévitation pendant 28 ans alors qu'il est privé de sa source d'énergie principale pour ces voyages interstellaires...et vu leur armes cela aurait été un sinécure.
Citation :

on situe l'action en Afrique du Sud (au cas où on aurait pas compris le propos).
L'auteur est sud africain né à Johannesburg....et son court métrage "Alive in Joburg"qui est la base de ce film se déroule aussi dans cette ville (il avait fait avec la seule métropole qu'il pouvait filmer). Il est un peu normal que l'auteur se soit imprégné de son environnement immédiat. De plus là bas ce n'est pas si commun surtout lorsqu'on sait qu'au Nigeria par exemple District 9 a été interdit de salles...

Citation :
C'est bien de vouloir dire quelque chose d'intelligent mais d'une ce thème n'est pas nouveau, de deux il n'est pas très subtilement traité
J'attends un exemple de film dont le thème fut novateur à sa sortie et qui fut traité subtilement pour expliquer cette remarque.
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MessageSujet: Re: District 9   Mar 22 Sep 2009 - 23:40

Citation :
L'auteur est sud africain né à Johannesburg....et son court métrage "Alive in Joburg"qui est la base de ce film se déroule aussi dans cette ville (il avait fait avec la seule métropole qu'il pouvait filmer). Il est un peu normal que l'auteur se soit imprégné de son environnement immédiat.
D'accord mais c'est l'effet inverse. La simple localisation suffisait, les redites du film sont un peu lourdes.

Citation :
J'attends un exemple de film dont le thème fut novateur à sa sortie et qui fut traité subtilement pour expliquer cette remarque.
On doit forcément rester dans la science-fiction? Concernant l'innovation thématique c'est en effet assez rare, mais concernant la manière d'exprimer les idées ça l'est moins.

Des films qui peuvent satisfaire les deux ou une de ces qualités: The Fountain, Big Fish, The Nightmare Before Christmas, Fear and Loathing in Las Vegas, Tideland, Incassable, American Beauty, Eternal Sunshine of the Sptoless Mind, Le Labyrinthe de Pan.

Je ne demande pas forcément que ça soit novateur, mais si ça ne l'est pas, au moins que ça évite les gros sabots. Après, j'ai aimé le film, j'ai passé un bon moment, mais je ne comprends pas cet engouement que j'estime démesuré.
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MessageSujet: Re: District 9   Mer 23 Sep 2009 - 1:33

Citation :
Des films qui peuvent satisfaire les deux ou une de ces qualités: The Fountain, Big Fish, The Nightmare Before Christmas, Fear and Loathing in Las Vegas, Tideland, Incassable, American Beauty, Eternal Sunshine of the Sptoless Mind, Le Labyrinthe de Pan.
Pas un seul que tu cites n'aborde de thème novateur. Ces films abordent des thèmes maintes fois traités (d'ailleurs leurs relatives jeunesses auraient dû te mettre la puce à l'oreille). Aucun film n'aborde réellement de thème novateur même les dit "premiers du genre", il suffit de regarder quelques années auparavant pour toujours trouver les thèmes en question.

Idem pour la façon dont ces thèmes sont traités. Je prends l'exemple du premier The Fountain qui aborde la vie au sens large et plus spécifiquement l'acceptation de la mort de façon pas plus subtile que district 9 aborde la discrimination peut être même encore moins. Ce schéma thématique apparait très clairement au delà de la mosaïque visuel et pseudo scénique.

Il y a une règle à la base de toute oeuvre que l'on voit, hormis celles très très anciennes (et même là c'est à discuter), il n'y a aucun thème novateur abordé, seulement des thématiques remises au goût du jour. C'est un postulat qui se vérifie très très facilement. Après qu'il y ait des thèmes plus ou moins bien traités oui mais pour la discrimination difficile (pas impossible) de faire plus subtile en terme de SF pure.
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MessageSujet: Re: District 9   Mer 23 Sep 2009 - 7:58

J'en étais sûr.^^

The Fountain aborde le rapport à la vie et à la mort dans une optique plus ou moins orientale de la chose, alors même si ça n'est pas le premier du genre, c'en est un des quelques uns et sa structure est exceptionnelle. Et me sortir que c'est moins subtil que District 9 je trouve ça un peu balèze. Je connais des gens qui n'ont rien compris à The Fountain. Or pour ne rien comprendre à D9, faut le faire.

Bien sûr qu'on peut "classer" tous ces films sous un thème général déjà connu mais ça reste approximatif. Alors d'accord si on a envie d'être lexicalement irréprochable, remplace mon "novateur" par "frais". Le racisme est une corde un peu usée ces derniers temps. Je ne dis pas qu'il ne faut pas en parler, je dis juste que je préfère quand c'est moins gros.
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MessageSujet: Re: District 9   Mer 23 Sep 2009 - 13:16

Webkev a écrit:
Si je n'avais pas vu ce topic, si je n'avais pas vu les éloges que vous en faisiez, j'aurais surement passé mon chemin sans me soucier une seule seconde de ce film.
Comment ça se fait? Je veux dire, problème de médiatisation? Infos pas accrocheuses? Inversement, de quel genre de film de SF en approche vas-tu te soucier?

EvilLoki a écrit:
C'est pourquoi je les trouve très crédible en tant qu'aliens et notamment au niveau de leur tête (les FX jouent beaucoup sur ce point) mais j'ai trouvé leur corps un peu moins original.
N'oublions pas tout de même que notre imagination assemble ce qu'elle connaît et qu'il est très difficile d'en sortir. (Avatar présente le stéréotype même pas modifié de l'alien physiquement agréable, District 9 le pendant physiquement désagréable)
Si l'on avait pas eu une structure corporelle humanoïde (bien croisée avec la sauterelle tout de même) , on aurait probablement eu un truc dans le genre limace ou arachnide. Personnellement, je trouve que ça quitte le domaine du cliché pour friser celui de la mascotte.^^

EvilLoki a écrit:
Le Wikus du départ n'est au final rien d'autre que l'équivalent d'un petit fonctionnaire nazi travaillant avec un peu de zèle dans un camps de concentration sans être véritablement raciste
à mon avis ceux-là étaient des employés des chemins de fer et des administrations, plutôt que des gens directement localisés dans les camps (parce que là il faut en vouloir...) . Précisément, tu le dis toi-même, c'est en passant de l'univers du bureau à celui du terrain que Wikus déchante pour la première fois. Le parallèle n'est donc pas si applicable, pour moi.^^

EvilLoki a écrit:
Il semble quand même persuadé du bien fondé de sa "mission" et peu d'élément montre ce trouble interne. Ce n'est qu'une fois sur le terrain qu'il se rend compte de la réalité
C'est ce que je voulais dire. L'attitude des mercenaires du MNU, depuis les premiers crimes à coup de gâchette facile, jusqu'à l'éviction de Wikus du terrain sous le prétexte bidon de sa blessure (sous-entendu pour flinguer de l'alien sans avoir le petit crétin procédurier dans les pattes) , dérange ce dernier, qui essaye quand même de tempérer, que ce soit par malaise éthique ou par conditionnement relatif au règlement officiel.

EvilLoki a écrit:
mais je ne vois pas pourquoi cela ne serait pas le stade finale de sa transformation.
Pour un animal, la question ne se poserait peut-être pas, mais la personnalité, les représentations mentales, "l'essence Humaine" de Wikus sont, pour autant que je le sache, inscrits dans sa structure neuronale, synaptique. Il serait naturel que ce "mode psychique" cherche à se protéger et fasse autant que possible obstacle à la mutation mentale, non?

EvilLoki a écrit:
mais je voulais souligner la phase de dégout de Wikus au début de sa mutation. Cet élément est on ne peut plus intéressant (cela ne semble pas être le cas dans Avatar par exemple).
C'est assez évident, honnêtement. Moi aussi, anthropomorphiquement parlant et pensant, je préfère me transformer en homme-chat elfique bleu "sexy" et que les femelles de ma nouvelle espèce soient comme cela plutôt que de virer en calamar géant grisâtre qui n'a même pas de cordes vocales compatibles, une structure insectoïde et pas de visage au sens Humain du terme.
De plus, la situation est fondamentalement différente : en plus que l'un se transforme en fantasme sur pattes et l'autre en cauchemar ambulant (selon les représentations physiques Humaines) , l'un sait que son corps originel lui-même est agressé et pourrait disparaître définitivement, si du moins ses anciens amis ne le vivisectionnent pas d'ici là. L'autre sait que son corps réel est bien au frais, intact, en attendant son retour, car le retour est bien prévu, et en plus avec l'aide et non l'opposition de la corporation. Psychologiquement, c'est le jour et la nuit.

EvilLoki a écrit:
D'un autre côté, si les Crevettes débarquent en force en nous exterminant pour ce que l'on a fait [...] il faut vraiment pas que la planète mère des Crevettes veuille se venger par ce qu'on est mort
Rappelons-nous tout de même que nos Crevettes sont des exilées. Peut-être que celles de la métropole voulaient exterminer les nôtres parce qu'elles étaient grises au lieu d'être rouges ou je ne sais quoi. La situation dans laquelle sont volontairement venus se mettre les aliens du District 9 oblige à considérer l'hypothèse que le sentiment de la planète-mère à leur égard aille peut-être de l'indifférence à la haine aveugle.

EvilLoki a écrit:
Pour que deviennent effective dans l'esprit des gens l'idée de Nation et d'appartenance collective à un ensemble plus grand il faut soit la guerre, soit l'éducation (dans le meilleurs des cas les deux).
Dans le meilleur des cas juste l'éducation, oserais-je dire mrgreen clin d'oeil

EvilLoki a écrit:
Elle est cool certes, mais je la trouve un poil too much.
Tant que personne dans le scénario ne débarque avec un techoblabla que quiconque un peu formé à la question dans le public sait ne pas tenir la route, je considère que la SF ne doit pas s'en priver.^^ Il suffit de ne pas chercher à expliquer selon des concepts Terriens de 2009 des phénomènes ou des technologies absentes de notre planète et sensés avoir des siècles de marge sur nous. ça se produit, on ne sait pas comment, fin de l'histoire. aarf à la Farscape, ou même à la B5...

EvilLoki a écrit:
D'ailleurs, plus qu'un mécha, cette armure me fait plus penser à un exosquelette ultime.
En effet, c'est un peu ce que moi et Skay-39 voulions dire par super-extension du fantassin, je suppose.

EvilLoki a écrit:
parce que c'est juste un film-ambiance. Il manque beaucoup du côté background pour véritablement s'attacher à cet univers.
Je pense hélas que c'est la réalité, mais bon... ça faisait tellement longtemps que la SF de ce genre ne tapait que dans le divertissement plus ou moins teenager et plus ou moins crétin, que l'effet contraste en est déjà plus que saisissant. aarf

Ketheriel a écrit:
Ce n'est pas vraiment l'optique du film, du moins du côté alien qui nous est montré. A la base ces aliens même si réfugiés n'avaient pas de volonté belliqueuse, ils n'ont apparemment pas eu cette ambition alors que bon un vaisseau spatial de la taille dune mégapole en lévitation pendant 28 ans alors qu'il est privé de sa source d'énergie principale pour ces voyages interstellaires...et vu leur armes cela aurait été un sinécure.
D'un point de vue plus "intra-scénario" que "extra", on peut supposer que leur apparente mentalité de ruche (de nature culturelle et non génétique, Cristopher et son fils en sont les preuves vivantes) les a amené à rester amorphes dès que leurs chefs ont périclité.

@ Parnassus : je vois ce que tu veux dire, mais effectivement je ne partage pas à 100% ton appréciation et celle de Mr. Engels. Certes, certains films de SF ne font pas de leur propos quelque chose d'explicite, et cela leur réussit bien. Je pense notamment aux films de monstre sacré : Alien, Predator, The Thing, The Fly, Hellraiser, Terminator...
(avec le risque d'être davantage exposé à des spectateurs ne pensant qu'au premier degré pour conclure rapidement que ce ne sont que des films à divertissement sans qu'il faille chercher plus loin, même si l'on sera probablement d'accord toi et moi pour dire que jamais l'oeuvre ne doit se niveler par le bas au nom d'une partie du public, fusse-t-elle majoritaire)

Toutefois, un Starship Troopers, qui fait d'emblée de sa thématique une bannière voyante et criarde, est à mon sens significativement mieux foutu qu'un Total Recall, où le propos demeure pourtant voilé un certain temps avant de devenir un peu plus évident à chaque rebondissement.

Ce que j'essaye de dire, c'est que je ne crois pas à titre personnel qu'il existe des voies balisées et à sens unique pour aller vers la réussite d'une oeuvre. Ce qui fait la force du carnaval Starship Troopers, c'est son second degré acerbe, sa décadence tragicomique entre burlesque et indécence. Bon, et bien, moi, en ce qui concerne District 9 :
Parnassus a écrit:
Mais je suis vraiment le seul à penser qu'il enfonce des portes grandes ouvertes? Les parallèles traitement des aliens/racisme sont omniprésents et répétitifs. On nous rabâche la même chose pendant une heure, et pour couronner le tout, on situe l'action en Afrique du Sud (au cas où on aurait pas compris le propos).
C'est précisément ce que j'aime chez lui, pour le coup. Ce côté bulldozer emballé qui enfonce la porte ouverte, le mur qui va avec, et les quelques étages du dessus en même temps. Pour moi, il fait exprès de bien appuyer ouvertement et caricaturalement là où ça fait mal, comme une sorte d'expiation là-encore, une sorte de "tu as bien vu de quoi je parle connard, ça y est, c'est sûr?" qui est comme un cri du coeur, des tripes, et qui laisse bien entendre comment, dans l'esprit d'un Sud-Africain progressiste, on se moque parfois bien du monde, en haut lieu, depuis la fin officielle de l'apartheid. (en ce moment-même en Afrique du Sud, les locataires Noirs se font dégager manu militari des quartiers proches du futur centre olympique...) et ça fait du bien par où ça passe, ça fait du bien là où ça fait mal dirais-je même. Ce n'est vraisemblablement pas pour rien que le film a été interdit de salle au Nigeria, à croire que l'explicite sert plus à la diffusion populaire d'un message que le trop implicite.

Au fond, ce n'est pas si différent de nos scalpeurs de nazi made in Tarantino: le simple speech nous informe (nous prévient?) sans détour du caractère fantasmatique et exhibitionniste, aussi jouissif que coupable, de la démonstration.

Parnassus a écrit:
C'est bien de vouloir dire quelque chose d'intelligent mais d'une ce thème n'est pas nouveau, de deux il n'est pas très subtilement traité.
Je me suis exprimé sur la question de la subtilité, et en ce qui concerne la nouveauté j'avoue qu'à mes yeux, c'est tout à fait de l'ordre de l'illusion. Même les premiers films de l'histoire du cinéma venaient en partie de l'océan littéraire préexistant.

J'ajouterais juste que pour moi, District 9 est un film subtil. C'est son propos qui ne l'est pas dans la forme. Mais le film lui-même, je l'estime subtil et pour expliciter je vais re-citer mon confrère :

Skay-39 a écrit:
A-Otch. Violent. Très violent, à plus d'un point de vue.

Violent dans les faits, de la manière la plus crue qui soit, avec des exécutions sommaires, des laboratoires cauchemardesques, des armes qui causent de véritables boucheries, des aliens au mode de vie déroutant, des affrontements violents et sans concession, des mutations sévères montrées de manière très médicale, des héros qui se comportent comme de véritables fils de tralk. Et violent dans le propos, à la fois choquant et obcène : "Voila, ça, c'est nous."
Et le pire dans tout ça, le meilleur, le plus habile et générateur d'amertume... C'est qu'il n'en dira rien. Pas une seule fois, dans tout ce fichu film, nous n'auront droit à une tirade poignante, à un regard lourd de sens, à une musique évocatrice, à un ralentit parlant. Pas une seule fois, le film ne suggèrera le moindre message moraliste. On nous montre tout cela, sans chef de société secrète ténébreux, sans que cet acharnement amoral décomplexé ne soit pointé du doigt, décrit comme autre chose que l'environnement logique auquel nous aurions dû nous attendre. Et il faut bien l'avouer... aucune invraisemblance là-dedans, aucune facilité, aucun cliché. Comme l'a dit Mat, c'est juste "ça". Les politiques qui se détournent des affamés et des persécutés, c'est ça. Les sans-défenses qui finissent exploités et broyés par la machine financière, dans l'indifférence générale, c'est ça. Ici, pas de conspiration du secret, pas de révélation finale à la population qui fera tomber l'empire du mal. Les caméras suivent les évènements en permanence, et les quelques intervenants qui critiquent la gestion du District 9 n'en rendent la chose que plus triste, car c'est un schéma terriblement familier. Parce que les gens qui regardent les infos pendant le diner s'en fichent, tout comme ils se fichent des dictatures, des génocides, des famines. Alors pour des créatures au faciès de crustacé, sans chef ni avenir...

Il y a juste une chose que j'aimerais comprendre, Parnassus. En quoi estime-tu que l'on t'a vendu autre chose que ce qu'était réellement le produit? (puisque si je suis ton raisonnement, qu'on t'ai vendu un chef d'oeuvre induit qu'on t'a vendu un film au propos subtil) Je veux dire, depuis le tout premier synopsis qui nous a été donné (des réfugiés alien persécutés en Afrique du Sud... on peut difficilement faire plus transparent que ça) jusqu'à la campagne promo (les affiches "interdit aux non-Humains" à tout propos) , sans compter carrément tout un court-métrage préexistant qui était disponible, le moins qu'on puisse dire c'est qu'on savait à quoi s'attendre depuis la source. Même si j'admet que la campagne de pub était axée sur un quotidien urbain plutôt absent d'un film finalement bien plus axé sur un aspect "favelas en guerre", mais cela ne change pas grand chose à l'idée.

Dans la mesure où tu guettais un thème/propos moins évident, je ne parviens pas à visualiser dans quelle sorte de surprise a pu se nicher ta déception...

Parnassus a écrit:
Or pour ne rien comprendre à D9, faut le faire.
ça c'est fort vrai mais au fond, quelle importance, dés lors que le propos mérite d'être entendu? Je veux dire, quelle motivation à vouloir généraliser cette dite "subtilité" (juste au sens de symbolisme et de discrétion/cryptage puisque, je le rappelle, pour moi D9 est subtil) hormis pour elle-même? L'élitisme, voire l'inaccessibilité, est-ce là un but en soi? Pour ma part, je pense que jamais l'oeuvre ne doit se brider pour le public, toutefois, en faire quatre tonnes exprès et systématiquement dans le but en soi de larguer tout le monde, c'est très différent et ça peut mener à des aberrations tel que Dante 01, de sinistre mémoire (bon là j'avoue que mon exemple est facile, vu que Dante 01 n'a jamais eu aucun propos réel caché sous son symbolisme "style") .

Pour moi, la subtilité du symbolisme caché, c'est un jeu autant que de l'art et de la pensée, en SF comme ailleurs (Blade Runner, Alien...) . Mais très souvent, elle ne permet pas d'en dire autant ni aussi précisément qu'un film au propos plus explicite, et je ne vois pas pourquoi cette option de la discrétion devrait s'appliquer à tous les cas de figure si "l'objectif intellectuel" du film se veut plus concret à la base. Ces deux modes ont leur façon d'être qui s'adaptent plus ou moins bien à tel ou tel film selon le fond et la forme de ce dernier, et je n'y instaure pas d'échelle de valeur.

Parnassus a écrit:
Je ne dis pas qu'il ne faut pas en parler, je dis juste que je préfère quand c'est moins gros.
Inglorious Basterds en parle beaucoup et, putain que c'est gros^^
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EvilLoki
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MessageSujet: Re: District 9   Mer 23 Sep 2009 - 19:29

Mat Vador a écrit:

EvilLoki a écrit:
Le Wikus du départ n'est au final rien d'autre que l'équivalent d'un petit fonctionnaire nazi travaillant avec un peu de zèle dans un camps de concentration sans être véritablement raciste
à mon avis ceux-là étaient des employés des chemins de fer et des administrations, plutôt que des gens directement localisés dans les camps (parce que là il faut en vouloir...) . Précisément, tu le dis toi-même, c'est en passant de l'univers du bureau à celui du terrain que Wikus déchante pour la première fois. Le parallèle n'est donc pas si applicable, pour moi.^^

Si on veut, cela dit, Wikus est quand même très proche du terrain et sait forcément ce qu'il s'y passe. Mais effectivement, au jeu des comparaison il serait plus un des agents des chemins de fer (mais dans ce cas, se serait celui qui gère le terminus)

Mat Vador a écrit:


EvilLoki a écrit:
Il semble quand même persuadé du bien fondé de sa "mission" et peu d'élément montre ce trouble interne. Ce n'est qu'une fois sur le terrain qu'il se rend compte de la réalité
C'est ce que je voulais dire. L'attitude des mercenaires du MNU, depuis les premiers crimes à coup de gâchette facile, jusqu'à l'éviction de Wikus du terrain sous le prétexte bidon de sa blessure (sous-entendu pour flinguer de l'alien sans avoir le petit crétin procédurier dans les pattes) , dérange ce dernier, qui essaye quand même de tempérer, que ce soit par malaise éthique ou par conditionnement relatif au règlement officiel.

L'attitude de Wikus pendnat le début du film est quand même assez difficile à cerner et dépend je pense de la vision que l'on a de lui. Si on est un peu optimiste et que l'on veut lui conférer une certaine moralité alors on va considérer qu'il ressent ce "malaise éthique". Dans l'autre sens, et c'est ma vision du personnage, c'est juste du respect du règlement. Il a l'air d'avoir une vision très mécanique de son boulot (ce serait compter des boites que ce serait pareil). Ce début de malaise semble commencer plus tard (surtout lors de la visite du niveau -4 et face à la réaction de Christopher).

Mat Vador a écrit:

EvilLoki a écrit:
mais je ne vois pas pourquoi cela ne serait pas le stade finale de sa transformation.
Pour un animal, la question ne se poserait peut-être pas, mais la personnalité, les représentations mentales, "l'essence Humaine" de Wikus sont, pour autant que je le sache, inscrits dans sa structure neuronale, synaptique. Il serait naturel que ce "mode psychique" cherche à se protéger et fasse autant que possible obstacle à la mutation mentale, non?

Difficile à dire sans une suite. Cela dit, je pense aussi qu'il serait naturel qu'il conserve beaucoup d'éléments mentaux de sa vie terrienne. Les souvenirs ne seront pas effacés, pas plus que les connaissances acquises et les schèmes et habitus engendrés par sa socialisation primaire. Mais il y aura en même temps une conversion de la chimie et de la structure de son cerveau. Ces deux "forces" devraient bien évidemment entrer en conflit à un moment donné. Après, à savoir si cette protection mentale de son moi antérieur céderait au bout d'un moment ou non, je n'en sais rien. Rien ne dit qu'à terme, sa structure mental ne soit pas totalement effacé et remplacé par un cerveau 100% crevette. Mais la dernière image d'un Wikus crevette sculptant une fleur pour sa femme laisse penser le contraire.

Mat Vador a écrit:

EvilLoki a écrit:
mais je voulais souligner la phase de dégout de Wikus au début de sa mutation. Cet élément est on ne peut plus intéressant (cela ne semble pas être le cas dans Avatar par exemple).
C'est assez évident, honnêtement. Moi aussi, anthropomorphiquement parlant et pensant, je préfère me transformer en homme-chat elfique bleu "sexy" et que les femelles de ma nouvelle espèce soient comme cela plutôt que de virer en calamar géant grisâtre qui n'a même pas de cordes vocales compatibles, une structure insectoïde et pas de visage au sens Humain du terme.
De plus, la situation est fondamentalement différente : en plus que l'un se transforme en fantasme sur pattes et l'autre en cauchemar ambulant (selon les représentations physiques Humaines) , l'un sait que son corps originel lui-même est agressé et pourrait disparaître définitivement, si du moins ses anciens amis ne le vivisectionnent pas d'ici là. L'autre sait que son corps réel est bien au frais, intact, en attendant son retour, car le retour est bien prévu, et en plus avec l'aide et non l'opposition de la corporation. Psychologiquement, c'est le jour et la nuit.

En effet, je n'avais pas pris en compte cela. Après, il faudrait se questionner sur pourquoi des chat-humains bleus sont considérés "sexy".

Mat Vador a écrit:


EvilLoki a écrit:
D'un autre côté, si les Crevettes débarquent en force en nous exterminant pour ce que l'on a fait [...] il faut vraiment pas que la planète mère des Crevettes veuille se venger par ce qu'on est mort
Rappelons-nous tout de même que nos Crevettes sont des exilées. Peut-être que celles de la métropole voulaient exterminer les nôtres parce qu'elles étaient grises au lieu d'être rouges ou je ne sais quoi. La situation dans laquelle sont volontairement venus se mettre les aliens du District 9 oblige à considérer l'hypothèse que le sentiment de la planète-mère à leur égard aille peut-être de l'indifférence à la haine aveugle.

Effectivement, on en sait pas plus et c'est un des point négatif du film. Ce qu'on sait c'est qu'il existe une planète mère. Ce vaisseau n'est donc en rien une sorte d'arche de Noé. On peut formuler l'hypothèse d'un vaisseau-prison par lequel les autorités se seraient débarrassées d'un problème encombrant, mais il n'y aurait pas des armes à bord. La venue de ce vaisseau demeure donc un très gros mystère.

Mat Vador a écrit:


EvilLoki a écrit:
Pour que deviennent effective dans l'esprit des gens l'idée de Nation et d'appartenance collective à un ensemble plus grand il faut soit la guerre, soit l'éducation (dans le meilleurs des cas les deux).
Dans le meilleur des cas juste l'éducation, oserais-je dire mrgreen clin d'oeil

J'aimerai aussi pouvoir le dire. Mais hélas, l'Histoire montre que les guerres ont un pouvoir fédérateur plus rapide et durable que la simple éducation.
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