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 Effet Papillon [Tome I]

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Rufus Shinra
Roi des Petits Gris
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Rufus Shinra

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MessageSujet: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptySam 4 Nov 2006 - 19:17

Citation :

Effet Papillon

Tome I : Histoire terminée, premiers chapitres en cours de réécriture réécrits.
Les Goa'uld ont été détrônés et la Voie Lactée est privée de puissance dominante. Alors que la Terre continue son développement dans une communauté galactique qu'elle a contribué à forger, une série de phénomènes étranges secoue le Petit Nuage de Magellan...

En cours de diffusion Publié sur Stargate Fusion


Tome II : Histoire en cours, postée en exclusivité sur SciFi-FanSéries


Galerie des illustrations


MàJ : Pour ceux qui ne s'en seraient pas doutés, je ne poste plus cette fic sur SGF : SGFS en a l'exclusivité Razz



Merci aux anciens et aux nouveaux lecteurs Heureux

EDIT : J'ai réécrit les chapitres initiaux, que vous pourrez trouver ici : Dossier contenant les chapitres mis à jour.


Parties mises à jour :
-> Prologue
-> Chapitre 01
-> Chapitre 02
-> Chapitre 03
-> Chapitre 04


Je viens de me rendre compte que les premiers chapitres dans ce topic sont bordéliques au possible, ayant fait des réécritures, connu les limitations de volume des posts sur le forum, etc, etc. Les versions pdf du prologue et des quatre premiers chapitres sont correctes, les chapitres suivants sont disponibles sur ce topic. Encore désolé, je bosse sur une solution permanente, là.

Edit du 23 septembre 2011 : nouvelle version du prologue

Prologue :

Le général Jack O’Neill avait eu l’impression, en quelques semaines, de prendre une dizaine d’années. Derrière son regard ne se cachait plus les remarques piquantes qui lui avaient fait autant d’amis que d’ennemis, mais la lassitude d’un homme qui était en train de perdre tous ses repères. Sa démarche elle-même traduisait son état d’esprit, alourdie et presqu’hésitante. Ancien membres des forces spéciales, brièvement retraité à deux reprises, les dernières années avaient redonné un sens à sa vie, tandis que la Porte, cet artefact multimillénaire, avait été la clé de tout ce qu’il était désormais. Après avoir rencontré au fil des années ceux et celles qui devinrent sa nouvelle famille, l’officier supérieur, l’homme, était devenu la somme de ses expériences, tant heureuses que malheureuses.

Cette famille, qu’il n’aurait jamais imaginée au lendemain de la mort accidentelle de son fils et du divorce que sa déréliction suicidaire avait provoqué, était aussi improbable que disparate. Daniel Jackson, le jeune archéologue qu’il avait vu et aidé à grandir, jusqu’à devenir tacitement un fils spirituel, pacifiste convaincu qui avait, accepté de défendre ses convictions, maniant désormais les armes aussi bien qu’un soldat endurci. Samantha Carter, la femme qui lui avait ôté définitivement ses dernières pulsions destructrices et avec qui il ferait sa vie, quoi que puissent dire les règlements militaires d’une planète qu’ils avaient tous deux sauvé à maintes reprises. Teal’c, un frère qui, plus que quiconque, avait été là pour le soutenir, par sa présence comme par ses rares mots, dans une décennie d’épreuves et de combats. George Hammond, un vieux soldat dont les actions, dont il savait ignorer l’étendue, avaient toujours témoigné d’une confiance et d’un respect qu’il ne pourrait jamais repayer.

Mais cette famille n’était pas restée intacte. Trop souvent, elle avait perdu certains de ses membres, sans adieux adéquats. Et O’Neill, militaire expérimenté, savait que ces plaies à jamais ouvertes étaient le prix à payer pour ce qu’il avait pu accomplir.

Il avait perdu suffisamment d’amis alors même qu’il n’avait jamais quitté sa minuscule planète, et d’autres étaient tombés depuis, à des années-lumière de leur foyer. Et, comme tant d’autres avant lui, il avait continué à s’endurcir, son visage ne trahissant plus les émotions ressenties. Il savait qu’il avait un devoir envers les morts. Mais celui envers les vivants était plus important encore.

La douleur qu’il ressentait désormais était différente. Plus perçante. Il avait à nouveau perdu un être cher. Pas quelqu’un avec qui il partageait le quotidien. Il ne le voyait que rarement, lorsque leurs obligations à l’un et à l’autre se croisaient. L’un et l’autre avaient été séparés par le vide qui séparait les galaxies, une culture, des connaissances, et tout simplement une apparence différente. L’un et l’autre avaient cependant appris à se respecter, à apprécier ces différences qui auraient effrayé tant d’autres. Leurs personnalités, en apparence opposées, avaient au contraire trouvé dans l’autre un ami. Le général savait que ses plaisanteries auraient un goût plus amer, lui rappelant une autre de leurs victimes consentantes qui ne pourrait plus les apprécier.

Mais il ne devait continuer, pour la simple raison que ses compagnons de route, et, consciemment ou non, des milliards d’êtres dans cette galaxie, comptaient sur lui. Il lui restait encore beaucoup à faire avant de pouvoir pleurer les disparus.

Thor… pensa-t-il en se remémorant ses premières rencontres “professionnelles“ avec le frêle Asgard, à chaque fois que l’un des deux avait eu besoin de l’expertise de l’autre pour éviter une catastrophe d’ampleur galactique.
Désormais, il regrettait de ne pas avoir pu passer plus de temps avec le “petit Gris“ des légendes urbaines. Se souvenant des rares fois où celui-ci avait pu accepter des invitations personnelles sur Terre, le militaire soupira. Il eut un sourire aigre-doux en se rappelant ses réactions face à des “subtilités culturelles“ présentées par O’Neill lors de quelque journée dénuée de crise.

Journée souvent suivie par les hurlements d’un général Hammond au bord de la crise de nerfs. Celui-ci avait été trop souvent poussé à bout en découvrant la nature de ces visites culturelles alors que son commandant en second lui confirmait, l’air contrit, qu’il venait de découvrir la tolérance de la physiologie Asgard face à la bière (largement plus faible que celle des humains, à en croire l’exemple du Commandant Suprême de la Flotte), ou ses talents à une table de poker (tout aussi faibles, il pouvait en témoigner).

Son sourire disparut lorsqu’il se dit que la petite cabane dans une forêt anonyme du Minnesota ne servirait jamais plus de décor pour ces scènes étranges qu’étaient des parties de pêche impliquant plusieurs représentants d’espèces extraterrestres. O’Neill soupira.

Il n’en demeurait pas moins qu’il devrait attendre pour faire son deuil. Il n’en avait tout simplement pas le temps, alors que la situation, jusqu’alors désespérée, venait de changer brusquement. Les Asgard étaient bel et bien morts, mais ils avaient cependant laissé derrière eux un témoignage. Un héritage. Une mission, que devait accomplir la Cinquième Race.

Le déferlement qu’était l’invasion Ori ne cessait pas, et O’Neill savait très bien qu’il n’y aurait pas de miracle face à un tel ennemi. Ou que, s’il y en avait, il ne serait pas du côté des derniers résistants. Mais s’il n’y avait pas de miracles, il restait cependant une chance. Mince, désespérée, mais bien présente. Et, depuis plus de dix ans, lui et le reste du SGC n’avaient fait que ça : transformer des essais jugés impossibles par la théorie, le bon sens et les lois de la physique.

Il allait une fois de plus devoir mettre les probabilités en échec.


Moins d’une heure plus tard, ses yeux ressentirent brusquement le besoin de s’adapter alors que la luminosité ambiante venait de s’accroitre. Le général observa un instant ses alentours, son environnement étant passé de la grisaille caractéristique des parois de béton du SGC à la lumière éclatante et multicolore d’une anonyme planète de la Voie Lactée.

Par réflexe, il eut un geste vers son arme lorsque deux figures quittèrent la végétation pour se rapprocher de lui, mais s’interrompit en reconnaissant deux jaffas qu’il avait vu quelques semaines plus tôt, dans une rencontre du même acabit.

Ceux-ci l’accompagnèrent sur quelques kilomètres jusqu’à un campement, que le général n’eut aucun mal à identifier comme étant au mieux temporaire. Les stocks de nourriture étaient entreposés dans un coin, gardés en permanence, tandis qu’une fosse hâtivement creusée abritait les déchets des occupants. Sur le visage de ceux-ci, O’Neill pouvait lire de la lassitude et de la peur. Ces quelques douzaines de jaffas savaient parfaitement que leur lutte ne verrait probablement pas d’issue heureuse.

Instinctivement, il repensa aux premiers jours de la rébellion jaffa, lorsque les rares alliés aux côtés desquels il s’était personnellement battu étaient davantage persuadés d’accomplir un suicide spectaculaire plutôt que de mener un combat qui pourrait être un jour remporté.

Des années de lutte, des alliés improbables et une combinaison de facteurs imprévus avaient pourtant mis à bas l’hégémonie des parasites sur sa galaxie natale. Une pensée qui aurait dû lui remonter le moral. Mais, étant tout sauf stupide, il savait que la situation était différente, avec un adversaire bien plus avancé, à la volonté unique, et surtout à cause de la cruelle absence des Asgard. Eux seuls pouvaient protéger durablement la Terre, ce qui avait fait d’elle la forteresse ayant rendu possible tout ce qu’il avait accompli les années précédentes.

- Humain ! l’accueillit le vieux jaffa qui dirigeait le camp.
- Bra’tac, répondit simplement O’Neill.
- Par ici, dit-il en se dirigeant vers une tente anonyme, éloignée de l’imposante structure centrale, que le général identifia aussitôt comme un leurre destiné à subir la frappe initiale d’une éventuelle embuscade.

Une fois à l’intérieur, Bra’tac fit sortir les autres jaffas du QG improvisé, dans lequel plusieurs hologrammes flottaient autour d’une table. On y trouvait aussi des rapports, des cartes et d’autres objets qu’O’Neill ne pouvait reconnaitre malgré sa longue expérience.
- Quelles nouvelles de la Tau’ri ? demanda le jaffa sans préambule.
- Mauvaises. Le site Gamma a été trouvé et détruit. Les Ori attaquent directement, maintenant.
- Bien sûr, tous les autres sont tombés. Autre chose ?
- Oui… Les Asgard… ne pourront plus nous aider. Ils sont… partis.
Les regards des deux vieux soldats se croisèrent l’espace d’un instant, et Bra’tac décida de ne pas poser plus de questions à ce propos, laissant O’Neill continuer :
- Ils nous ont laissé quelque chose avant de partir.
- Nous avons besoin d’armes, O’Neill.
- Il y en a. Et elles fonctionnent contre les vaisseaux Ori.

D’un seul coup, le visage du vieux jaffa s’éclaira :
- Combien ? Est-ce que nous pouvons contre-attaquer ?
- Pas encore, soupira le général. Il n’y en a pas assez, et même Carter a du mal à comprendre comment en faire d’autres. C’est pour ça que je suis venu, Bra’tac. Nous avons besoin de temps. Nous pouvons encore gagner cette guerre, mais seulement si on peut mettre ces canons sur tous nos vaisseaux.
- Nous n’avons plus de temps, humain ! Mes derniers guerriers désertent, trahissent ! Ils ont peur des Ori. Ils voient les Prêcheurs comme de vrais dieux ! Il nous faut une victoire, maintenant, sinon vous serez tous seuls !
- Je sais ! répondit brusquement O’Neill. Je sais ! Carter a proposé un plan pour ça. Gagner une victoire contre leurs vaisseaux, et du temps.
- Comment ?
- Il y a deux ans, on nous a offert un cadeau. Piégé. Le genre qui détruit une étoile si on l’active comme on nous l’avait conseillé. Sam s’en est aperçu à temps, et on a gardé l’engin à l’abri. Elle veut qu’on s’en serve pour démolir autant de leurs vaisseaux que possible. Si on peut tous les attirer au même endroit, on les détruira tous leurs engins d’un coup, et il leur faudra du temps pour ramener des renforts. Avec de la chance, ça suffira pour que Carter et ses crâne d’œufs nous sortent plein de nouveaux canons, et après ça, on pourra leur botter le derrière ensemble comme au bon vieux temps. Il faut qu’ils croient qu’on a pris contact avec les Anciens, et que… commença-t-il en exposant le plan imaginé par Jackson et Carter.


Il avait fallu deux semaines entières pour que Bra’tac parvienne à s’assurer que les fausses informations étaient bien arrivées chez les Prêcheurs, et O’Neill avait décidé de ne pas lui demander ce qu’il avait pu en coûter pour que ceux-ci jugent leur renseignement fiable. Le vieux jaffa lui avait clairement dit que ses derniers partisans l’abandonnaient et que, incessamment sous peu, il serait incapable de coordonner les quelques rares mouvements de résistance qui subsistaient sur les planètes occupées.

Regardant la caisse métallique contenant le ZPM piégé, il ferma un instant les yeux, en adressant une prière, sans véritablement savoir à qui ou quoi, alors qu’il avait, en une dizaine d’années, détruit des mégalomanes aux prétentions divines, rencontré des êtres aux pouvoirs bien réels, expérimenté la relativité de la vie et de la mort. Mais certains comportements ne pouvaient pas le quitter facilement, et les innombrables évènements étranges qu’il avait pu observer au cours de sa vie avaient tendance à le convaincre que la logique et la rationalité n’étaient pas les seuls guides de cet univers, quoi que puisse en dire Carter.

Il n’eut pas le temps de finir sa pensée qu’un flash aveuglant l’engloutit avant de s’évanouir, l’ayant emporté avec la caisse et le chariot.


Habitué aux téléportations vers les vaisseaux indirectement sous ses ordres, le général fut trahi par ses réflexes, cherchant instinctivement ses repères habituels pendant quelques instants, avant de se rappeler qu’il n’avait pas été amené sur le pont de commandement, mais dans l’une des baies de transport. Celle-ci, relativement vaste, n’abritait qu’une fraction infime de l’activité habituellement présente, ce qui lui facilita la tâche pour reconnaître l’individu qu’il cherchait.
- Colonel, dit-il en s’approchant de l’homme en tenue de bord.
- Bienvenue à bord, général, répondit le colonel Davidson, en le saluant.
Après avoir fait de même, O’Neill désigna d’un geste le chariot qui avait été amené avec lui :
- Dites à vos hommes de préparer l’engin, je vais vous briefer sur les détails de la mission.
- Thomson, amenez ça au sas principal, dit le colonel à l’un de ses hommes, qui acquiesça aussitôt.

Les deux officiers regardèrent le membre d’équipage s’éloigner en poussant, escorté par une demi-douzaine de Marines, le générateur multimillénaire devenu arme. Une fois le groupe suffisamment éloigné, le commandant du vaisseau tourna la tête vers O’Neill :
- Vous pensez que ça va marcher ?
- C’est pas plus dingue que les autres plans de Carter, se contenta de répondre le général.
- Bien ce que je craignais… Le reste de mes officiers vous attend dans la salle de briefing aéro. Est-ce qu’on doit recevoir d’autres fichiers d’en bas ?
- Non, fit son supérieur en lui montrant un petit objet aisément reconnaissable.
- Qu’est-ce que… commença Davidson en écarquillant les yeux.
- Pas de commentaire, colonel. Apparemment, certaines huiles à Washington savent si bien tenir leurs langues qu’on a des foutus produits dérivés pour un programme secret ! Comme si on avait besoin de ce genre de problème de sécurité maintenant. Enfin, cadeau d’anniversaire de Daniel… grommela-t-il en enlevant la coiffe de la réplique de lance jaffa pour révéler un port USB. Enfin, c’est pratique.

L’autre haussa des épaules avant de continuer :
- C’est l’important. Sinon, mon second est sur la passerelle pour les derniers préparatifs…
- Je reste à bord pour toute l’opération, donc j’aurai le temps de lui expliquer le reste. De toute façon, ce n’est pas comme si j’avais autre chose à faire.

Il se retourna et embrassa un instant du regard ses environs.
- Beau commandement que vous avez, colonel.
- Je sais, mon général. Merci.
- Non, vraiment, profitez-en. Je ne devrais pas vous le dire, mais la nouvelle vient de tomber : les politiques ont décidé de jeter un os aux gars de la Marine…

Le regard de Davidson s’assombrit, celui-ci voyant de quoi voulait parler l’homme grisonnant.

- Les Daedalus sont redevenus des croiseurs, et on va les laisser à, et je cite, “un corps plus expérimenté et adapté aux spécificités de ces engins“. Ha !
- Qu’est-ce qu’ils ont comme expérience du combat spatial ?
- Il faut le leur demander. Enfin, les ordres… Bref, dès qu’on aura recommencé à respirer avec tout ça, on va leur laisser la place.
- Je vois… Dernière mission, donc ?
- Quasiment, colonel, quasiment. Essayons de terminer en beauté…
- A vos ordres, répondit celui-ci en ouvrant la porte du hangar.
- Mon général ! l’appela une voix au fond de celui-ci, le forçant à se retourner. Vous avez oublié ça !

O’Neill vit l’un des Marines se lancer dans sa direction, tendant un petit objet dans sa main.
- Je vous rejoins, colonel, fit-il, laissant l’officier avancer dans le couloir tandis que lui-même revenait dans la grande salle.

Il n’eut que le temps de faire quelques pas à l’intérieur qu’il fut rejoint par le militaire, qui lui tendit un badge d’accès.
- Merci beaucoup, caporal. J’aurais été bon pour de la paperasse si je l’avais per… commença-t-il avant d’être projeté brutalement dans les airs.

Les réflexes prirent immédiatement le dessus sur toute forme de raisonnement conscient, et l’officier commença à pivoter afin de retomber dans une position optimale. Des années durant, il avait exercé l’un des métiers les plus dangereux du monde, au vu du nombre de collègues et d’amis dont il avait prononcé les éloges funèbres. En tant que survivant, tant des opérations sur Terre qu’ailleurs, il avait non seulement appris à tomber correctement, mais aussi à réfléchir très vite.

Ce fut pour cela qu’il n’avait pas parcouru le quart du chemin le séparant du plafond qu’il se rendit compte que quelque chose posait problème. Quelque chose d’autre que le fait d’avoir été projeté dans les airs à bord d’un vaisseau de guerre en orbite autour de sa planète natale.

Il ne retombait pas.

Aussitôt, O’Neill fit une autre série de mouvements et se retrouva à se diriger les jambes les premières vers le plafond.

On a perdu la gravité artificielle ! C’est grave !

Quelques instants plus tard, le général se reçut brutalement sur la paroi métallique et parvint à s’amortir suffisamment pour attraper un support d’entretien, le tenant quelques instants avant de le lâcher. Sa trajectoire modifiée, il parvint à s’arrêter en percutant une poutre au niveau de son épaule. Grimaçant, il se mit néanmoins aussitôt dans une position de blocage et commença à observer ses environs.

Autour de lui, l’éclairage d’urgence s’était activé, les gyrophares illuminant le hangar où humains et objets volaient dans tous les sens, les premiers tentant d’éviter les seconds et de trouver un support quelconque pour se fixer. Quelques secondes plus tard, O’Neill trouva ce qu’il cherchait, et, d’une impulsion supplémentaire, se lança vers le chariot qu’il avait amené à bord. Une fois à proximité, il parvint à s’emparer de son support, et, d’un effort, évita de le renverser.

En un instant, le général retrouva ses repères, et avança avec sa charge vers une salle située dans un renfoncement de la coque, remerciant d’une pensée silencieuse le technicien qui avait jugé valable de recouvrir la caisse d’un matériau amortisseur. Incapable de freiner suffisamment, il percuta la vitre blindée de salle de contrôle du hangar, s’accrochant d’une main à la porte de celle-ci. Il lâcha cependant un léger cri lorsque le lourd chariot commença à partir dans la direction opposée et dû être retenu par son autre bras. L’officier sentit une douleur aiguë et serra des dents jusqu’à ce que sa charge fût entièrement immobilisée, flottant dans l’air. Il ouvrit alors la porte et entra dans la pièce vide, se dirigeant vers une série d’ordinateurs encore allumés.

Sur l’écran d’accueil, le général entra une combinaison de codes d’accès à usage unique, qui lui donna automatiquement le contrôle de l’ensemble des systèmes. Une brève série de commandes fit s’afficher sur les écrans un ensemble de consoles virtuelles émulant plusieurs fonctions vitales du vaisseau.

Il ne put empêcher son visage de pâlir lorsque son regard se posa sur l’affichage de l’état structurel, le noir et le rouge dominant l’ensemble des plans du croiseur, le hangar où il se trouvait étant l’une des rares sections à ne pas avoir été touchée par ce qui avait ravagé le vaisseau. Il se figea quelques instants lorsqu’une seconde lecture, plus détaillée, du rapport de dégâts, lui indiqua une dépressurisation massive de la coque, les couloirs adjacents au hangar jusqu’à l’ensemble des quartiers d’équipage étant désormais exposés au vide spatial.

O’Neill déglutit, puis reporta son attention sur une autre section du vaisseau, et ferma les yeux en voyant que la passerelle de commandement n’émettait tout simplement plus le moindre signal de statut, probablement détruite elle aussi.

Il se rendit vers l’un des téléphones de bord, situé près de la porte, et appuya sur un bouton peint d’une couleur différente de ses voisins. Aussitôt, un sifflement vint se faire entendre depuis les haut-parleurs, avant d’entendre sa voix en écho au fur et à mesure qu’il parlait :
- A tout l’équipage, ici le général O’Neill. On vient d’être touchés et la passerelle ne répond plus. Je prends le commandement. Toutes les sections, rapport d’avarie, pour le poste… 41-12. Terminé.

En quelques minutes, il eut une estimation plus précise de la situation, faisant mentalement la liste des secteurs qui ne répondaient tout simplement pas et arrivant à la même conclusion que celle donnée par les ordinateurs.

- Plus de moteurs, plus d’armes, plus de bouclier. Journée pourrie… sûrement un lundi, grommela-t-il avant de reprendre le combiné du téléphone de bord.

- Ordre à tout l’équipage. Evacuez le vaisseau si vous le pouvez. Je répète, évacuation ! O’Neill, terminé.

Il se rendit cette fois-ci devant l’une des autres consoles et regarda le terminal de communication émulé. Sans hésiter, l’ancien chef de SG-1 sélectionna la fréquence d’urgence, espérant que les antennes secondaires seraient suffisamment intactes pour transmettre son message. Une fois les réglages effectués, il se rendit sur la console voisine tout en commençant à parler :
- O’Neill à SGC. Urgence. Passez-moi Landry.

Sans attendre de réponse, il parcourut d’un regard la liste des caméras extérieures, se figeant sur l’une des rares icônes demeurées verte. Il la sélectionna, et, en voyant la scène s’afficher sur l’écran, sentit ses forces l’abandonner.

Non…

- Non… murmura-t-il à nouveau, en regardant, derrière les débris du croiseur, la surface de la Terre parcourue de cendres et de brasiers de la taille de pays, alors que, au loin, le dard caractéristique d’un vaisseau Ori venait continuer un travail de destruction presqu’absolu.

Il avait finalement échoué.

Après plus de dix ans à protéger son pays et sa planète de menaces toujours plus dangereuses, à réussir de justesse, il avait failli à son devoir. Le général venait, en quelques instants, de voir tout ce qui justifiait son être, ses sacrifices, ses actions, s’évanouir. Son masque de calme et de maîtrise apparente des situations les plus dangereuses venait de perdre toute raison d’être, et il se laissa tomber dans le siège derrière lui.

Régulièrement, un nouveau tir venait rayer de la carte une région du globe, perçant le manteau terrestre jusqu’au magma et emplissant l’atmosphère de cendres brûlantes condamnant sans merci les éventuels survivants de l’attaque.

C’est fini… pensa-t-il sombrement en se levant.

D’un pas rendu lent par l’absence de gravité, O’Neill se dirigea vers le chariot qui flottait devant la porte. Le plaquant sur le sol, il ouvrit un petit clapet derrière lequel était abrité un clavier numérique. Par des gestes lents, le général commença à entrer le code d’accès qui lui avait été fourni pour cette mission spécifique.

- Pas besoin de la balancer chez Râ, celle-ci, dit-il à voix basse en regardant l’écran lui demander d’entrer le délai du compte à rebours.

Tapant une valeur à un chiffre, il s’apprêta à valider sa sélection lorsqu’une voix familière vint se faire entendre, le figeant dans son geste.

- … que quelqu’un m’ent… ète, ici le… nel Carter, Starg… and.

Le général se redressa brusquement, et, emporté dans son élan, se vit entrainé vers le plafond. Prenant appui sur celui-ci, il retourna vers le sol, prenant prise sur les bords de la console :
- Carter ! appela-t-il. Rapport !
- … al, c’est vous ?
- Vous entends deux sur cinq, Carter. Répétez !
- Le SGC et le… détruits… al Landry tué, je suis… Qu’est-ce qui…
- Carter ! dit-il en remerciant le ciel de la seule bonne nouvelle venant éclairer le cauchemar qu’il vivait alors que son esprit tournait plus vite que jamais avant. Est-ce que vous pouvez aller au niveau moins cinquante ?
- …
- Sam ?
- … Oui, mais… dur.
- Tout le monde est mort dehors, Sam !
- …
- Allez-y. Activez le Jumper. Vous m’avez compris ? Activez le Jumper !
- … sieur, on ne peut…
- La ferme ! On va tous y passer, Sam ! C’est notre seule chance !
- … vos ordres, monsieur.
- Bonne chance, Sam.
- Mon… al. Je…
- Je sais, Sam. Je sais. Allez-y, maintenant. Vous avez une demi-heure, dit-il avant de couper la communication.

Il s’éloigna de la console sans se retourner, revenant près du chariot, tapant sur le bouton d’annulation avant d’entrer une nouvelle valeur.

Et c’est parti… pensa-t-il en voyant le compte à rebours s’afficher et commencer à défiler.

Soupirant, O’Neill referma le clapet et, d’une impulsion, s’éloigna de la bombe pour revenir dans le grand hangar, où la vingtaine de membres d’équipage avait réussi à retrouver le sol. Avec un seul bond, il se rendit près de la lourde porte d’accès, autour de laquelle étaient rassemblés plusieurs hommes et femmes. D’un regard, il vit que le panneau de contrôle de la porte avait été brisé par un débris, et il donna une tape à l’épaule d’un sous-officier essayant de forcer l’ouverture :
- Pas besoin, c’est le vide derrière.
- Mon général, c’est le seul accès pour les capsules d’évacuation !
- Appelez-moi Jack. Et pas besoin de s’inquiéter pour ça.
- Qu’est-ce qui s’est passé, monsieur ? demanda un autre.
- Jack, j’ai dit, pas “monsieur“. On s’est fait casser la figure… Les Ori ont été plus rapides que nous. On a perdu.
- Mais, la Terre…
- Plus rien, sergent. Je viens de voir dehors.
- Qu’est-ce qu’on va faire ? demanda-t-il au milieu de quelques murmures d’accablement.
- Nous, ici ? Rien. Enfin, si, on va faire un sacré feu d’artifice pour fêter ça. Carter, par contre…
- Le colonel Carter ? voulut clarifier une autre personne.
- Ouaip. Le colonel Samantha Carter. Un foutu génie comme on en voit pas deux dans sa vie. Et une femme… Ah, de toute façon, ça ne change plus rien. Vous connaissez Retour vers le Futur ?
- … Pardon ? demanda le sous-officier en regardant O’Neill, pris au dépourvu par le brusque changement de sujet.
- Vous savez ? Marty McFly, la DeLorean volante et tout.
- Euh, oui, mais… quel…
- Hé bien Carter, elle a sa DeLorean, vous savez. Cadeau d’un Doc Brown Ancien. Et elle marche.

Devant les regards surpris de son auditoire, O’Neill fut pris de son premier sourire depuis le début de l’attaque.

- Bon, on va se poser, et je vais vous raconter une histoire, d’accord ? Normalement, c’est tellement secret que le Président m’étranglerait s’il était au courant, mais bon…

Une minute plus tard, il s’était posé sur une chaise flottant à quelques centimètres du sol, au milieu des survivants du hangar :
- J’étais encore en charge du SGC, à l’époque, quand cette vieille fouine de Maybourne nous a passé un coup de fil. J’étais un peu surpris, mais bon…


Le général O’Neill était en train de décrire l’intérieur du Jumper temporel lorsque le minuteur, à quelques dizaines de mètres de lui, marqua finalement zéro. L’instant d’après, le générateur bâti des éons auparavant par les Anciens reçut une série d’impulsions calculées très précisément pour maximiser le potentiel destructif de la brusque libération d’énergie. En une fraction de seconde, une bouffée de rayons gamma se forma, surpassant tout phénomène naturel jamais observé au cours des récents voyages menés par les représentants de l’Humanité. Ces mêmes rayonnements n’étaient que les effets dérivés du dégagement initial, qui avait donné le jour à des particules n’ayant plus parcouru l’univers depuis les instants ayant suivi sa naissance. Celles-ci désintégrées, il ne restait plus qu’une indescriptible quantité d’énergie cherchant à se disperser dans l’univers environnant.

Les différents obstacles s’opposant à son libre passage ne purent rien faire pour bloquer ou détourner le torrent de radiations. Les molécules furent brisées un infime instant avant les atomes et les hadrons, transformant une sphère toujours croissante de l’espace en un plasma de particules élémentaires. Le hangar désintégré, la haute atmosphère de la Terre ne constitua qu’un piètre rempart, ne donnant à la planète qu’un imperceptible répit avant que celle-ci ne s’évanouisse dans l’éclair. Les vaisseaux assaillants, eux, furent plus chanceux, leurs boucliers hautement avancés leur évitant la destruction pendant une durée se chiffrant en microsecondes.

En quelques minutes, l’étoile centrale du système solaire fut déchirée par l’objet qui avait résidé un peu plus tôt dans un chariot abandonné à quelques mètres de l’un des derniers groupes de Terriens sur des années-lumière.


Dernière édition par Rufus Shinra le Ven 23 Sep 2011 - 15:17, édité 25 fois
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptySam 4 Nov 2006 - 19:18

EFFET PAPILLON



EDIT : Je suis en train de réécrire les chapitres initiaux, que vous pourrez trouver ici : Dossier contenant les chapitres mis à jour.


Parties mises à jour :
-> Prologue
-> Chapitre 01
-> Chapitre 02


Le texte en spoiler n'est pas la version actuelle du chapitre 3. Il faut se référer aux pdf pour ces premiers chapitres. Désolé du dérangement, je vais voir pour clarifier la situation de façon définitive et CLAIRE.
Spoiler:
 


Dernière édition par Rufus Shinra le Mar 1 Fév 2011 - 20:13, édité 7 fois (Raison : Camouflage de la vieille version du chapitre 3)
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptySam 4 Nov 2006 - 19:19

EDIT : Je viens de voir, après MP par Warrius, que j'avais oublié d'effacer les anciennes versions (honteuses) des premiers chapitres. Argh, vous savez que ça devient compliqué de gérer ce topic ? En attendant une solution plus permanente, je mets les anciennes versions en spoiler. Elles ne sont PLUS d'actualité. Les pdf disponibles en début de topic sont les bonnes versions. Désolé du foutoir.

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptySam 4 Nov 2006 - 19:19

NOTE : il s'agit de la nouvelle version du chapitre 05, la précédente est disponible par MP.


Chapitre 05 : Réunion de familles


Dire que Samantha Carter était une femme occupée était un euphémisme du même ordre de grandeur que “le cœur d’une étoile est chaud“. Depuis son départ de SG-1, un an après la bataille de l’Antarctique, elle avait dû affronter les conséquences de ses huit ans de pérégrinations dans la Voie Lactée et la galaxie d’Ida : une administration que l’on ne pouvait fuir, même en quittant la Terre.

Son poste dans la Zone 51 n’avait été que temporaire, la militaire en elle rechignant à se contenter d’un poste scientifique, alors même qu’étaient mis à sa disposition les meilleures équipes, le meilleur matériel et des fonds pour ainsi dire illimités.

La mort du directeur de la défense planétaire, le général Hammond, avait été, pour elle et le reste des compagnons de la première heure, un évènement doublement tragique. Tout d’abord, les membres fondateurs du commando le plus célèbre de la galaxie avaient regretté la mort d’un ami qui les avait soutenus jour après jour, parfois en prenant des risques incompatibles avec son poste. Mais les conséquences étaient plus qu’émotionnelles, alors que la direction du programme allait logiquement échoir à des politiciens que Carter savaient incapables de l’assumer.

Moins d’une demi-heure après la fin de la cérémonie, les trois membres terriens du groupe avaient accepté de jouer le jeu politique, mettant un trait final à leur carrière sur le terrain au profit d’un bureau.

La scientifique ne regrettait pas sa décision, alors qu’entrait dans son bureau une figure familière. L’homme, aux cheveux grisonnants, lui apportait une série de dossiers qu’elle allait parcourir rapidement, sachant qu’elle pourrait les signer sans passer des heures à les étudier. Après tout, celui qui les avait préparés était l’une des rares personnes qui avait toute sa confiance.
-Merci, Walter, dit-elle avec un léger sourire au sous-officier qui était le plus ancien membre du SGC encore en service.
-De rien, madame. Le service du budget voudrait une réponse urgente pour les demandes d’investissement. Il parait qu’ils sont un peu à court au niveau réserves, alors…
-…alors plus tôt on leur dit ce qu’il nous faut cette année, plus tôt ils pourront demander l’argent à l’ONU, l’interrompit-elle, habituée à cette échéance annuelle. Je fais ça, ne vous inquiétez pas, adjudant.
Le sous-officier se mit au garde-à-vous puis ressortit du bureau.

Elle commençait à parcourir le dossier indiqué par son secrétaire quand le téléphone se mit à sonner. Après un bref coup d’œil sur l’écran indiquant le nom de son correspondant, elle soupira et décrocha le combiné :
-Allô ?
-Carter ! Au secours !
-Désolé, Jack, je ne peux pas vous aider…
-Par pitié ! Vous êtes mon seul espoir ! Vous devez avoir une équation, un programme, un machin, je ne sais pas, moi… !
Elle haussa les épaules avant de répondre :
-Quoi que je fasse, ça ne pourra pas être parfait. Au moins, si c’est vous qui proposez une solution, vous pourrez la défendre et on vous écoutera.
-Carter ! Je ne suis pas fait pour ce genre de trucs.
-Et moi, alors… Demandez à Daniel, ou bien à un de vos assistants…

-…vos assistants, entendit Jack O’Neill, dont les espoirs se brisaient en de microscopiques morceaux.
-Bon, je me débrouillerai, répondit-il, dépité.
-Encore désolée.
Merci du coup de main, Sam, fulmina-t-il silencieusement en raccrochant. Ohhhh, hé hé !
Le responsable de la diplomatie terrienne eut un large sourire en envisageant son idée soudaine sous toutes les coutures. Ses assistants lui demandaient depuis des semaines des informations sur les relations entre les différents diplomates et représentants commerciaux qu’allait accueillir la Terre dans les prochains jours, puisqu’il était malgré lui l’un des seuls individus à avoir une vision à peu près globale des relations entre les différentes puissances de la galaxie.
Mais après cette conversation, il venait d’avoir un début de solution au cauchemar qui le hantait :
Il savait parfaitement qui allait être assise à côté du représentant Unas.

La Terre, malgré son arrivée mouvementée sur la scène galactique, manquait cruellement de beaucoup de produits et de technologies nécessaires à sa sécurité et à son alignement sur le niveau technique des autres forces en présence. Ce qui était un inconvénient majeur, alors que, les Goa’uld retirés de l’équation, de plus en plus de vaisseaux capables de raser des planètes entières finissaient leur chemin chez des particuliers aux tendances agressives reconnues.
Plus que jamais, la course aux technologies aliens était d’actualité pour l’une des planètes les plus peuplées de la galaxie, et une solution s’était imposée : le commerce.
Les Etats-Unis, puis, lors des différentes réformes du Programme, la Terre, avaient établi des relations diplomatiques avec différentes civilisations qui avaient toutes ou presque fait des choix particulièrement différents au cours de leur évolution. La principale particularité de la Terre reposait dans sa structure industrielle extrêmement lourde, que n’approchaient que des puissances comme Hébrida ou, dans une moindre mesure, Langara.

Et il revenait à Jack O’Neill, le terrien le plus respecté de la galaxie, de gérer, entre autres, les accords commerciaux qui fournissaient à sa planète d’origine les minerais, composants et technologies nécessaires à sa survie immédiate. Si l’ancien militaire avait d’abord cru n’être qu’une figure de proue devant une administration colossale, il avait rapidement déchanté, ses assistants et conseillers manifestant leur ignorance complète de l’équilibre des forces et des manières de penser de leurs interlocuteurs. A contrecœur, le nouveau secrétaire aux affaires extérieures avait alors pris le taureau par les cornes, comme à son habitude.

Avec des résultats étonnamment bons.

Le commerce, qui s’était initialement limité aux coordonnées issues du cartouche puis de l’accident qui avait précipité le premier contact avec les Asgard, avait alors connu une brusque expansion sous son égide.
D’où le mal de crâne de l’ancien chef de SG-1, qui organisait aussi bien que possible une nouvelle rencontre entre les différents partenaires économiques de la Terre.

Marre, pensait-il penché sur ses dossiers. Les Tok’râ ne voudront pas être à côté d’Aris Boch depuis qu’il nous aide pour le vaccin anti-symbiote, je ne peux pas laisser les Jaffa et les Pangaran ensemble ou ils me signeront un accord dans le dos sur la trétonine, Jonas va forcément vouloir se mettre à côté de moi pour que je lui raconte les différents ops d’il y a quinze ans…
Inconsciemment, il chercha du regard son P-90, que son assistant avait mis sous clé pour éviter un nouvel incident diplomatique. Certes, il fallait bien que quelqu'un abatte cet émissaire Eurondan kamikaze, mais il aurait été préférable que le quelqu'un en question ne soit pas le chef de la diplomatie terrienne.

Bien que l’incident en question ait ôté toute peur de l’avenir à une industrie de l’armement terrienne qui ne savait désormais plus où donner de la tête.

Au final, l’ancien chef de SG-1, s’il reconnaissait l’utilité de son travail, n’en était pas moins exaspéré par les détails dont il devait constamment s’occuper. Entre les différentes tribus dont il fallait apprendre le protocole pour avoir une chance de pouvoir installer une mine sur leur territoire, les modifications de dernière minute aux accords établis, les objections bureaucratiques… il en avait tout simplement marre.
A moins d’une journée du début de la conférence, il devait encore faire une dernière vérification des salles qui allaient accueillir les émissaires étrangers, spécifier avec le service de renseignements les sujets prioritaires à surveiller dans les conversations et les transmissions diplomatiques, confirmer la présence des membres du Conseil de Sécurité Planétaire à la cérémonie finale…

Son ordinateur lui signala l’arrivée d’un nouveau courrier prioritaire, qu’il ouvrit, non sans maudire une nouvelle fois le cauchemar administratif de son activité quotidienne. Le rapport joint n’était qu’une simple mise à jour d’informations qu’il avait déjà, mais dont on pensait qu’il aimerait connaître tous les détails.
Mais qu’est-ce que j’en ai à faire, que les terres sacrées de…, il se rapprocha pour mieux lire P4S-653 abritent les dernières ruines tévintides connues ? Même Daniel s’en fout !
Il balaya rapidement le texte, ne s’arrêtant que sur des passages qui pouvaient lui être utile pendant les négociations, mémorisant les thématiques couvertes par les bases de données goa’uld convoitées par les jaffa, ignorant les détails en provenance d’espions et de scientifiques qui avaient manifestement trop de temps sur les bras.

Jack O’Neill lâcha un très long soupir en s’appuyant dans son fauteuil dont le confort était probablement le seul avantage inhérent à son travail. Il lorgna alors son téléphone, et appela la seule personne sur qui il savait pouvoir compter.



L’ambassadeur jaffa en poste sur Terre leva un sourcil en entendant la sonnerie particulière que lui avait installé son ancien compagnon d’armes pour lui notifier un appel. Sa séance de méditation en pleine nature, bien que n’ayant plus d’importance médicale pour lui, restait l’un des rares plaisirs que pouvait lui procurer Dakara.
Isolé des questions pressantes, des crises menaçant sa patrie d’origine ou d’adoption, il trouvait enfin la sérénité. Une sérénité qui l’empêchait de détailler à son interlocuteur son opinion sur cet appel.
-Bonjour, O’Neill, dit-il, imperturbable, après avoir accepté la communication et ainsi mis fin au générique de cette série dont son ami semblait friand.
-Teal’c ! dit-il d’un air trop enjoué pour être honnête. Quoi de neuf ?
Intérieurement, le jaffa hésitait entre s’offenser d’être ainsi dérangé pour une conversation aussi triviale ou se sentir honoré de la débauche d’énergie dépensée par le Terrien pour cet appel.

Son métier lui intima de choisir la seconde option.

-La situation reste inchangée ici, O’Neill. Gerak persévère dans sa volonté d’autonomie absolue pour les armes personnelles. L’accord de vente me semble fortement compromis, si j’en crois l’état des débats.
-Oh. Bon, et bien…

Après quelques échanges sur un ton plus léger, suivis d’un refus aussi posé que catégorique de participer de près ou de loin à l’organisation de la conférence à laquelle il n’éprouvait aucun plaisir à assister, le jaffa mit poliment fin à la conversation, et éteignit son téléphone avant de le ranger, maugréant sur le jour maudit où il avait accepté cet artefact maléfique.

L’ambassadeur avait de nombreux problèmes à résoudre, et la diplomatie était probablement l’un des moins importants. Il était une figure universellement reconnue auprès de ses semblables, et, après avoir vu de ses yeux le cauchemar politique que devenait progressivement la jeune nation jaffa, avait fait son possible pour avoir le moins à faire avec le gouvernement. Le poste qu’il occupait lui permettait de conserver une influence sur l’orientation de la nouvelle puissance sans pour autant être aussi exposé que son vieux mentor, qui était forcé de côtoyer quotidiennement les intrigues de palais.
Bra’tac, pour avoir survécu jusqu’à son âge dans le système goa’uld, avait appris cet art, dont le besoin s’était vu décupler par ses opinions personnelles sur ses employeurs. Il semblait alors logique qu’il prenne en charge la lutte contre les conservateurs de Gerak.

Pourtant, malgré la confiance qu’il avait en son maître d’armes, Teal’c ne parvenait que difficilement à évacuer de son esprit les différents problèmes que connaissaient la nation Jaffa : manque de compétences techniques, attachement à des traditions dénuées de sens, absence de stratégie globale, difficulté d’adaptation du jaffa moyen à la nouvelle situation, ressentiment face à la Terre…
Son travail ne concernait que ce dernier point, mais il n’arrivait pas pour autant à accepter pleinement le fait qu’il fallait faire confiance à d’autres pour protéger d’elle-même la nation dont il avait rêvé des années durant.

Il trembla un bref instant, pris d’un vertige causé par la faim. Le passage des larves goa’uld à la trétonine se rappelait ainsi à lui, lorsqu’il oubliait que le produit, s’il remplaçait les fonctions immunitaires offertes par le symbiote, l’avait privé de nombre des attributs offerts par la créature, tel le métabolisme optimisé ou le plus faible besoin en sommeil.

L’un des premiers à connaître ce changement fondamental après une blessure grave, il en avait subi un manque de confiance en lui qui avait failli coûter la vie à son fils en plus de la sienne. Et la vérité s’était douloureusement imposée : s’il avait souffert, il avait cependant une très forte volonté, alors l’effet sur ses semblables devait être largement pire, sans compter le fait que ces derniers, contrairement à lui, ne bénéficieraient probablement pas d’une occasion de se reprendre en main.

La trétonine leur avait fait troquer l’esclavagisme contre une dépendance assortie d’une névrose.

Et Teal’c savait que son peuple avait gagné au change.



Très loin de là, une personne était cependant impatiente de voir débuter la conférence organisée par ses alliés terriens. Jonas Quinn, secrétaire général de l’Institut de Coopération Planétaire Langaran, faisait les cent pas dans son bureau, son regard ne s’attardant même plus sur la vue spectaculaire qu’offrait la baie vitrée de son bureau.
La mégapole autour de l’immeuble de l’ICPL était en constante expansion, les élites de la planète venant y trouver un emploi à la hauteur de leurs compétences et ambitions. Depuis l’attaque d’Anubis, la situation internationale avait changé, la guerre froide, un temps réchauffée, ayant laissé place à une coopération fonctionnelle, quoique moins qu’idéale.
Poussé à ce poste par les représentants des trois grandes puissances, l’ancien scientifique avait construit pas à pas le nouvel organisme, s’inspirant de l’ONU terrienne en essayant d’éviter ses travers. Le résultat, loin de correspondre à son rêve d’une planète unifiée, lui convenait sensiblement en ce sens où il avait réussi à éviter de générer de nouvelles tensions autour des avancées que promettaient la Porte… et leur relation spéciale avec la Terre.

La planète bleue était pour lui comme une seconde patrie, l’ayant accueillie et traité comme l’un des siens pendant son exil. Le fait qu’elle représente l’une des puissances les moins agressives et les plus éthiques de la Voie Lactée avait fini de le convaincre de faire signer entre les deux mondes un traité d’alliance, où chacun trouvait son compte.
En effet, Langara partageait son monopole du naquadriah, le plus énergétique des carburants de fission qui soit, en échange d’une protection contre les éventuels agresseurs et des partenariats scientifiques et commerciaux toujours plus larges.

L’introduction d’une poignée d’ordinateurs sur la planète avait révolutionné la société, qui commençait à développer les machines-outils les plus avancées que lui permettait son état technique. Et Jonas savait que d’ici une dizaine d’années se construiraient des usines capables de développer de manière autonome des équipements de qualité terrienne.
L’accord qu’il avait conclu sur ces plans apparemment obsolètes était sa plus grande fierté, puisqu’ils permettaient à sa planète de gagner des décennies d’ingénierie sans pour autant développer une dépendance face à son nouvel allié.

Il respectait la Terre, et particulièrement certains terriens, mais son objectif fondamental était d’assurer un avenir à sa planète, ses lectures lui ayant appris le sort des civilisations échangeant des ressources naturelles contre des technologies qu’elles ne savaient pas reproduire.

Non, on n’aura pas de réseau informatique avant mes vieux jours… mais Langara restera Langara, se dit-il en réfléchissant au rapport qui lui avait été fourni par son assistante. Et puis, Jack est avec moi là-dessus.
Il signa le document, confirmant la quantité de pétrole brut qui serait mise à disposition pour exportation. Bien que disposant de ressources limitées en or noir, la petite planète disposait d’une capacité d’exportation toujours croissante, grâce à ses investissements massifs dans les technologies nucléaires et à son niveau technique relativement faible. La ressource était vendue à la Terre en échange d’une part des plastiques produits, mais aussi à d’autres planètes qui voulaient se lancer dans leur révolution industrielle, espérant reproduire par elles-mêmes le miracle terrien.
Par ces ventes, Langara obtenait des ressources supplémentaires, dont la Terre ignorait encore l’existence, tout comme le réseau diplomatique qui se formait étape par étape. La mémoire photographique dont il bénéficiait avait été une ressource majeure dans une galaxie où presque toutes les bases de données d’adresses avaient disparu avec les Goa’uld.

Après tout, ça ne peut pas être mauvais pour Jack d’avoir des alliés plus puissants que prévus, se dit-il avant de reprendre sa réflexion.



Les apparences sont trompeuses.

Tel était l’un des credo de la Tok’Râ, dont les activités clandestines avaient été tout aussi importantes que les coups d’éclat de leurs alliés terriens dans la chute des Goa’uld. Ce principe se vérifiait ainsi partout, depuis les actions jusqu’aux individus eux-mêmes. La jeune femme n’était qu’une apparence, doublement trompeuse. Une première fois par Anise, le symbiote qu’elle abritait, qui partageait avec son hôtesse un esprit vieux de plusieurs siècles et rompu à la manipulation sous toutes ses formes. Une seconde par la nature de ce partage, que peu d’individus en-dehors de l’organisation parvenaient à comprendre.
L’être connu sous le nom de Freya était multiple, tenant à la fois de la femme, relativement jeune selon les critères utilisés communément pour les hôtes, comme du symbiote, bien plus âgé et expérimenté, dont la personnalité-même portait les traces de ses précédents compagnons.

Dans le jeu que jouaient la poignée d’enfants d’Egéria, la préparation, le maintien des apparences et l’exécution parfaite étaient les seuls obstacles entre un combat désespéré et la victoire finale. Cette leçon, Anise l’avait apprise, comme le démontrait son âge.

D’où son appréhension face à ce qui se préparait. Elle allait devoir, avec son hôtesse, agir à découvert, face à des personnes dont elle ignorait l’étendue des connaissances, sur un terrain qui n’était pas le sien, et qui, pour la plupart, avaient une saine méfiance d’elle. Elle connaissait les organisateurs de la conférence, ainsi que la plupart des ambassadeurs, et savait ceux-ci dignes de confiance, mais son expérience lui hurlait de ne pas se mettre dans une situation non contrôlée.

-Ne t’inquiète pas, Ani’… On sera dans l’endroit le plus protégé de la galaxie, avec des personnes qui ont besoin de nos services, et qui le savent, pensa Freya.
-Et l’endroit le plus sûr, c’est celui que personne ne connait. Aucune forteresse n’est à l’abri, je l’ai prouvé personnellement, répondit le vieux symbiote.
-A en choisir une, autant qu’elle soit gérée par les Terriens. Au moins, ils font preuve d’un peu de compétence…
-Hmpf. De toute façon, ce sont les négociations elles-mêmes qui me posent problème.
-Qui t’effraient, dis-le honnêtement, Anise.
-… Oui. Ils n’ont plus besoin de nous. La trétonine de notre propre mère leur donne tous les avantages médicaux que nous avons, et leurs renseignements vont nous dépasser, tôt ou tard. Ils ont plus de moyens, plus d’agents…
-Ne panique pas, vieille amie. Nous retomberons encore sur nos pattes, tu verras.
-Je ne sais pas, Freya, je ne sais vraiment pas. Nous n’avions jamais envisagé que le conflit puisse se terminer aussi vite. Il y aurait dû avoir nos agents partout dans les nouvelles structures. Ce système, cette galaxie… n’a pas de place pour un vieux réseau d’espions ne connaissant qu’un ennemi.
-Les règles ont changé, oui, répondit Freya. Et alors ? C’est juste une nouvelle menace. Nous allons faire comme avant : nous adapter, rester cachés et attendre le bon moment pour reprendre des forces. C’est toi-même qui me l’a appris, Ani’ : tout n’est que passager, mais la Tok’Râ reste, attend son heure, et surgit au moment opportun.
-As-tu une idée ?
-Pas pour l’instant, mais j’ai beaucoup de naïveté très rassurante, par contre.

La jeune femme sourit, les deux êtres s’accordant sur cette émotion après l’échange silencieux qui venait de se réaliser à la vitesse de la pensée, avant de se diriger vers l’anneau laissé par les Anciens.


Lorsqu’elle se rematérialisa après avoir franchi la Porte, la représentante de la Tok’Râ eut un mouvement de recul instinctif, causé par le spectacle désolé qui s’étendait à perte de vue. Les cratères, éclairés par le Soleil dans un jeu d’ombres spectaculaire, ornaient le sol de la face cachée de l’astre lunaire où la seule surface régulière était sous ses pieds. Se reprenant, elle avança d’un pas rapide mais non pressé le long de la seule zone praticable, étrange avenue éclairée par le halo du bouclier atmosphérique, vers la première protubérance dépassant du paysage. La Porte se désactiva, ôtant son éclat à la surface presque déserte de la Lune, où une seule silhouette se déplaçait dans un silence quasi-absolu, s’éloignant de l’artefact déposé à l’extérieur du complexe terrien.
Sans y penser, elle balaya du regard son environnement, à la recherche des postes défensifs que les Terriens devaient forcément avoir dans la zone qui entourait leur Porte. Son esprit s’attarda sur le champ de force jaune-orangé qui fluctuait légèrement autour de son chemin.
-Il faut au moins reconnaître qu’ils savent impressionner les visiteurs, pensa Freya.
-Effectivement, c’est une manière bien plus élégante de montrer leurs capacités qu’une simple forteresse surarmée, réplica Anise. Pas d’ornements vulgaires, juste le vide sur simple pression d’un bouton. A certains moments, je me dis que nous aurions dû leur demander beaucoup plus pour les cristaux de tunnels, vu ce qu’ils en ont fait.
Le duo avait déjà eu l’occasion de visiter une partie des installations creusées dans les roches lunaires, et les informations, tant officielles qu’officieuses, que la Tok’Râ avaient recueillies, n’indiquaient rien moins qu’une forteresse.

Une forteresse dont la construction avait été rendue aisée par les cristaux que les Terriens avaient achetés par vaisseaux entiers.

Le tumulus, qui marquait la destination de la femme marchant sur la surface lunaire, s’ouvrit pour dévoiler une plate-forme où l’attendait Jack O’Neill. Elle le voyait comme l’un des rares humains qui, non content de ne pas avoir beaucoup à apprendre des Tok’Râ, avait redoublé d’efforts pour assimiler tout ce que son alliance avec eux pouvait lui enseigner.

-Vous n’avez pas pris une ride, dit-il d’un faux air de badinage quand elle arriva à sa hauteur.
-Merci, répondit Freya, tandis que son symbiote peinait à décrypter le visage de l’homme en face de son hôtesse, pour savoir s’il faisait une référence subtile à son vieillissement retardé, à son absence d’émotions faciales, à l’un des multiples plans qu’ourdissait dans l’ombre l’ancestrale organisation secrète, ou s’il faisait juste preuve de galanterie.

La conférence avait commencé au moment où elle avait posé le pied sur la plaque, et O’Neill avait frappé fort, comme le voulait sa réputation de diplomate hors-pair.


A moins que les dix mille ans de complots, d’espionnage et de danger omniprésent avaient, comme le prétendait la rumeur, rendus les Tok’Râ légèrement plus paranoïaques que la normale… surtout quand leur adversaire diplomatique du jour avait tendance à user de toutes ses armes rhétoriques au moment opportun. Ce qui, dans le cas de ses relations avec la Tok’Râ, correspondait à mimer le mot “Khalan“ chaque fois que les négociations tournaient à son désavantage. Un autre diplomate aurait peut-être eu la délicatesse de ne pas évoquer cet embarrassant épisode.

C'était sans doute pour cela que les Terriens n'avaient pas choisi un autre diplomate.




Les cinq jours de la conférence furent, l'un dans l'autre, à la fois aussi pénibles et profitables que O'Neill l'avait prévu.


Dernière édition par Rufus Shinra le Mer 24 Mar 2010 - 23:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptySam 4 Nov 2006 - 20:16

pardon pour l'odieux copié-collé mais mon avis reste mon avis Wink

voilà une FanFic agréable, intéressante et bien menée Heureux j'apprécie beaucoup ces différents développements que tu fais.

l'académie Catherine Langford sur la Lune, le dock spatial, les cours et les affectations, wha ça c'est de l'idée. Heureux il pourrait n'y avoir que ça dans la Fic, j'aimerais quand même Wink un mélange de "2001, l'Odyssée de l'Espace" et de "Starship Troopers" qui rend très bien.

ça a un côté émouvant, les premiers pas en solitaire de l'Humanité en plein essor dans cet univers hostile!

j'espère voir (lire?) Teal'c et Jackson en chair et en os Heureux et revoir cette Cassandra adulte...

bémol: tu devrais développer l'état d'esprit de ceux qui abandonnent une maison et des gens sur Terre pour prendre un croiseur comme "nouvelle maison", en secret en plus. scratch

concernant ton chapitre 5: ton style est déjà plus clair et plus étoffé, tu t'améliore vite. Wink l'histoire est toujours bien partie, mais je me demande si tous les officiers deviennent super-général-40-étoiles-machin-chose?
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptySam 4 Nov 2006 - 20:24

14 ans après la saison 8, on se doute bien qu'il y ait eu quelques promotions, ne serait-ce qu'à l'ancienneté......En plus, dans un navire de cette taille, on comprend que le CAG soit un général 1 étoile, et que le second soit, en équivalent armée de terre ou de l'air un colonel : L'engin est une base aérienne à part entière, et commande une petite flotille de DSC.
Pour Carter, il est compréhensible qu'elle soit à un poste comme CO du SGC. En plus, l'organisation gérant le programme Porte des Etoiles peut (ce n'est qu'une possibilité) avoir sa structure hiérarchique formée récemment, et donc a besoin d'officiers généraux compétents. Et il n'a pas été trop dur de les trouver : Le staff du SGC, ainsi que quelques bons officiers des nations terriennes, qui se sont donc retrouvés aux positions-clés de l'organisation.

Si tu as d'autres commentaires, n'hésites pas.
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptySam 4 Nov 2006 - 21:22

La fanfic est agréable à lire, interessante, innovante, et tu présentes des idées logiques que la série n'a parfois pas le loisir de traiter.
La cohérence militaire est très agréable (je déteste trouver des incohérences flagrantes, et là, je n'en ai pas trouvées)

Tu écris bien. Pas richement, mais bien. Tu écris juste assez, sans lourdeurs, sans manques, avec un style agréable.

Tu dispose d'une solide documentation dont tu as fait bon usage. La fanfic s'en ressent positivement.

Enfin, j'ai beaucoup aimé le dernier chapitre d'arrivée sur le Condordia.
L'humour particulier mélé à sa rigueur est sympatique chez Mitchell. On ne lui connait pas vraiment cet aspect sec dans la série, mais c'est logique chez le CAG d'un aussi gros vaisseau.

Seul petit bémol : Tu aurais peut-être pu dévelloper à peine un peu plus les aspirants à l'académie. Hormis Carl, on retient à peine le nom des autres. Mais je pense que les dévellopements viendront avec les évènements ?


PS : CDC, c'est pour Combat Direction Center. Ta modification est intentionnelle ?
PPS : Bravo pour la minutie dans le post sur le forum. Mettre les balises pour l'Italique, ça a du être pénible.

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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptySam 4 Nov 2006 - 21:27

Effectivement, pour le CDC, je me suis trompé, et j'ai modifié le nom. Autrement, je compte passer de l'un à l'autre, ou tout au moins les faire intervenir régulièrement pour connaître leurs points de vue de leur situations respectives, donc les aspirants seront un peu plus développés (Samir au CIC sera très présent dans le fic, et, dans une moindre mesure, il y aura en parallèle Shanti dans son équipe SG et Anna sur Atlantis).
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptySam 4 Nov 2006 - 23:10

J'ai un peu continué la rédaction de la fic, et comme promis, j'introduis un peu plus le second personnage :

EDIT : Voici la nouvelle mouture du chapitre 06, l'ancienne étant en spoiler à la fin du post.

Chapitre 06 : Sol

Au bout de plusieurs jours, Carl n’arrivait toujours pas à prendre complètement conscience de l’étendue du vaisseau qui lui servait désormais de foyer. Passant une grande partie de son temps libre à explorer les coursives du mastodonte qui reposait à proximité de la Lune, le jeune pilote se rendait péniblement compte qu’il lui faudrait probablement plus d’une semaine pour découvrir le reste des zones du Concordia qui lui étaient accessibles.
Son groupe avait été accueilli par un homme dont il avait vu le nom et le visage dans ses cours sur l’histoire du Programme. Le général Mitchell, qui dirigeait apparemment l’ensemble de l’aviation embarquée du navire et de ses escorteurs, était, à en croire ses instructeurs, une légende en soi, pilote ayant pris un temps la tête du commando le plus respecté de la galaxie avant de retourner vers les cockpits. Il était, selon les rumeurs, l’un des principaux artisans du premier vaisseau entièrement dédié au combat par chasseurs interposés, et avait refusé des postes plus prestigieux pour être à bord de l’engin.

Carl le comprenait parfaitement, et ne pouvait qu’approuver une telle décision, alors qu’il marchait dans l’un des multiples hangars. Ce dernier, grand hall grisâtre, abritait une quarantaine d’appareils d’apparence semblable, les uns arrimés au fond de leurs baies individuelles, les autres entourés de techniciens et d’ingénieurs s’affairant à leur maintenance. Il reconnut son chasseur d’un coup d’œil, bête étranges dont l’un des moignons d’aile était examiné par un groupe d’hommes et de femmes aux tenues colorées. Pris d’une brève inquiétude, il s’arrêta brusquement avant de reprendre son chemin, se rappelant ce que ses instructeurs lui avaient dit et répété, qu’il devait avoir confiance en ces professionnels, sans quoi il ne pourrait jamais dormir. Passant devant le petit appareil, il prit quelques instants pour discuter avec les mécaniciens avant de repartir vers sa destination, l’hôpital principal.

Plus encore que pour les derniers porte-avions qui croisaient sur les océans terriens, le Concordia était une véritable ville, dont l’autonomie ne devait pas pouvoir être prise en défaut dans ses missions. Celles-ci, depuis que la Terre n’était plus sur le qui-vive d’une nouvelle attaque Goa’uld, s’étaient fortement élargies, passant du combat pur au traditionnel rôle politique et diplomatique qui incombait aux marines militaires. Ainsi, le porte-astronefs se doublait d’un énorme navire de transport apte à ravitailler ses escorteurs ou à donner à la Terre une capacité logistique que n’offrait pas le réseau de Portes.


Quelques dizaines de mètres plus haut, le centre de commandement du navire, le CIC, était pour la première fois de son histoire entièrement rempli, alors que commençaient les ultimes préparatifs de départ. Les différents opérateurs surveillaient leurs consoles respectives, sachant que le vol inaugural du nouveau vaisseau-amiral de la jeune flotte terrienne se devait d’être absolument parfait, aussi bien pour des questions de fierté que pour le prestige-même de leur planète auprès des autres puissances.

A proximité de la cuve holographique où flottaient la Lune et les différents contacts fournis par les détecteurs voisins, le capitaine de vaisseau Li Ha Tran suivait avec appréhension le cours des évènements. Vétéran des forces sous-marines chinoises, il avait fait partie du premier contingent envoyé dans le Programme par son pays, affecté à l’un des croiseurs de seconde génération qui composaient le gros des forces spatiales.
Sa promotion à ce poste était, il le savait, partiellement due au jeu politique qui perdurait entre les membres du Conseil de Sécurité, mais pas uniquement, loin de là. Sa compétence avait été prouvée suffisamment souvent au cours de ses affectations pour se voir offrir un commandement, quand, après huit mois à peine à la tête du Ulysse, il avait été rappelé sur Terre.
Ayant craint une disgrâce politique, il n’avait compris que récemment la raison de sa mutation à la tête du premier porte-avions chinois, sur lequel il avait passé plusieurs années. Celui-ci lui avait permis de se familiariser avec le vaisseau dont le commandement venait de lui échoir.
Le Concordia lui semblait être une improbable fusion de ses différents commandements : sous-marinier dans l’âme, il s’était adapté sans mal aux contraintes particulières des vaisseaux spatiaux, tandis que le Sun Tzu lui avait appris à voir les problèmes tactiques sous un angle indirect.
Pour autant, sa tâche était complexe, puisque c’était à lui, comme aux autres officiers de commandement à bord du navire, le général Mitchell et l’amiral Wulfe, d’établir les premiers éléments d’une doctrine aussi nouvelle que son vaisseau.

Les appareils individuels, historiquement les parents pauvres du combat spatial sous l’ère Goa’uld, avaient connu un bond quantique en terme de capacités lorsque les Terriens, ignorants de l’évidente inutilité du chasseur contre le croiseur, s’étaient mis en tête de faire du premier une arme mortelle contre le second. Pressés par la nécessité, les scientifiques et ingénieurs des premières années du Programme avaient dû trouver une solution pour faire des deux uniques chasseurs goa’uld récupérés une arme défensive pouvant mettre à mal des vaisseaux faisant plusieurs milliers de fois leur taille.

Le résultat avait été un bricolage impliquant des générateurs de boucliers volés, des idées aberrantes, de nombreuses nuits blanches et de l’huile de coude. Les premiers missiles anti-vaisseaux terriens, surnommés “torpilles“, étaient lourds, peu manœuvrables et nécessitaient des conditions de tir aussi idéales qu’inatteignables pour franchir les boucliers des Ha’Tak d’Apophis. L’évolution était tout de même de nature à bouleverser la guerre spatiale comme les porte-avions avaient à leur époque détrônés les cuirassés. Et c’était à lui, premier capitaine du premier vaisseau construit autour de ce concept, que revenait la responsabilité d’en démontrer la validité.

-Rapport ingénierie, demanda-t-il en se tournant vers une section du CIC.
-Générateurs 1 à 11 activés, alimentation électrique optimale, lui répondit le lieutenant en charge du groupe d’opérateurs. Les propulseurs ont commencé leur cycle d’activation et se sont synchronisés avec les compensateurs inertiels.
-Très bien, continuez les préparatifs. Activation des propulseurs à onze heures cinquante-huit.
Il balaya du regard les emplacements des multiples caméras du CIC, sachant parfaitement que les regards des principales autorités politiques et militaires de sa planète natale allaient peser sur lui tout au long des manœuvres inaugurales du nouvel appareil. Chacun de ses gestes, chacune de ses paroles, serait enregistrés, et seul le professionnalisme pouvait y transparaitre.


Tout le personnel navigant de l’escadre embarquée était réuni dans une salle de briefing pour la première fois remplie. Carl, situé sur l’un des côtés, suivait avec attention le briefing donné par Mitchell.
-A midi pile, le Connie va décoller, et on va faire la même chose. L’escadron Reaper entamera son vol acrobatique, tous les autres resteront en formation aux positions prévues, sauf Nova, qui restera en alerte 5 pendant toute la cérémonie. A T plus cinq minutes, tout les appareils en vol se remettront en formation de parade jusqu’à T plus quinze, où les escorteurs nous rejoindront. Ensuite, si personne n’a fait le con, on rentre au bercail et on profite d’une semaine de tourisme.
Un hologramme s’afficha, montrant la Lune en orbite et les vaisseaux à proximité du point de Lagrange dans son ombre.
-Vous avez les cartes de navigation dans vos PDA et dans les ordinateurs de vol, reprit-il. Comme d’hab’, interdiction absolue de sortir du cône d’ombre lunaire. Je n’ai pas envie qu’un abruti d’astronome amateur prenne une photo d’un de mes pilotes, alors gardez le calque de navigation dans les cockpits. La répartition pour les CAP de la semaine est affichée à la sortie. Je veux tout le monde dans les cockpits à H moins dix. Rompez.


Une heure plus tard, le cockpit opaque se refermait sur l’habitacle, enfermant ses deux passagers dans une brève obscurité, pendant l’instant précédant l’activation des écrans tout autour d’eux. Carl vit le hangar apparaitre autour de lui, les formes familières annotées automatiquement par l’ordinateur de contrôle. Il eut à peine le temps de fixer son harnais que la nacelle vibra, soulevée par un plateau.
En une poignée de secondes, le module de pilotage et de survie fut amené au niveau du chasseur, s’y verrouillant avec un bruit sourd.
-Connexion confirmée. Tous mes systèmes fonctionnent, dit le copilote.
-D’accord, pareil chez moi, répondit Carl avant d’appuyer sur un bouton de son tableau de bord. Contrôle, ici Halcyon, tout est paré.
“Bien compris, Halcyon. Restez en attente,“ répondit une voix dans les haut-parleurs.
-Alors ? lui demanda son copilote, qu’il avait rencontré pour la première fois à son arrivée à bord. Pas trop stressé de passer devant tous les gradés ?
-Un peu, mais bon, ça va juste être un vol en formation ? Je ne vois pas ce qui pourrait…
-Stop !
-Quoi, demanda-t-il en se retournant.
-Ne prononce jamais ce genre de phrase, ça attire les emmerdes comme pas possible.
-Hmm…, si tu le dis.
“Halcyon, ici contrôle. Vous avez le feu vert, dirigez-vous vers la catapulte 6. Terminé.“
-Bien compris, contrôle. Terminé, répondit-il avant de couper la communication. C’est parti…

Un homme arriva en face du chasseur et se tourna vers l’engin d’un noir mat avant de lui faire signe d’avancer.

Obéissant avec précision aux commandes de son pilote, l’intercepteur sortit lentement de sa zone d’entretien, pour rouler vers l’un des couloirs d’accès aux baies de lancement.




Sans concertation, tous les nouveaux membres d’équipage du Concordia s’étaient retrouvés dans les heures suivant la fin de la cérémonie à la proue du vaisseau. Celle-ci abritait l’un des rares postes d’observation du navire de guerre, bulle de polymères transparents rajoutée par-dessus la coque externe. Les rares conversations qui se tenaient étaient chuchotées dans la semi-obscurité, alors que la vue qu’offrait la vitre panoramique était dévorée en silence par les techniciens, pilotes, infirmiers, cuisiniers, administrateurs et autres militaires pour qui le porte-astronefs représentait un rêve qui écrasait tout ce dont ils avaient jamais pu rêver.
Carl faisait partie de cette foule béate, reconnaissant telle ou telle constellation dans la nuit étoilée, ne remarquant plus les discrètes fluctuations du bouclier qui assurait sa sécurité. Il avait déjà été sur la Lune, dans l’espace, et même aux commandes de son propre appareil, lors de sa formation ou encore de la cérémonie qui venait de s’achever plus tôt. Mais rien n’atteignait le sentiment de plénitude, de perfection, qui le submergeait à présent.
Les points qu’il voyait, planètes proches et étoiles lointaines, étaient sa prochaine destination comme pouvait l’être une ville sur une carte.
Vénus dans six heures, Mars demain… merde… comment… comment est-ce que j’ai fait pour vivre avant ? pensait-il, comme les hommes et femmes autour de lui.

Regardant autour de lui, il ne vit que des regards de personnes qui ne savaient toujours pas si elles vivaient un rêve ou bien si les années passées à l’Académie étaient bien réelles. Le jeune homme reconnaissait ces émotions facilement, les ressentant aussi.

Puis, d’un coup, le charme se brisa quand son attention fut attirée par un point brillant traversant son champ de vision comme une étoile filante. Il devina l’une des patrouilles de la CAP, qui devait probablement rentrer à bord pour se faire relever, et la vision lui rappela brutalement que là où il était, tout était loin de n’être qu’ordre et beauté. La Terre elle-même n’avait survécu que parce qu’elle avait eu beaucoup de chance, et son statut privilégié était, il le savait, loin d’être assuré. Cette Histoire, qu’il avait étudié avec fascination pendant les quelques années à l’Académie, il la voyait tout autour de lui désormais. L’officier en charge de l’aviation embarquée avait mené l’assaut lors de la bataille de l’Antarctique et avait été à la tête de la mission de renseignements qui avait permis la défaite de Ba’a lors de la troisième bataille de Dakara. Son copilote avait pris part à une escarmouche contre des vaisseaux Wraith lors de son séjour sur Atlantis. Chacun ou presque avait son histoire, et Carl avait l’impression d’avoir été brusquement plongé dans un film de science-fiction transposant la seconde guerre mondiale dans l’espace.
Sauf qu’il n’y avait pas d’Ennemi à vaincre. Juste une foule d’individus avec des intérêts très variés et des moyens colossaux.

En silence, il se retourna et rentra dans le sas menant à l’intérieur du vaisseau, qui croisait en propulsion conventionnelle dans le système solaire, loin de tous les regards.



-Bienvenue en enfer, annonça posément le major en charge des nouveaux, indiquant l’hologramme de Vénus qui flottait dans la salle de briefing.
La planète n’était la jumelle de la Terre que dans le sens le plus large et le moins précis possible du terme, son atmosphère habitant régulièrement les cauchemars de tous les concepteurs de combinaisons en milieu hostile qui travaillaient pour le Programme.
-Ce genre d’endroit, c’est la merde. La merde parce que si vous vous éjectez, vous ne survivrez pas plus de quelques minutes, le temps que les filtres de la combinaison soient bouffés. La merde, parce que si vous rentrez à bord, vous prendrez une cinquantaine de coups de pied au derrière de la part de techniciens qui vont passer leur semaine à réparer votre chasseur. La merde, parce que les engins Goa’uld et assimilés volent sans problème dans ce genre de purée de pois.
Il laissa les informations être assimilées avant de continuer.
-Le bon point, c’est qu’on a les SWACS.
L’hologramme bascula sur un vaisseau anguleux, d’une taille légèrement plus grosse qu’un Tel’Tak.
-En plus de vous fournir des bons capteurs, un contrôle de tir et une propulsion hyper, ces jolies bêtes ont un bouclier atmosphérique. Un vrai. Traduction pour vous, aujourd’hui, vous allez tous passer au moins six heures dans l’atmosphère de Vénus pour quelques exercices de poursuite de cible, avec l’un de ces gentils engins. Si vous restez à moins de cent mètres en permanence, vous aurez le droit au filtrage et ça ira. Si vous sortez de la bulle… je me ferai une joie d’aider nos amis du service de maintenance à vous apprendre le respect du matériel.

Carl se redressa dans son siège, suivant le briefing, alors que le major donnait les détails des engagements simulés qui allaient prendre place dans l’atmosphère corrosive, entrecoupant ses explications d’exemples tirés de ses propres expériences dans des conditions similaires.
-Je sais que vous avez déjà fait quelques vols en atmosphères, mais jamais dans ces conditions, alors écoutez-moi bien. Vos chasseurs ne sont pas prévus pour voler dans ce genre de merdier. Les contrôles sont prévus pour simuler ceux que vous auriez dans un vrai avion, mais c’est juste ça : une impression. Ca veut dire que vous devrez faire gaffe. Les manœuvres de retournement sont possibles, mais pas aussi vite que dans le vide, sans ça la carlingue se cassera en deux. Pas de raccourcis, faites ce que vous avez appris à l’entraînement, et on évitera d’avoir des morts dans la première semaine. Les cinq meilleurs aujourd’hui commenceront leur formation sur le Wyvern, l’escadron atmosphérique a besoin de viande fraiche.
Il conclut en laissant une représentation du chasseur atmosphérique remplacer la corvette de contrôle dans la cuve holographique. Carl avait aperçu la douzaine de chasseurs dans l’un des hangars. Au contraire de son appareil, les Wyvern avaient de vraies ailes, à géométrie variable, et des entrées d’air. Leur forme élancée était, pour l’œil averti, un croisement entre les différents chasseurs les plus modernes de la fin du XXème siècle. Absolument inutile dans le vide, il était cependant conçu pour écraser toute opposition à l’intérieur d’une atmosphère respirable, qu’il soit lancé depuis le Concordia ou bien depuis le SGC, ses ailes repliées lui permettant de franchir la Porte.
Pourtant, s’il correspondait en apparence au fantasme de tous les pilotes, Carl n’arrivait pas à l’apprécier, le considérant comme trop limité de par sa fonction-même. Le jeune homme pouvait faire avec son chasseur des manœuvres totalement impossibles pour un appareil atmosphérique, avait une souplesse de contrôle que seul le vide pouvait offrir et, tout simplement, ne pouvait plus se passer du paysage que lui offraient les étoiles.


De retour d’un vol éprouvant dans l’atmosphère dense de Vénus, les différents pilotes suivirent tous le même chemin en sortant des vestiaires, celui d’une des salles de détente qui, en quelques jours, avait été plébiscitée par l’ensemble du personnel navigant. La pièce, devenue de facto une annexe réservée aux pilotes et aux opérateurs des appareils hébergés par le Concordia, était d’une taille étonnamment grande pour un vaisseau de guerre. Une poignée d’écrans venaient amener les informations de la semaine, dans un programme qui se résumait à un montage de journaux télévisés de différentes chaînes d’envergure planétaire. Carl, par réflexe, regarda rapidement les premiers titres, et, voyant qu’ils parlaient toujours de la crise pétrolière qui légitimait la transition énergétique en cours depuis quelques années déjà, reporta son attention sur la foule.

Les tables étaient pour la plupart occupées, et le jeune pilote remarqua rapidement que les nouveaux tels que lui avaient tendance à rester ensemble, tout comme les vétérans. Ceux-ci constituaient l’écrasante majorité des pilotes, apparemment mutés depuis les divers croiseurs identiques à ceux qui escortaient le vaisseau. Il s’était rendu compte les premiers jours que si l’ambiance était bonne, ses supérieurs avaient tendance, lors de leur temps de repos, à rester dans des groupes fermés. A en juger par les propos qu’il avait pu entendre au détour d’une conversation, la plupart des chefs d’escadrons, et leurs seconds, avaient servi sur le Prométhée avant sa retraite comme vaisseau-école.
Ca devait être quelque chose, d’aller au combat dans un vaisseau aussi bizarre… se dit-il en repensant à l’engin qui avait servi de navire-amiral à la Terre, où des radars du début de la guerre froide côtoyaient des ordinateurs de navigation recyclés du programme Apollo, le tout armé avec les derniers modèles de missiles et de canons.

Instinctivement, il tourna la tête vers l’un des murs où étaient suspendues des photos des divers vaisseaux terriens, et regarda celles du Prométhée. Une grande partie des clichés avaient été pris depuis les appareils embarqués, lors des voyages de l’ancêtre des croiseurs actuels, lorsqu’il avait fait la première exploration exhaustive du système solaire, quelques mois après la bataille de Dakara.

L’équipage d’alors s’était offert, avec la bénédiction du colonel Carter, un voyage à la motivation plus touristique que scientifique près de chacun des astres notables proches de la Terre. Depuis, dans la mesure du possible, chaque vaisseau commençait sa vie par ce même trajet, un rituel que ne regrettait absolument pas Carl.

Deux jours plus tard, la salle d’observation était à nouveau remplie, avec une foule identique à celle du premier jour, alors que Jupiter grossissait à l’œil nu, quittant la voute céleste pour s’imposer dans sa majesté aux nouveaux arrivants et, par caméras interposées, à une grande partie du reste de l’équipage.

Le cap avait été calculé de manière à arriver face au gigantesque ouragan qui marquait la géante gazeuse, et l’effet n’en était que plus spectaculaire, alors que le mastodonte, soudain devenu nain insignifiant, commençait à s’insérer en orbite au-dessus d’Europe.
Les différentes personnes présentes étaient divisées entre celles qui continuaient à fixer la sphère de gaz qui aurait pu donner naissance à une seconde étoile et celles qui admiraient la lune de glace qui s’étendait désormais à quelques centaines de kilomètres sous leurs pieds.


Carl, lui, profitait déjà de la vue que lui offrait l’écran qui constituait la quasi-totalité du cockpit, où se superposaient images extérieures et informations tactiques. Lone Wolf, son chef de groupe, avait profité de la présence voisine d’une sonde lancée depuis la Terre quelques années auparavant pour réaliser une série d’exercices d’attaque.

A quelques dizaines de minutes-lumière de là, le personnel de la NASA se voyait offrir une nouvelle raison de s’agacer, alors que les capteurs particulièrement sensibles du module devaient être désactivés pour ne pas être irrémédiablement endommagés par l’afflux d’énergie des radars et lasers de détection utilisés par les vaisseaux voisins. Sans compter les infimes modifications qu’allait connaitre la trajectoire balistique de l’engin, perturbée par les masses voisines, erreurs qui alimentaient des pseudo-débats sur les corrections à appliquer à la mécanique newtonienne et relativiste, débats qui étaient autant d’heures supplémentaires pour les agences spatiales terriennes.

-Carl, dit son chef de groupe par laser de communication, à ton tour. Approche rapide, glissade Shelton et manœuvres évasives.
-Bien compris, capitaine, répondit le pilote, en activant d’un geste son ordinateur de visée.
Exécutant les tâches habituellement réservées au copilote, il rentra la brève série de commandes indiquant à son chasseur de faire pivoter la tourelle frontale vers sa cible. Celle-ci était à présent entièrement modélisée et analysée par le balayage de lasers qui, en combat, pouvaient être utilisés pour ôter automatiquement et définitivement la vision à tout appareil utilisant encore un cockpit transparent, une fois que leurs pilotes étaient reconnus par les optiques du chasseur terrien.
En une fraction de seconde, la structure interne de la cible fut traitée par un logiciel spécialisé, qui en détermina les forces et faiblesses structurelles, et ajusta en conséquence l’angle du canon rotatif et l’énergie affectée à ses accélérateurs électromagnétiques.
D’une pression, le pilote décocha une rafale simulée, alors que son appareil, en vol balistique modifié par une série d’impulsions aléatoires de ses propulseurs de manœuvre, esquivait les tirs qui seraient venus d’une vraie cible.
La palette de senseurs et d’ordinateurs décréta moins d’une minute plus tard la destruction aussi virtuelle qu’intégrale de la sonde, alors que son bourreau ne l’avait pas approché à moins d’une centaine de kilomètres et reprenait déjà sa place dans la formation à laquelle il appartenait.


Une voix se détacha du murmure qui parcourait continuellement le CIC du porte-astronef :
-Réception d’une transmission Flash en provenance du SGC, annonça le responsable des communications. Le commandant se rapprocha du pupitre de l’homme, alors que le message était imprimé.
-Confirmez la réception, quartier-maître, dit-il en prenant la feuille.
Le quadragénaire se mit à lire le message, et fronça les sourcils. Il prit son communicateur et appuya sur l’un des boutons de raccourci, qui envoya un message préenregistré à une liste de contacts.
-Bon, et bien on peut dire adieu à la balade, murmura-t-il avant de se diriger vers l’un des micros et de le régler sur le réseau général.


Au moment où Carl franchit entra dans la salle, la sonnerie du haut-parleur se mit à retentir au travers du vaisseau, suivi d’un appel :
-Attention, attention. Nous sommes en alerte orange. Tout le personnel à son poste, je répète, tout le personnel à son poste. Ceci n’est pas un exercice. Les officiers navigants sont appelés en salle de briefing numéro deux pour onze heures zéro-zéro. Préparez-vous pour un saut hyperspatial dans quinze minutes.
-Et merde… lâcha le jeune pilote en se retournant, avant de se diriger d’un pas rapide vers la destination indiquée par l’annonceur.
Derrière lui, le mess se vidait rapidement, alors que le voyage inaugural du Concordia s’achevait plus tôt que prévu, comme pour la majorité des vaisseaux terriens avant lui.


L’alerte ne sonnait pas, mais tout le monde autour de lui agissait comme. L’amiral Wulfe, qui avait le commandement de l’escadre en vue de sa première patrouille, à but diplomatique, était sorti de sa cabine quelques secondes à peine après avoir reçu le message préenregistré. Les matelots comme les officiers s’écartaient sur son passage, lui donnant un salut bref sans s’arrêter, auquel il n’avait pas le temps de répondre. A moins d’une minute de ses quartiers se trouvait l’un des ascenseurs qui parcouraient le navire de part en part. Celui-ci, cependant, avait sur son bouton d’appel un scanner biométrique particulièrement précis, qui identifia l’officier le plus haut gradé du vaisseau en une fraction de seconde, appelant la cabine l’instant après que Wulfe eut appuyé sur le dit-bouton.

Il arriva alors rapidement à sa destination, le poste d’état-major. La salle, de grande taille, comprenait une copie simplifiée du CIC, qui permettait à l’officier en poste de suivre les mouvements de son vaisseau-amiral, mais aussi un réseau d’alcôves entourant une cuve holographique sensée représenter la situation tactique ou stratégique sur laquelle les décisions devaient être prises.
-Amiral sur le pont, aboya l’officier de quart, une femme d’une trentaine d’années spécialiste des tactiques militaires jaffa.
-Repos, dit-il brusquement avant de se rendre vers son pupitre.
S’identifiant par empreinte biométrique, il vit que le commandant lui avait envoyé une copie du message qui avait justifié l’agitation à bord. Il le parcourut, puis se retourna vers l’officier de quart.
-Susan, préparez-moi les cartes du secteur…, commença-t-il en reportant son regard sur la partie du message référençant sa destination. Du secteur Sierra-Mike-Charlie huit-deux-huit. Avec un rapport rapide des forces en présence.
-Bien monsieur, répondit-elle en se dirigeant vers l’un des ordinateurs.
Il parcourait depuis quelques minutes les annexes au document, photos et rapports, quand l’ascenseur s’ouvrit à nouveau, laissant entrer une demi-douzaine d’officiers, dont certains terminaient apparemment de fermer leur uniforme.
-Très bien, tout le monde, leur dit-il alors qu’ils s’approchaient. Nous venons de recevoir notre première mission. Le SGC est tombé lors d’une de ses missions de reconnaissance sur une situation anormale. Apparemment, plusieurs planètes ont subi une attaque nucléaire intensive dans ce secteur du Petit Nuage de Magellan.
Rentrant une série de commandes sur l’écran tactile, il fit s’afficher dans la cuve les cartes qui venaient de lui être fournies par le lieutenant qui balayait les archives sur l’état politique et militaire du secteur.
-Cela va être une opération conjointe entre le SGC et nous. Nous allons fournir un soutien logistique et nos capacités de surveillance en espace profond pour déterminer l’origine de ces attaques. Comme indiqué, nous partons en hyper dans moins de dix minutes. Inoue, les stocks sont-ils opérationnels ?
-Oui monsieur, répondit le lieutenant qui supervisait pour l’état-major les aspects logistiques de la flotte. Nous avons de quoi tenir plusieurs jours de combat intensif si nécessaire, et six mois de navigation autonome.

Son moniteur émit un petit son, accompagné d’une fenêtre indiquant un appel et son origine.
-Je vous ai envoyé un mémo avec notre destination prévue. Occupez-vous d’organiser l’escadre, réunion dans trente minutes, conclut-il en appuyant sur l’écran pour accepter la communication.
Le visage de Mitchell apparut sur l’écran, l’agitation du CIC se poursuivant derrière lui.
-Vous avez reçu le message, amiral ? Qu’est-ce qu’il se passe ?
-Aucune idée, Shaft, répondit-il en utilisant le nom de guerre de son CAG. J’ai eu la même chose que vous. De toute façon, je vais demander une communication avec Carter dès qu’on sera sur place. En attendant, préparez vos pilotes, je vais faire stopper l’escadre deux années-lumière avant le point prévu pour pouvoir dispatcher une patrouille pour préparer notre arrivée.
-Pas de problème, monsieur. Je vais donner les ordres.

Sans un mot de plus, le pilote mit fin à la communication et se rendit dans la pièce voisine, qui abritait la salle de contrôle qui lui permettait de coordonner les efforts des appareils embarqués par tous les vaisseaux de l’escadre. Son second, le colonel Ethelbert, était occupé à rassembler les dernières informations sur l’état des chasseurs en vol et dans les hangars, alors que les contrôleurs géraient la série d’appontages, suivant les quelques engins sur une série d’affichages ésotériques que seuls les initiés pouvaient comprendre.
-Zach, dit-il en se rapprochant de son second, des problèmes ?
-Non, monsieur, dit l’officier supérieur en se retournant. Un ou deux retards, mais tous les appareils devraient être rentrés avec assez de marge pour être tranquilles.
-Très bien, on va en salle de briefing, alors. Oh, et puis, tant qu’on y est, jette un coup d’œil à ça, dit-il en lui tendant une copie du message. Ca va t’amuser.

L’officier britannique ne fut pas amusé.





Ancienne version du chapitre

Spoiler:
 


Dernière édition par Rufus Shinra le Ven 9 Avr 2010 - 22:34, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptyDim 5 Nov 2006 - 10:30

Ce chapitre devient de plus en plus interessant. J'aime bien les allusions des personnages à leurs actions passés. Là, on les voit se dévelloper.

J'attends impatiemment la suite.

Ortega, le nom du joueur, ça me rappèle quelque chose. C'est une allusion délibérée ou tu avais le nom en tête ?
Le fait que les officiers du CIC enfilent une combinaison est malin. C'est dans la logique des tenues anti-incendies portées par nos marins dans les CO des navires français.

Par contre, petite question : Contrairement à ce qui se faisait dans le temps, les pilotes de chasseurs portent des combinaisons presurisées en plus de l'atmosphère dans le cockpit, je suppose ?
(j'ai souvent été exaspéré par la tenue des pilotes dans stargate qui se balladaient dans l'espace sans protection en cas de problème. Alors que dans Battlestar galactica et Universal War One, par exemple, les pilotes de chasseurs et de bombardier portent des combinaisons spatiales légères, mais à même d'assurer leur survie dans le vide.
(Dans UW1, ils ont même un pack dorsal léger de propulsion qui leur permet de se transborder d'un vaisseau à l'autre même sans points d'attache)

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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptyDim 5 Nov 2006 - 10:48

En situation de combat, tout l'équipage doit porter des combinaison pressurisées légères, pour survivre à une décompression accidentelle, et les compartiments situés près de la coque sont dépressurisés, à la fois pour réduire les ondes de choc et pour éviter les incendies.

En gros, considères que tout le monde porte des tenues similaires à celles des pilotes de BSG.

Sinon, pour Ortega, j'avais juste le nom en tête.

Aussi, ici, les appareils de combat n'ont pas de cockpit à proprement parler, mais une nacelle-habitacle renforcée, qui est placée dans l'appareil, ce qui permet de renforcer la résistance de cette partie critique, et, en cas de problème, de l'éjecter de l'appareil et de garder malgré tout une possibilité de retour à la base.
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptyDim 5 Nov 2006 - 12:07

Citation :
Aussi, ici, les appareils de combat n'ont pas de cockpit à proprement parler, mais une nacelle-habitacle renforcée, qui est placée dans l'appareil, ce qui permet de renforcer la résistance de cette partie critique, et, en cas de problème, de l'éjecter de l'appareil et de garder malgré tout une possibilité de retour à la base.
Très ingénieux. Un peu comme les nacelles éjectables des hélicoptères de combat, mais en plus évolué et perfectionné ?
Mais les pilotes portent tout de même une combinaisons spatiale, n'est-ce pas ?

Citation :
Sinon, pour Ortega, j'avais juste le nom en tête.
Je posais la question car dans Buck Danny "tonnerre sur la cordillière", le Général d'aviation du Managua s'appelle le Général Ortega, si je me souviens bien. Je me demandais donc si c'était une allusion à cette BD.

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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptyDim 5 Nov 2006 - 12:21

Les pilotes portent toujours une combinaison pressurisée, dans les nacelles ou dans le hangar, en théorie (bien qu'ils puissent parfois ne pas avoir le temps de l'enfiler avant d'être dans le hangar).

Sinon, je n'avais pas fait de référence aux Buck Danny, toujours dans son F-22 à plus de 80 ans, mais j'avais juste pensé à ce nom. Mais autrement, j'ai glissé moult références à des livres, films et jeux de qualité de SF, si tu veux essayer de les retrouver ^_^;.
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marpire
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptyDim 5 Nov 2006 - 14:16

Que dire à part excellent. J'adore ta fic. Une universitée sur la Lune ? Je peux y aller very happy .
C'est très original. J'adhère.
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptyDim 5 Nov 2006 - 14:21

Citation :
Sinon, je n'avais pas fait de référence aux Buck Danny, toujours dans son F-22 à plus de 80 ans
Que veux-tu ? C'est souvent la règle avec les Héros de BD. (comme Biggles qui a 20 ans en 14-18 et 30 ans en 1944)
Surtout qu'il ne les fait pas du tout ! J'aimerais bien connaitre la marque de son antirides. mrgreen

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Rufus Shinra
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptyDim 5 Nov 2006 - 19:50

Chapitre 07 : Appréhensions

Le SGC était un endroit étonnamment paisible, une fois que l’on apprenait à intégrer son activité incessante à la routine. Pour Shanti Bhosle, toute nouvelle recrue de l’équipe SG-22, la transition était loin d’être terminée, alors qu’elle s’habituait progressivement à cet environnement qu’elle voyait pour la première fois en tant que membre à part entière de la base lunaire.
Appartenant à l’une des équipes qui étaient le fer de lance de la puissance diplomatique et militaire terrienne, les responsabilités pesaient d’autant plus sur elle qu’une part considérable du travail réalisé par la base enterrée consistait à permettre à ces groupes de remplir leurs missions.

La structure offerte par le réseau de Portes était en effet défavorable aux attaques frontales, puisque les assaillants devaient passer par un goulet d’étranglement aisément défendable. Une telle situation s’était cependant révélée facilement exploitable par toute puissance à l’approche plus subtile, pour qui il était bien moins intéressant de mourir pour ses idéaux que de faire le nécessaire pour que ses ennemis meurent pour leurs idéaux. Les actions des premières unités SG avaient démontré de manière spectaculaire la validité du concept de commando dans la lutte contre les forces Goa’uld, et les équipes s’étaient multipliées pour répondre aux besoins croissant de la Terre en termes de renseignements et d’opérations politiquement incorrectes. La jeune femme faisait partie d’une équipe de reconnaissance en force, dont la mission était de recueillir les renseignements, bien le plus précieux qui soit, tout en restant capable de neutraliser par ses propres moyens d’éventuelles unités de patrouille.

Rentrant dans l’un des ascenseurs, elle sélectionna l’étage où était la salle de briefing indiquée dans le message que les membres de l’équipe avaient reçu quelques heures plus tôt, et patienta avant de pouvoir ressortir. Le couloir devant elle menait aux salles de contrôle d’où la base militaire pouvait gérer le soutien qu’elle fournissait au besoin à ses commandos en mission.

Elle tourna à l’une des intersections et reconnut, devant l’une des salles de briefing, le trio qui constituait avec elle SG-22. Sa seconde famille, avec qui elle allait commencer sa première véritable mission de terrain, et avec cette dernière viendrait un privilège qui justifiait à lui seul de participer au Programme. En effet, lorsque, pour la première fois, la Porte avait été utilisée avec un DHD et non son ridicule équivalent humain, un effet secondaire s’était manifesté, qui avait infiniment facilité le travail des équipes d’exploration. Lors de sa première rematérialisation, l’organisme du voyageur se voyait légèrement modifier par le système de contrôle Ancien, qui insérait dans son système cérébral une série de modifications qui permettait une compréhension instinctive des langues parlées par suffisamment d’autres voyageurs du Réseau. Le phénomène s’était manifesté initialement chez l’équipe SG-1, qui avait préféré garder le silence à ce sujet. Le colonel Jack O’Neill, connaissant l’efficacité et l’expérience du seul civil à avoir jamais passé la Porte, ne désirait pas donner à ses supérieurs une raison de l’évincer du Programme, ce en quoi il fut rapidement imité par les autres membres du SGC.

Les supérieurs en question eurent vent de l’affaire, lorsque la fille d’un membre de SG-6 présenta l’exceptionnelle compréhension des langues offerte par l’artefact Ancien. Mais à ce moment-là, le docteur Jackson s’était révélé être, comme le reste de SG-1, l’un des piliers du Programme, et, par la même occasion, de la survie de la Terre elle-même.

La jeune femme s’arrêta devant Samuel Maltez, l’officier en charge de son équipe, et, avec un stress visible, elle le salua. Il lui rendit son salut avant de répondre :
-Bonjour, lieutenant. Prête ?
-Ou… oui, monsieur.
-Tant mieux, répondit-il avec un léger sourire rassurant avant d’indiquer la porte voisine. On y va.

Le groupe entra dans la pièce, où les attendaient un petit groupe d’officiers, apparemment dirigés par un colonel.

Après que les quatre arrivants se soient installés, le colonel commença à parler :
-Il y a douze heures, une de nos sondes automatiques est arrivée, après son passage par la Porte, dans une zone fortement irradiée. Selon les premières analyses, l’atmosphère contient une forte densité de radioéléments produits par des armes nucléaires radiologiques.
L’un de ses assistants afficha sur l’écran une photo accompagnée de graphes indiquant la composition de l’atmosphère et mettant en valeur les éléments en question.
-SG-18, continua-t-il, a procédé à une reconnaissance des zones proches de la Porte, et, à l’aide de drones, a confirmé que la zone dangereuse s’étale sur au moins cent vingt kilomètres de manière uniforme. Deux heures plus tard, une seconde mission d’exploration, équipée de moyens lourds, a effectué une surveillance orbitale indiquant que l’ensemble de la planète P8H-451 a été rendue inapte à la vie par une ou plusieurs armes radiologique de forte puissance.
Il laissa le groupe absorber l’information, alors qu’une nouvelle série d’images s’affichait derrière lui, indiquant les niveaux de radiation sur l’ensemble de l’astre désormais stérilisé.
-Huit heures plus tard, un MALP envoyé sur une planète d’un secteur voisin dans le Petit Nuage de Magellan nous a rapporté des mesures similaires au premier. Cependant, il a repéré à quelques dizaines de kilomètres de la Porte des signes de civilisation. Votre mission sera de vous rendre sur place et de procéder à une reconnaissance tactique avant de prélever des échantillons d’air, de sol et d’eau. Mêmes règles que d’habitude pour les artefacts : vous signalez, localisez, prenez en photo, et on voit ce qu’on fait au débriefing, mais, consigne standard, on ne touche rien. L’opération a une durée estimée de deux heures.
Le lieutenant Campbell, pilote formé à l’utilisation des Jumper et des appareils Goa’uld qu’une équipe comme la leur pouvait être amenée à “obtenir“ en mission, demanda, après autorisation du colonel :
-Est-ce qu’on a des traces de survivants ?
-Rien pour l’instant, lieutenant. Les techniciens reconfigurent un satellite de surveillance pour avoir une vision globale de la situation. On en saura plus dans un ou deux jours, mais pour l’instant, SG-22 sera notre principale source d’informations sur ce qui s’est passé là-bas. Si vous trouvez quelqu’un, prévenez la base dès que possible, on enverra une équipe de sauvetage les aider à revenir à la Porte sans risque si ce sont des autochtones.
-Et, demanda Vernil, le spécialiste en démolition de l’équipe, si nous tombons sur les auteurs de l’attaque ?
-Rassemblez des informations si possible, mais la priorité est de retourner au SGC sans vous faire repérer.
-D’accord, mon colonel, conclut Maltez. Qu’est-ce qu’on a comme soutien en cas de problème ?
-Si vous avez besoin d’un soutien aérien, on peut vous envoyer un drone d’attaque, mais rien de plus, dit-il en faisant référence aux avions sans pilote qui constituaient le système de combat le plus réactif du SGC. Nous n’avons aucune idée de ce qui a causé cette catastrophe, et le commandement préfèrerait que nos propres capacités restent floues pour un éventuel agresseur. D’autres questions ?
Voyant l’ensemble du groupe répondre par la négative, le colonel reprit :
-Départ depuis le hangar cinq dans une heure, j’ai fait transférer les données de navigation dans les ordinateurs de vos combinaisons et de votre véhicule. Rompez.

Aussitôt qu’ils furent sortis de la salle de briefing, les membres de l’équipe se tournèrent vers leur supérieur.
-Mon commandant, hésita Shanti, qu’est-ce que vous pensez que ça peut être ?
-Je n’en sais pas plus que vous, lieutenant, répondit l’intéressé. Je n’ai été prévenu qu’il y a quelques heures à peine, et on ne m’a pas dit grand-chose de plus qu’au briefing.
-Une attaque comme ça, quand même, dit Campbell, il n’y a pas grand-monde qui peut la faire.
-Franchement, je ne sais pas. Ca pourrait être le Trust qui refait surface pour une raison obscure, un Goa’uld en manque de génocide, la soi-disant “Alliance“ Luxienne qui fait des tests, ou quelque chose d’autre. Le problème, lieutenant, répondit-il en prenant un air las, c’est qu’il y a beaucoup de monde qui a l’état d’esprit et les moyens pour faire ce genre de saloperies. Tout ce qu’on peut faire, c’est récupérer les échantillons et voir si quelqu’un est resté derrière.
-Fantastique, lâcha Vernil. Une fois de plus, on est envoyés dans un coin ultra-dangereux, sans la moindre info, et sans soutien, c’est bien ça ?
-On a tous signé pour ça, alors faut pas se plaindre, répliqua le commandant. Allez, on n’a pas beaucoup de temps pour se préparer, alors au boulot.

Le second SGC avait été conçu dès les premiers plans pour être aussi difficile que possible à investir. Sa Porte donnait sur le vide spatial, était lourdement défendue, et chaque niveau pouvait être scellé de manière très aisée. De trop nombreuses personnes s’étaient fait inutilement tuer par la faute d’une configuration défensive absurde qui était due au statut même de la base de Cheyenne Mountain : un centre de commandement et non pas une base sur un front potentiellement ouvert à des envahisseurs extraterrestres.

La nouvelle installation, au contraire, tenait du bunker, chaque couloir abritant dans ses murs des systèmes de défense mortels et non-mortels, tandis que des râteliers d’armes étaient régulièrement disposés dans les étages.
Cependant, au sein de ce bunker se trouvaient plusieurs forteresses, parmi lesquelles l’arsenal. Celui-ci était, si l’on exceptait les vaisseaux de guerre en patrouille, la troisième puissance nucléaire mondiale à lui tout seul, tandis que ses réserves conventionnelles auraient fait honneur à l’Armée Rouge.

Ainsi, malgré leur statut particulier, les quatre membres de l’équipe SG-22 durent passer par plusieurs séries de contrôles d’identité biométrique, sous la surveillance de gardes pour lesquels le recours à la force était moins une recommandation qu’un mode de vie.

Une fois arrivés dans l’une des salles réservées à l’infanterie, un sergent particulièrement méfiant vérifia leurs ordres de mission avant de sortir des stocks le matériel demandé, à savoir une série de combinaisons autonomes et des armes suffisamment coûteuses et dangereuses pour ne pas être présentes dans les râteliers de sécurité.

Une fois équipé, le groupe fut conduit par ascenseur dans l’un des étages les plus proches de la surface, niveaux qui servaient à la fois de hangars, zones de quarantaine et de barrière physique face à d’éventuelles attaques spatiales. Le hangar qui avait été désigné au cours du briefing s’étendait sur des centaines de mètres, abritant des dizaines de véhicules militaires en tous genres avec une poignée d’emplacement libres, tandis que sur les côtés, des baies de réparation contenaient une paire de chars aux tourelles soutenues par des treuils alors que des techniciens travaillaient sur leurs systèmes.

Pianotant une série de commandes sur l’écran tactile de son ordinateur de poche, Maltez fit s’allumer une ligne au sol, qui indiquait aux arrivants le chemin à suivre vers leur destination. Cette dernière se révéla être un hummer de taille respectable, le véhicule standard de l’infanterie. Il était constitué d’un 4x4 sur le toit duquel était monté un petit canon automatique, alors que la coque et les portes présentaient des angles rarement vus sur des voitures, mais optimisés pour minimiser les effets des projectiles. Le véhicule originel s’était vu offrir un bien plus grand volume intérieur depuis l’installation de condensateurs à haute capacité alimentant un moteur électrique hébridan fabriqué sous licence.



Shanti prit place dans le véhicule, imitée par les trois militaires qu’elle accompagnait, avant d’être conduits par Campbell à l’une des extrémités du hangar, où un sas commençait à s’ouvrir, entre plusieurs gyrophares prévenant du danger de la zone révélée.

-Contrôle, ici Sierra-Golf 22, dit Maltez par radio une fois la porte passée. Sommes en position, sas numéro cinq. Demandons autorisation de départ.
“Bien compris, Sierra-Golf 22, ouverture du sas et activation imminente de la Porte. Bonne chance. Terminé.“

Devant le pare-brise, une seconde série de gyrophares illumina la salle emplie par l’ultime avertissement des klaxons, alors que le vide se faisait rapidement autour du véhicule. Progressivement, l’intensité du son s’estompa, pour disparaitre finalement, laissant les seules lumières jaunes balayer périodiquement les parois. Ces dernières disparurent quelques instants plus tard, plongeant les quatre humains dans l’obscurité avant qu’un faisceau de lumière ne vienne percer depuis la sortie principale du sas, qui s’abaissait rapidement.
Brusquement, Campbell fit accélérer le véhicule, qui se retrouva aussitôt sur la surface rugueuse de la Lune, avant de tourner pour faire face à la Porte, encore inactive. Shanti se figea dans sa combinaison, embrassant du regard le paysage gris illuminé par le Soleil. Son entrainement lui avait permis de fouler ce sol à de nombreuses reprises, mais elle avait l’impression que celui-ci était différent à présent qu’elle l’observait dans ce mélange de calme et d’anxiété qui précédait son premier passage par la Porte.

Son fil de pensée fut interrompu par cette dernière, qui projeta une lueur bleutée sur les roches voisines, alors que le vortex se stabilisait.
-C’est parti, Tom, lâcha Maltez alors que le pilote faisait franchir à la voiture la distance la séparant de l’artefact Ancien.

La jeune femme déglutit en fixant du regard la somme d’aberrations quantiques qui prenait l’apparence d’une surface liquide verticale. Son esprit s’attarda sur ce qu’elle avait entendu à propos du transport, la dématérialisation, le transfert, leurs implications métaphysiques qui avaient été depuis longtemps refoulées par les membres du SGC, comme tant d’autres parts de la connaissance et des croyances humaines que le Programme s’était amusé à piétiner, écraser, broyer, jeter dans un volcan et finalement abandonner aux côtés des explications divines aux phénomènes naturels.

Quand Shanti se vit à quelques mètres de l’objet qui allait, selon certaines interprétations, la tuer, ces pensées resurgirent de leur tombe dans un nuage pyroclastique d’émotions contradictoires, parmi lesquelles prédominait une peur primale d’un inconnu qui venait enfin de prendre forme.

L’instant d’après, les concepts d’émotion, de sens, de raison, s’évanouirent dans un déferlement de sensations qui n’avaient aucun sens, alors qu’elle touchait des lumières qui venaient se briser sur des sons multicolores, ses fragments d’esprit s’entrechoquant dans un cataclysme silencieux avant de brusquement revenir à la normale, l’intérieur du véhicule apparaissant devant ses yeux.

Elle se prit la tête entre les mains, cherchant sans succès à rassembler ses souvenirs du voyage interstellaire. Son voisin fit un geste pour la retenir par l’épaule, alors que la voiture freinait puis s’arrêtait.
Maltez se retourna :
-Ca va, lieutenant ?
-Je… qu’est-ce que…, commença-t-elle à dire, confuse.
-Tout va bien, ça nous fait tous la même chose, la première fois. Vous allez voir, vous allez vous y habituer.
-Comment pouvez-vous ? demanda-t-elle, l’esprit un peu plus clair. On ne peut pas…
-Si, si, on peut, dit Vernil. Les souvenirs disparaissent rapidement. Le truc, c’est d’essayer de penser à autre chose, et ça passe assez vite.

Sentant sa nausée s’estomper, elle eut une pensée mauvaise contre les règles de sécurité qui empêchaient les militaires en formation de franchir la Porte, règles qui lui avaient réservé cette expérience pour sa première vraie mission, arrivée bien trop tôt après son affectation.

Quelques instants plus tard, elle sentit la voiture redémarrer pour prendre la direction indiquée sur l’écran près du conducteur. Voyant qu’elle pouvait bénéficier d’un instant de répit, la jeune femme se cala sur la banquette arrière, respirant profondément pour faire disparaitre les dernières traces de son malaise.

Ca y est. Je suis partie. Sur une autre planète. Même hors de la Voie Lactée. Et je…
Son attention fut attirée par les trois hommes à bord, dont les regards étaient tous dirigés vers l’écran, dont l’affichage avait changé, la carte laissant place à un graphe et à des jauges, toutes dans les zones rouges.

-Qu’est-ce que ça veut dire ? demanda-t-elle finalement.
-C’est le taux de radiations, répondit Vernil en détournant son visage pour le reporter sur le terrain rocailleux où le véhicule avançait avec quelques cahots.

Elle n’eut pas besoin de plus d’indications. Ouvrir sa combinaison la conduirait à la mort, sans rémission. L’air autour de la voiture était pur, transparent, identique à celui des innombrables planètes habitables desservies par le Réseau, à l’exception d’une proportion colossale d’atomes radioactifs détectés et enregistrés méthodiquement par les capteurs.
Mais elle ne prit réellement conscience des faits décrits par l’écran que lorsque le sol changea sous les pneus, en même temps que le paysage derrière les vitres. L’équipe venait de quitter le versant de montagne pour arriver dans une plaine.

Dans ce qui avait été une plaine.

Les arbres autour d’eux avaient dépéris, alors que le reste de la végétation se réduisait à quelques îlots d’herbe isolés.
Elle se rendit compte au bout de quelques secondes que sa mâchoire tremblait inconsciemment. La plaine était moribonde, les dernières traces de sa flore s’évanouissant sous ses yeux. Son regard s’attarda sur des détails de la scène, passant d’une souche à un tumulus, tandis que les autres membres de l’équipe gardaient le silence, sous leurs combinaisons.

-Vous avez déjà vu quelque chose comme ça ? demanda-t-elle finalement.
-Pas à l’échelle d’une planète, répondit Maltez. Mais, autrement, oui. On tombe de temps en temps sur des coins où les Goa’uld ont voulu faire un exemple. Là, si c’est vraiment toute la planète qui est touchée, c’est différent.
-Mais… à quoi est-ce que ça peut serv… commença-t-elle avant d’être interrompue.
-Lieutenant, on est dans la réalité, pas dans un conte. Il y a plein de types dans cette galaxie qui balancent des armées ou des bombardements orbitaux n’importe où juste parce qu’ils peuvent le faire. Pas pour une raison précise ou un grand Plan, juste comme ça. Et, avant que vous ne me posiez la question, on fait ce qu’on peut pour retrouver ces malades, mais on a assez de mal à nous protéger nous-mêmes pour commencer à se la jouer justiciers de la Voie Lactée.
-Les Goa'uld voulaient des esclaves et des ressources, les Wraiths récoltent des humains, les Aschens infiltraient les mondes... mais eux n'ont fait que détruire.
-Ou pas, lieutenant, vu ce qu'ils ont laissé, on aura du mal à savoir si il y avait quelque chose ici qu'ils voulaient.



Un signal sonore de l’ordinateur de base vint interrompre l’officier, et tous reportèrent leur attention sur l’écran.
-Bingo, lâcha Campbell. Le radar a repéré des structures artificielles à quelques kilomètres. On y va, commandant ?
-C’est pour ça qu’on est là, Tom.

Shanti s’était retournée vers la vitre blindée, derrière laquelle le paysage continuait de défiler.
Ce n’est pas une armée ou un de ces bombardements orbitaux… c’est… non… c’est comme si quelqu’un était juste passé pour détruire tout ce qui vit sur cette planète. Même pas pour démontrer sa force, non. Pas de cratères, pas de cendres, juste… la mort, pensa-t-elle alors qu’autour de la voiture s’étendait une forêt à l’air lugubre, les arbres dépéris ayant pris une couleur rousse.

Lorsque la voiture sortit de la forêt irradiée, elle se tourna vers l’avant au moment où Campbell dit :
-Ouille. Je crois qu’on a trouvé les locaux…

Devant le groupe se trouvait un village abandonné, dont les bâtiments, en pierre et en bois, n’avaient apparemment que peu subi l’usure du temps. Shanti compris ce qui avait attiré le commentaire du pilote, lorsque ses yeux se posèrent sur un squelette partiellement décomposé qui reposait sur le côté d’une maison.

-On sort, dit Maltez.
Sans un mot, les deux hommes sortirent du véhicule, prenant leurs armes accrochées aux portières.
-Bhosle, continua l’officier alors que Shanti imitait ses partenaires, restez avec Tom. On prend des photos, des mesures, mais ne touchez à rien, compris ?
-A vos ordres, monsieur, répondit-elle, son entraînement reprenant le dessus.

L’instant d’après, elle surveillait son environnement, à la recherche d’un quelconque mouvement synonyme de danger ou d’un improbable survivant dans l’enfer radioactif qui avait recouvert le village. Campbell s’approcha d’elle, restant dans son champ de vision, et lui fit signe d’avancer. La jeune femme s’adapta rapidement au poids supplémentaire de la caméra ajoutée au bout de son arme, et suivit le pilote, filmant son environnement au fur et à mesure qu’elle observait les bâtiments.

Son partenaire se mit à côté d’un mur et lui fit signe d’approcher. Elle obéit et se plaqua contre la paroi de pierre, faisant attention à ne pas endommager sa tenue hermétique. En silence, Campbell lui indiqua de se tenir prête à rentrer dans la maison en même temps que lui.
Au signal du pilote, le duo bascula dans la pièce faiblement éclairée, la balayant rapidement avec leurs lampes-torches.
Merde… pensa Campbell en voyant une demi-douzaine de corps étendus au sol ou sur des meubles primitifs. Certains, de petite taille, lui firent comprendre qu’il se trouvait probablement devant une famille.
Il se tourna vers Shanti, et vit que malgré les émotions lisibles sur son visage, la jeune femme continuait son travail de recherche.
-Commandant, dit-il dans la radio intégrée de sa combinaison, ici Campbell. On a trouvé d’autres corps. Même état que le premier, pas de traces de survivants.
-Pareil ici, lui répondit Maltez. Essayez de voir si vous trouvez des livres, quelque chose qui pourrait nous en apprendre plus sur eux… Et Shanti, elle tient le coup ?
-Ca va, pour l’instant, même si elle aurait probablement préféré autre chose pour sa première sortie.
-Il y a plein de choses qu’on aurait tous préféré, Tom… Maltez, terminé.

Une fois la maison entièrement filmée et explorée, le duo en sortit pour continuer sa mission. Shanti suivit lentement le pilote, son esprit revenant sans cesse aux squelettes qui jonchaient le sol poussiéreux de l’habitation qu’elle venait de quitter. Elle se déplaçait sans s’en rendre compte, son corps suivant l’entraînement alors que les images restaient imprimées devant ses yeux.
Le bâtiment suivant, de plus grande taille et ayant une apparence que Campbell qualifia d’officielle, était vide de corps. Maltez et Vernil les y rejoignirent lorsque la jeune femme signala avoir trouvé des armes. Elle les attendait devant une série de hallebardes que côtoyait une poignée de lances Goa’uld à l’âge apparent lorsque le reste de l’équipe entra dans l’armurerie.
-Excellent, dit Maltez. Ca va intéresser du monde à la maison, ça. Ces pauvres bougres connaissaient la Porte…
-Mais ils n’ont pas filé par là, pourtant, remarqua Campbell.
-Pas tous, en tout cas, précisa Vernil.
-Hmm, ça sera aux équipes suivantes de dire ça. Tom, laisse une balise ici.
-Déjà fait, répondit le pilote en indiquant un petit dispositif posé à proximité du groupe.
-Parfait. On se partage le bâtiment. S’il y a des armes, il y a probablement des registres. On se retrouve dans un quart d’heure devant l’entrée principale.

Les quatre militaires se dispersèrent une fois que Maltez eut défini les zones de recherche de chacun. Shanti, affectée au premier étage, commença à avancer lentement dans les couloirs entre une série de torches éteintes accrochées aux parois en bois. Ignorant les légers craquements du plancher sous ses pas, elle ouvrit avec prudence la première porte se présentant à elle.
Reconnaissant aussitôt une cuisine malgré sa différence technique notable avec celles qu’elle avait pu voir auparavant, Shanti avança avec prudence. Elle contourna les bacs d’eau croupie et la nourriture à peine reconnaissable avant de s’immobiliser devant un parchemin en mauvais état, non loin d’un corps. La jeune femme prit quelques secondes pour filmer l’objet de plusieurs angles différents, en détournant le regard de la dépouille, la première qu’elle avait croisé dans le bâtiment.

Ne trouvant rien dans les autres pièces, elle rebroussa chemin, se guidant sur le plan qu’avait tracé automatiquement l’un des écrans de sa visière, et attendit quelques minutes à l’extérieur le temps que le reste de SG-22 l’y retrouve.

-Rien de votre côté, Bhosle ? demanda Maltez en voyant Shanti devant lui.
-Un parchemin, quelques objets d’arts, rien d’autre, monsieur.
-Très bien. Vernil est tombé sur un tas de documents pour les groupes suivants. On pose les systèmes de surveillance, et on rentre.

Elle observa d’un air absent le pilote installer et lancer le petit drone de surveillance avant de s’asseoir elle-même à l’arrière du véhicule militaire.

Sur le trajet du retour, elle resta le regard perdu dans la forêt rouge que la voiture traversait.
-Personne n’a eu de problème avec les caméras ? demanda Maltez.
-Non, répondirent simultanément Campbell et Vernil.
-Lieutenant ? lança Maltez après quelques secondes.
-Euh, pas de problème, monsieur, répondit-elle, confuse.
-Sinon, vous pensez que c’est qui, pour faire ce genre de saleté ? demanda Campbell, sans quitter les yeux du volant.
-N’importe qui avec un vaisseau, beaucoup trop de temps sur les bras et qui s’ennuie, répondit Maltez. J’espère juste qu’on pourra le retrouver, j’aurai un ou deux mots à lui dire.
Le commandant se retourna distraitement vers Shanti :
-Pour vous, Bhosle, ça peut être qui ?

Voyant qu’elle ne répondait pas, il se tourna vers Campbell :
-Garez-vous, lieutenant. Maintenant.
Le pilote s’exécuta, et Maltez reporta son attention sur Shanti :
-Bhosle, sortez, dit-il avant de lui-même sortir du véhicule.
Il attendit que la jeune femme soit dehors, et lui dit :
-Bon, lieutenant, on va mettre les choses au point. Ce genre de trucs qu’on a eu aujourd’hui, c’est pas joli. C’est un foutu crime, on est tous d’accord. Mais vous faites partie d’une équipe SG, à savoir la première ligne de défense de la Terre, alors vous allez vous comportez en tant que telle. Vous auriez sûrement voulu tomber sur autre chose pour votre première mission, ne pas vous prendre ça, tout ça… J’en ai pas grand-chose à cirer, parce que si vous merdez, c’est toute mon équipe qui merde, lieutenant ! C’est compris ?
-Ou… oui, mon commandant.
-Est-ce que vous avez ce qu’il faut pour faire partie de mon équipe, lieutenant ?
-… Oui.
-Alors remontez en voiture !

Maltez soupira intérieurement en voyant Shanti rembarquer. Il savait parfaitement que le nouveau membre de l’équipe subissait un baptême particulièrement éprouvant au sein de son équipe, mais son rôle en tant que chef exigeait qu’il fasse de celle-ci un outil fonctionnel pour ses supérieurs. Pour ça, il devait régler les problèmes rapidement, ou, dans ce cas, éviter que le lieutenant Bhosle ne devienne un problème. Soit elle accepterait les réalités du terrain, soit il lui trouverait une autre affectation.

Le chemin du retour se passa sans autre incident, et le véhicule s’arrêta devant la Porte.
-Bhosle, allez activer le DHD, dit Maltez.
-Entendu, monsieur, répondit-elle aussitôt, d’une voix très légèrement plus assurée que lors de la “conversation“.

Elle se rendit devant l’artefact, et y rentra la série de symboles qui avaient été gravés dans sa mémoire tout au long de sa formation, symboles sans lesquels elle pouvait se retrouver perdue dans la Voie Lactée.
Inspirant profondément, elle confirma l’adresse et eut un léger mouvement de recul en voyant le vortex se former devant ses yeux.

D’un pas rapide, elle retourna dans le véhicule, qui démarra aussitôt et franchit la Porte, Maltez ayant envoyé le code d’identification de l’équipe alors qu’elle refermait la portière. Par réflexe, Shanti ferma les yeux en entrant dans le vortex. Lorsqu’elle en sortit, son attention fut attirée par l’obscurité qui venait de remplacer le paysage qu’elle avait parcouru ces dernières heures.

Sa nausée avait déjà disparu quand elle sentit le véhicule s’arrêter.
-Contrôle, ici Sierra-Golf 22, dit Maltez dans sa radio. Avons véhicule et combinaisons lourdement contaminés. Rien d’autre à signaler. En attente d’instructions. A vous.
“Sierra-Golf 22, ici Contrôle,“ entendit-elle en réponse. “Rendez-vous au hangar six et suivez les équipes de décontamination. Terminé.“

Le paysage lunaire lui semblait paradoxalement plus accueillant que celui qu’elle venait de quitter, malgré l’absence d’atmosphère, mais n’en profita pas alors que Campbell les conduisait dans un tunnel menant au complexe de hangars. Après être passés dans un sas, le véhicule s’arrêta, entouré par un groupe en tenues aux couleurs vives, dont deux d’entre eux portaient de longs tuyaux d’arrosage. Les quatre membres de l’équipe furent invités à sortir et à rentrer dans un autre sas où se trouvait une série de douches qui les arrosèrent violemment pendant plusieurs minutes, sous la surveillance d’une équipe médicale. Finalement, ils furent dirigés vers des vestiaires individuels où ils purent retirer leurs tenues protectrices.

En quittant sa combinaison à présent décontaminée, elle se dirigea d’un pas calme vers un lavabo. La jeune femme se regarda quelques instants devant le miroir situé au-dessus de celui-ci avant de relâcher quelques larmes, qu’elle sécha aussitôt.

Sa première mission n’était pas ce qu’elle avait attendu. Et elle savait que Maltez avait eu raison.
Entièrement raison.


Dernière édition par Rufus Shinra le Sam 17 Avr 2010 - 1:37, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptyJeu 9 Nov 2006 - 18:32

les Humains sont-ils en guerre froide avec les Jaffas? confused

Citation :
La nation Jaffa avait, ces dernières années, formé des scientifiques et des tacticiens de bonne qualité, qui s’étaient efforcés de renforcer le matériel des forces armées, et étaient, si l’on en croyait les renseignements, arrivés à des innovations assez efficaces.
comment donc? ils n'ont pas de savoir scientifique avancé, ils ont juste récuperé le matos Goa'uld... formation par les Tok'ras peut-être?

sinon, ton futur c'est la suite du 09-01 mais sans la rencontre des Oris c'est ça?

comment les Goa'ulds font-ils pour rester une menace dans ton futur? si la Confrérie et tous les domaines survivants de la saison 9 s'unissaient, ils auraient à peine les effectifs d'un unique Grand Maître.

j'ai pas bien capté l'histoire du machin magnétique sinon Embarassed
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptyJeu 9 Nov 2006 - 20:48

Il est plus que probable que dès que la situation s'est à peu près stabilisée, les Jaffas ont commencé à penser à leur avenir, et donc à former des enseignants, des penseurs, et, s'ils ne sont pas tous des crétins finis tous juste bons à servir de figurants se faisant abattre dans une série TV (Je n'ai rien contre les figurants d'une CERTAINE série TV, rassurez-vous), ils auront commencé à décortiquer le matériel dont ils disposent, et au moins essayé de le ré-arranger pour le rendre plus efficace.
Par exemple, ici, l'utilisation des systèmes à anti-gravité pour projeter une onde de choc capable de détruire de petits vaisseaux dont on connaît la position.


Les humains ne sont pas obligatoirement en guerre froide avec les Jaffas, mais lors d'un exercice, face à quoi les pilotes et les équipages s'entraîneront-ils ?? Face à tout appareil connu pouvant présenter une menace (Je suis persuadé que l'armée française a des scénarii d'entraînement où le matériel de l'"ennemi" ressemble fortement au matériel U.S., voire anglais ou allemand, ne serait-ce que pour être prêt à toute éventualité, aussi improbable soit-elle). Mais on peut considérer que de temps en temps, leurs entraînements les mettent face aux Wraiths, aux Asgards, etc, etc.....
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptyJeu 9 Nov 2006 - 22:46

Citation :
Il est plus que probable que dès que la situation s'est à peu près stabilisée, les Jaffas ont commencé à penser à leur avenir, et donc à former des enseignants, des penseurs, et, s'ils ne sont pas tous des crétins finis tous juste bons à servir de figurants se faisant abattre dans une série TV (Je n'ai rien contre les figurants d'une CERTAINE série TV, rassurez-vous), ils auront commencé à décortiquer le matériel dont ils disposent, et au moins essayé de le ré-arranger pour le rendre plus efficace.
Par exemple, ici, l'utilisation des systèmes à anti-gravité pour projeter une onde de choc capable de détruire de petits vaisseaux dont on connaît la position.
les Jaffas sont bons en mathématiques et en géométrie à voir Dakara et son délai de construction, mais ils n'étaient jamais formé à la haute science Goa'uld, seuls certains pilotes et "matelots" de ha'tak avaient des connaissances correctes en astrophysique, informatique et mécanique aérospatiale. (01-19; 02-01; 02-22; 03-01; 06-08; 05-22...)
alors du bidouillage à partir de ce qu'ils ont déjà, débrancher un cristal ou un canon pour le rebrancher ailleurs, oui d'accord, mais de l'innovation intégrale, sauf enseignement Tok'ra je n'y crois pas. Wink

Citation :
et donc à former des enseignants, des penseurs,
en philosophie certes mais en science, la majorité des Jaffas n'ont que notre niveau scientifique antique et les quelques pilotes à maîtriser une science plus complexe, comme celui du 05-22, ne suffisent pas: il n'y a pas assez de référence. pour se forger une base technologique puissante et sure, il faut que les Jaffas aient accepté l'aide au développement des Tok'ras.
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptySam 11 Nov 2006 - 18:55

Chapitre 08 : Chaos, confusion, complots

La politique, à l’instar de la bureaucratie, est l’un des dénominateurs communs à la quasi-totalité des civilisations rassemblant plus d’une dizaine de personnes entre elles. Le gouvernement qui était apparu après la victoire de la révolte Jaffa ne faisait pas exception. Les héros avaient connu leur heure de gloire, puis la réalité avait repris ses droits, alors que les anciens soldats se retrouvaient brusquement propulsés dans un rôle pour lequel aucun d’entre eux n’était formé. La structure de gouvernement Goa’uld, purement féodale, avait concentré les outils de pouvoir et de gestion entre les mains d’une poignée d’esclaves de haut rang, qui restaient en permanence près de leur seigneur. L’offensive des réplicateurs, en décapitant l’hydre Goa’uld, avait aussi détruit l’ensemble de ce corps d’administrateurs dont les enseignements se transmettaient par l’apprentissage individuel plus que par une formation conventionnelle.
Sans compter les difficultés inhérentes au fait de vouloir inconsciemment singer et faire accepter le seul système qui puisse les rassurer, étant le seul qu'ils aient jamais connu : une société d'origine Goa'uld dont la finalité avait été, des millénaires durant, l'édification du confort personnel de celui ou celle assis au sommet de la pyramide. Ceci, de manière d'autant plus absurde que presque aucun leader politique Jaffa ne souhaitait sincèrement voir sa propre personne servie ainsi. Mais les enfants copient souvent leurs parents, le viscéral prenant à terme autant de traits définitifs que l’intellect et ici, l'éducation n'avait pas été des plus saines.

Finalement, les forces vives de la civilisation Jaffa (et de certaines cultures d'ex-esclaves Humains) étaient désormais tournées vers elle-même, et non plus vers la félicité des faux dieux d'antan, et il y avait là un inestimable progrès. Cependant, des habitudes prises depuis la nuit des temps ne pouvaient s'effacer simplement parce qu'elles étaient devenues absurdes dans ce nouveau contexte.

Ainsi, les jaffas avaient hérité d’une part considérable de la Voie Lactée, mais ignoraient entièrement l’étendue des territoires qu’ils devaient administrer, les figures importantes à contacter, les ressources disponibles et nécessaires. Ils ne savaient que la taille de leur armée et de leur flotte. Le système qu’ils venaient de quitter avait mis l’accent sur une administration localisée et très réduite, servant les seuls besoins du seigneur local. Les jaffas avaient, au cours des siècles, constitués leurs propres organisations à l’échelle des garnisons pour subvenir aux aspects de leur vie dont leurs maîtres se désintéressaient, coopératives militaires assurant la distribution des miettes laissées par les Goa’uld. Cette culture millénaire, adaptée au rôle d’exécutants, avait brusquement découvert les joies de la gestion, de la logistique à l’échelle interstellaire et de l’ensemble des tâches anonymes qui avaient été effectuées jusqu’alors par les esclaves humains.
De groupements planétaires (et même parfois moins vastes) où ils ne géraient que les aspects que les Goa'ulds n'attribuaient pas aux humains ou à eux-mêmes, les Jaffas devaient désormais composer une force interstellaire où ils étaient en charge de tout, une force dans laquelle chacune des anciennes localités devait trouver sa place harmonieusement, en dépit de ses caractéristiques propres.

Dans les places Goa'ulds les plus centrales, les Jaffas s'étaient toujours cantonnés aux fonctions militaires, policières, et de prêtrise, laissant aux humains les autres tâches tandis que leur espèce se confondait avec leur fonction martiale. Et aujourd'hui, la Nation libre se retrouvait confrontée à un problème neuf, celui de la séparation du travail. Les Jaffas ne voulant plus vivre qu'entre eux, il leur fallait apprendre, à proportions sensiblement égales de citoyens comparativement à l'avant vague Répliquante, à continuer de faire ce qu'ils avaient toujours fait, tout en commençant à remplacer les humains exilés dans les tâches dont eux, avaient l'habitude. Et ce n'était pas les quelques rares Jaffas transformés en marchands ou en mécaniciens par les aléas de la vie et du système, ni le faible nombre d'habitants des mondes Jaffas éloignés, comme Chulak, à être formé aux affaires civiles locales en l'absence d'humains, ni encore les ex-clercs des temples Goa'ulds, désormais des poids morts auxquels il fallait trouver de nouvelles tâches, qui allaient pallier seuls cette absolue nécessité. A moins, bien sûr, de ne pas chasser les humains, mais cela posait alors un souci d'un tout autre ordre, idéologique.

Ce fut le chaos. Complet, absolu et sans élément stabilisateur, amplifié par la méfiance envers les non-jaffa présents partout sur leur territoire, avec qui la cohabitation était au mieux houleuse. Les anciens esclaves, au statut social inférieur à celui des Jaffa sous le joug Goa’uld, avaient décidé de ne pas rester les bras croisés, mettant en valeur leur mainmise quasi-absolue sur les compétences techniques et administratives. En avait alors résulté des conflits raciaux de plus ou moins grande ampleur, se terminant selon les cas par des accords pacifiques, des exodes massifs ou des bains de sang. Pour les détracteurs des Jaffas, cette frénésie était d'autant plus insensée que Dakara ne savait pas comment pallier l'enseignement et la tenue de ces autres fonctions, sans recourrir aux qualifiés Humains et aliens.

Mais avec le chaos viennent, comme dans tout changement, les opportunités, les risques élevés qui peuvent rapporter plus gros encore. Pendant que les anciens compagnons d’armes se déchiraient dans les ruines de Dakara pour savoir comment organiser la nouvelle Nation Jaffa dont le pouvoir réel n’allait pas loin au-delà de la planète-capitale, le reste de la galaxie faisait avancer ses pions.

Les Terriens, alliés historiques des Jaffas, nouèrent autant d’alliances et de protectorats que possible avec les planètes à population humaine, héritant tacitement du rôle des Asgard et exploitant enfin leur programme d’exploration pour avoir les ressources nécessaires à leur entrée en scène. En parallèle, la Tok’Râ et ses milliers d’années d’expérience dans le Jeu des influences politiques et des coups bas, s’isola à nouveau, ne gardant que des relations diplomatiques avec ses anciens alliés. Simultanément, les Oannes, absents depuis des millénaires de la scène galactique, avaient commencé à louer un accès aux rares planètes océaniques sous contrôle Jaffa, soulageant la nouvelle nation d’une partie de la pression exercée par ses nouvelles responsabilités. Malgré cela, de nombreux Jaffas des partis les plus vindicatifs s'inquiétèrent de la vente pure et simple de parcelles abyssales, signe, selon eux, du délitement de la première puissance de l'espace galactique (du moins sur le papier). Les Hébridans, eux, furent plus pragmatiques, et surent reconnaître la situation pour ce qu’elle était, une chance inouïe. Ils rachetèrent donc tout simplement la majorité des systèmes stellaires voisins aux Jaffas.

Sans hésiter à exploiter la situation critique et le besoin en ressources et en technologies des nouveaux venus.

Puis, une fois les grandes puissances stellaires servies, 99,9 % des habitants de la Voie Lactée continuèrent de subir les contrecoups de la chute d’un système qui, à défaut d’être agréable à vivre, leur fournissait une certaine protection et une stabilité relative.
Vinrent alors d’autres opportunistes, qui n’eurent pas besoin de comprendre dans ses détails subtils la situation générale pour en profiter et se tirer au-dessus de la masse. Tous les jaffas n’avaient pas été membres de la rébellion, et n’avaient pas pris contact immédiatement avec le nouveau gouvernement central. Certains avaient encore quelques vaisseaux de guerre, en entretien ou en réparation durant l’offensive-éclair des réplicateurs, et brusquement, ces vaisseaux en rade étaient devenus la principale force présente dans les secteurs isolés des territoires Goa’uld.
Certains aventuriers, ou “gentilshommes de fortunes“, comme ils se seraient appelés auparavant sur Terre, saisirent leur chance et, par la corruption ou la force, mirent la main sur les immenses Ha’Tak qui autrefois pullulaient dans la Voie Lactée.

Et personne n’apprit le détournement de vaisseaux par dizaines, de chantiers spatiaux entiers, lorsque les archives de ceux-ci avaient péri avec le reste du système et que leurs équipages n’avaient plus la volonté ou la possibilité de se rallier à la jeune Nation Jaffa.

Après les vaisseaux, ce furent des planètes entières qui décidèrent de tenter leur chance toutes seules, payant des spécialistes pour effacer les dernières traces de leur existence dans les bases de données Jaffa, et devenant des ports francs, pour le meilleur comme pour, souvent, le pire. Un travail largement simplifié par la nature profondément décentralisée du système Goa’uld.

Et, pendant ce temps, sur Dakara, les anciens frères d’armes se déchiraient devant leurs pairs, évitant la guerre civile par chance plus qu’autre chose pour, au bout de quelques années, réussir enfin à stabiliser leur situation interne. Il avait fallu pour cela qu’ils réalisent qu’une nouvelle puissance était apparue de nulle part, créée par le vide de pouvoir qu’ils avaient eux-mêmes causé. L’Alliance Luxienne, syndicat de mercenaires, de pirates et de trafiquants en tous genres, avait pris le contrôle de centaines de mondes qui appartenaient théoriquement aux Jaffas, et ces derniers ne pouvaient rien faire, leur puissance militaire suffisant à peine à policer les territoires encore sous leur contrôle.


Que les choses changent était de nature à rassurer Bra’tac, mais ce soulagement était compromis quand son esprit se reportait sur les individus qui étaient aux commandes de ces changements. Le vieux jaffa avait combattu, intrigué, préparé et organisé l’insurrection aux heures les plus sombres, quand la victoire tenait plus du rêve destiné aux générations futures que d’une possibilité concrète. Il avait littéralement fondé cette rébellion, seul pendant des années avant d’accepter, avec difficulté, la nécessité d’avoir des compagnons d’armes pour renverser un empire dispersé d’un bout à l’autre de la Voie Lactée.

Après tout, il fut un temps où l’ensemble des forces de la rébellion Jaffa, c’était lui et sa lance.

Il avait eu un rôle dans presque toutes les actions qui avaient rendu ce rêve réalisable, reconnaissant les Terriens pour ce qu’ils étaient : des alliés d’opportunité qui pouvaient fournir l’élément le plus important pour une rébellion, à savoir une base arrière. En sauvant à plusieurs reprises leur planète, il avait assuré à son camp un soutien logistique, des zones de repli, des armes et des renseignements en quantité suffisante pour faire la différence.

Mais à présent qu’il avait réalisé son rêve, il luttait chaque instant pour le préserver, non pas des ennemis extérieurs, mais bien de ses propres compatriotes.

Comme lui, l’ensemble des dirigeants de la Nation Jaffa s’étaient illustrés par des faits d’armes, par leur rôle dans la rébellion fondatrice. Il lui était à présent douloureusement évident que les compétences étaient loin d’être les mêmes entre la conduite d’une armée et celle d’un Etat. En tout cas d’un Etat qui fonctionne sans revenir au système Goa’uld si honni.

Cette révélation, Bra’tac l’avait eu rapidement lorsqu’il vit apparaitre dans le Conseil, fondé au lendemain de la bataille, un mouvement agressif, se revendiquant de traditions guerrières et militaires. Celles-ci, prétendaient leurs tenants, étaient le fondement même de la société Jaffa – ce qui n'était pas faux au demeurant, mais restait pragmatiquement incompatible avec une reconversion en état-nation viable et entier – et la Nation éponyme devait les mettre en avant. L’ancien prima d’Apophis s’était ce jour-là résigné à ne pas prendre le repos qu’il avait mérité depuis des années. Se lançant dans la mêlée politique, il avait fondé son propre courant d’opposition, dont il était toujours la figure de proue.

Le chantage avait remplacé les déclarations de guerre, les accords officieux avaient mis sa lance au placard, et, après trop d’années à jouer au Jeu, il se sentait presque honteux de réussir à tenir le rythme imposé par son adversaire, Gerak.

Se rendant au siège de l’Assemblée, il fut tiré de ses pensées par un garde de son escorte se raclant la gorge. Les murs décrépits autour de lui le firent repenser quelques instants à son assistant, qui se rendait dans l’un des quartiers pauvres de la ville en perpétuelle croissance. Cette partie de la cité, construite dans les semaines suivant la victoire jaffa, était, pour utiliser les termes humains, un bidonville. Hébergeant des jaffas de toutes origines qui avaient cru à une prospérité immédiate, les esclaves vivant comme les maîtres. Ces foules, prêtes à abandonner leur passé militaire et à offrir leur labeur pour réaliser et vivre ce rêve, avaient mis quelques années avant de comprendre.

Bra’tac, au début, avait tenté de diriger les moyens nécessaires pour aider ces classes défavorisées, à qui Dakara devait ses origines. Puis, avec reluctance, il avait accepté que les priorités fussent autres, qu’il fallait des ressources pour les autres mondes, pour former les techniciens, les marchands, trop rares dans une population dont les valeurs se limitaient aux vertus militaires et à une foi désormais obsolète et haïe.

A quelques centaines de mètres de là, un jaffa rentra dans l’un des bâtiments déjà délabrés, construits en urgence avec des matériaux inadaptés ainsi que des ouvriers et architectes jaffas qui avaient tenté de compenser l’inexpérience et l’incompétence par l’enthousiasme.

- Il est là, l’accueillit à voix basse l’habitant d’un appartement en lui ouvrant sa porte.
-Merci, Melchior, répondit-il au jeune jaffa.

La pièce principale, simplement meublée et encore plus faiblement décorée, était de petite taille, et la table en occupait la majorité. L’assistant de Bra’tac s’assit devant le Jaffa qui semblait l’attendre.

-Tek’ma’té, dit sobrement le vieil homme en face de lui.
-Tek’ma’té, Fra’lir, répondit-il. Que pensez-vous de mon message ?
-La proposition est intéressante, et mes pairs trouvent qu’elle mérite réflexion. Mais vous connaissez notre objectif. Ce que vous nous app…
-Ce que je t’offre est largement supérieur à tout ce que tu peux rêver au vu de ta présence dans l’Assemblée, Fra’lir. Le parti autonomiste est en chute libre, depuis que notre nation fonctionne enfin correctement. Aux prochaines élections, ton parti ne sera plus qu’un vestige du passé, sans aucun pouvoir. Tu le sais, je le sais. Sauf… sauf si tu t’associes à nous. Tu auras les concessions promises, et nous resterons associés pour te permettre de garder tes sièges.
-…
-Et avant de faire une bourde, dis-toi que Gerak ne peut absolument pas supporter l’existence des autonomistes, qui sont une insulte à sa vision d’une Nation Jaffa, et je cite, “forte, indépendante et respectueuse de ses traditions“. Il est peut-être opposé à maître Bra’tac, mais il le respecte. Vous tous, les indépendantistes, il vous méprise totalement : vous voulez détruire ce pourquoi ses frères d’armes se sont battus et morts. Si tu ne t’allies pas au parti de Maître Bra’tac, combien de temps crois-tu que tu tiendras face à sa haine ?
-Vous vous battez tous pour des futilités, répondit le politicien. Il n’y a plus de menace, nous avons détruit les faux dieux, les Terriens sont nos alliés, tout le monde sait que les quelques difficultés de communication se résorberaient vite avec la fin de notre arrogance militaire et vous voulez construire des vaisseaux alors que nos frères meurent de faim sur…
-… sur les planètes isolées, on sait, Fra’lir, on sait, répondit-il en jaugeant parfaitement son insolence pour excéder son interlocuteur, qu’il savait en situation de faiblesse. Pas besoin de me ressortir ton discours habituel, autrement, je te répondrai une fois de plus, comme Maître Bra’tac, qu’avant de mourir de faim, ils se font tuer ou pire par les pirates de l’Alliance Luxienne.
-Des pirates ! Ecrasez-les, puisque vous entretenez une flotte.

L’assistant soupira en se prenant la tête entre les mains. Membre de la première génération à avoir passé sa jeunesse dans les coulisses du pouvoir, il ressentait un mélange de pitié et d’exaspération face à ceux de ses aînés qui s’accrochaient à un discours bancal lors des véritables négociations.

Pourtant, il devrait comprendre sa place, vu que c’est moi qui vient le voir, et pas Maître Bra’tac… se dit-il avant de reprendre.
-Bon, que ce soit clair : l’abolition de l’unité Jaffa, elle ne viendra pas. Tout simplement parce que le peuple ne la veut pas et que tout le monde commence à profiter de la puissance centrale. Certaines des propositions de ton parti sont tolérables, et nous sommes prêts à les soutenir… en échange de votre loyauté à tous face à Gerak. Pour les problèmes mineurs, faites ce que vous voulez, mais pour les questions de sécurité, de diplomatie, vous suivez Maître Bra’tac ou vous perdrez tout.
-C’est de la manipulation !
-Non, du chantage. Mais ça ne change rien.
Il se leva, avant de terminer :
-Il nous faut une réponse pour ce soir. Ensuite, nous serons forcés de lancer une campagne un peu plus… agressive… contre votre parti.



La journée de travail du petit groupe de jaffas qui détenait un véritable pouvoir au sein de leur nation était semblable, quelque soit leur idéologie : réveil, rapport des évènements de la nuit dernière par leurs adjoints, présence aux débats, réunion secrète et complots, déjeuner, poursuite des débats, blocage aussi légal que déloyal/énervement face au blocage adverse, fin des débats, tractations privées, compromis, réunion secrètes et complots, dîner, coucher. Le rythme de vie des décideurs s’était rapidement stabilisé sur cet emploi du temps, ceux ne le suivant pas disparaissant rapidement du système.

Bra’tac, qui avait à regret mis de côté une partie de ses scrupules pour mieux servir l’idéal qu’il défendait, en était donc à sa seconde réunion secrète de la journée. La discussion portait, une fois n’est pas coutume, sur un groupe d’individus dont la routine impliquait plus de discours impulsifs et mal préparés que de planification politique.

-Je viens de recevoir la réponse de Fra’lir, maître Bra’tac. Il nous explique en onze dialectes différents que nous devrions aller loger chez Sok’ar, mais il accepte notre proposition.
-Enfin ce vieux simplet se plie à la réalité ! Est-ce qu’il a posé des conditions ?
-Aucune, maître. Je crois qu’il va abandonner l’idée d’un espace Jaffa désuni et d’une flotte dispersée. Ces deux points font clairement partie des sujets sur lesquels il doit nous suivre sans poser de question. Mais il va sûrement vouloir notre soutien sur ce concept d’assemblée pour les artisans.
-Cette folie a assez duré, et ils vont de toute façon perdre leurs sièges aux prochaines élections… Dis-lui que nous accepterons de défendre son idée devant l’Assemblée… dans les grandes lignes.
-Très bien.

Il s’inclina et quitta la pièce.

Le parti que Bra’tac venait de phagocyter s’était formé il y a une poignée d’années, lorsque, pour l’observateur inexpérimenté, la Voie Lactée était devenu un havre de paix. Pour certains jaffas, la vie en communautés telle qu’ils l’avaient connue, chaque ville, chaque planète s’administrant tout seule, était un idéal vers lequel il fallait revenir. Ils avaient accueilli la chute des Goa’uld, pour la simple raison que les exécutions arbitraires s’en étaient vues diminuées, mais voyaient d’un œil ô combien critique l’apparition d’un gouvernement central qui, selon eux, allait s’introduire dans leur vie quotidienne. L'inexpérience de leur espèce en matière de gestion interstellaire globalisée était, de leur avis, de nature à desservir certains vieux mondes Jaffas, forts de pratiques locales qui leur convenaient depuis des siècles et des siècles. Après tout, du temps des dieux, les flux démographiques Jaffas d'un monde à l'autre étaient pour ainsi dire nuls. Et aujourd'hui, il aurait fallu, de manière totalement artificielle, provoquer ces échanges et faire croire aux différentes communautés jaffas qu'elles avaient quoi que se soit à voir ensemble ?
Foutaises selon Bra'tac et les siens, mais aussi pour le camp de Gerak : l'histoire ne pouvait se figer sur commande, et eux avaient la conviction que l'ancien modèle local Jaffa n'était pas adapté à la pérennité future de leur civilisation. Sans même considérer les menaces militaires et politiques toujours plus nombreuses dans cette galaxie particulièrement chaotique.
Sur certains aspects, le parti autonomiste allait jusqu’à affirmer que la Nation Jaffa était plus intrusive que les Goa’uld ne l’avaient été. D’abord tournés en dérisions, les garants de cette opinion s’étaient vite montrés dérangeants tant pour Bra’tac que Gerak et la poignée de jaffas qui avaient fait de la haute politique leur occupation première.
Faisant appel aux peurs des citoyens les plus… simples de la population, ils avaient défendu un système d’alliances ponctuelles de planètes indépendantes avec leurs milices locales pouvant s’unir le cas échéant. Si n’importe quel militaire ou amateur de la doctrine du combat spatial pouvait faire une liste conséquente des raisons prouvant l’absurdité de l’idée, l’électorat visé n’avait pas tous les outils nécessaires pour bénéficier de ce bon sens… si tant est qu’il en eût.

Jusqu’à peu, Bra’tac avait craint qu’il n’en soit de même pour les représentants élus, qu’ils se lancent dans une bataille rangée perdue d’avance depuis que les grands partis avaient décidé de retirer cette épine du pied de leur nation. Sur ce point, le vieux jaffa avait suivi le conseil de Gerak, donné lors de leur réunion secrète hebdomadaire, lorsque les petits partis s’étaient révélés être dérangeants pour les deux acteurs principaux de la vie politique de Dakara. Le conseil de son rival avait été avisé, et il l’avait écouté, répondant à la démagogie par plus de démagogie, donnant aux électeurs des avantages minimes, mais visibles et réguliers, qui ne lui coûtaient que peu de capital politique tout en minant la base des adversaires communs. L’accord informel passé quelques mois plus tôt avait offert les autonomistes à Bra’tac, ce dernier laissant les radicaux se faire digérer par la masse des traditionnalistes.

-Quelles sont les nouvelles de l’Installation ? demanda Bra’tac une fois l’assistant parti.
-Nous recevons des rapports réguliers de nos agents sur place, répondit Bi’Nar, le maître espion du parti mené par le vieux jaffa. Il n’y a pas de grande nouveauté là-bas. Elle est toujours paranoïaque et persuadée de tout ce que Men’Dal lui a raconté.
-Et lui ?
-Il joue son propre jeu. Pour qui, c’est difficile à dire, mais plusieurs agents à nous et même à Gerak se sont faits tuer : il la manipule, et joue avec sa paranoïa pour qu’elle se débarrasse d’eux.
-Ne peut-on pas le rappeler, ou même l’éliminer ? demanda un membre récemment admis dans le cercle rapproché de Bra’tac.
-Non, répondit ce dernier. La situation est trop fragile, et il est l’un des piliers de l’Installation. Sans lui, tout s’écroulera. Mais il sait que ça ne durera pas, et qu’il se fera forcément rattraper. Bi’Nar, trouve ce qu’il fait, et vite. S’il a un plan et qu’il ne travaille pas pour Gerak, alors quelqu’un d’autre sait pour l’Installation.
-Gerak a déjà sacrifié des jaffas pour nous pousser à la faute, nota l’espion.
-Pas pour ça. L’Installation est encore plus importante pour lui que pour nous, et ces exécutions menacent de faire tomber la mascarade.

L’Installation était probablement l’un des seuls aspects majeurs sur lesquels les traditionnalistes et les progressistes s’accordaient, ayant fondé en secret la base. Stratégique en tous points, elle était la pierre angulaire de la politique de développement technologique Jaffa, les projets menés en son sein devant donner à la Nation Jaffa, sinon une supériorité technique, un maintien du statu quo.

-Les Tauri, suggéra Bi’Nar. Ils ont des bons renseignements, ils pourraient mener ce genre d’opération… mais pas avec quelqu’un d’aussi important que Men’Dal.
-Oui, si O’Neill voulait avoir un agent, il le mettrait à un poste de base, sans importance…
-Où personne ne viendrait le chercher, compléta l’espion, je sais. Et c’est pourquoi tous les postes de ce type sont occupés par mes agents et ceux de Gerak.
-Combien de temps sera-t-elle encore nécessaire ? demanda Bra’tac sans transition.
-Pour connaître tous ses secrets, au moins une génération. Mais même pour apprendre les bases dans ce qu’elle sait, il nous faudra une dizaine d’années. Nous ne pourrons pas agir avant sans perte définitive.
-Ils agiront avant… Men’Dal et Gerak… Nous devrons être là pour ramasser ce qui peut l’être. En attendant, Bi’Nar, dis à tes agents de se concentrer sur Men’Dal. Il faut savoir s’il travaille pour Gerak ou pour quelqu’un d’autre.
-… Entendu, maître Bra’tac.


Une fois la réunion terminée, le chef du parti progressiste s’isola dans une petite pièce, aux issues surveillées par ses gardes du corps. Délicatement, il sortit de l’une de ses poches intérieures une pochette plate, qu’il ouvrit sur la table voisine, révélant une série de fioles remplies d’un liquide verdâtre à côté d’un petit module métallique. Il sortit l’une des fioles renforcées et la vissa sur le bloc cylindrique.
Puis, d’un geste que les années avaient imprimées dans son inconscient, il plaqua l’injecteur contre son bras, et eut une moue imperceptible lorsqu’une partie du liquide fut propulsée dans son système sanguin.

Son regard s’attarda sur la trousse et ses récipients pleins de trétonine. Ce sérum avait été aussi important que les armes et les alliés pour la rébellion Jaffa. En faisant de l’indépendance face aux larves une possibilité tangible, le produit Pangaran avait terminé l’œuvre commencée par la paire de jaffas idéalistes et leurs frères d’armes Tauri. Il avait même été indirectement responsable de la victoire de ces mêmes Tauri face à Anubis lui-même, puisque, au moment crucial, il avait fait échouer l’espion de ce dernier dans sa mission de sabotage.

Mais l’influence stratégique de cette drogue ne s’était pas arrêtée avec la prise de Dakara, un an après la bataille qui avait mis à bas Anubis en orbite terrestre. Celle-ci était un palliatif idéal aux larves goa’uld, mais présentait un effet secondaire potentiellement dévastateur : son utilisateur était condamné à la consommer régulièrement sous peine de souffrir d’une immunodéficience à l’issue fatale. Et ce problème devenait critique avec l’approvisionnement, insuffisant pour subvenir aux besoins de l’ensemble de la population.

Le procédé de fabrication était connu, rendu public par les Terriens comme preuve de bonne foi, une fois les droits achetés aux inventeurs du produit. Mais le constituant de base était devenu une denrée rare dans la Voie Lactée, les larves goa’uld ayant presque totalement disparu de la circulation. La nation Jaffa en possédait, tout comme les autres puissances, mais dans une quantité infiniment plus faible, ne maitrisant pas l’ensemble des techniques biomédicales nécessaires pour s’assurer un élevage industriel.

La tragédie avait été que nombre de membres de la rébellion avaient choisi d’entamer le traitement, comme symbole de leur rejet définitif de l’oppresseur symbiotique, avant que la pénurie ne se fasse connaître, les tauri et leurs alliés n’ayant pas encore réalisé les difficultés de production de la trétonine. Ces utilisateurs s’étaient révélés trop nombreux pour la quantité disponible, malgré les efforts de rationnement.

Ainsi, la nation Jaffa n’ayant pu sécuriser qu’une quantité négligeable et surtout non remplaçable de larves, son élite politique et militaire s’était retrouvée dans un état de dépendance qui ne pouvait qu’influer sur les relations politiques et commerciales avec les producteurs du précieux liquide.

Bra’tac regarda longuement les ampoules, sachant parfaitement le prix que payaient à présent les jaffas pour s’être libérés de la symbiose qui les avait maintenu en esclavage. Ils étaient à présent sous le joug de l’instrument de leur libération.

Un paradoxe de plus dans une nation qui n’en manquait pas.


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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptyLun 13 Nov 2006 - 16:58

Chapitre 09 supprimé lors de la réécriture.


Dernière édition par Rufus Shinra le Jeu 20 Jan 2011 - 19:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptyJeu 30 Nov 2006 - 18:44

une bonne suite :o c'est bien que tu soulève le paradoxe Jaffa, sinon on sent ton style s'améliorer Wink

j'ose espérer que les êtres de la civilisation pré-industrielle atomisée n'étaient pas... d'apparence humaine??! affraid
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptyMar 17 Avr 2007 - 15:36

Un début passionnant. J'aime vraiment énormément ta façon d'écrire, c'est un style un peu dépouillé, on dirait que tu fais mine de ne pas commenter la situation, juste de la décrire, mais on sent de-ci de-là quelques allusions qui n'en ressortent que mieux. Un talent indéniable (du moins, selon moi) pour la mise en scène : la façon dont est abordé chaque changement de décors est vraiment réussi. Toutes mes félicitations sur ce point, donc.

La façon dont tu passes des chasseurs au centre de contrôle puis aux équipes SG est également très plaisante. C'est vrai qu'on se concentre d'habitude davantage sur la porte des étoiles.

J'aime beaucoup l'idée d'une base sur la lune, tout comme celle d'une coallition du Stargate plus importante ; le fait de retrouver nos personnages favori dans de nouvelles situations est vraiment agréable.

J'apprécie aussi les nouveaux équipements et modèles de vaisseau, c'est très bien dosé, pas d'amélioration fulgurante et cependant des progrès non négligeable.

Seul petit bémol, comme il à été dit précédemment, je trouve qu'on à du mal à s'attacher aux personnages. Ils ne sont pas tout à fait assez dévelloppés. On aimerait connaître leur apparence, leurs goûts, leurs mimiques, leurs intonations... Enfin, moi, en tout cas, j'aimerais. farao

Bref, c'est une excellente fanfic, j'espère que tu vas la continuer ! (même si j'ai un peu peur de ce côté, vu depuis combien de temps tu n'as pas posté de suite...)

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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptyJeu 19 Avr 2007 - 18:36

Je rejoins Mat et Skay dans leur enthousiasme vis à vis de ta fanfic. Elle est très agréable à lire, quelques scènes d'actions, et visiblement un nouvel obstacle qui se dresse dans l'univers.

Par contre, je n'ai pas super accroché au fait que la base soit sur la Lune, en tout cas au départ. Mais je trouve maintenant que c'est une option qui est assez intéressante.
Cependant je n'ai pas bien compris la localisation du SGC sur cette base lunaire Embarassed

Bonne continuation dans la rédaction Wink
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] EmptyVen 20 Avr 2007 - 22:31

Pour moi, ta fic est un bijou d'imagination, tu as su utiliser un univers pré-éxistant ac ses règles et le faire évoluer de manière cohérente et hyper captivante.

Pour ce qui est de l'écriture, je trouve ton style un peu fragile, comment dire, il y a des passage vraiment bien écrits, et d'autres difficiles à lire, tu rétrograde ds ton écriture, c'est un peu déroutant...

Et en ce qui concerne, l'histoire engagée, moi, j'ai du mal à réellement accrocher avec ce style détaché que tu mènes ac tes personnages, je le ressens comme une simple énumération des évènements, on ne sent pas inclu ds cette histoire pourtante si intrigante...

Mais, tout ceci reste du détail pour une amélioration, car mon sentiment dominant après avoir lu ta fic, reste très positif, on en redemande!!!!
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome I]   Effet Papillon [Tome I] Empty

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