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 Effet Papillon [Tome II]

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Rufus Shinra
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MessageSujet: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyDim 15 Fév 2009 - 19:27

Citation :

Effet Papillon

Tome I : Histoire terminée, premiers chapitres en cours de réécriture réécrits.
Les Goa'uld ont été détrônés et la Voie Lactée est privée de puissance dominante. Alors que la Terre continue son développement dans une communauté galactique qu'elle a contribué à forger, une série de phénomènes étranges secoue le Petit Nuage de Magellan...

En cours de diffusion Publié sur Stargate Fusion et sur FanFiction.net


Tome II : Histoire terminée sur SciFi-FanSéries


Galerie des illustrations


Après un stand-by de deux mois pour finir la remasterisation des premiers chapitres du Tome I, voici le prologue du Tome II. Je tiens à remercier avant tout mes bêta-lecteurs, mes lecteurs tout court, mais aussi mes proches qui m'ont soutenu sans faillir au cours de l'écriture de cette fan-fiction.
Ce texte ne serait pas ici sans votre soutien à tous, donc encore merci infiniment.

Rufy









Prologue : Remise en question


Elle reprit conscience brutalement, ses yeux fixés sur le plafond de la cellule. Au moment où elle commençait à se poser des questions sur sa situation, un bruit fin l'informa de la présence d'une autre personne dans la petite pièce où elle était enfermée depuis son retour parmi ses semblables.
Une silhouette passa devant son regard, alors qu’elle était allongée sur sa couchette, et l'ignora totalement avant de se pencher dans sa direction. La froideur et l’efficacité avec laquelle l’individu déplaça Shanti sur la civière avant de l’entraver l’effraya autant que les gestes eux-mêmes.
Tentant de prononcer une parole, puis de faire un geste quelconque, la plus jeune membre de l’équipe SG-22 se rendit compte qu’elle était complètement paralysée. La panique s’empara d’elle alors qu’elle voyait du coin de l’œil l’homme en tenue protectrice ouvrir la porte, et, pendant quelques instants infiniment longs, s’efforça sans succès de reprendre le contrôle de son corps.
La civière sur laquelle la prisonnière reposait commença à se déplacer lentement, et ce ne fut que lorsque son entraînement reprit ses droits que Shanti put commencer à se calmer.

Pour s’apercevoir que sa respiration ne trahissait rien des émotions qu’elle venait de ressentir.
Au…au secours., supplia-t-elle silencieusement.
Mais personne ne répondit à son appel, alors que son regard, fixé vers le haut, lui montrait un défilement ininterrompu de plafonds de coursives.




Les dernières heures avaient été reposantes, dans la mesure du possible. Si les différents escadrons du Concordia étaient en alerte partielle, la situation s'était stabilisée, et Carl venait de rattraper quelques heures de sommeil.
Mais à présent qu’il avait quelque peu récupéré, son esprit était occupé avec trop de questions…
La mission pour laquelle il s’était porté volontaire ne lui avait rien appris qu’il ne savait déjà, tandis que la présence même du commandant et du CAG lors du retour des appareils était en soi plus qu’intrigante. Un coup d’œil sur l’un des moniteurs lui permit de vérifier que la rotation des pilotes pour la CAP n’avait pas changé et qu’aucune consigne générale n’était entrée en vigueur pendant son sommeil. Voyant que son tour viendrait dans plus de deux heures, il prit un petit-déjeuner au mess, puis se rendit aussitôt vers le gymnase du bord.
Il ignora le peloton de Marines qui s’y entrainait et se dirigea vers la personne qui avait motivé son déplacement. Celle-ci venait de terminer un parcours d'escalade, et Carl attendit quelques secondes après qu'elle soit descendue pour l'aborder
"Capitaine ?" demanda-t-il à la femme.
"Tiens, Halcyon. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?" répondit-elle avec autant de tact que sa fatigue lui permettait.
"Je voudrais juste savoir si…si c'est habituel, comme réception, ce qu'on a eu en rentrant ?"
"Pas vraiment" dit-elle en confirmant les suspicions du jeune pilote. "Mais en même temps, je te mentirais en te disant que ce genre de situation est habituelle." Elle s'assit sur un banc et lâcha un soupir. "Ces vaisseaux, les Jaffas à côté, ce qui t'es arrivé…il y a pas mal de choses pas très claires ces derniers temps, mais comprends bien : on ne peut pas y faire grand-chose. Juste obéir aux ordres, espérer qu'ils savent ce qu'ils font en haut, et réagir vite quand tout merdera."
"Peut-être que ça va se calmer", hasarda Carl avec un air rassurant.
"Deux flottes de deux puissances en guerre froide, l'une à côté de l'autre, des planètes et des vaisseaux qui se font balayer…sans vouloir être vache, tu me sembles un peu naïf. J'ai du mal à voir comment ça pourrait ne pas péter à la figure de quelqu'un. Enfin, faut juste ne pas être ce "quelqu'un"… "
"…"





Cela n'avait été, pour la majorité des habitants d'Atlantis, qu'une nouvelle crise qui était caractéristique de cet environnement de travail particulier. Aucun mort ne fut finalement à déplorer, les quelques accidentés se remirent d'aplomb, et chacun reprit son travail, qu'il s'agisse du contrôle des équipements ou d'un projet visant à révolutionner la science humaine.
Seule une vingtaine de personnes avait idée de ce qu'il s'était réellement déroulé quelques heures auparavant, et l'une des principales protagonistes ne cessait d'y repenser. Après avoir été aux côtés des plus hauts responsables civils terriens à plusieurs millions d'années-lumière à la ronde, Anna n'avait toujours aucune idée des conséquences qu'auraient pour elle ces évènements.
Les systèmes Anciens fonctionnaient à nouveau mais son projet, et sa vie, étaient en pause. Toute l'équipe dont elle avait eu la responsabilité venait de se voir assigner à d'autres postes, tandis que Nathan et elle-même voyaient leur avenir devenir incertain.
Confinée dans son logement, Anna tentait péniblement de se détendre quand une voix désincarnée la fit sursauter :
"Que feront-ils, selon vous ?" demanda la voix très légèrement synthétique de l'intelligence artificielle.
"Qu'est-ce que vous voulez de moi ? Vous ne devriez pas plutôt discuter avec le docteur Jackson et les autres ?" répondit-elle avec rancœur.
"Si, bien sûr, et c'est ce que je suis en train de faire en ce moment. Mais vous n'avez pas répondu à ma question, Anna Stern", continua la voix.
"En admettant que je veuille vous répondre, comment le saurais-je ? Ce n'est pas moi qui suis en train de leur parler et qui peut accéder à tous leurs dossiers personnels sur un coup de tête."
"Vous êtes humaine, pas moi", répliqua Atlantis.
"Retenez bien ça : on ne vous fera pas confiance", s'emporta Anna. "S'il y a une chose qu'on ne supporte pas, c'est d'être à la merci d'autrui, et même les docteurs Jackson et Weir, malgré leur ouverture d'esprit, n'oublieront pas votre démonstration."
"Merci."
"Hein ? Comment ça, "merci" ?" s'interrogea Anna.
"Vous êtes honnête lorsque l'on vous stresse. Dure, selon vos critères sociaux, mais honnête." Atlantis marqua une pause parfaitement calculée pour appuyer son propos, puis reprit doucement, "Vous feriez une bien piètre diplomate, il me semble."
Anna voulut répondre vertement, mais, au moment de prendre son souffle, la voix mélodieuse de l'I.A. l'interrompit :
"Je vais vous laisser, mademoiselle Stern, j'ai beaucoup à faire."



Ces deux heures avaient été plus éprouvantes encore que les jours passés dans l'étrange cellule, et il lui fallut plusieurs minutes pour se rendre compte qu'elle avait repris le contrôle de son corps, brusquement agité de spasmes. Son premier acte conscient fut de se mettre en position fœtale alors que des larmes inondaient son visage.
On l'avait rapidement amenée dans une salle d'examen, où les personnes qui avaient porté le brancard la déposèrent sans douceur sur une table d'opération. Son regard fut alors attiré par les extrémités brillantes d'une série d'instruments de chirurgie posés sur une table à proximité. Puis, l'entrée d'un groupe d'infirmières avait amené un réconfort inconscient qui fut balayé par leur manière d'agir, préparant les instruments, les seringues et les appareils médicaux sans lui prêter attention. Son regard immobile et son incapacité complète à réagir physiquement lui avaient fait connaître un sentiment de vulnérabilité absolue.
Celui-ci avait atteint son paroxysme lorsque le médecin lui-même était entré. L'écossais qu'elle avait pu voir à une poignée de conférences sur la xénobiologie et dont l'accent lui attirait l'attention de tout le public féminin s'était approché d'elle avec masque et gants. Le bref coup d'œil que le docteur Beckett lui accorda avant de donner ses dernières instructions aux infirmières lui donna l'impression qu'elle était plus un cobaye qu'un être humain...
Voilà ce qui vous attend.
Aucune réaction de sa part ne vint témoigner du retour de cette voix.
Ils voudront savoir ce qui vous est arrivé, cela ne fait pas le moindre doute.
Que…que s'est-il passé ? articula mentalement Shanti, qui éprouvait des difficultés à avoir des pensées cohérentes.
Ils vous ont anesthésiée, mais j'ai maintenu une activité cérébrale suffisante pour vous permettre de savoir.
…Pou…pourquoi ?
Pour donner plus de poids à ma proposition, bien sûr.


En se rendant en salle de briefing, il apparut de plus en plus clairement à Carl que si un semblant de routine s'installait, l'incongruité de la situation n'en pesait pas moins sur chacun. Il n'y avait presque plus de discussions animées entre pilotes et la tension était palpable quand Mitchell rompit le silence :
"Très bien, tout le monde. CAP standard autour de la flotte, chaque secteur sera sous la surveillance d'un SWACS et aura deux patrouilles. Aussi, avant tout, on a de nouvelles règles d'engagement. Tout ce qui semble venir des Jaffa, on fait les sommations d'usage avant d'attendre les ordres ; en revanche, si un appareil inconnu tente de s'approcher d'une patrouille ou de la flotte, vos contrôleurs de vol pourront vous permettre d'ouvrir le feu sans préavis. Et bien sûr, tout ce qui rentre dans le périmètre rapproché sans permission est une cible valide. Des questions ?"
Personne ne répondit, et "Shaft" reprit le briefing, s'occupant désormais de répartir les patrouilles dans le volume autour des vaisseaux terriens, et Carl attendit d'être nommé.
En peu de temps, le CAG acheva de répartir les pilotes dans leurs groupes, et ceux-ci sortirent de la salle, à l'exception d'un individu, qui s'approcha de Mitchell.
"Excusez-moi, mon général, mais..."commença le jeune pilote
"Je ne vous ai pas oublié, Halcyon. Venez avec moi, votre patrouille est remise à plus tard." répliqua aussitôt l'officier, qui quitta la pièce en faisant signe à Carl de le suivre.
Celui-ci s'exécuta immédiatement et pressa le pas pour rattraper son supérieur, qui s'éloignait visiblement des hangars et du groupe de pilotes qui s'y dirigeait.
"Que se passe-t-il, monsieur ?" hasarda Carl.
"Quelqu'un est venu vous voir, lieutenant." dit Mitchell sans tourner la tête, sa voix trahissant un léger agacement, alors qu'il ouvrait une cloison.
Derrière celle-ci attendaient deux individus en uniforme.
"C'est lui." lança brusquement le général aux deux hommes. "La prochaine fois que vous viendrez à bord, trouvez-vous quelqu'un d'autre !" Il se tourna vers Carl. "Ces deux types veulent vous parler, et aiment me rappeler qu'ils ont les relations pour ce genre d'affaires."
"Désolé, général." dit le plus âgé des inconnus. "Croyez-bien que nous ne vous aurions pas dérangé s'il avait été possible de l'éviter."
Mitchell partit sans répondre et Carl se sentit mal à l'aise, alors que les hommes tournaient désormais leur attention vers lui.
"Bien, veuillez-nous suivre, lieutenant."
Après une légère hésitation, il obtempéra et avança à leur suite à travers les coursives. Ils arrivèrent rapidement dans une pièce bien éclairée, au centre de laquelle se trouvait trois chaises et une table où était posé un dossier.
Sans formalité, il fut invité à s'asseoir, et, troublé, le jeune officier demanda, alors que le second individu préparait un ordinateur portable sur la table :
"Qui êtes-vous ?"
"Vous n'avez pas besoin de connaître nos noms, lieutenant." répondit celui qui semblait avoir l'autorité, en insistant sur le grade. "Nous travaillons pour la même cause, d'une autre façon. C'est tout. Maintenant, veuillez vous asseoir, nous avons des questions à vous poser."
Carl considéra ses possibilités, puis décida de s'installer sur la chaise, ce en quoi il fut immédiatement suivi par les deux hommes.
"Vous avez été récemment impliqué dans une escarmouche ayant coûté la vie à l'équipage d'un appareil embarqué de ce vaisseau, n'est-ce pas ?", demanda le chef apparent du petit groupe.
"Attendez une seconde, j'ai déjà parlé de tout ça à la section de Renseignements du bord. Tout ce que vous voulez savoir est dans leur rapport.", répliqua Carl.
"Les informations importantes s'obtiennent toujours de première main, lieutenant. Je n'ai aucun intérêt pour ces rapports. Répondez à la question, je vous prie."
"Oui, j'étais là quand Lone Wolf s'est fait assassiner et j'ai riposté, avec l'autorisation de mes supérieurs.", dit le pilote. "Et qui êtes-vous ?"
"Vous l'avez probablement déjà deviné, monsieur Banet."
"Les Renseignements, bien sûr, ou les Black Ops.", soupira Carl.
"Vous voyez que nous ne sommes pas les seuls à poser des questions dont la réponse semble évidente. Maintenant, dites-moi comment s'est comporté le vaisseau agresseur. N'omettez aucun détail.", demanda l'homme d'une voix posée.
"Je vous l'ai déjà dit, tout mon rapport est disponible chez vos confrères. Pourquoi me faire perdre du temps à le répéter ?"
"D'abord, parce que je vous le demande. Ce qui est, en passant, une raison valable pour beaucoup de personnes, voire toutes, si j'ai suffisamment de temps. Mais aussi parce que vous n'avez pas encore pu tirer un trait sur ça, et que vous voulez autant que moi savoir ce qui s'est passé ce jour-là."
L'individu resta silencieux pendant quelques secondes, puis reprit :
"Donc, expliquez-moi comment vous avez repéré cet appareil, puisque selon votre rapport, il était camouflé."


Dernière édition par Rufus Shinra le Lun 9 Mai 2011 - 2:15, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyDim 15 Fév 2009 - 19:27

La porte du logement s'ouvrit silencieusement, et Anna ne s'en aperçut pas avant d'entendre la voix du docteur Jackson l'appeler. Se redressant aussitôt, elle reposa les quelques documents qu'on lui avait permis de garder depuis les derniers évènements, et se dirigea vers l'entrée. Daniel était dans l'entrée, tandis qu'étaient visibles derrière lui deux militaires en armes, qui semblaient monter la garde dans ce couloir.
"Docteur.", commença Anna.
"Mademoiselle Stern. Nous venons de conférer avec Atlantis, pour déterminer les modalités de notre...coexistence, et un accord préliminaire a pu aboutir.", répondit Daniel avant de s'interrompre brièvement. "Elle a accepté que nous restions ici et que nous utilisions une partie de ses équipements, et ne devrait pas interférer. Mais ça ne sera pas gratuit."
"Je sais." acquiesça Anna. "Mes oreilles se souviennent encore de la réaction du docteur McKay. Elle veut que nous l'aidions à retrouver les Anciens qui pourraient avoir survécu dans Pégase ou la Voie Lactée, non ?"
"Il n'y a pas que ça. Elle désire aussi notre coopération sur certains points. En particulier sur la mise à jour de ses bases de données historiques. Elle a passé plusieurs milliers d'années en sommeil et voudrait savoir ce qu'il s'est passé pendant ce temps."
"Et on va lui dire tout ce que nous savons ? Juste parce qu'une voix désincarnée nous le demande ?"
"Non, bien sûr." la rassura Daniel. "C'est ce que nous lui avons à peu près répondu. Dans la mesure du possible, Elizabeth...le docteur Weir préférerait ne pas lui laisser d'accès à plus de systèmes que le strict nécessaire...donc nous avons pensé à une autre possibilité."
Anna ne comprenait pas où Daniel voulait en venir, et allait le lui demander lorsqu'il reprit la parole :
"Vous êtes cette possibilité, mademoiselle Stern." dit-il d'un ton embarrassé.
"Qu'est-ce que...", voulut-elle dire.
"Notre suggestion est de vous mettre partiellement à disposition d'Atlantis pour lui fournir les informations qu'elle désire, sans pour autant qu'elle puisse obtenir ce que nous voulons garder pour nous."
"Mais, pourquoi moi ?" commença-t-elle avant de poursuivre avec un air légèrement ironique. "Oh, bien sûr, parce que je connais son existence, que j'ai eu une formation poussée dans ces domaines et que vous n'aviez aucune idée de ce que vous pourriez faire de moi à présent."
"Je ne l'aurais pas exprimé en ces termes, mais c'est à peu près comme ça que Rodney a défendu cette idée."
"Et, pour ce qui est de ce que je faisais avant son apparition ?"
"Vous devriez continuer votre travail de recherche, mais sans équipe. Cela ne devrait pas poser de problème, étant donné que notre nouvel "hôte" a déclaré vouloir vous aider en échange de votre participation à ce marché."
"C'est le minimum." soupira Anna. "Enfin, que serais-je sensée dire ou ne pas dire à cette créature de silicone ?"
"Justement, Rodney et moi allons vous expliquer tout ça, mais pas ici." Il fit un discret mouvement de tête vers le plafond.
"Ce que veut dire le docteur Jackson, mademoiselle Stern," annonça la voix reconnaissable d'Atlantis. "c'est qu'il juge que s'il faut me cacher certaines choses, autant que je ne sache pas d'emblée ce dont vous n'aurez pas le droit de parler."
Daniel prit un air dépité, et confirma :
"Oui, c'est à peu près ça. Donc, suivez-moi, on va rejoindre Rodney."
"D'ailleurs, étant donné les communications radio et les vols de la dernière heure, le docteur McKay est selon toute probabilité à bord du croiseur Castor en orbite basse, après avoir fait un détour sur la base continentale."
Cette fois-ci, Daniel s'empourpra et, avant qu'il ne puisse répondre, entendit l'I.A. continuer :
"Ne vous inquiétez pas, docteur Jackson. J'aurais tout aussi bien pu vous laisser croire que vous m'aviez bernée, mais il ne serait pas profitable pour toutes les parties en présence que vous me sous-estimiez. Il est préférable qu'une relation de confiance s'instaure entre nous, même s'il est logique que je sois initialement crainte."
"Effectivement, on ne peut pas dire que nous soyons rassurés par votre présence.", reconnut Daniel, en faisant signe à Anna de la suivre.
Ils arrivèrent près de l'entrée, et au moment d'ouvrir la porte, la voix désincarnée se manifesta à nouveau :
"Oh, mademoiselle Stern. Mes circuits cognitifs sont à base de carbone, et non de silicium."



La voix de Campbell résonna faiblement dans sa tête :
"Qu'est-ce qu'on fait ?"
"Pour l'instant, rien.", répondit Maltez, "Mais si quelqu'un a une idée, je suis preneur."
"Est-ce qu'il vont nous traiter comme des pestiférés longtemps ? Quand ils verront qu'on est clean, on pourra reprendre du service, non ?" hasarda Vernil.
"Sylvestro, je te rappelle qu'on est tous isolés dans des cellules différentes. Est-ce que tu crois vraiment qu'on pourrait discuter comme ça si on était clean, comme tu le dis ?" rétorqua le lieutenant-pilote de SG-22. "Toi, Shanti, t'en penses quoi ?"
"Je n'en sais rien, Tom. On est coincés, emprisonnés par notre propre camp, et, franchement, j'aimerais bien savoir ce que veulent ceux qui nous ont mis ces nanites."
Shanti changea de position sur sa couchette, alors que c'était au tour de la voix du commandant Maltez de se faire entendre à nouveau :
"Ils nous ont dit qu'on aura une "opportunité". Ça sera probablement une chance de nous évader. Mais que l'on soit tous clairs là-dessus : si on tente de s'enfuir, on passera du statut de prisonniers récemment libérés à celui de parias et déserteurs. Quoi qu'on ait pu voir il y a une heure, rappelez-vous qu'aucun d'entre nous n'a remis en cause ce genre de précautions depuis les lavages de cerveau goa'uld."
"C'est inutile d'en parler maintenant", rajouta Shanti. "On ne ferait que se diviser pour rien."
"Elle a raison.", affirma Campbell. "Il n'y aura qu'une seule réponse importante. Celle qu'on donnera si et quand cette opportunité se présentera."



Les premières questions s'étaient attardées sur le contexte de la brève escarmouche, mais subtilement, l'inconnu qui interrogeait Carl avait dévié de ce sujet. Désormais, ses interrogations se concentraient sur l'attitude et le comportement du pilote alors que la situation s'était bouleversée en une poignée de secondes. Il lui avait fallu quelques minutes pour se rendre compte de ce changement et sa première envie fut de demander l'arrêt immédiat de cet interrogatoire. Pourtant, il n'en fit rien. Repensant à ses dernières réponses, une vérité lui avait sauté aux yeux.
A aucun moment il ne s'était interrogé sur la raison de ses actions, mais plutôt sur les évènements eux-mêmes. Alors que les questions semblaient déplacées et de moins en moins objectives, Carl décida inconsciemment de poursuivre le processus où ses propres réponses lui en apprenaient plus à chaque instant.
Tant sur l'escarmouche que sur lui-même.
"Lorsque le capitaine Anders s'est fait tuer par l'appareil furtif, vous avez réagi de manière étonnamment rapide, plus encore si l'on considère votre faible expérience. Savez-vous pourquoi ?", poursuivait l'interrogateur.
"Je ne suis pas sûr. J'avais peut-être anticipé ce qui allait se produire.", répondit Carl après quelques secondes de réflexion. "En fait, j'ai tendance à imaginer des problèmes à tout bout de champ. Alors une manière de me rassurer est de me dire ce que je ferais à ce moment-là. Pour ce qui est de cet instant précis, je ne sais pas si c'est ce qui s'est produit ou juste un réflexe dû à l'entraînement. Mes souvenirs sont plutôt concentrés sur la mort de Lone Wolf...du capitaine Anders, monsieur."
"Oui, c'est assez logique, étant donné les circonstances." reconnut son interlocuteur. "A ce propos, j'aimerais aussi savoir ce que vous pensiez du vaisseau inconnu après son attaque."
"Je voulais pulvériser l'ordure qui le pilotais, bien sûr." affirma le pilote du tac-au-tac. "Mais après coup, je me suis un peu calmé quand le contrôleur de vol a répondu. Après tout, si l'on capturait l'engin, j'aurais eu une chance de l'avoir en face de moi."
"Et qu'auriez-vous fait alors ?"
Carl soupira brièvement. "Au début, j'aurais probablement eu envie de le tuer de mes mains. Mais après...pourquoi. Juste, savoir pourquoi il a fait ça alors qu'il aurait pu s'éclipser discrètement avant qu'on ne l'encadre."
L'homme acquiesça et reprit :
"Je sais que tous les enregistrements du combat ont été analysés en profondeur, mais j'aimerais avoir votre avis sur l'appareil que vous avez abattu. Dites-moi quelles sont vos impressions à ce sujet, je m'occuperai de trier les informations utiles par la suite."
"Et bien..." hésita le jeune homme, "quand j'y ai repensé, après coup, les boucliers m'ont semblé bizarres. En fait, le vaisseau que j'ai démoli était un transport goa'uld, aucun doute là-dessus, mais ses boucliers me faisaient plutôt penser à ceux des vaisseaux lourds qu'à celui des engins de cette taille. Autrement, si on avait à faire à un transport de reconnaissance vraiment modifié, il aurait dû être armé ou équipé de quelque chose pouvant lui permettre de semer des chasseurs. Là, il avait juste un bouclier fonctionnant sous camouflage et rien d'autre. C'est absurde."
"Développez."
"Le bouclier doit émettre de l'énergie et rendre le vaisseau plus repérable d'une manière ou d'une autre. Donc c'est un handicap pour une mission de reconnaissance, surtout qu'il est inutile tant que personne ne connaît sa présence. Par contre, quand l'ennemi est alerté, les quelques minutes de répit qu'il offre ne serviront à rien sans arme ou équipement. C'est pour ça, c'est juste absurde, non ?"
"Effectivement, votre raisonnement se tient." répondit l'individu en face de lui, avant d'embrayer sur une nouvelle question.

Enfin, quelques minutes plus tard, les deux inconnus se levèrent.
"Merci de votre temps, lieutenant." déclara celui qui avait posé les questions tout au long de l'entretien. "Vous nous avez permis d'éclaircir certaines zones d'ombres de ces évènements tragiques. Vous êtes libre de rejoindre vos quartiers. Nous préviendrons le général Mitchell que notre travail ici est terminé."
Carl les salua avant de se retourner et de quitter la salle.

"Alors, Henry ?", demanda le premier homme au second, qui refermait son ordinateur.
"Il s'est énervé à certains moments, mais le détecteur n'a pas repéré de signes physiologiques trahissant des mensonges. Vu comme il a réagi à certains moments, je doute fortement qu'il soit entraîné à camoufler ceux-ci, monsieur."
"Très bien, ça ne fait que confirmer mon impression.", conclut le chef du groupe.
Il referma un dossier plastifié et plaça furtivement son pouce sur une zone de couleur presque indifférenciable du reste de la pochette.
"Bon, occupez-vous des préparatifs de départ. Je vais aller voir Shaft et lui dire qu'on va mettre quelques milliers d'années-lumière entre nous." ajouta l'homme en se dirigeant vers la sortie qu'avait emprunté Carl.



Atlantis ne s'était pas trompée, et Anna avait accompagné Daniel à bord du vaisseau en orbite pour y retrouver l'irascible scientifique dont les idées pouvaient aussi bien sauver l'humanité que détruire les trois quarts d’un système stellaire. Sitôt le Jumper immobilisé dans l'un des hangars du croiseur, elle avait suivi l'archéologue au travers des coursives du navire, arrivant quelques minutes plus tard dans une salle anonyme.
"Vous voilà tous les deux", dit le physicien aussitôt que les deux nouveaux arrivants furent entrés. Il se tourna vers Anna. "Est-ce que Jackson vous a mis au courant ?"
"Euh, oui.", répondit l'intéressée. "Je suis sensée travailler avec cette I.A., c'est bien ça ?"
"Pour résumer." la reprit McKay. "Tous les accès à nos réseaux ont été coupés pour l'instant. On est en train de mettre en place des interrupteurs physiques pour éviter une infiltration de sa part. Donc, pour faire des recherches, elle devra passer par vous, puisque on est moins d'une dizaine à la connaître."
"Vous voulez dire que je vais lui servir de secrétaire et lui fournir les documents pour son travail ?"
"C'est une partie du job. Il faudra surtout trier ce qu'elle peut obtenir du reste. Pour l'instant, on va lui donner les infos de base sur la situation politique actuelle, mais elle va vouloir en savoir plus."
"Est-ce qu'on sait ce qu'elle a déjà ?"
"Énormément", répondit simplement McKay. "Elle peut surveiller tout ce qui se passe dans la Cité, et on aura du mal à garder son existence secrète si il y a une liste de sujets de discussion interdits."
"Si on prend ça en compte, monsieur," répondit Anna, "qu'est-ce qu'elle ne sait pas ?"
"Nous supposons que ça fait moins d'une semaine qu'elle a été réactivée." dit Jackson. "Si ses capteurs étaient activés et enregistraient pendant son sommeil, alors il faut être clair, elle sait tout de nous. Donc votre travail, Anna, prendra en compte l'hypothèse optimiste que ce n'est pas le cas."
"Parce que autrement, on n'a aucun contrôle sur elle." ajouta McKay.
"Bref", reprit Daniel, "Aucune information sur nos capacités militaires. On maîtrise le voyage hyperspatial, rien de plus." L'archéologue commença alors une longue liste d'instructions spécifiques.
Quelqu'un peut-il m'expliquer comment je suis passée de l'analyse de données à un rôle "d'ambassadeur" auprès d'une I.A. ?, se demanda Anna avec une pointe de désespoir.



Rien ne permettait de suivre l'écoulement du temps, la cellule étant presque vide. Shanti avait beau reconnaître une construction humaine dans son environnement, elle commençait à être plus anxieuse que dans sa précédente prison. Ceux qui la confinaient dans cette petite pièce étaient les mêmes individus qu'elle avait espéré retrouver ces derniers jours, et la situation devenait de plus en plus confuse alors que ses options demeuraient floues. Un "partenaire" inconnu lui offrait de s'échapper tout en démontrant son pouvoir par l'intermédiaire des nanites qui l'habitaient désormais. Elle savait parfaitement qu'elle ne pouvait pas faire confiance à ce nouvel interlocuteur, mais la seule autre décision possible impliquait de devenir un paria, crainte par ses semblables à cause des conditions de sa capture et de sa libération.
Pourquoi ne me faites-vous pas confiance ? lui demanda la voix douce qui incarnait son mystérieux contact.
Je ne sais rien de vos intentions, répondit-elle silencieusement.
Effectivement. Mais vous connaissez celles de votre camp. La question à laquelle je veux une réponse est si vous aurez l'audace de travailler avec moi pour vous sortir de ce mauvais pas.
Je ne sais pas.

Il n'est pas question de savoir, ici. Donner une réponse serait simple si vous saviez.
Dites-moi qui vous êtes, demanda Shanti.
N'y comptez pas. Vous n'aurez cette information que si nous avons à coexister.
Comment est-ce que je peux choisir, alors ?
Cela n'est pas de mon ressort. Mais réfléchissez bien, mon offre a une durée limitée, conclut la voix.
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyDim 15 Fév 2009 - 23:57

Rufus Shinra a écrit:
Après un stand-by de deux mois pour finir la remasterisation des premiers chapitres du Tome I, voici le prologue du Tome II.
Ma foi, comparé à certaines personnes (touss, touss) c'est un rendement très appréciable. Et puis l'attente, ça rend la chose meilleure...

Rufus Shinra a écrit:
Je tiens à remercier avant tout mes bêta-lecteurs, mes lecteurs tout court, mais aussi mes proches qui m'ont soutenu sans faillir au cours de l'écriture de cette fan-fiction.
Ce qui me fait deux remerciements... mrgreen Qui dit mieux ? cheers

Très bon prologue, où nous retrouvons chacun des véritables personnages principaux dans son petit coin de galaxie. Et il y a une certaine symétrie dans toutes ces histoires : Carl questionné et apparemment soupçonné de... quelque chose, quoi que ce soit, Annah écartée et assignée au poste de secrétaire pour une IA antédiluvienne, et Shanti... Aaaah, pauvre Shanti... Son histoire est probablement la plus glauque de toute. Les terriens ne sont vraiment pas cool avec leurs ressortissants. Cela n'aurait pas couté grand chose de leur rendre une petite visite ou bien de leur laisser quelques magazines... Ce qui lui arrive est vraiment dur, bien que compréhensible. C'est là qu'on réalise que SG-1 a vraiment été chouchouté pendant la série...

Plus le temps passe, et plus j'ai la sensation que Carl est un personnage central dans Effet Papillon. Il me semble qu'il a le potentiel d'un vrai meneur, même si pour l'heure la situation n'a pas encore exigé de lui qu'il donne tout ce qu'il a.
Annah, par opposition, me semble être particulièrement passive. Pour autant, elle n'est pas la moins capable dans son domaine... Cet antagonisme est saisissant.
D'ailleurs, c'est un détail qui m'impressionne. Sans jamais vraiment t'attarder sur la psyché de nos personnages, tu es parvenu à leur construire des caractères bien distincts et parfaitement définis. C'est un joli coup.

J'ai aimé la scène de l'interrogatoire, ainsi que celle de la discussion entre les différents membres de l'équipe. Ce sont deux moments un peu surréalistes que j'ai parfaitement visualisés.

Je me demande si mes commentaires à force ne finissent pas par tous se ressembler...

Je suis de plus en plus curieux de connaître l'identité du mystérieux interlocuteur de Shanti, car il semble que cela ait un lien direct avec le nœud de l'histoire. Je crois que lorsque l'on saura de qui il s'agit, on en saura beaucoup. Pour l'heure, c'est là la partie la plus émergée de l'icebreg... ça, et la planète mère des Arachnides.

Bien, je crois que j'ai fais le tour. Concocte-nous vite un nouveau chapitre. C'est toujours un plaisir de voir cet édifice se construire peu à peu, avec la régularité d'un piège qui se referme...

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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptySam 28 Fév 2009 - 10:39

Oui, il m'en aura fallu du temps pour commenter le prologue du tome II...

On commence vraiment très fort, avec la scène dans cette salle d'op' est terrible. Et non content de décrire une scène qui donne des frissons rien qu'en la lisant, tu nous mets Beckett dans le rôle d'un méchant médecin, brrrrr.

L'interrogatoire que subit Carl ne fait que renforcer le mystère qui entoure ta fiction, tout comme le mystérieux "allié" de l'équipe de Shanti.

J'ai vraiment du mal à ajouter quoi que ce soit d'autre. Je suis impatient de voir comment va vraiment se passer la collaboration entre Annah et Atlantis, tout comme de quel côté Shanti va se tourner, les terriens ou la mystérieuse voix.
Bravo pour ce prologue qui rempli parfaitement son rôle ! clap!

Skay a écrit:
Ce qui me fait deux remerciements... mrgreen Qui dit mieux ? cheers
Pas mieux, mais tout autant niark niark What a Face
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyDim 1 Mar 2009 - 21:31

Tien donc un deuxième Tome. Heureux
Et un deuxième prologue,content en fait c’est un bon résumé pour les forces fédérales terriennes enfin la tauri
J’ai bien envie de lire la suite, mais je doute quelle apporte plus de réponses que de question. No
Enfin, patience et longueur de pioche ont plus de force que les haches. scratch(et pourquoi je dis ça moi)
Vivement la suite.

clap!
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyLun 9 Mar 2009 - 9:10

Chapitre 1 : Ombres et lumière


Van'Tet était appuyé sur la cloison, observant silencieusement le groupe de survivants qui étaient entassés dans le bombardier goa'uld. La présence de nombreux blessés avait détourné l'attention des sauveteurs de son cas, lui permettant de profiter autant que possible du relatif calme. D'autres galeries intactes avaient été déblayées, et si la majorité d'entre elles ne recelaient que des corps inertes, une poignée de jaffa avait survécu au désastre.
Mais aucun de ceux-là ne savaient ce qu'il était arrivé.
Et depuis qu'il s'était assuré qu'aucune information ne lui avait échappé, il lui fallait prévoir ses prochains mouvements. Le temps lui sembla filer alors que dans sa tête s'échafaudaient de nombreuses hypothèses quant aux dernières données, et il fallut qu'un vieux guerrier lui donne un coup de coude pour qu'il se rende compte que la salle se vidait de ses occupants.
"Nous sommes arrivés. Suis les autres jusqu'aux anneaux", lui dit succinctement le jaffa, en indiquant les survivants qui se mettaient à marcher en petits groupes.
Il obtempéra et rejoignit les autres, marchant vers la salle abritant les anneaux de téléportation. Leur lumière caractéristique s'évanouissant, le décor sobre et familier de l'intérieur des Ha'tak se révéla à ses yeux.
Pourquoi envoyer un vaisseau aussi gros pour un sauvetage ? se demanda-t-il aussitôt, avant de prendre le chemin indiqué par les gardes de la salle de transfert.

"Toi, viens avec moi", l'interpella un jaffa d'âge avancé au regard sévère. Il portait la marque de Chronos, mais, à la surprise de Van'Tet, pas d'armure. Se dirigeant vers lui, il le détailla brièvement du regard, remarquant un Zat’nik’tel à son côté.
"Nous interrogeons tous les survivants. Il faut savoir ce qu'il s'est passé." poursuivit l'individu en avançant dans les couloirs qui semblaient emplis d'une trop grande agitation pour une simple mission de sauvetage.
Finalement, ils se dirigèrent vers une zone plus isolée, entrant dans un entrepôt de nourriture où avaient été installés une table et deux tabourets. Aussitôt que la porte se fut refermée, l'interrogateur se retourna et inclina légèrement la tête vers Van'Tet en lui disant :
"Mourir libre est le plus grand des honneurs..."
"...après celui de vivre libre." compléta le jeune jaffa. "Quelles sont les nouvelles, maître ?"
Le mentor de l'espion soupira, et lui fit signe de s'asseoir.
"Mauvaises. L'attaque de la base a rendu Gerak et ses soutiens plus virulents que jamais. Ils demandent une réponse militaire à ce qui n'a pu être qu'une agression Tauri."
"Depuis quand sont-ils au courant ?" demanda l'agent.
"Trop tôt."
"Mais alors..."
"Non", l'interrompit le jaffa. "Bra'tac a fait envoyer ce vaisseau pour enquêter, et tout indique que ce qui a détruit l'Installation est une arme comme en font les Tauri. Il ne s'agit pas d'une manœuvre de sa part. En tout cas, pas directement. Mais que sais-tu de ce qu'il s'est passé ?"
"Men'Dal a agi de manière plus suspecte qu'à l'accoutumée, juste avant l'attaque. Il a été prévenu de la présence d'un vaisseau, mais ne s'est pas inquiété. J'ai eu confirmation par l'opérateur des détecteurs qu'il ne s'agissait pas d'un vaisseau Tauri, mais il est mort avant votre arrivée."
"Et Men'Dal ? Nous n'avons pas trouvé son corps et il n'a pas été secouru."
"Je ne sais pas ce qui lui est arrivé." répondit Van'Tet. "Je l'ai vu dans la base, avant sa destruction. Tout ce que je sais, c'est qu'aucun des survivants ne l'a vu après." Il s'interrompit un instant, prenant un air pensif.
"Quelque chose d'autre ?"
"Oui, quand j'y repense, le cadavre de Khensit était assez éloigné des couloirs bloqués. Ça veut dire que son "prima" était loin d'elle quand l'attaque s'est produite."
"...effectivement, c'est étrange pour quelqu'un jouant son rôle... Quoi qu'il en soit, tu as accompli ta mission avec tout le talent que je pouvais espérer de ta part, mon apprenti."
"Merci, maître."
"Nous allons retourner sur Dakara avec les autres survivants. Sans consignes explicites de ma part ou de l'un de tes contacts, tu t'en tiendras à ton rôle. Nous ferons en sorte que tu sois rapidement libéré. Je ne suis pas sensé t'en parler, mais Bra'tac semble avoir entendu parler de toi et ton nom circule pour une affectation dans les zones frontalières. Tu fais honneur au vieillard que je suis."
Van'Tet s'inclina devant son maître, et lui répondit : "La force est dans le cœur, et non dans les bras."
"Vrai, mais nous avions plus besoin de bras que de cœurs aux batailles de Dakara."
Mais sans ces derniers, elles n'auraient tout simplement pas eu lieu. pensa silencieusement le vieux guerrier avant de raccompagner l'espion dans la salle où logeaient ceux qui avaient survécu au bombardement.

La pièce était de taille respectable, mais occupée par une imposante foule de survivants, de soigneurs et de gardes. L'arrivée tardive de Van'Tet passa donc inaperçue dans le brouhaha général, et il se rapprocha d'un groupe apparemment occupé à s'informer des derniers évènements par l'intermédiaire d'un membre d'équipage.
"On dit que les Tauri sont derrière tout ça." affirma l'un des survivants, la peau et l'armure noircies par la poussière dans laquelle il avait passé les derniers jours.
"C'est à cause d'eux qu'on est venu en Ha’tak. On dit qu'ils ont toute une flotte juste à côté d'ici, sans aucune raison."
"Mais ont-ils tué d'autres jaffas ailleurs ?" demanda un blessé.
"Je ne sais pas. Nous sommes partis de Chulak pour vous aider, c'est tout."
A ce rythme-là, Gerak va se voir supplié de prendre tous les pouvoirs avant même notre retour. Quel gâchis... pensa le nouveau venu en s'écartant du petit attroupement.

Il jeta un coup d'œil autour de lui, son regard s'attardant sur la foule se formant autour du point où l'on distribuait de la nourriture aux rescapés. Si ce genre de rumeurs circule déjà, il faudra agir vite pour éviter le massacre. Et puis qu'est-ce que cette flotte Tauri fait dans un coin aussi reculé ? Ils ne s'y prendraient pas autrement s'ils cherchaient un incident...C'en est presque dommage de repartir sur Dakara.

Si la situation avait été quelque peu chaotique juste après l'arrivée de la foule de rescapés, la tradition de discipline des jaffas n'avait eu besoin que de très peu de temps pour reprendre ses droits, et Van'Tet n'y échappait pas. Comme chaque personne en bonne santé, il s'était mis au travail pour aider les soigneurs et organiser la distribution de la nourriture, poursuivant le rôle qu'il avait joué dans les décombres de l'Installation. Remplissant les obligations que son maître lui avait inculqué comme essentielles pour tout jaffa honorable, il gardait néanmoins les oreilles ouvertes et la bouche aussi close que possible.


Le jaffa se déplaçait silencieusement, comme des années d'expérience le lui avaient appris. Sans aucun secret pour lui, le plan des couloirs était gravé dans sa tête, et il avançait à grands pas vers sa destination, une salle où se trouvait un transmetteur interstellaire goa'uld. Son poing serré tenait un minuscule bloc de données contenant tous ses souvenirs de la conversation avec son agent, discussion à laquelle il ne cessait de repenser. Le vieux jaffa, habitué des intrigues, envisageait les différentes conséquences de ces nouvelles informations.
Ce fut l'une des raisons pour lesquelles il ne remarqua pas aussitôt la subtile différence entre les couloirs vides qu'il avait arpenté des décennies durant et celui où il se trouvait. Une fraction de seconde trop tard, il vit le mouvement de la flamme de l'une des torches ornementales. Devinant la présence ainsi trahie, il plongea vers le sol tout en prenant la petite arme accrochée à sa ceinture.
Le sifflement d'une lame se fit entendre à l'endroit où il se trouvait un instant auparavant. Alors qu'il allait toucher le sol, un choc le fit basculer sur le côté, accompagné d'une intense douleur au niveau des côtes. Le jaffa dut rassembler toute sa volonté pour ne pas lâcher l'arme à présent dans sa main, l'activant d'un geste. Il roula sur son dos, et pointa l'arme vers la position présumée de son adversaire invisible, quand il se crispa brusquement.
Il vit le tir atteindre l'assassin, alors même que son corps ne lui obéissait plus. Le camouflage s'estompa, révélant une figure noire s'effondrant au sol, tandis que la panique s'emparait du vieux guerrier qui tentait en vain de respirer.
Au bout de quelques secondes, il vit l'individu se relever lentement, puis le neurotoxique acheva son travail, le plongeant à jamais dans l'obscurité...



Le signal d'alerte fit sursauter Van'Tet, qui chercha aussitôt du regard le moindre signe de danger.
Qu'est-ce qu'il se passe ? On nous attaque ?
Se tenant sur le qui-vive, il vit deux jaffas en armure arriver, pressés.
-Que se passe-t-il ? tenta-t-il de demander à l'un d'entre eux, qui l'ignora.
Voyant que les deux gardes se dirigeaient vers le jaffa qui semblait être en charge des rescapés, Van'Tet se rapprocha lentement pour les écouter.
-Est-ce que l'un d'eux a quitté la salle ? demanda-t-on au responsable.
-Non, ils sont tous là.
-Fais les compter et marquer immédiatement. Il y a un meurtrier à bord.
Un meurtrier ? se dit l'espion en se retenant de lâcher le moindre son.
-Qu'est-il arrivé ? voulut savoir le jaffa.
-Un sas a été ouvert, avec un cadavre à l'intérieur. L'assassin a échappé aux capteurs internes. On cherche encore qui est la victime, donc en attendant, assure-toi que personne ne vienne se cacher parmi ceux-là, conclut l'un des gardes en désignant la foule occupant la pièce.
-Cela sera fait.

Aussitôt, il donna l'ordre de fermer tous les accès et demanda l'attention de chacun :
-Écoutez-moi tous ! Un problème de sécurité nous oblige à arrêter tous les déplacements à bord. Je vais mettre à chacun d'entre vous une marque sur la main. Ne l'effacez pas avant notre arrivée sur Dakara. Toute personne devant quitter cette pièce sera accompagnée de gardes.
Sans attendre, il commença sa besogne, appliquant à chacun un signe visible sur le dos de la main.
Van'Tet s'assura d'être marqué avant de faire quoi que ce soit d'autre, puis se mit à observer attentivement chaque individu présent pour y repérer un éventuel intrus.
Mais qu'est-ce qui se passe ?
Il se déplaçait lentement, tentant de déchiffrer les visages des jaffas susceptibles de correspondre à celui qui semblait inquiéter l'équipage du Ha'Tak. Si la présence d'un meurtrier à bord l'inquiétait quelque peu, un certain sentiment de satisfaction se faisait connaître en lui, alors qu'il se voyait obligé de poursuivre la tâche à laquelle il avait travaillé depuis la formation de son maître.
S'il revient avant notre arrivée, je pourrai lui faciliter le travail avec le rapport de quelqu'un qui connaît son affaire. En tout cas, probablement mieux qu'eux, se dit-il en observant la poignée de jaffa qui regardaient autour d'eux avec une crainte partiellement camouflée par leur amour-propre.
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyLun 9 Mar 2009 - 9:11

La posture de Bra'tac était à l'opposé de son apparence de sexagénaire : assis, il conservait encore la vigueur et la sagesse qui avaient fait de lui l'âme de la rébellion jaffa. Toujours prêt à remettre en question les autorités établies au nom de la liberté, son plus grand défi avait été, après les batailles de Dakara, de former la nouvelle "autorité établie".
S'il avait été suivi sans grande difficulté dans la révolte armée, des obstacles inédits s'étaient présentés à lui dans les minutes ayant suivi le silence des armes. Les Tauri, soutien logistique indispensable et étincelle initiale, étaient passés en quelques semaines du statut de frères d'armes à celui d'étrangers tolérés. Des jaffas à la langue bien pendue s'étaient appropriés une partie du succès dû à de vrais héros ayant donné leur vie pour la liberté de leur peuple.
Bra'tac avait vu la situation devenir chaque jour plus polarisée, entre les idéalistes et les assoiffés de pouvoir. Même son mince espoir que ces derniers ne se déchirent mutuellement s'était effondré quand ces jaffas cherchant à occuper la place laissée par les faux dieux se désignèrent un chef.

Gerak.

Son pouvoir au sein du Conseil provisoire jaffa n'avait fait que grandir, lentement mais sûrement, ses faits d'armes étant appuyés par une rhétorique promouvant une politique extérieure agressive.
A présent, il appelait une nouvelle Assemblée pour renforcer ses pouvoirs face à la crise qui se dessinait. Et Bra'tac n'avait pas assez d'informations pour contrer efficacement ses plans.

Son secrétaire allait arriver d'une minute à l'autre pour lui annoncer sa convocation aux débats de l'Assemblée, et il n'avait rien.
Que fait ce vieux fou de Kal'Not ? se demanda le meneur des progressistes, en parcourant une dernière fois les notes rassemblant les quelques informations qu'il avait en sa possession sur les évènements s'étant produits au niveau de l'Installation.
Il entendit alors un son discret, et se retourna avec une vitesse témoignant des décennies de combat qui l'avaient forgé. Devant lui se tenait son secrétaire particulier.
-On m'appelle à l'Assemblée ?
-Oui, maître Bra'tac, répondit le secrétaire. Mais nous avons besoin de votre sagesse concernant un autre problème. Le vaisseau-mère envoyé vers l'Installation...il y a eu un assassinat.
-Qui ?
-Un seul membre d'équipage manque à l'appel...il s'agit de Kal'Not.
-Alors ils l'ont assassiné... chuchota Bra'tac.
-Quelles sont les consignes, maître ?
-Préviens tes agents, qu'ils sachent que les enjeux viennent de grimper. Mais surtout, fais en sorte que l'agent de Kal'Not arrive indemne sur Dakara et qu'il nous fournisse tout ce qu'il a appris. Avons-nous quelqu'un dans ce Ha'Tak ?
-Non, mon maître.
Le vieux jaffa resta pensif, puis reprit :
-Je vais aller voir ce que Gerak nous réserve. Toi, contacte le capitaine et demande-lui d'assurer une sécurité optimale à bord pour les rescapés, puis prépare un groupe pour récupérer ce...Van'Tet dès son arrivée. Cette session va être difficile, mais ce n'est rien par rapport à ce qui nous attendrait si ses informations devaient être perdues. Tu m'as compris ?
-Oui, dit le secrétaire qui faisait mine de partir pour exécuter ses ordres.
-Attends un instant, le rappela Bra'tac. Nous ne pouvons pas laisser un tel acte impuni sans paraître faible aux yeux de Gerak...Fais éliminer un de ses agents. Subtilement.
-Bien.
Qu'est-ce qui est passé par la tête de ce fou ? L'Installation était-elle assez importante pour justifier ça ?
...Non. Donc, soit quelqu'un a commis une grossière erreur de jugement dans son camp, soit cet assassinat lui donne un avantage bien plus important...



L'assemblée dirigeante de la nation jaffa était assez représentative de l'entité politique qu'elle était sensée diriger. Sous la pression de Bra'tac et de ses partisans, le Conseil provisoire avait finalement cédé sa place à une entité se voulant démocratique. Mais l'Assemblée vers laquelle se dirigeait l'ex-meneur du mouvement de résistance tenait plus de l'oligarchie, chaque planète plébiscitant son chef historique sans se poser beaucoup de questions, au point qu’un changement était bien plus souvent dû au décès du précédent représentant qu'à sa défaite électorale.

Lorsqu'il arriva dans l'imposante salle, Bra'tac s'orienta immédiatement parmi la foule et se dirigea vers le siège du représentant de Chulak, situé au premier rang. A une dizaine de places de lui était assis Gerak, qui s'entretenait avec une autre personne, qu'il reconnut comme Arkad, un conservateur extrémiste. Le vieux jaffa observa attentivement son rival, cherchant à distinguer dans son comportement une quelconque information utilisable.

"Silence, je veux le silence !" annonça le maître des débats, qui était le plus âgé des représentants, sensé arbitrer les querelles.
Le calme se fit assez vite, les derniers arrivés gagnant rapidement leur siège.
"Nous avons été appelés aujourd'hui", commença le jaffa en utilisant la formule cérémoniale, "à la demande d'une partie de nos membres, pour discuter d'un problème grave concernant tous nos frères." Il se tourna alors vers Gerak. "Représentant de Dakara, vous avez la parole."

Gerak se leva et s'inclina devant son aîné avant de commencer à parler.
"Comme vous le savez tous, une flotte de bataille Tauri a quitté sa planète d'origine pour une zone éloignée, selon le prétexte d'enquêter sur des agressions d'origine inconnue. Aucune nation n'a de possessions sur ces terres." Il s'interrompit quelques instants. "Aucune, sauf la nation Jaffa. Nous avions mis en place il y a quelques temps une installation de la plus haute importance pour l'avenir de notre peuple."
Quelques murmures se firent entendre, et un représentant indépendant se leva en silence, demandant ainsi la parole.
"Je laisse la parole à Selmar, représentant de Menliak", annonça Gerak.
"Merci", répondit le jaffa debout. "Je pense parler au nom de la majorité des indépendants en demandant pourquoi une installation aussi importante que vous le prétendez n'a pas fait l'objet de délibérations à l'Assemblée."
"Il s'agit d'une base dont les recherches appartiennent au secteur militaire. Nos lois autorisent le secret sur de telles structures à condition que les deux-tiers de l'Assemblée l'acceptent. Notre parti ainsi que celui de maître Bratac se sont déclarés en faveur d'une telle mesure de sécurité lors d'un entretien avec le maître des débats."
"Il dit vrai, Selmar", confirma Bra'tac.
Le jaffa ne dit mot, puis, s'inclinant, il répondit, avant de s'asseoir.
"Ma requête est satisfaite."

Gerak reprit la parole. "Cette base, donc, est installée à proximité immédiate de l'endroit où est arrivée la flotte de guerre Tauri. Le conseil de défense a donc requis l'envoi d'une force militaire adaptée, accompagnée d'un ambassadeur, pour s'assurer des intentions de nos alliés terriens, et les aider le cas échéant."
Le calme et la rhétorique posée de Gerak ne firent rien pour rassurer Bra'tac, qui savait exactement où son adversaire comptait aller.
"Or, nous avons, depuis quelques jours, perdu tout contact avec cette base, sans aucun signe annonciateur. Sauf un. Nous avons appris de plusieurs sources sûres la composition de leur flotte lors de son départ. Quand notre escadre de soutien est arrivée, un navire lourd Tauri était manquant. Un navire comme ceux qui se sont battus contre Ba'al, très lourdement armé."
Gerak laissa l'Assemblée assimiler ces informations, tandis que Bra'tac réfléchissait aussi vite que possible pour préparer sa réponse à ce qui allait forcément venir.
"Nous avons donc dépêché un vaisseau vers la base voisine, pour nous assurer de son état. Voici ce que le capitaine du vaisseau m'a renvoyé." termina Gerak en sortant un petit dispositif.

Un hologramme s'afficha au centre de l'Assemblée, montrant un paysage vu depuis les airs. Un gigantesque cratère noir était visible parmi les quelques incendies qui parsemaient les forêts au loin.
"Ceci, mes frères, est le lieu où se trouvait notre base. Heureusement, nous avions enterré une grande partie de celle-ci, de par sa nature secrète, mais même ainsi, seule une poignée de nos camarades ont survécu à l'attaque."
Ne laissant pas le temps à quiconque de poser la moindre question, Gerak enchaîna :
"Le rapport préliminaire du vaisseau de sauvetage indique que l'atmosphère est empoisonnée par des radiations semblables à celles des armes Tauri. Si le vaisseau n'avait pas été envoyé, les survivants auraient connu une mort lente et douloureuse au moment même d'atteindre la surface."
Le jaffa indépendant se leva à nouveau, cette fois-ci beaucoup plus hésitant.
"Avez-vous une question sur ces évènements tragiques, Selmar ?" demanda Gerak.
"Savons-nous...savons-nous qui a commis ce crime dont vous nous parlez ?"
Bra'tac lui répondit brusquement "Non"
Gerak le regarda et, sans s'importuner du manquement au protocole, reprit :"En effet, il n'y a pas eu de survivants chez ceux ayant fait fonctionner les détecteurs. Nous ne pourrons donc pas savoir avec certitude qui a lancé cette arme."
Le représentant de Menliak acquiesça avant de se rasseoir.
Bra'tac se leva, voulant répondre aux accusations transparentes de Gerak avant que celui-ci ne convainque l'Assemblée de commettre l'irréparable.
"Je laisse la parole à Bra'tac, représentant de Chulak", reconnut son antagoniste, avec un sourire indiscernable sur les lèvres.
"Merci", répondit le vieux jaffa en s'efforçant de rester aussi neutre que possible. "Une attaque semble en effet avoir eu lieu contre non seulement nos frères, mais notre Nation toute entière, au travers de cette installation. Mais nous devons garder notre sang-froid, et ne pas nous égarer dans une vengeance aveugle avant de savoir ce qu'il en est, mes amis."
"Et attendre la prochaine attaque !" dit l'un des membres de l'Assemblée, là où étaient les alliés de Gerak.
L'ignorant, Bra'tac poursuivit. "Ces armes qui ont frappé des jaffas ne sont pas si rares dans notre galaxie. Nous avons connaissance de plusieurs civilisations les ayant développées, en outre de la Tauri. Et que dire de l'Alliance Luxienne, que nous savons tous ici capable d'orchestrer un tel événement pour affaiblir notre Nation, seule capable de s'opposer efficacement à ses ambitions. Les coupables de cet acte devront payer pour la mort d'autant de guerriers, mais nous ne serions pas meilleurs que les Goa'uld si nous frappions des innocents sur le coup de la colère."
Le maître des débats intervint. "Pourtant, Gerak soulève un problème important. Tout semble pointer vers les Tauri."
"Ils nous ont prévenu du déplacement de leurs vaisseaux, pourtant. Annoncerait-on aux futures victimes le départ des tueurs ?"
"Les Tauri auraient inventé cette histoire pour nous prévenir au dernier moment. Ainsi, nous arriverions trop tard, et nos vaisseaux surveillant les leurs, nous n'aurions pas pu les accuser. Mais ils ont une fois encore sous-estimé la Nation Jaffa, et nos renseignements nous ont permis de voir clair dans leur jeu. Pour quelle autre raison ce vaisseau manquant n'est-il pas revenu chez les siens ?" répliqua Gerak du tac au tac.
"Il peut lui être arrivé un accident l'ayant forcé à se séparer des autres vaisseaux. De nombreuses explications sont possibles, Gerak, et il serait plus sage de nous renseigner que de chercher à obtenir une décision à l'issue d'un débat bâclé."
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyLun 9 Mar 2009 - 9:11

Gerak reprit la parole, continuant les débats, mais sans apporter de nouveaux documents. Bra'tac soupira discrètement, voyant qu'il avait pu éviter le retournement des indépendants.
S'il avait eu des "preuves", il les aurait brandies immédiatement...mais...il a raison sur un point. Qu'est-il vraiment arrivé sur l'Installation ?
Les débats se poursuivirent, reprenant un rythme plus lent, alors que le maître tentait avec plus ou moins de succès de modérer les ardeurs des plus jeunes représentants.
Au bout de quelques heures où les discussions n'évoluaient plus, chacun campant sur ses positions à propos de détails mineurs, le doyen, lassé, se leva et annonça la fin de la session.
"Nous sommes tous d'accord", commença-t-il, "sur le fait que des évènements graves se sont déroulés, qui menacent notre sécurité. Cependant, aucun élément présenté n'a pu nous permettre de conclure de manière définitive sur l'origine de cette agression, qui constitue sans le moindre doute un acte de guerre. Les représentants n'ayant pas pu s'accorder à la majorité requise pour une décision de cette ampleur, de nouvelles informations seront nécessaires pour organiser un vote valable."
Enfin, Gerak n'aura pas sa guerre aujourd'hui, se dit Bra'tac, soulagé, en se levant.
"Votre décision vous honore, maître des débats. Nous continuerons notre enquête pour retrouver ces criminels", affirma Gerak au maître.
"La voix de la raison sera écoutée", continua Bra'tac, "nous agirons ainsi et l'Assemblée sera tenue au courant de tous les développements de cette affaire."
Tout ce protocole, pour dire que rien ne sera fait...Quand apprendrons-nous ? se dit alors Bra'tac avec un léger soupir las.
La majorité des représentants ayant répondu favorablement à la conclusion par l'intermédiaire des deux chefs de partis, le maître des débats demanda si l'un des jaffas voulait remettre en cause celle-ci. L'absence de réaction lui permit de confirmer la fin du rassemblement.

Aussitôt qu'il fut seul, Bra'tac se retira dans ses quartiers, où il trouva son secrétaire prêt à lui faire son rapport.
"Nous devons contacter Rya'c, immédiatement."


Un bâtiment de la taille de l'Assemblée nécessitait un nombre important de personnes travaillant à son entretien physique, comme à l'administration et à l'accueil des hôtes ou des représentants eux-mêmes. La jeune Nation Jaffa, en finissant la construction de ce symbole, s'était rendue compte avec un peu de retard de certains besoins en personnels, et avait dû recruter rapidement des individus qualifiés pour des tâches précises. La célérité s'était alors faite au détriment de certaines vérifications que des gouvernements plus âgés jugeraient évidentes, ce qui avait laissé des failles.

Et il n'y a rien de plus curieux qu'un allié proche.
Surtout si l'allié proche possède une expérience presque aussi élevée que la Tok'Râ dans le domaine des services secrets, si mal vu chez de nombreux jaffas de par le déshonneur inhérent à leurs missions.

Celui qui était chargé d'entretenir la salle de l'Assemblée, avec une petite équipe, travaillait pour un second employeur. Un employeur qui le payait confortablement, n'avait jamais le moindre contact avec lui, et utilisant des technologies facilement disponibles auprès des contrebandiers de l'Alliance Luxienne. Il prit une brosse et commença à frotter une zone précise du sol, tout en appuyant sur un point particulier du manche.
Il ne savait pas ce que cela ferait et s'en fichait éperdument, au vu de son salaire. Les informations furent transmises en quelques secondes depuis le micro caché sous la dalle qu'il frottait, et après le temps que son employeur lui avait prescrit, l'employé reprit son travail habituel.
Le soir venu, il reposa ses affaires dans le local du personnel d'entretien, et rentra chez lui. La brosse, au milieu de ses sœurs jumelles, attendit que son minuteur lui donne l'ordre d'exécuter la commande suivante.
Le moment venu, au début de la nuit, elle retransmit son contenu crypté vers un transmetteur qui dirigea celui-ci vers une petite taverne locale, où l'un des clients réguliers ressortit quelques heures plus tard avec un peu d'alcool dans le sang, et beaucoup d'informations dans une puce cachée sous sa peau.


Il ne fallait en moyenne que deux ou trois jours pour que les services de renseignement terriens n'obtiennent l'enregistrement des débats à huis clos de l'Assemblée de la Nation Jaffa.
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyLun 9 Mar 2009 - 16:56

Très bon chapitre, bien rythmé et très vivant, plus imagé que d'ordinaire. Ton style ici est vraiment très bon. Tes chapitres prennent de plus en plus de finesse...

J'aime la manière dont tu développes l'histoire. Elle progresse par palier, très doucement, à chaque paragraphe, certains recélant plus d'informations que d'autres, ou des évolutions plus importantes. Les chapitres en fait constituent un découpage très subjectif, presque dispensable.

Celui-ci en l'occurrence constitue une sacrée progression. Les tensions entre les Jaffa et les terriens promettent de se dégrader sévèrement dans les temps à venir.

L'image que tu donnes de Bra'tac est à la fois nouvelle et parfaitement logique. En pleine guerre civile larvée, les affrontements honorables face à face ne sont pas toujours possibles. Ordonner l'assassinat d'un espion de Gerak est assez cynique mais nécessaire.

Pertinente également la manière dont tu décris les débats de l'Assemblée Jaffa. Tout cela est très formel, très tribal, très martial en somme. Ici, cela semble efficace, mais m'est avis que de temps en temps cette méthode doit être handicapante.

Il est également rassurant de constater que les terriens s'arrangent pour rester à la page. ^^

Bref, une fois n'est pas coutume, rien à redire sur ce chapitre. Il est agréable et constructif. Félicitations ! :D

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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyLun 9 Mar 2009 - 18:50

Que dire sur un chapitre quand il est d'excellente facture, si ce n'est qu'il est d'excellente facture? Rufus, tu commences vraiment à exceller dans ton style.

J'aime énormément cette ambiance d'espionnage chez cette jeune nation Jaffa. Tout cela a un air de Thriller qui ne me déplait pas du tout, et qui permet de faire distribuer quelques miettes d'informations qui ne font qu'augmenter notre faim de savoir Razz

Nous n'avions pas (ou très très peu) entendu parler des Tok'Ra jusqu'ici, et bien nous sommes gâtés pour leur retour.

Par contre, ton dernier paragraphe, tel qu'il est placé, me laissait pensé que le mouvement Tok'Ra voyait ses relations actuelles avec la Terre d'un bon oeil, au vu de la juxtaposition du dernier paragraphe concernant la Terre. Peut-être serais-je le seul à commettre une telle méprise, mais je tenais à le signaler Wink

Il n'en reste pas moins que c'est excellentissime!

Qu'ajouter de plus sinon que je demande de (beta)lire au plus vite la suite!!!!!
Bravo clap!
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyLun 9 Mar 2009 - 19:21

Webkev a écrit:
Nous n'avions pas (ou très très peu) entendu parler des Tok'Ra jusqu'ici, et bien nous sommes gâtés pour leur retour.

Par contre, ton dernier paragraphe, tel qu'il est placé, me laissait pensé que le mouvement Tok'Ra voyait ses relations actuelles avec la Terre d'un bon oeil, au vu de la juxtaposition du dernier paragraphe concernant la Terre. Peut-être serais-je le seul à commettre une telle méprise, mais je tenais à le signaler Wink
En fait, on ne parle pas des Tok'Râ dans ce chapitre. La seule phrase qui y fait allusion est celle-ci :

Webkev a écrit:
Surtout si l'allié proche possède une expérience presque aussi élevée que la Tok'Râ dans le domaine des services secrets, si mal vu chez de nombreux jaffas de par le déshonneur inhérent à leurs missions.
En vérité, c'est des terriens que l'on parle ici. Wink

Mais à la réflexion, il est vrai que l'on entend très peu parler de la Tok'Râ dans cette fiction. Nos petits amis symbiotes ne vont-ils pas intervenir dans cette histoire ?

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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyDim 5 Avr 2009 - 20:04

Chapitre 2 : Guerre froide et charbons ardents

Samir soupira silencieusement avant de reporter son attention sur les écrans situés devant lui. Le moniteur supérieur lui permettait de garder un œil sur la situation générale aux alentours du Concordia, tandis que le second affichait les informations détaillées dont il avait besoin pour son travail dans le CIC secondaire.
-Contact scanner, séparation du contact Golf-11, annonça sa voisine de gauche. Chasseurs légers jaffa, 5.
L'écran se mit à jour immédiatement, et Samir s'attarda un instant sur la patrouille qui s'éloignait rapidement de l'un des vaisseaux-porteurs jaffa. Ne repérant rien d'anormal, il s'en désintéressa pour observer de nouveau les mouvements des autres unités, dont le ballet incessant occupait chaque membre de la section tactique du vaisseau-amiral.
Si une poignée d'appareils couvrait les différents vecteurs d'approche, l'écrasante majorité des chasseurs restait, malgré leur apparente dispersion, dans une zone leur permettant d'intercepter d'éventuels missiles terriens. La posture jaffa ainsi dévoilée, l'amiral Wulfe s'était efforcé de minimiser les patrouilles de défense, sa CAP, dans le no man's land séparant les deux escadres, pour éviter de provoquer ceux qui apparemment le craignaient.
L'attente pesait sur Samir, alors qu'il avait pour rôle de repérer le moindre signe précurseur annonçant une attaque, et il en apprécia d'autant plus le bruit d'ouverture du sas. Tournant brièvement la tête, il regarda l'équipe du quart suivant entrer dans la pièce, et chercha un visage précis, qu'il repéra au bout de quelques instants.
"Rien de neuf ici, Shen", dit-il à celui qui venait le remplacer. "Des patrouilles qui rentrent, d'autres qui sortent, et tout le monde qui roupille partout ailleurs."
Son interlocuteur sourit à la remarque, et Samir lui laissa la place, se joignant au flux du personnel quittant la grande salle.
"Réception d'une transmission", entendit-il dire en quittant le CIC.
C'est le problème de quelqu'un d'autre.


Rya'c releva brusquement la tête lorsqu'un bruit léger le tira de ses pensées.
-Oui ?
-Lieutenant Williamson, monsieur l'ambassadeur, entendit-il dire par l'interphone de sa cabine. Le commandant vous informe que nous venons de recevoir un message à votre intention.
-J'arrive, répondit le jaffa en se levant.
D'un geste, il désactiva l'hologramme de son épouse, et se dirigea vers la porte derrière laquelle l'attendait l'officier. Celui-ci lui tendit un petit bloc mémoriel.
-Merci, lieutenant, lui dit-il en inclinant à peine la tête, aussitôt imité par la femme devant lui.

Quelques secondes plus tard, il déposa le bloc sur son socle, sans tenter de se dissimuler aux très probables caméras présentes dans sa suite. Les enregistrements mémoriels présentaient l'avantage d'être intimement liés à l'expéditeur et au destinataire, leur contenu s'apparentant plus à une somme d'émotions qu'à un message. Ces sentiments n'ayant la même signification commun que pour des personnes se connaissant très bien, tout individu étranger tentant de découvrir le contenu du bloc subirait un torrent de perceptions incohérentes, voire des dégâts irréversibles au cerveau.
Le concept d'utiliser non une machine mais un cerveau pour encoder et décoder le message assurait une complexité astronomique et une clé potentiellement impossible à copier.
Cette particularité du système de stockage mémoriel l'avait rendu très populaire au sein de la résistance Jaffa dans les derniers mois du règne des goa'uld, et, preuve de sa valeur, avait rapidement été adopté par la Tok'râ. Plus encore, ce nouveau développement d'une technologie existante avait préfiguré la propension des jaffa à faire du neuf avec du vieux, élargissant le domaine d'application de technologies existantes. Ainsi, l'ambassadeur jaffa appartenait au club très fermés des diplomates n'ayant pas à se soucier de la sécurité de leurs communications.

Il appliqua le stimulateur sur sa tempe, et laissa le flot d'informations l'envahir un bref instant. Aussitôt après, il se retourna vers la porte et l'ouvrit. La femme qui lui avait apporté son message attendait à proximité, comme l'exigeait le protocole, et il s'adressa à elle :
"J'aurai besoin de rencontrer l'amiral Wulfe aussitôt que possible, lieutenant. Dites-leur que cette requête est urgente."
"Bien, monsieur. Je vais l'en informer sur-le-champ." répondit le lieutenant avant de lui présenter ses respects et de partir le long d'une coursive.


L'amiral se trouvait dans son propre centre de commandement, distinct du CIC, et prévu spécifiquement pour lui permettre de coordonner les opérations des forces sous ses ordres. Plus petit que les deux CIC, il était cependant plus densément occupé, l'un des membres de la section des Renseignements faisant une présentation à l'ensemble de l'état-major.
"…l'appareil récupéré présente les mêmes particularités que le premier, dénotant la possibilité d'une fabrication en série témoignant d'une maîtrise de la technologie Ancienne. La source d'énergie interne, en revanche, ne correspond pas aux systèmes référencés dans la base de données d'Atlantis, et est toujours en cours d'analyse. Mais l'étude de celle-ci nous permet d'affirmer qu'un système d'inhibition des êtres élevés de cette portée nécessiterait une puissance de l'ordre de grandeur de celle d'un ZPM."
Il laissa ses auditeurs absorber l'information et ses conséquences.
"Voilà pourquoi le service de renseignements militaire nous demande de rendre prioritaire la récupération de ces sondes en nombre aussi important que possible. Nous estimons que le commandement central officialisera l'ordre dans les jours qui viennent, mais il est d'une grande importance stratégique de disposer de ces générateurs aussi vite que possible."
L'amiral demanda "Je suppose que vous avez une raison de ne pas vouloir attendre ces quelques jours."
"En effet, amiral." répondit l'homme. "Nos analystes jugent qu'il est très probable que les forces jaffa fassent de même dans les heures ou les jours qui suivent, à supposer qu'elles n'aient pas déjà commencé." Il s'interrompit. "Mesdames et messieurs, l'information que je vais vous donner est absolument confidentielle... Nous savons de source sûre qu'un Ha'Tak a été dépêché en mission spéciale en parallèle à leur flotte. En théorie pour vérifier l'état d'une base située à proximité immédiate de notre position que nous aurions soi-disant attaqué."
"Et vous pensez que la véritable mission de ce vaisseau serait de récupérer les sondes ?" demanda Wulfe.
"Tout semble l'indiquer." dit-t-il avant de continuer son exposé. "Une découverte de cette importance justifierait parfaitement cet accord entre les deux principaux partis jaffa à propos de cette mission. Il en devient d'autant plus crucial de ne pas être devancé dans le processus de collecte, puisque la maîtrise de cette technologie donnerait à la nation jaffa une supériorité stratégique écrasante sur la Terre et ses alliés."
"Un grand nombre de sources d'énergie équivalentes aux ZPM... Effectivement, il y aurait de quoi rompre le statu quo." dit l'amiral avant de s'interrompre brusquement. Il mit la main à l'oreille. "Excusez-moi, mon aide de camp m'appelle...Qu'y a-t-il, lieutenant ?...oui...oui...d'accord...dites-lui que je vais le voir d'ici un quart d'heure."
Coupant la communication d'une légère pression du doigt sur son oreillette, il reprit :
"Quand on parle du loup...je dois aller voir l'ambassadeur." Puis, se tournant directement vers le représentant des renseignements, "Merci de ce briefing, Ivan, Je vous ferai part de ma décision."


La voix de Mitchell dénotait son agacement, mais l'individu en face de lui savait qu'il n'en n'était pas la cause.
"…à moins d'une excellente justification, je ne pourrai pas m'opposer à leur demande."
"Nous n'avons déjà pas assez d'appareils et de pilotes pour la situation actuelle, et ils veulent encore nous en enlever ?" répondit l'homme devant lui.
"Colson, si ça ne tenait qu'à moi, je ne toucherais pas à la force de frappe du groupe, mais je ne peux rien y faire. Ils nous donnent un préavis, et c'est déjà plus que d'habitude. Au moins, vous pourrez préparer l'organisation en conséquence."
L'interphone annonça discrètement une présence derrière la porte, et Mitchell jeta un coup d'œil sur son moniteur pour identifier la personne. En reconnaissant l'amiral, il se leva au moment où celui-ci entrait dans le bureau. Immédiatement imité par le capitaine avec qui il discutait, Mitchell se mit au garde-à-vous.
"Repos. Cameron, venez avec moi, notre invité a demandé à me voir, et je pourrais avoir besoin de vous."
"Très bien." Il se tourna vers Colson. "Vous voyez ce dont nous avons parlé, compris ?"
"Bien, mon général." répondit le capitaine.

"Que se passe-t-il, amiral ?" demanda Mitchell quelques instants plus tard.
"Les jaffas semblent préparer quelque chose, selon nos très chers amis de l'E.M.I.S. Je vous expliquerai ça en détail quand nous serons plus tranquilles, mais ça semble être sérieux."
"Et pour Rya'c ? Savez-vous de quoi il veut vous parler ?"
"Il a reçu un message il y a un quart d'heure, je dirais que ce n'est pas sans rapport avec cette affaire "importante" dont il veut discuter."
"Allons bon..."


"Messieurs", commença Rya'c aussitôt que les deux officiers se furent installés devant lui. "Maître Bra'tac m'a personnellement demandé dans son dernier message de vous prévenir d'une aggravation de la situation sur Dakara."
"Comment ça ?" demanda Mitchell.
"Comme vous vous en doutez, Gerak et ses partisans ne voient pas d'un bon œil votre expédition. Mais ce qui était hier méfiance est à présent devenu hostilité franche."
L'amiral se redressa dans son siège. "Que voulez-vous dire par...hostilité ?"
"Tout simplement que s'il en avait le pouvoir, ce vieux fou tenterait de passer des mots aux actes."
"Et, a-t-il ce pouvoir ?", voulut savoir Wulfe.
"Non, mais cela pourrait changer. Les représentants indépendants ne sont pas tentés par la voie que propose Gerak. Cependant, si les craintes de notre vieil ami sont fondées, ce dont je ne doute pas un instant, la balance se met à osciller."
"Mais pourquoi ?", s'inquiéta Mitchell. "Vos vaisseaux surveillent les nôtres. Ils peuvent confirmer nos faits et gestes !"
"Je sais tout cela...Cameron.", soupira l'ambassadeur. "Il n'empêche que Gerak continue de semer les graines de la haine...et je dois vous poser une question importante."
"Oui ?" répondit l'amiral.
"Un de vos vaisseaux a quitté votre escadre avant l'arrivée de la nôtre, et n'est pas revenu. A-t-il été engagé dans une opération... offensive de quelque nature que ce soit ?"
"…"
"…Non", dit le commandant du groupe spatial terrien. "Sa tâche est de surveiller les agissements des agresseurs dont nous vous avons parlé dans notre communiqué."
"…Très bien. Dans ce cas, si nous voulons éviter une issue que personne ne désire, à l'exception d'une bande de vieux fous assoiffés de pouvoir, il nous faudra faire preuve d'une grande vigilance."
"Vigilance face à quoi ? Ou à qui ?" demanda Mitchell.
"Que vous le vouliez ou non, tous les regards sont portés sur nous, et si Gerak pense qu'une guerre contre la Tauri est le meilleur moyen de lui donner la préséance sur les autres jaffas, alors il n'hésitera pas à vous provoquer. Et une escarmouche ici-même, si loin de nos foyers, pourrait mettre en branle cette catastrophe."
"Je vois", dit l'amiral. "Et Bra...maître Bra'tac ?"
"Il fait tout son possible pour discréditer Gerak et ses théories, mais il ne pourra réussir sans notre concours."
"Entendu…nous ne verserons pas le premier sang."
"Je ne peux vous en demander plus, amiral. Encore merci de votre aide, et veuillez accepter mes excuses, en tant qu'ambassadeur… et que jaffa, de la situation dans laquelle vous met la folie d'une poignée de mes frères."


Dernière édition par Rufus Shinra le Lun 6 Avr 2009 - 0:20, édité 2 fois (Raison : Edité pour mettre le titre proposé par Skay : Merchi Skay !)
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyDim 5 Avr 2009 - 20:05

"A votre avis, on est un peu ou beaucoup dans la merde ?" demanda Mitchell à l'amiral quelques minutes plus tard, alors qu'ils se dirigeaient vers le CIC.
"Vous n'avez pas entendu la meilleure, Cameron. Les petits gars des renseignements sont persuadés de savoir pourquoi Gerak s'agite. Ils pensent même que Bra'tac est dans le coup, d'une manière ou d'une autre. Selon eux, ça a rapport aux sondes laissées derrière chaque atomisation."
"Comment ça ?" l'interrompit Mitchell.
"Leur source d'énergie serait colossale, presque du même calibre qu'un ZPM, et les jaffas voudraient mettre la main dessus à tout prix avant nous."
"Ça pourrait expliquer tout ce qu'ils ont envoyé dans le coin. Et vous pensez que Bra'tac marche avec ses ennemis pour ce coup-là ?"
"C'est ce qui me dérange…Lui et Rya'c nous cachent des choses, c'est clair, mais ça m'étonnerait qu'il aille jusque là. Non…les jaffa ont clairement une bonne raison d'être sur place, et on ne la connaîtra probablement jamais. Mais pour ce qui est des modules, je suis d'accord avec leur recommandation."
"Qui est ?"
"Essayer d'en mettre de côté autant que possible. Je ne sais pas ce qu'en pense le commandement, mais ça m'étonnerait qu'ils crachent sur autant de sources d'énergie d'une technologie pareille… Cameron, vous préparerez des sorties supplémentaires pour collecter autant de ces engins que possible. De mon côté, je vais voir où est-ce qu'on pourra les stocker."
"Compris, patron."


Quand Samir reprit son quart, cette fois-ci dans le CIC principal du Concordia, il vit avec un mélange de satisfaction et d'inquiétude qu'il semblait y avoir un peu plus d'activité que quelques heures auparavant.
Se rendant près de la console en tout point identique à celle qu'il avait utilisé à ce moment-là, il croisa brièvement le regard de sa supérieure. Sans un mot, elle lui fit comprendre qu'il n'y avait pas matière à s'inquiéter, et il termina son trajet.
"Alors, qu'est-ce qui se passe, Mike ?", demanda-t-il à l'opérateur quittant son siège.
"Le CAG a fait décoller quelques patrouilles de reco supplémentaires, et nos amis d'en face ont fait de même. Tu as loupé une petite discussion entre le pacha et le commandant jaffa qui avait l'air de s'inquiéter, mais sinon, rien de neuf", répondit celui-ci en posant ses écouteurs à côté du clavier avant de conclure, "Toujours partant pour le poker de cet aprèm' ?"
"Comme d'hab'."

Il ne fallut pas plus d'une minute pour que la transition soit complètement terminée et que le CIC soit de nouveau pleinement opérationnel.
Samir prit le temps d'assimiler toutes les informations affichées sur les deux écrans, observant le parcours des deux CAP et les légers déplacements des vaisseaux lourds, de part et d'autre du no man's land entre les escadres.
Quel foutoir…



-Groupe Echo, permission de saut accordée. A vous.
-Ici Echo leader, bien reçu. Entamons la procédure d'amarrage. Terminé.
Le capitaine Ortega rentra la série d'instructions et se détendit lorsque l'ordinateur de contrôle aligna son chasseur sur la corvette de commandement tactique. Au bout de quelques instants, une légère vibration lui confirma ce que son cockpit affichait. L'arrimage s'était déroulé correctement.
-Ici SWACS "Sky Eye". Ancrage terminé, initialisation du saut hyperspatial.
-D'accord, Sky Eye, dit Ortega en contrôlant brièvement ses instruments.

Une poignée de secondes plus tard, la corvette ouvrit une fenêtre hyperspatiale et fit le bond, ses quatre escorteurs accrochés à elle comme autant de bras.

Le voyage devait durer une demi-heure, et au lieu d'être un désagrément, il s'agissait d'un avantage pour Ortega. Lorsque son chef d'escadron lui avait confié cette mission de reconnaissance, il avait insisté sur certains éléments ne devant être divulgués qu'après le départ du Concordia.
"Tout le monde m'écoute, il y a un petit changement de programme." dit-il.
Il attendit la confirmation des autres pilotes, puis continua. "On ne va pas vérifier ce système, mais directement récupérer un engin alien. Il appartient à ceux qui ont fait péter le Bellérophon, alors on fait gaffe. Pour couronner le tout, les jaffas pourraient trainer dans le coin. Si c'est le cas, on le signale et on se casse aussi discrètement que possible. Interdiction de tirer sauf en dernier recours, compris ?"
Il entendit les autres acquiescer puis coupa la communication pour sortir un carnet de sa poche de poitrine. Il regarda la liste de noms et de chiffres, et rajouta quelques lignes où la couleur verte prédominait largement sur le rouge.
Hé hé, j'adore la bleusaille, pensa-t-il avec un sourire ironique. Rien d'aussi naïf et facile à lire qu'un gosse de l'Académie…si seulement ils savaient bluffer, que ce soit moins facile de les plumer.
Les pilotes affectés à son escadron demandaient souvent pourquoi il avait décoré son casque de vol avec des cartes, et l'explication leur venait une heure plus tard, au mess, et coûtait souvent une grande partie de la solde des curieux. Les autres, connaissant sa réputation ou par nature prudents, jouaient occasionnellement avec lui, mais avec des enjeux bien plus faibles, tels que le prochain verre au bar. Et le capitaine Ortega ne s'en plaignait pas, appréciant le poker à la fois comme une source de revenus supplémentaires et comme un moyen de renforcer ses relations avec son entourage.
"Mustang", demanda-t-il à la femme derrière lui, "tu te joins à nous pour la prochaine partie ?"
"Désolée, patron" lui dit-elle, amusée, "j'ai encore quelques scrupules à rafler la solde des nouveaux."
"Dis surtout que, à plumer une personne, autant que ce soit quelqu'un avec une plus grosse solde."
Il entendit un petit rire étouffé derrière lui avant la réponse. "Aussi, c'est vrai, mais ceux-là savent déjà que c'est plus sûr de foncer sans combinaison dans un trou noir que de jouer sa solde au poker contre vous."
"Oui, les inconvénients du bouche-à-oreille…", conclut-il avant d'ouvrir un canal avec la corvette. "Hé, Sky Eye, personne d'intéressé chez vous pour un poker quand on sera rentré ?"


A l'instant prévu par les ordinateurs de navigation, la corvette retrouva l'espace normal dans un déferlement d'énergie, et ses quatre escorteurs se séparèrent avant même la fermeture de la fenêtre.
"Ici contrôle, pas de signal à proximité. On déploie les capteurs et c'est parti. A vous."
"Bien reçu, Sky Eye. On reste en passif, dispersion du groupe en cours. Terminé." répondit Ortega avant de changer de destinataires. "Formation standard, les gars, activez vos capteurs à gravité."

Les chasseurs s'éloignèrent silencieusement, suivant la manœuvre nécessaire pour bénéficier d'une capacité de détection gravitationnelle maximale.
"Alors, des infos utiles ?" demanda le leader de la formation.
"Négatif, capitaine, on continue de traiter les données. Il faudra quelques minutes pour être sûrs avec tout ce clutter de micro-météorites. A vous."
"D'accord, tenez-moi au courant. A vous."
"Pas de problème. Terminé."

Retournant son appareil, Ortega réactiva brièvement ses propulseurs pour reprendre une position immobile par rapport à la corvette, puis reporta son attention sur l'affichage des scanners passifs, où les contacts étaient progressivement éliminés par les logiciels de traitement. Il tournait la tête pour jeter un coup d'œil à l'étoile du système quand il entendit l'avertissement.
"Contact à 6 heures !"
Il vit son ordinateur verrouiller à quelques kilomètres de Sky Eye ce qui n'était une seconde plus tôt qu'un contact fugace.
"Merde ! On dégage !"
"Groupe Echo, embuscade ! Rompez la formation, go, go, go !" aboya Ortega.
Il orienta l'appareil vers la corvette et poussa l'accélération au maximum, alors que la corvette commençait une manœuvre d'évitement.
"Contact identifié", lui annonça l'I.A. de bord. "Corvette de bombardement type Al'Kesh. Cible Alpha 1"
L'afficheur du cockpit fit la liste des informations telles que la distance, le cap et la vitesse de la cible, signalant que celle-ci esquiverait sans difficulté une attaque du chasseur s'il devait tirer à l'instant.
"Meeeerde ! Activation des Starburst, verrouillage sur la cible Alpha 1" dit Ortega en se maudissant d'être hors de portée efficace de sa cible.
Poursuivi, le SWACS se déroba autant que possible, déployant des contre-mesures, mais sans pour autant réussir à semer l'appareil inconnu.
"Echo Leader à tous. Il faut lui faire lâcher prise. A mon ordre, on fait un tir de barrage avec un Starburst chacun juste devant lui. Sky Eye, vous me recevez."
"Affirmatif, Echo Leader", répondit la voix agitée du contrôleur de vol.
"Vous envoyez tout ce que vous avez en contre-mesures, brouillages et leurres quand on tire. L'explosion devrait les désorienter le temps qu'on fasse un arrimage d'urgence et qu'on se casse. Compris ?"
"Affirmatif, Echo Leader. Nous avons fait de multiples sommations et…merde ! Il a verrouillé ses armes sur nous ! Intentions hostiles confirmées ! Descendez-le, feu, feu !"
"Feu à volonté !", dit Ortega.
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyDim 5 Avr 2009 - 20:06

Il appuyait sur le bouton de tir lorsque les caméras du cockpit, braquées sur l'engin assaillant, lui firent voir une série d'éclairs jaune quitter le bombardier pour s'écraser les uns après les autres contre la corvette de commandement, qui se disloqua en quelques instants. Traversant le nuage de débris et d'oxygène laissé par Sky Eye, l'appareil sauta brusquement en hyperespace, quelques secondes avant que les missiles ne puissent l'atteindre.
"Non…", souffla sa copilote.
"Ils savaient où nous allions arriver, précisément. C'était un foutu piège…" dit un de ses ailiers par radio.
Sans un mot, Ortega appuya sur un interrupteur et vit par la caméra arrière le déploiement de la balise de détresse de son chasseur.
"Echo Leader à tous…tout le monde sur ses gardes. Il peut y en avoir d'autres qui arrivent ou qui nous attendent. Je veux une surveillance absolue des alentours en attendant l'arrivée des secours. Je n'ai pas envie qu'ils se fassent eux aussi attaquer. Terminé."
Il soupira, puis reprit. "Enregistrement message pour diffusion d'urgence. Capitaine Jamal Ortega au Concordia Sommes tombés dans une embuscade. Assaillant ennemi type Al'kesh camouflé, je répète, camouflé. Il a détruit notre SWACS et s'est enfui. Demandons assistance. Il est possible qu'une seconde force soit présente dans le secteur pour attaquer d'éventuels renforts. Message terminé."
Sentant son appareil vibrer légèrement, il abaissa son regard vers ses mains et vit qu'elles tremblaient.
Streamer a raison. Des milliards de kilomètres cube de ce système, ils étaient exactement là où nous sommes arrivés. On s'est fait avoir, et en beauté.


Samir, comme une bonne partie du personnel du CIC, serra les dents en entendant le message de détresse et la série de jurons prononcés par le commandant.
"Amiral", dit ce dernier dans son oreillette. "Vous avez vu ?"
"Oui", répondit Wulfe. "La situation devient intéressante, n'est-ce pas ?"
"Probablement. Quels sont vos ordres ? Dois-je envoyer un groupe de recherche et sauvetage ?"
"Négatif, je dépêche l'Ajax. S'il y a quelqu'un en embuscade, il en sera pour ses frais."

"Lieutenant, mettez-moi en communication avec le commandant Mordini." demanda l'amiral, avant de sélectionner sur sa console le nom de Rya'c.
"Ambassadeur, veuillez prévenir vos compatriotes qu'un de nos croiseurs va partir en mission de sauvetage d'ici peu de temps. Cela pourrait être une excellente occasion pour vous familiariser avec nos méthodes de secours. Un point de vue… extérieur pourrait présenter de nombreux avantages, non ? Si vous le désirez, je peux vous fournir un véhicule pour vous amener sur le croiseur en question. Votre expérience de ces opérations pourrait nous être très utile."
"C'est un grand honneur que vous me faites là, amiral." répondit Rya'c, sa voix trahissant un étonnement certain. Cependant, il se reprit rapidement. "Si ma coopération peut vous aider en quoi que ce soit à sauver des vies…je serai à votre disposition."
"Merci beaucoup, monsieur l'ambassadeur. Si cela vous convient, j'enverrai le lieutenant Williamson vous guider jusqu'à une navette. Encore merci de votre aide."
"Merci à vous pour ces…facilités, amiral. Bonne chance pour votre opération."
Il se tourna vers son aide-de-camp. "Williamson, allez amener l'ambassadeur au hangar principal des navettes. Il doit se rendre sur l'Ajax."
La jeune femme acquiesça et le salua avant de quitter la pièce.
"Amiral, le commandant Mordini en ligne."
"Commandant", commença Wulfe. "Vous avez reçu le message de détresse de notre patrouille de reconnaissance ?"
"Oui monsieur. Nous attendons vos ordres."
"Déployez votre groupe de chasse et sautez avec lui à bonne distance des appareils isolés. Je vous laisse toute liberté sur le choix des coordonnées d'arrivée. Récupérez tout le monde et autant de débris que possible pour l'enquête. Risque d'embuscade élevé. Vous avez la permission d'ouvrir le feu sur tout appareil menaçant, selon votre jugement, l'intégrité des appareils sous votre commandement."
"A vos ordres, amiral."
"Une dernière chose. Une navette du Concordia va apponter sur votre navire d'ici quelques minutes. Elle amène l'ambassadeur jaffa Rya'c. Je veux qu'il puisse assister à l'opération de sauvetage et confirmer par la suite que nous n'avons aucune intention hostile."
"Bien compris, nous l'inviterons dans le pont d'observation principal."
"Très bien. Vous avez l'autorisation de sauter dès que l'ambassadeur sera à votre bord. Bonne chance, capitaine."
"Merci, monsieur."

La porte de la navette V.I.P. s'ouvrit silencieusement et Rya'c en descendit, pour voir l'agitation qui emplissait le hangar tribord du croiseur. Un homme s'avança vers lui.
"Enseigne Jensen. Je serai chargé de veiller à vos besoins durant votre séjour à bord, monsieur l'ambassadeur. Bienvenue sur l'Ajax."
"Merci, enseigne. Pourquoi toute cette agitation ?", demanda Rya'c en englobant du geste les chasseurs se préparant au décollage sur la courte piste, au milieu des techniciens terminant les préparatifs.
"Nous avons reçu des informations indiquant la possibilité d'une présence hostile à proximité des appareils que nous allons secourir. Le capitaine Mordini veut assurer la sécurité des hommes et femmes sous son commandement, rien de plus."
"Comme tout commandant." acquiesça Rya'c.
"Si vous le désirez, je vais vous indiquer le pont d'observation principal, à partir duquel vous pourrez suivre en temps réel la progression de notre opération."
"Entendu, enseigne."


Les quatre chasseurs se relayaient pour activer leurs scanners actifs, tandis que leurs propulseurs demeuraient éteints, économisant ainsi l'énergie limitée des petits engins.
Ortega et ses ailiers avaient, dans les premières minutes suivant l'attaque, effectué une recherche minutieuse pour trouver d'éventuels survivants de la corvette dévastée, mais sans succès. Le quart d'heure suivant, ils n'avaient presque pas échangé de paroles, si ce n'est pour quelques vérifications périodiques de l'état de chacun.
-Contact ! annonça Ortega. Fenêtre hyperspatiale en formation.
Il laissa un sifflement sortir.
-Navire lourd…c'est un de nos croiseurs !
-On dirait qu'ils mettent les moyens, capitaine, dit l'un de ses ailiers.
-Ouaip, dit-il avant de rentrer en contact avec le croiseur. Content de vous voir, Ajax !
-Nous de même, leader Echo, répondit un opérateur du navire. Avez-vous eu d'autres contacts depuis l'embuscade ?
-Négatif. On n'a pas eu la moindre visite, et nous n'avons pas repéré de vaisseau camouflé à proximité non plus. Demandons permission d'apponter.
-Permission accordée, groupe Echo. Rentrez au bercail immédiatement, qu'on puisse partir.
-Bien compris, et encore merci.
-Pas de quoi.

La formation isolée activa aussitôt ses propulseurs, et les quatre appareils se ruèrent vers le salut offert par l'imposant navire.
A l'extérieur de la coque principale se trouvait, sous la forme d'un dôme hémisphérique, l'une des seules baies vitrées du navire, par laquelle Rya'c observait les étoiles, ignorant l'écran lui affichant l'approche des chasseurs. Au bord de son champ de vision, l'enseigne affecté à son assistance, et surtout à sa surveillance, comme l'avait deviné et accepté l'ambassadeur, faisait mine de suivre la scène attentivement.
Il posa brièvement son regard sur une des tourelles de défense rapprochée située à proximité du pont d'observation, son immobilité ne la rendant pas moins menaçante. Puis il reporta son regard sur le vide, s'interrogeant une fois de plus sur la cause de cette antipathie terrienne envers les baies vitrées. En effet, à bord des Ha'tak de son peuple, il pouvait toujours trouver un endroit où contempler les ténèbres de l'espace .
Gerak…pourvu que tu n'aies pas été assez stupide pour être à l'origine de cette agression.


Dernière édition par Rufus Shinra le Sam 2 Mai 2009 - 0:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyLun 6 Avr 2009 - 0:28

Tiens, c'est normal que ce chapitre n'ait pas de nom ? Rahlala, faudrait voir à trouver des bêta lecteurs plus attentifs... biglol Il est certain que ton mode de narration n'est pas de ceux qui facilitent le choix de titres résumant leur contenu... Puis-je proposer "Guerre Froide & Charbons Ardents" ? mrgreen

Si la première partie de ton chapitre est plutôt calme, voir bureaucratique (sans qu'il faille voir rien de péjoratif dans ce terme ^^), la seconde nous plonge à nouveau dans l'humain, ou le Jaffa, avec cette justesse de ton que tu maitrises si bien qui nous fait très nettement percevoir le passage d'un univers à l'autre. Diplomate Jaffa, militaires terriens : même combat ? Pour l'instant en tout cas...

Tu décris en guise d'introduction une routine qui compose sans doute la plus grande partie de l'existence d'un militaire : surveiller des écrans, patrouiller dans le vide, vérifier le matériel, se regarder en chien de faïence, dans le blanc des yeux... Ces petits paragraphes intercalés régulièrement permettent de mettre un peu de distance avec l'intrigue principale, de rompre un tantinet avec la tension des évènements les plus significatifs. Ainsi, le travail ne nous est pas mâché, et il faudra réellement savoir réunir les éléments pour tirer les bonnes conclusions, ou tout du moins s'approcher de la vérité. L'histoire sert le scénario, mais pas de manière trop évidente. Une subtilité dont je ferais bien de m'inspirer... Difficile cependant quand on met trop pages pour décrire une tasse à café

Rufus Shinra a écrit:
Quelques secondes plus tard, il déposa le bloc sur son socle, sans tenter de se dissimuler aux très probables caméras présentes dans sa suite.
Je suis un peu interpelé. Les terriens espionneraient donc les ambassadeurs aliens présents à leur bord ? Je sais bien que tout ceci est du ressort des militaires, mais je suis tout de même surpris. Ce n'est guère diplomate de leur part. Mais enfin, ici il n'est question que de l'opinion de Rya'c...

Deux agressions sauvages d'appareils terriens par des engins Goa'uld mystérieux. Cela commence à faire beaucoup. Qui est derrière tout cela ? Gérak ? Un Goa'uld survivant espérant provoquer une guerre ouverte entre deux superpuissances galactiques trop dangereuses ? Un troisième pouvoir encore inconnu qui cherche à créer la confusion qui favorisera son entrée en scène ? Je dois l'avouer, c'est là l'un des axes de ton récit qui retient le plus mon attention. Il m'intéresse au plus haut point de connaitre l'identité de ceux qui s'en prennent aux terriens, maintenant que nous savons qui s'en prend aux humains de manière plus générale.

Cette intrigue-ci aussi progresse cependant. Voila que les sondes passent du statut de menace à celui d'opportunité. On les convoite, on irait même jusqu'à se battre pour elles. Il est triste cependant de constater que c'est davantage pour s'approprier leur puissance que pour sauvegarder des peuples que l'on s'intéresse à elles. Ces opérations de récupération vont-elles nous attirer les foudres de nos tarentules de l'espace ? C'est un détail dont nos amis auraient peut-être été bien inspirés de se soucier... N'avons-nous pas été prévenus ?

Je conclurais en disant que ce chapitre est rédigé avec autant de style, d'exactitude et de sens du rythme que les autres. Pas de révélation majeure, pas de suspens haletant... Mais la tension s'accentue efficacement, et l'on ne peut s'empêcher de regarder au loin pour tenter de visualiser l'inévitable point de rupture.

Dans combien de chapitres ? Wink

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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyJeu 16 Avr 2009 - 12:13

Un chapitre toujours d'un aussi bon niveau que ses prédécesseurs. On a droit à de l'action, de l'intrigue politique et une petite pièce de technologie qui me plait, le communicateur d'émotions Razz
Tu décris très bien ce qui est somme toute le train train quotidien des hommes à bord d'un vaisseau, et les dialogues sonnent toujours aussi juste.
La seule petite chose que je regrette est l'absence d'Atlantis, mais je sens que je serai comblé au prochain chapitre ^^

Je sais, petit commentaire, mais quand il n'y a que du bien à dire, c'pas drôle XD
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptySam 25 Avr 2009 - 17:00

Chapitre 03 : Question de confiances

Le lit vibra doucement, et Anna s'étira, se réveillant lentement.
"Bonjour, mademoiselle Stern. Il est six heures trente, heure locale."
La voix désincarnée tira brusquement la jeune femme de sa torpeur, et elle se redressa immédiatement, tournant rapidement la tête pour en chercher son origine. Puis, l'instant d'après, elle soupira.
"Atlantis…je ne sais pas si vos anciens locataires appréciaient d'être réveillés par l'I.A. de leur Cité, mais moi, non." Son interlocutrice ne lui répondit pas, et elle soupira à nouveau. "Ce n'est pas contre vous en particulier…"
"…mais vous avez du mal à accepter mon existence." la reprit la voix féminine.
"Voilà. En tout cas, pour le moment." répondit Anna, se levant pour se diriger vers la salle d'eau.
"Je crains que vous ne deviez vous y habituer, sans quoi la relation que nous construisons ne saurait nous être mutuellement profitable."
"Sans doute", dit Anna, ouvrant le robinet. "Et que je me suis foutue dans une situation pas possible en apprenant votre existence."

Une demi-heure plus tard, la xénobiologiste se rendit à la cafétéria de son secteur, installée dans une salle commune que l'I.A. identifia comme un entrepôt de pièces détachées. S'installant à l'écart des autres locataires de la Cité, elle entama avec peu d'appétit son petit-déjeuner. Les conversations autour d'elle portaient souvent sur le black-out encore récent. N'écoutant qu'à moitié les divers scientifiques, administrateurs, personnels et militaires aux alentours donner leur avis peu avisé, elle ne vit pas l'homme venir s'asseoir à sa table.
-Anna ! Ça fait combien de temps qu'on ne t'a plus vu ici ?
-Ah, salut Johann ! répondit-elle. Désolée, tu disais quoi ?
-Je me demandais juste ce qui t'avait retenue ces derniers jours. On commençait à s'inquiéter. Rassure-moi, tu ne t'es pas perdue dans les méandres de la Cité après avoir provoqué une petite coupure de courant générale ?
-Non, non, rien de ça. Je continue à bosser sur de vieux documents, rien de bien particulier. En tout cas, rien que tu puisses connaître…
-Il paraît qu'on t'a filé une équipe rien que pour toi, c'est vrai ? demanda l'homme devant elle en remplissant son verre de jus de fruit.
-Plus maintenant. Depuis ce black-out, mon projet ne fait plus vraiment partie des priorités. Résultat, on n'est plus beaucoup à bosser là-dessus…mais bon, le job reste intéressant. C'est l'essentiel.
-Amen à ça, répliqua Johann en souriant. De mon côté, pas de changement depuis la dernière fois. Toujours l'étude des objets les plus farfelus des Anciens. Tiens, là, je suis en train de tenter de comprendre ce que ces zouaves pouvaient faire avec ça.
Il sortit un objet de sa poche et le posa sur la table.
-Qu'est-ce que c'est ? demanda Anna.
-Aucune idée. Tout ce qu'on sait, c'est qu'il est absolument clean côté bio-chimique. Autrement, rien. On a essayé de l'analyser, mais sans résultat. Extérieur homogène carboné, et puis ces je-ne-sais-pas-combien de boutons, c'est tout.
-Je peux ? demanda Anna en tendant la main vers l'objet.
-Bien sûr. Il n'est pas dangereux…enfin, on pense.
Elle le regarda sous différents angles avant de se figer brusquement. Appuyant sur deux boutons avec ses doigts, elle fit apparaître un hologramme de petite taille de Johann, qui recula de surprise.
-Comment tu as fait ça ? demanda-t-il.
-Aucune idée, répondit-elle, étonnée. J'ai dû avoir un coup de bol…mais maintenant que j'y pense, ça me fait penser à…
-Une caméra, compléta l'homme devant elle.
-Tout juste.
Il lui reprit l'objet, qui affichait toujours une projection de ce qui était devant l'une de ses faces, et finit rapidement son verre.
-Je vais aller annoncer la nouvelle aux autres. Merci beaucoup, Anna. Tu viens de nous ôter une sacrée épine du pied.
-Allons ! Tu aurais trouvé ça sans moi.
-Je ne sais pas, conclut-il en se levant. A plus !
-A plus, murmura-t-elle.
Elle quitta la salle quelques minutes plus tard, saluant ça et là ses connaissances. Puis, aussitôt qu'elle fut hors de portée de voix, elle fit mine de parler dans son oreillette.
"Pourquoi m'avoir dit où appuyer ?" dit-elle d'une voix entre l'interrogation et l'agacement, alors qu'elle avançait dans un couloir peu occupé.
"J'avais cette information et il aurait été mesquin de ne pas en faire profiter votre ami, non ?" répondit la voix d'Atlantis au travers de l'écouteur à l'oreille d'Anna. "Et puis, comme il a su le deviner, il ne s'agit que d'un enregistreur de faible qualité. Rien de bien important, donc."
"Ce n'est pas de ça dont je parle, et vous le savez très bien !" répliqua Anna, s'arrêtant au beau milieu du couloir pour s'appuyer sur un mur. Voyant le regard intrigué d'un militaire qui passait à proximité, elle indiqua d'un geste son oreillette et lui fit signe que tout allait bien. Une fois celui-ci parti, elle reprit, en chuchotant. "C'est une question de vie privée. Il y a une limite entre cette coopération que nous sommes sensées avoir et une intrusion dans mes conversations."
"Limite que je n'ai pas franchie." répondit patiemment Atlantis. "Tout ce que j'ai fait est vous donner une information utile pour les recherches de vos collègues. Je ne tenterai pas de m'immiscer sans votre accord dans votre vie privée…Cela nuirait à la qualité de la relation professionnelle qu'il nous est nécessaire de créer afin d'obtenir des résultats optimaux pour nos recherches respectives."
Anna ouvrit une porte et soupira, alors que l'air marin lui soufflait sur le visage. "Vous avez vraiment réponse à tout, Atlantis."
"Pas entièrement." répondit la voix avec un ton qu'Anna interpréta comme une forme d'amusement. "Mais c'était en tout cas l'un des buts de mes créateurs, en quoi je n'étais qu'un outil."
Plutôt que de répondre, la jeune femme avança sur la passerelle et s'immobilisa. Plissant les yeux, elle ne détourna pas le regard de l'astre qui pourtant l'éblouissait. Comme la dizaine de personnes adossées aux parois de la Cité ou appuyées sur la rambarde, elle resta silencieuse alors que le ciel prenait une couleur orangée très claire.
Légèrement différente de celle d'un lever de Soleil, cette teinte l'avait étonnée la première fois qu'elle avait pris le temps de venir. Une atmosphère d'épaisseur et de composition différente mais bien respirable offrait aux locataires d'Atlantis l'opportunité de redécouvrir cette vision et en même temps leur rappelait leur éloignement avec la Terre.
Pendant quelques instants, elle fixa l'horizon, admirant le spectacle. Puis, elle porta brusquement sa main à son oreillette et retourna dans le couloir qu'elle venait de quitter quelques instants plus tôt.
"Allô ?" entendait-elle une voix masculine répéter à son oreille. "Mademoiselle Stern ?"
"Oui, c'est moi." répondit celle-ci, avec de l'énervement pointant sous ses mots.
"Bonjour, je vous appelle pour vous signaler que votre ancien bureau a été remis à disposition."
"…merci."
"Bonne journée, mademoiselle."
"Pareillement" répondit-elle brusquement avant de couper la communication.

Marre ! On peut pas avoir UN seul moment pour soi ici ?
-Entre une I.A. et l'administration, c'est sûr, on prend soin de moi… soupira-t-elle.



Posant une tasse de café à côté du petit ordinateur sur le bureau, elle jeta un coup d'œil à la petite pièce qui contrastait avec la salle où toute une équipe avait travaillé pour comprendre ce qu'elle avait trouvé. Elle s'assura que la porte était bien verrouillée, puis posa l'oreillette près de la tasse de liquide brûlant.
-Bon…Atlantis. Au boulot.
-Si vous le souhaitez, répondit dans la pièce la voix désincarnée.
-Quand vous avez voulu vous manifester au docteur Jackson et à moi-même, nous avons eu d'un seul coup accès à certains dossiers critiques.
-Effectivement, et cela a attiré votre attention de la manière que j'envisageais.
-Sûrement, mais est-ce que vous pourriez me les remettre à disposition, au moins ceux en rapport avec l'espèce sur laquelle je planchais avant notre rencontre ?
-Bien sûr. Il me semble qu'à ce moment, vous et votre groupe travailliez sur les éléments laissés par nos xénobiologistes lors de la guerre contre les Orii.
-Voilà.
-Lorsque nous avons découvert la nature de l'offensive, ils se sont immédiatement mis au travail pour contrer la maladie, depuis la planète où ils se trouvaient, mais comme nous le savons, ces efforts sont restés vains.
Le moniteur s'activa et afficha un graphe.
-Il s'agit, continua Atlantis, du nombre de victimes parmi notre population les premières semaines. Vous le voyez, le nombre de décès est initialement resté très bas, et nous avons mis trop de temps pour comprendre la nature commune de ceux-ci. La maladie créée par les Orii avait de très nombreuses formes différentes, et ce avant même les premières mutations, ce qui lui a permis d'éluder les systèmes de surveillance médicaux habituels.
-Et donc, quand quelqu'un a fait le rapprochement entre les divers cas…
-Il était déjà trop tard, en effet, poursuivit l'I.A. Nous ne le savions pas, bien sûr, mais le temps d'incubation de la maladie était assez élevé, et la contamination continuait à se faire de manière invisible alors que nous commencions à peine à mettre des mesures d'isolement en place.
-Et les xénobiologistes ont participé aux recherches depuis l'avant-poste en construction, c'est çà ?
-Exactement. Ils avaient déjà, dans le cadre de leur travail, un équipement conséquent, et les ramener chez eux aurait été un gaspillage de temps et de ressources n'offrant aucun avantage quelconque. Ils sont donc restés sur place pendant toute l'offensive Ori.
-Comment est-ce que les…indigènes les percevaient ? voulut savoir Anna.
-Assez bien, en fait. Les premiers contacts avaient abouti à leur refus d'Origine et assez rapidement, une certaine relation de confiance a pu s'instaurer.
-Ah oui ! l'interrompit la jeune femme. A propos de ça, il y a quelque chose qui nous a étonné dans les rapports. Il semblerait qu'à partir d'un certain moment, tout leur peuple se soit aligné sur l'idée qu'Origine serait néfaste. Et les scientifiques ont dit ne pas avoir eu vent du moindre fidèle, ce qui est quand même assez étrange, étant donné notre propre expérience des religions sur Terre.
-Qui est ?
-Les changements de foi dominante dans un État, sans parler d'un continent entier, prennent au minimum une dizaine d'années. Et encore, cela vient souvent avec des troubles sociaux voire militaires importants, et même au bout de plusieurs siècles la population ne sera jamais totalement acquise à une religion. Et là, la conversion est spontanée. Est-ce qu'ils ont une forme de conscience collective, ou encore une docilité absolue des masses face à leurs dirigeants ?
-Vous avez effectivement soulevé un point important, Anna. Je peux vous appeler ainsi ?
-Oui, oui, confirma-t-elle brièvement. Donc, à ce sujet ?
Un hologramme s'afficha brusquement dans la pièce, représentant en taille réelle une des créatures dont parlaient les rapports, et Anna, étouffant une exclamation, eut un mouvement de recul. Un peu plus haute qu'elle, son aspect noir mat lui inspirait un sentiment d'effroi renforcé par l'absence de regard dans ce qui semblait être ses yeux. Ses pattes élancées contrastaient avec son corps massif, donnant une impression de puissance n'attendant qu'une occasion pour se déchaîner.
-Qu'est-ce que…
-Voici un mâle adulte. Le phénomène dont vous parlez avait excessivement intéressé les scientifiques sur place, qui n'avaient pas encore la contamination pour occuper leurs journées. Ils se sont donc chargés d'effectuer deux études, l'une sociologique, l'autre biologique.
La première a permis de confirmer l'observation initiale, à savoir que les améliorations, dans tous les domaines, étaient implémentées d'un coup à l'ensemble de la société. En tout cas, la partie la plus importante.
-Qu'en est-il du reste des individus ?
-Ils ne bénéficient pas de ces progrès jusqu'à leur passage dans le premier groupe.
-Il y a des changements de groupe ? Comment sont-ils définis, dans ce cas-là ?
-De manière assez simple, en fait. Un individu rentre dans le premier groupe lorsqu'il atteint une tranche d'âge donnée.
-Donc, ce sont les plus vieux qui réagissent de manière groupée ? Nous avons rencontré une civilisation assez similaire, au début du Programme. Une partie de leurs enfants s'étaient vu implanter des nanomachines dans le cerveau, celles-ci étaient redistribuées par la suite au reste de la population pour lui faire bénéficier des connaissances et de l'expérience de ces surdoués.
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptySam 25 Avr 2009 - 17:00

-La situation est effectivement similaire, si ce n'est que le phénomène est naturel. En fait, regardez ceci, dit Atlantis.
L'hologramme se centra sur la tête de l'être et afficha une vue de son cerveau avant d'en colorer une partie en bleu.
-L'étude biologique a pu mettre en évidence le phénomène correspondant à l'entrée dans cette seconde phase. La partie du cerveau que vous voyez est assez lente à se développer, mais offre une capacité physiologique assez rare à ce niveau de l'évolution. A savoir, une télépathie latente qui était non contrôlée à l'époque de l'étude.
-Comment ça, non contrôlée ?
L'image prit énormément de champ et afficha une vue éloignée, où les individus étaient représentés par des points jaunes et bleus.
-Les points bleus correspondent aux êtres disposant de cette faculté, les jaunes à ceux trop jeunes pour en bénéficier. Lorsqu'un individu atteint l'âge adéquat, ces fonctions apparaissent et il va, sans pouvoir le contrôler, émettre ses souvenirs, ses pensées, ce qu'il est.
-Et il va aussi pouvoir lire, c'est bien ça ?
-En fait, non. Il n'y a pas de contrôle à proprement parler, et l'individu est rapidement envahi par ce qu'émettent les autres.
L'hologramme s'anima, et chaque point bleu se mit à émettre une sorte de brouillard de la même couleur, et progressivement, tous les points s'estompèrent à l'exception des jaunes. Puis, périodiquement, l'un d'entre eux changeait de couleur et se diluait progressivement dans la brume.
-Ils…ils perdent toute individualité ?
-En quelque sorte, oui. L'hypothèse émise était que le contenu d'un nouvel entrant se voit trier aussitôt qu'il se met à partager son être.
-Ce n'est pas possible ! S'ils fonctionnaient comme ça, ils ne pourraient plus évoluer ! Un individu aux idées opposées à celle du groupe serait immédiatement écrasé.
-En effet, Anna, mais tout porte à croire que l'individu peut convaincre le groupe au moment-même de son adhésion.
La jeune femme se pencha vers sa veste, posée sur sa chaise, et en sortit un petit carnet auquel était accroché un crayon de papier.
-Une seconde. Je vais quand même noter tout ça, au cas où, dit-elle en ouvrant le calepin. Donc, ils ont une sorte de conscience collective dans laquelle ils rentrent à l'âge adulte, en résumé ?
-En résumé, oui, bien que la maturité de cette fonction cérébrale n'ait rien à voir avec celle des organes reproducteurs qui correspond selon les critères standard du statut biologique d'adulte, il me semble.
Pendant quelques minutes, Anna griffonna frénétiquement sur le papier, demandant ça et là confirmation d'un élément particulier à Atlantis, puis elle s'interrompit.

-Que s'est-il passé exactement quand les Orii ont frappé ?
-Les scientifiques ont été pris complètement par surprise. Ils ont réagi assez rapidement, mais à ce moment-là, la population contaminée était déjà très importante. Vous connaissez la suite, Anna. Lorsqu'ils se sont résignés à l'inévitable, ils ont choisi de préparer la renaissance de l'espèce qu'ils étudiaient plutôt que de partir.
-Et ils ont isolé certains représentants de l'espèce pour les conserver à l'abri ?
-Oui, ils en ont fécondé artificiellement autant que possible pour préserver un maximum du potentiel génétique, et les ont ensuite placés dans des caissons de stase. Tout indique que leur plan a réussi à sauver l'espèce.
-Qui maintenant s'amuse à vouloir terminer une guerre finie depuis je ne sais pas combien de millénaires.
-En effet.
-Et on ne peut pas vraiment espérer obtenir de vous les technologies ou les armes nécessaires pour les arrêter, hein ?
-Oui. Votre espèce est tout d'abord trop jeune pour disposer des technologies militaires lantiennes. Si vous trouvez des artefacts ou des vaisseaux, ça n'est pas mon problème, mais ma position m'interdit clairement de vous aider directement dans un tel domaine.
-C'aurait été trop beau…surtout qu'ils ne menacent pas votre survie directe.
-C'est effectivement un argument supplémentaire. Mais comprenez que dans le cas contraire, il me resterait toujours le choix de battre en retraite ailleurs avant de recourir à l'option militaire.
Anna acquiesça et demanda, avec un soupçon d'inquiétude dans sa voix :
-Mais, pour revenir à ces créatures…lorsque les scientifiques ont voulu les sauver, quel était l'âge des individus mis à l'abri ?
-Suffisant.
-Ouille, répondit-elle en se pinçant les lèvres. Donc, quand ils ont quitté leurs caissons, ils se souvenaient parfaitement de l'attaque des Orii et même…

-Oui, leur conscience collective a conservé les souvenirs de presque toute leur espèce au moment de ce génocide.



En fin de matinée, Anna se mit à rédiger un premier rapport, destiné au docteur Jackson. Organisant ses notes, elle en profita pour étudier plus en détail les dossiers auxquels elle avait désormais accès.
-Il y a des infos sur beaucoup de choses, ici, comme l'organisation de la Cité, qui n'ont pas grand chose à voir avec mon boulot. Y a-t-il un lien entre ces fichiers et l'affaire en cours, Atlantis ?
-A peu près aucun, répondit la voix féminine. Mais vos supérieurs sont encore plus effrayés par ma personne que vous ne l'êtes, donc je fais en sorte que ce…partenariat leur soit profitable dès que possible.
-Pour prouver votre bonne foi, hein ?
-En quelque sorte, oui, même s'il est évident qu'ils ne me feront pas confiance avant beaucoup de temps. Tout ce qui m'importe, c'est d'éviter une décision irrationnelle motivée par la peur et aux conséquences…regrettables, de part et d'autre.
Anna eut un sourire gêné.
-Qu'y a-t-il, Anna ?
-Oh, rien, je me disais que ce genre de décisions absurdes, on les évite rarement.
-Votre espèce a survécu à ces choix, et ce que je vois dans mes couloirs me laisse à penser que la situation n'est pas si critique que ça. Donc, j'ai bon espoir, ça devrait bien se passer.
-Dites-moi, Atlantis, je me suis fais une réflexion... Vous employez beaucoup de raccourcis oraux dans vos discours. Les humains en sont coutumiers, mais je m'étonne qu'une IA ne se montre pas plus... rigoureuse.
- Ceci est en soi une preuve de la maîtrise de cette technologie par mes créateurs.
Anna resta un instant la bouche entrouverte, décodant la phrase et ses implications.
-Sans doute, marmotta-t-elle sans se mouiller en se remettant au travail.





Le docteur Jackson se leva immédiatement en voyant Anna se diriger vers son bureau. Posant négligemment une liasse de documents près de lui, il alla à la rencontre de la jeune femme, qui se mit à rougir. Quelques jours plus tôt, elle était un simple nom dans le registre des personnes basées sur Atlantis, qui n'était plus depuis des années réservé au dix ou vingt plus brillants esprits terriens des disciplines scientifiques majeures. Et là, c'est LE Jackson qui se lève quand j'arrive pensa Anna avec un petit sourire aux lèvres. Comme quoi, cette situation peut présenter quelques points positifs.
"Entrez, entrez", lui dit-il, ajoutant le geste à la parole.
"Je ne vous dérange pas, monsieur ?"
"Un, pas de monsieur avec moi. Deux, tout plutôt que ces papiers." Il désigna la pile à proximité. "Les goa'uld avaient cet avantage sur l'administration que négocier pouvait fonctionner de temps à autre…enfin, quoi de neuf avec notre nouvelle amie ?"
Anna se retourna brièvement pour s'assurer que la porte du bureau était fermée lorsque la voix d'Atlantis se fit entendre dans la pièce, en même temps qu'un très léger bourdonnement.
"Il n'y a personne à proximité susceptible d’entendre votre conversation et j'empêche l'utilisation de tout système d'écoute ou d'enregistrement à distance, à part bien sûr l'enregistreur du docteur Jackson."
Anna prit un regard dépité, tandis que l'homme devant elle haussa les épaules en continuant à sourire.
"Omniprésente, hein ?"
Simultanément, Anna et Atlantis répondirent "Oui". La seule différence fut dans le ton, la jeune femme prononçant le mot d'un air découragé, tandis que l'I.A. parlait avec un timbre de voix dépourvu d'émotion.
"Bref, où en est-on ?", reprit Daniel en invitant Anna à s'asseoir.
"Il y a des dossiers assez détaillés sur la civilisation de ces créatures, du moins lorsque les Anciens avaient du monde sur leur planète…" répondit-elle avant de lui tendre un disque dur miniaturisé sur lequel elle avait stocké les informations qu'elle jugeait importantes.
"Autrement, la coopération se passe-t-elle bien, pour l'instant ?"
"…on fait aller. Dans l'ensemble, elle m'aide autant que possible et je n'ai pas trop à me plaindre de sa compagnie."
"D'accord. Signalez-moi tout événement anormal, d'accord ?" conclut Daniel avant de se lever, aussitôt imité par Anna. "Merci pour tout, mademoiselle Stern. On fera tout ce qu'on peut avec les données que vous déterrez."
Anna le remercia puis quitta le bureau et, aussitôt la porte fermée, Daniel porta son regard au plafond pour murmurer. "Et non, je ne définirai pas "anormal"…comme si ce mot avait un sens ici."


Dernière édition par Rufus Shinra le Sam 25 Avr 2009 - 17:46, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptySam 25 Avr 2009 - 17:01

La femme qui entra dans le petit hôpital avait une démarche particulière, résolue, qui s'était forgée au cours des premières années de l'expédition, où d'un rôle de diplomate elle était passée à celui de dirigeante politique dans un environnement périlleux. Ses performances et celles des personnes sous son commandement lui avaient valu de garder son poste au cours de l'extension progressive de la présence humaine dans la Cité, mais elle restait avant tout subordonnée aux instances dirigeantes de la Terre.
Elle frappa légèrement la porte d'un bureau préfabriqué qui détonnait avec l'architecture environnante. Son propriétaire avait eu, au bout de quelques années dans la Cité, une certaine nostalgie des hôpitaux terriens. Ainsi, avec l'aide de connaissances bien placées, il avait pu faire placer dans l'un des vaisseaux de ravitaillement ces quatre cloisons et leur contenu, laissant à un autre médecin le local qu'il utilisait auparavant.
"Entrez !" répondit l'homme derrière la porte.
"Bonjour, Carson" dit Weir en voyant l'homme se lever.
"Ah, do…gouverneur, vous tombez à pic. Je voulais justement aller vous voir."
"A quel propos ?" demanda-t-elle, préférant annoncer sa nouvelle le plus tard possible.
"Les quatre personnes en quarantaine. Mes tests n'ont rien trouvé d'anormal. Ils ont été bien nourris, pas de signe de privation de sommeil ou de corps étranger dans leurs organismes. Ils ont l'air assez stressés, mais ça peut se comprendre. Et à ce propos, j'aimerais savoir s'il est possible de les placer dans un environnement plus confortable que ce bateau au large."
Weir fit une moue un peu gênée, qui inquiéta immédiatement le médecin en chef de la Cité.
"Je viens de recevoir des ordres à ce propos depuis la Terre.
"Quels ordres ?" demanda Beckett, voyant ses craintes se matérialiser devant ses yeux.
"Transfert. L'équipe que vous avez examiné, SG-22, doit être prise en charge au SGC pour la fin de la quarantaine et le recueil de renseignements…"
"L'interrogatoire." reprit Beckett.
"…oui."
"Et ce départ est prévu quand ?"
"Demain, ils seront à bord du vaisseau-courrier."
"Dans ses cellules, c'est ça ?"
"C'est la procédure dans ces cas, Carson, vous le savez aussi bien que moi."
"La procédure ! De vous à moi, quelles sont les chances pour que ces quatre-là retrouvent leur place au SGC ? Vous connaissez aussi bien que moi la paranoïa qui règne là-bas."
Weir soupira. "Je sais, Carson…je sais. On peut juste espérer qu'ils aboutiront aux mêmes conclusions que vous, là-bas."
"Désolé de m'être emporté, Elizabeth. Je…je sais que vous ne pouvez rien y faire, mais je ne m'habituerai jamais à ce genre d'attitude…merci de m'avoir prévenu.", dit finalement le médecin.
"Ne vous y habituez jamais, Carson. Il y a déjà assez de cyniques ici sans vous y rajouter, et on a besoin de vous ici comme vous êtes."


La trappe s'ouvrit silencieusement, et Shanti vit dans la cavité près de la porte un plateau recouvert par un film plastifié hermétique. Elle se dirigea d'un pas lent et prit le repas, laissant le sas se refermer. Quelques instants plus tard, un bruit hydraulique se fit entendre, témoignant de la stérilisation de l'unique contact entre sa geôle et le reste du navire qui se balançait lentement sous ses pieds.
"Bon appétit !" dit à travers le haut-parleur de la porte le garde derrière celle-ci.
Shanti ne prêta pas attention à la voix grasse du soldat et se dirigea vers le mur opposé. Le plateau, assez lourd, était recouvert de caoutchouc, tandis que les couverts eux-mêmes y étaient reliés par une petite chaîne. Déchirant sans hâte le plastique protecteur, elle tourna la tête vers la caméra, qui suivait ses moindres mouvements.
Voulez-vous que je la désactive, lieutenant Bhosle ? demanda la voix à laquelle elle avait fini par s'habituer.
Non répondit-elle silencieusement en reportant son regard sur le repas avant de s'asseoir.
Avez-vous pris une décision ?
…Pas encore.
Très bien, mais sachez qu'il ne vous reste plus beaucoup de temps pour choisir. Moi, ou vos semblables.
Shanti commença à manger, légèrement gênée par les attaches des couverts.
Quelqu'un a-t-il choisi ? voulut savoir la jeune femme.
Oui. Mais il m'a demandé de tenir sa décision secrète.
…Que voulez-vous ?
Je vous l'ai déjà dit, lieutenant. Comprendre certaines choses. Et pour cela, je pourrais avoir l'utilité du groupe dont vous faites partie. En tout cas, je ne compte rien entreprendre qui puisse nuire à votre planète d'origine. Ma proposition est en fait la meilleure manière que vous aurez jamais de lui être utile, puisque votre détention passée et présente vous exclut de tout poste à responsabilité.
Vous me l'avez déjà dit.
Et le temps que vous avez passé dans cette cellule le prouve, Shanti Bhosle…je ne vous demande pas de réponse immédiate, mais le temps venu, vous devrez faire un choix. Un choix qui décidera du restant de votre vie.
Mais comment puis-je… commença-t-elle avant de s'arrêter, comprenant que sa question n'aurait pas de réponse. Posant son regard sur le plateau, elle respira profondément puis se tourna vers la caméra.
"Hé, là-dedans !" vociféra le haut-parleur près de la porte.
Shanti se dirigea vers celle-ci et vit le visage d'un soldat derrière la lucarne vitrée.
"Bonne nouvelle pour tout le monde, toi et tes potes vous dégagez d'ici demain matin !" dit celui-ci.
"Quoi ?"
"T'as bien entendu ! Même les civils sur Atlantis n'ont pas envie d'avoir des traîtres à côté d'eux. C'est bien la première fois qu'ils réfléchissent, ceux-là ! Tu te casses demain, avec tes vendus de copains."
"Soldat !" répliqua-t-elle avec autant de force que possible. "Je n'ai été accusé de rien et suis votre supérieur hiérarchique ! Vous me devez le…"
"Ta gueule !" l'interrompit le soldat. "Les ordures dans ton genre, on devrait les faire passer par un sas !"
Il coupa brusquement le haut-parleur avant qu'elle ne puisse répondre.

Commandant.
Qu'y a-t-il, Shanti ?, répondit celui-ci.
Je crois qu'on va être transférés demain, en tout cas, si ce que cet abruti de garde m'a dit est vrai.
Ils vont probablement nous ramener au SGC, où il y a le personnel et…
Et le matériel d'interrogatoire. compléta Shanti.
Oui. Et je serais sacrément étonné que cette voix, quelle qu'elle soit, puisse organiser une évasion au SGC.
C'est clair. conclut la jeune femme. Mais elle m'a dit que j'aurai un choix à faire, le temps venu. Donc elle doit quand même avoir un plan quelconque pour nous sortir de cette situation…si on veut la rejoindre, bien sûr.
Bien sûr. répondit évasivement le commandant de SG-22, mettant fin à la communication.

Shanti reprit son repas, lentement, méthodiquement, avant de plonger son regard dans les murs lisses de sa geôle.
Au moins, chez ces aliens, la prison était plus jolie. se dit-elle avec un sourire triste.
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptySam 25 Avr 2009 - 17:52

Alors, tout d'abord, je dois dire que j'ai été stupéfié d'apprendre, dans ce chapitre, que ton IA à, sinon une personnalité féminine, au moins la voix qui va avec. J'ignore pour quelle raison, mais depuis sa première apparition, je la voyais avec une voix masculine. L'influence d'X-Trapolis, peut-être ?... En tout cas, c'est surement de ta faute, tu n'as pas assez insisté sur ce détail. mrgreen Je vais devoir reprendre le début de la fic pour me reconstruire l'identité de l'IA...

Rufus Shinra a écrit:
Une demi-heure plus tard, la xénobiologiste se rendit à la cafétéria de son secteur, installée dans une salle commune que l'I.A. identifia comme un entrepôt de pièces détachées.
J'aime énormément cette phrase. Elle crée un parallèle troublant entre deux époques distantes de 10 000 ans, celle des créateurs originels de la Cité et celle de ses actuels locataires, intrus par définition. De plus, cela explique pourquoi le réfectoire est aussi moche. ^^
Mon dieu, Atlantis a dû se fendre la poire un truc de malade quand elle a lu dans les rapports que l'expédition d'origine avait confondu les téléporteurs avec des placards. :tealc:

Mention spéciale également pour le camescope Ancien. De la camelote, hein ? ^^ A peine capable de rester fonctionnel au bout de 10 000 ans à prendre la poussière... mrgreen
J'aurais bien voulu savoir à quoi il pouvait bien ressembler...

La cohabitation qui s'établit peu à peu entre Anna et Atlantis est intelligemment orchestrée. L'IA en particulier manœuvre habilement, sachant délivrer ses petits cadeaux au bon moment. Il était inévitable que sa présence ne génère méfiance et inquiétude, mais mis à part son arrivée fracassante et, de mon avis, fort peu diplomate, elle ne se débrouille pas trop mal.

Du côté de la progression de l'histoire, la révélation en ce qui concerne tes aliens arachnides est saisissante. En elle-même, l'idée de cette mort de l'esprit est effrayante... L'idée qu'arrivé à un certain age, un individu perde toute individualité, pour devenir membre d'un immense collectif qu'il influencera éventuellement un peu de par son arrivée. J'espère que les pauvres bêbêtes ont droit à de longues années de vie indépendante avant cela. Mais que cette mémoire collective contienne l'agonie d'un peuple, voila qui est encore plus inquiétant.

Rufus Shinra a écrit:
-Dites-moi, Atlantis, je me suis fais une réflexion... Vous employez beaucoup de raccourcis oraux dans vos discours. Les humains en sont coutumiers, mais je m'étonne qu'une IA ne se montre pas plus... rigoureuse.
- Ceci est en soi une preuve de la maîtrise de cette technologie par mes créateurs.
Anna resta un instant la bouche entrouverte, décodant la phrase et ses implications.
-Sans doute, marmotta-t-elle sans se mouiller en se remettant au travail.
:vala: Ben quoi ? Spas parce que j'ai suggéré ce passage que j'ai pas le droit d'en souligner l'élégance... ^^

Du côté de Shanti, la situation n'évolue guère, si ce n'est que l'un des membres de l'équipe a fait son choix. Il était temps que quelque chose vienne les forcer à prendre une décision. Tu nous offres décidément une bien sombre vision du programme porte des étoiles...

Au final, ton titre résumé bien le contenu de ce chapitre. L'histoire (sans majuscule) est en marche...

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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyDim 26 Avr 2009 - 0:27

Voilà une I.A. dont le but n’est pas de détruire son créateur, c’est nouveau.
Quoique si on réfléchit bien les Anciens sont déjà morts.rigole

J’aime bien ton petit soldat il est tellement « normale ». Suspect
Visiblement sur Atlantis, ils sélectionnent les civiles mais pas les militaires. zinzin

Citation :

En tout cas, je ne compte rien entreprendre qui puisse nuire à votre planète d'origine. Ma proposition est en fait la meilleure manière que vous aurez jamais de lui être utile

Effectivement si la proposition consiste en un plan comprenant l’élimination de ce soldat bien brave, le QI moyen des personnes originaires de la Terre va s’élever de façon considérable,
Quel meilleur service peut-on rendre à la Terre ??rigole

Sinon le coup du sas… Une certaine prof serait-elle passée par là ?
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyDim 26 Avr 2009 - 10:38

Eh eh eh, nouveau chapitre :D

Vu que Skay a déjà commenté, le travail est prémaché peuh mais bon... :p

Tout d'abord, je me dois de te féliciter pour ton IA, qui cherche à faire comprendre le plus diplomatiquement (désolé de copier ton mot Skay, mais c'est l'seul qui convient Razz) possible aux Atlantes qu'il faudra désormais compter sur elle, quoi qu'il advienne.

Le passage avec la caméra qui pour les terriens est un véritable chef d'oeuvre technologique et pour Atlantis juste un bibelot m'a bien plu. C'est ce genre de choses qu'on aurait du voir dans SGA, et je suis bien content que tu distille ça et là ces petits extraits qui en somme font le quotidien des membres de l'expédition sur la cité, et qui nous rappelle de plus à quel point nous sommes primitifs. Ca nous change du McKay qui comprend un dix minutes les secrets d'une machine dont il ne connait rien XD.

J'aime aussi le fait que tu soulignes que l'accès à la cité n'est plus réservé à l'élite terrestre, mais que pas mal de gens y travaille désormais. Et puis, le fait que maintenant, le(s) dirigeant(s) de la cité ne connaissent plus tout le monde (cfr j'étais un numéro). C'était très bien de ta part d'introduire ces lignes, car sa réaction est tellement humaine... J'aime Razz

Par contre, j'accroche moins à la réaction du soldat qui traite Shanti de traitre, sans connaitre quoi que ce soit des événements qui l'ont conduite là, ainsi que le reste de son équipe. Soit il a un QI plutot navrant, soit il est peut-être manipulé par ce cher "ami" qui aimerait "aider" SG 22. Quoi qu'il en soit, ce comportement me semble un peu éloigné de celui de SG 1 qui répétait sans cesse, on ne laisse personne derrière.

Mais le plus gros morceau reste l'explication géniale du fonctionnement de l'espèce alien. Je te tire mon chapeau bien bas. C'est à la fois simple, élégant et bon sang il fallait y penser. Les dialogues entre Atlantis et Anna sont excellents, ils nous permettent d'obtenir les explications de façon très claires, sans même que l'on se rende compte qu'en fait, c'est en partie à nous que tu nous expliques cela. Chapeau, chapeau !

Petites Mentions supplémentaires au bateau qui mouille au large d'Atlantis, au lever de soleil ou encore à l'hôpital de Carson. Des petits éléments vraiment très chouettes à lire, qui nous mettent dans l'ambiance. Franchement, bravo Rufus Heureux
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyVen 1 Mai 2009 - 23:25

Chapitre 04 : Incident de parcours

Pour les quatre membres de SG-22, la lueur blanche ne s'accompagna pas d'un changement de décor tandis qu'ils quittaient une cellule pour arriver dans une autre. Et Shanti, à l'instar de ses coéquipiers, ne réagit pas outre mesure à la téléportation.
C'est parti pour un dernier voyage… pensa-t-elle avec une certaine mélancolie.
Une figure passa devant la baie vitrée, attirant son regard. Un Marine en armes la dévisagea sans trahir la moindre émotion, puis parla brièvement dans son oreillette avant de reprendre son chemin.
Aussitôt, la prisonnière fouilla la pièce du regard, mais sans y trouver quoi que ce soit de plus que ce que la prison du destroyer ne proposait à ses locataires.
Tout le monde est là ? s'enquit sans un son le chef de son équipe.
C'est bon pour moi. répondit de la même manière Shanti. Des ordres, monsieur ?
Pas pour l'instant, lieutenant.
Elle se rendit près de la paroi transparente, visiblement mise en place pour empêcher les détenus de pouvoir se soustraire à la surveillance des gardes. Derrière la vitre se trouvait un long couloir terminé par une imposante porte, un simple bureau constituant l'ensemble de l'ameublement. Devant celui-ci se tenait le Marine, qui avait posé son arme près de lui alors qu'il prenait un verre d'eau.
Elle reporta alors son attention sur la porte à une dizaine de mètres, et,
d’un seul coup, la petite inscription gravée sur son coutour envahit son champ de vision : UNSS Daedalus.
Le brusque changement de perspective lui donna le vertige et elle recula de quelques pas, manquant ce faisant de trébucher. Ouvrant et fermant les yeux à plusieurs reprises, et respirant profondément, il lui fallut quelques secondes pour se détendre.
J'aurais peut-être dû vous prévenir, lieutenant Bhosle. lui dit la voix inconnue.
Qu'est-ce que vous m'avez fait ?! pensa-t-elle aussi fort que possible, son émotion se lisant clairement sur son visage.
Les nanites vous permettant de communiquer ont d'autres…fonctionnalités. Et, dans le cadre de notre future coopération, si tant est que vous choisissiez d'accepter ma proposition, je tiens à ce que vous soyez aussi efficaces que possible.
Qu'est-ce que vous m'avez fait ?! répéta-t-elle, effrayée.
Je n'ai fait qu'augmenter vos capacités physiologiques naturelles. Dans le cas présent, meilleure vue, mais aussi meilleure audition et d'autres…améliorations qui viendront en temps voulu.
Pourquoi ?!
Je viens de vous le dire : si vous me suivez, autant que vous ne soyez pas handicapés par vos limitations biologiques.

Shanti regarda d'un air effrayé ses mains, se posant question sur question avant de se rendre compte que même si elle en désirait les réponses, ce dont elle doutait, la voix ne les lui donnerait jamais.
Calmez-vous, lieutenant Bhosle, continua celle-ci. Vous devriez contrôler correctement ces ajouts d'ici quelques heures.
Mais pourquoi maintenant ?
Que voulez-vous dire ?
Si vous pouvez nous faire ça, pourquoi pas avant ?
La raison en est simple, Shanti… répondit la voix en utilisant pour la première fois son prénom. Vous n'en auriez eu aucune utilité auparavant. Désormais, les choses sont pour ainsi dire…différentes.
Shanti comprit.
C'est ici-même que nous aurons l'opportunité, c'est ça ?

Le Daedalus, premier vaisseau de guerre entièrement développé à partir des avancées du Programme Porte des Étoiles, avait autant pour vocation de servir de démonstrateur technologique que de symbole de l'alliance avec le peuple Asgard. Connaissant son baptême du feu lors du siège d'Atlantis, il avait été de facto assigné à cette Cité, les Goa'uld ayant alors cessé d'être une menace aussi critique qu'auparavant. Le temps passant, son rôle initial de vaisseau de liaison entre les deux galaxies n'avait pas disparu, la base d'Atlantis nécessitant du matériel de plus en plus volumineux pour lequel la Porte était inadaptée. Il en résulta rapidement des modifications drastiques, impliquant une réduction de l'équipage embarqué et des systèmes de survie pour améliorer les performances de sa propulsion. Identique à un croiseur, mais sans certaines de ses missions et l'ensemble de son équipage, le Daedalus était finalement devenu le passage obligé pour tous les futurs commandants de croiseurs, leur capacité à diriger ce que la Terre offrait de mieux testée en conditions presque réelles. Le capitaine de frégate Nastasha Rodenko profitait donc de ce premier commandement que l'état-major avait voulu lui offrir.
Et le temps qu'elle prenait dans le CIC avant de s'installer faisait partie de ses petits plaisirs, redécouvrant chaque fois son point de vue, si différent de celui d'officier tactique principal ou même de commandant en second. Le centre névralgique du croiseur lui faisait l'effet d'une fourmilière, les membres d'équipages et les officiers se croisant pour terminer les ultimes préparatifs de départ, ajoutant des millions d'années-lumières au trajet déjà parcouru par ce navire depuis son entrée en service. Faisant le premier pas dans la pièce, elle ôta sa casquette puis se dirigea vers l'homme au centre de la pièce.
-Moshe, sommes-nous prêts ? demanda-t-elle à son second.
-Affirmatif, madame. Les hyperpropulseurs sont opérationnels, et toutes les sections confirment qu'elles sont prêtes.
-D'accord. Qu'en est-il du "matériel spécial" ?
-Entreposé dans le hangar, madame.
-Excellent, répondit-elle avant de hausser le ton. Attention !
Toutes les personnes présentes s'immobilisèrent pour se tourner vers leur supérieure hiérarchique.
-Notre départ a été fixé par l'amiral Davenport pour 8 heures, heure d'Atlantis, reprit-elle pour ensuite reporter son attention sur l'un de ses subordonnés. Lieutenant Talif, notre destination sera la station Copernic. Veuillez préparer le plan de vol.
-Bien madame, répondit l'officier concerné.


Shanti ne remarqua pas le départ en hyperespace, concentrée sur ses sens qui lui jouaient des tours et qu'elle tentait de maîtriser tant bien que mal tout en essayant d'avoir un comportement normal lors des rondes du Marine. Dès lors que celui-ci s'éloignait, elle laissait s'exprimer le vertige et la nausée sur son visage, s'adaptant lentement à cette nouvelle situation. Les sensations étaient nouvelles, et ses yeux – comme ses oreilles ou ses mains – réagissaient de manière légèrement différente, rendant caducs une partie de ses réflexes qu'elle avait acquis tôt dans sa vie. Son champ de vision pouvait, sans qu'elle ne comprenne pourquoi, se concentrer sur un détail anodin de la vitre qu'elle voyait alors comme au travers d'instruments d'optique, pour revenir la seconde d'après à la normale. De même, lorsque ses oreilles échappaient elles aussi à son contrôle, le vacarme créé par son cœur s'ajoutait à son stress, causant à son tour un renforcement du bruit, et ce jusqu'à ce que cette différence de perception disparaisse aussi brutalement qu'elle n'était venue.
La situation se prolongeait depuis des heures, ne s'interrompant qu'une seule fois, lorsqu’elle se sentit brusquement ensommeillée et sombra rapidement dans l'inconscience. Mais à son réveil, ses troubles reprirent, avec pour seule consolation d'être moins violents qu'auparavant.
Vous-êtes vous bien reposée, lieutenant ? demanda sans préavis la voix.
A…à peine. J'ai toujours un mal de crâne pas possible avec ce que vous m'avez fait. Et répondez-moi : je n'arrive plus à communiquer avec le reste de l'équipe. C'est normal ? voulut savoir Shanti.
Oui. J'ai besoin que chacun d'entre vous fasse son maximum pour maîtriser les améliorations que je vous fournis. Toute distraction est donc un obstacle à faire disparaître.
Je vois…
Avant de vous laisser, une dernière chose. Vous n'êtes plus qu'à quelques heures de l'opportunité. Lorsque vous ferez votre choix, sachez ceci : votre refus engendrerait l'autodestruction de l'ensemble des nanites habitant votre corps de manière totalement indétectable. Au préalable, elles auront modifié vos souvenirs pour éliminer toute trace de notre rencontre, et ceci sans qu'aucune technologie à disposition de vos semblables ne puisse le repérer. Ainsi, votre situation serait absolument identique à celle dans laquelle vous vous seriez trouvés si je ne vous avais pas contacté. Est-ce clair ?
…Oui.
Parfait. A bientôt, lieutenant Bhosle.
Shanti respira profondément avant de reprendre ses tentatives pour maîtriser ses sens.
Quelques heures… pensa-t-elle avec appréhension.



-Alerte contact ! annonça l'un des membres du CIC. Masse importante à proximité de notre trajectoire.
-Analysez-çà, répliqua le second, alors en poste, avant d'ouvrir une liaison avec le commandant. Madame, nous avons repéré un contact inconnu.

Le commandant du navire arriva quelques minutes plus tard dans la pièce.
-A vos rangs, fixe ! annonça le second.
-Repos, repos, dit négligemment la femme qui se dirigeait vers lui. Bon, qu'est-ce qui se passe ?
-Il y a une anomalie gravitationnelle sur notre trajectoire, commandant. Les premières analyses suggèrent un vaisseau, mais nous devrions avoir plus d'informations lorsque nous nous en approcherons.
Le responsable des systèmes de détection se tourna vers elle :
-Contact confirmé. Masse estimée à huit cent mille tonnes, réception de faibles rayonnements.
-Une identification ? demanda-t-elle.
-Négat…Attendez, les émissions des propulseurs me disent quelque chose…Oui ! Forte corrélation avec ceux des navires de guerre Anciens.
-Vous en êtes sûr ? demanda, incrédule, le second.
-Oui, certain. Ce n'est pas le même spectre d'émission, mais la technologie est très ressemblante.
-Combien de temps pour la décélération ?
Le second leva les yeux vers le chronomètre situé au plafond et effectua un rapide calcul mental.
-Moins de deux minutes, madame.
-Très bien. Manœuvres standards de sortie. Toutes les sections en alerte, systèmes d'autodéfenses actifs.
En quelques secondes, alors que le vaisseau allait retrouver l'espace normal, ses énormes plaques radar s'activaient, tandis que les systèmes de guidage de ses canons et missiles faisaient de même. Il s'agissait ici de l'un des rares avantages comparatifs entre la technologie terrienne et celle de ses concurrents de la Voie Lactée. Car là où des armes à énergie infiniment plus avancées que des obus et missiles, même nucléaires, demandaient une quantité d'énergie colossale, les projectiles terriens ne connaissaient pas ce problème. Ainsi, l'une des faiblesses fondamentales de navires appartenant à des espèces aussi avancées que les Réplicateurs, à savoir l'incapacité de combattre pendant quelques secondes après la sortie de l'hyperespace, ne s'appliquait pas à la flotte terrienne qui pouvait même, en théorie, ouvrir le feu dans celui-ci.
-Sortie de l'hyperespace d'ici quinze secondes. Vitesse zéro point deux c et en diminution, dit le timonier.
L'un des autres dangers de l'hyperespace était qu'en raison de l'absence de boucliers pour un vaisseau en émergence, les micrométéorites et autres particules devenaient des dangers mortels. En effet, une simple poussière relativement commune dans l'espace pouvait avoir des effets dévastateurs sur la coque d'un vaisseau lancé à des vitesses relativistes. Le blindage des navires modernes servait désormais plus à se protéger de ces risques qu'à celui des armes ennemies, si puissantes que seul un écran de protection pouvait en absorber l'énergie.
-Cinq, quatre, trois, deux, un…sortie ! annonça-t-il en surveillant ses instruments. Vitesse zéro point quinze c. Cap et vitesse normaux.
-Activation des générateurs de bouclier en cours. T moins huit secondes.
-Surveillance de proximité en cours. Distance au contact un point deux minute-lumière azimut 2-2-5 par 1-9-0.
-Générateurs hyperspatiaux désactivés.
Le commandant Rodenko acquiesça :
-Très bien. Faites un balayage actif du vaisseau. Je crois que ce genre de trouvaille plaira particulièrement au QG.
Et ne fera pas de mal à ma carrière. se retint-elle d'ajouter.

Quelques minutes plus tard, l'éclairage standard laissa soudainement place à celui d'urgence.

-Qu'est-ce qu'il se passe ?! demanda brusquement Rodenko à la section avaries.
Le visage mal éclairé de son responsable lui répondit quelques secondes plus tard :
-Les générateurs hyper avaient…une surcharge résiduelle et l'ont balancé dans le circuit. Ça a coupé les systèmes non prioritaires, mais on devrait récupérer le courant d'ici quelques minutes. Les armes, capteurs et boucliers sont toujours actifs.
-Il ne manquait plus que ça, murmura le second.


Dans un navire de guerre, aucun système n'est anodin, mais certains d'entre eux doivent pourtant bénéficier d'une priorité supérieure, car de leur maintien découle la survie-même du vaisseau. Les autres peuvent et doivent être temporairement contournés s'il faut maintenir ces clefs de voute. Parmi les autres se trouvaient les champs de force fournissant une seconde barrière de sécurité aux cellules de la prison du bord…
Shanti voyait depuis quelques minutes le garde s'inquiéter, mais sans en connaître la raison, quand brusquement, les lumières standard se coupèrent, laissant place à une poignée de lampes baignant d'une lueur bleutée le couloir derrière la vitre.


Dernière édition par Rufus Shinra le Jeu 21 Mai 2009 - 9:11, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptyVen 1 Mai 2009 - 23:25

Maintenant, lieutenant Bhosle. lui dit la voix. Si vous voulez profiter de cette opportunité, alors levez-vous et dirigez-vous vers la vitre.
Shanti inspira profondément en fermant les yeux, puis fit le choix qu'elle avait inconsciemment accepté depuis quelques heures.
Elle se leva et obéit à la consigne.
Excellent, lieutenant. Si vous vouliez bien placer la paume de vos mains sur la vitre, à présent.
Shanti s'exécuta, jetant au passage un coup d'œil au Marine, qui semblait être occupé au téléphone, l'air visiblement agité. Quelques secondes plus tard, la vitre vibra légèrement, tandis que des fissures apparaissaient en son sein.
Le militaire se retourna brusquement, et courut vers la cellule de Shanti, son arme à la main.
Vous savez ce que vous aurez à faire, lieutenant.
Au moment où l'homme en armes arriva au niveau de la vitre, celle-ci éclata brusquement, projetant le Marine au sol. Shanti se rua sur lui et, prenant son arme, lui donna un coup de crosse sur le crâne. L'instant d'après, elle vérifia que l'homme était en vie malgré son inconscience, puis se dirigea vers les autres cellules. Avant qu'elle ne les atteigne, deux vitres s'effondrèrent, laissant passer Maltez et Campbell, dont le regard traduisait le même sentiment de peur face aux "dons" de cette voix.
-Mon commandant, le salua Shanti par réflexe.
-On peut arrêter ces conneries, Shanti. Là, on ne fait plus vraiment partie de l'armée.
-Désolé monsieur.
-Tom, dit Maltez, allez voir ce que fait Vernil. On n'a pas beaucoup de temps avant d'avoir tout le monde à nos trousses.
-Que fait-on, maintenant ?
Le Jumper que vous aviez pris lors de votre mission est à bord de ce vaisseau. Il doit être ramené dans les laboratoires du SGC pour étude, et est entreposé dans le hangar bâbord. Je vous invite donc à vous rendre là-bas pour quitter le navire. déclara posément la voix. Oh, et je vous suggère de ne plus vous inquiéter à propos de votre camarade. Il a pris sa décision.
-Commandant, cria Campbell à quelques mètres de là. Venez voir !
Shanti et Maltez rejoignirent rapidement le pilote du groupe, qui était devant la baie vitrée, intacte, de la cellule de Sylvestro Vernil. Celui-ci était allongé au sol, inconscient.
-Merde ! Qu'est-ce qu'il lui est arrivé ?
Il a pris sa décision, en connaissance de cause se fit entendre la voix chez les trois membres conscients de SG-22. Maintenant, il me semble plus qu'urgent pour vous de vous éloigner de cet endroit.
-Pas question ! répondit Maltez haut et fort. Je ne vais pas le laisser comme ça !
Sa santé n'est absolument pas en danger, commandant. En revanche, la votre risque d'être en péril si quelqu'un cherche à savoir ce qu'il se passe ici, ce qui arrivera tôt ou tard, c'est inévitable.
Campbell plaqua sa main contre la vitre, mais sans le moindre effet.
Non, lieutenant, je ne détruirai pas cette vitre. Cet homme a fait son choix, et vous devrez le respecter.
-Saleté, murmura Maltez.
-Désolé, Syl', dit Campbell en retirant lentement sa main de la paroi transparente. Bonne chance, vieux.
-Par où est ce hangar ? demanda Shanti d'une petite voix.
Par ici.
Soudain, une ligne brillante apparut aux yeux des trois personnes encore debout dans la prison du Daedalus, qui eurent un mouvement de recul.
J'ai réactivé les systèmes de communications entre nous quatre. Si vous partez maintenant, vous avez de bonnes chances de pouvoir prendre le contrôle du Jumper et quitter le vaisseau.
Pour quoi faire après ? demanda Campbell sur ce qui semblait être un canal commun.
Chaque chose en son temps, lieutenant. D'abord, évacuer le navire tant que vous le pouvez.
-D'accord, dit Maltez. Shanti, passez devant. Pas de morts, compris ?
-Oui monsieur, répondit-elle en vérifiant l'arme du soldat inconscient.
Le passe de celui-ci permit d'ouvrir la porte par laquelle passait le chemin lumineux, et les évadés quittèrent la prison.

-Combien de temps avant le retour à la normale ? demanda Rodenko au responsable de la section avaries.
-Encore quelques instants, madame, il faut juste réinitialiser le système de gestion de l'alimentation.
Elle acquiesça et se tourna vers l'officier tactique.
-Lancez une sonde de reconnaissance. Je veux savoir si ce vaisseau est habité.
-Bien compris, madame.

L'instant d'après, les lumières revinrent à la normale.
-Excellent, murmura Rodenko avant de hausser le ton. Rapport d'avarie, toutes les sections.


-Merde, souffla Maltez en voyant le retour des lumières dans le couloir. On accélère, tout le monde.
Le commandant du petit groupe bénissait sa chance de ne pas avoir croisé jusqu'à présent le moindre membre d'équipage. Mais il savait que cette chance ne durerait pas et que les trois prisonniers en tenue orange tentant de s'échapper du croiseur finiraient par rencontrer de la résistance.
La prison, malheureusement située sur le côté tribord, forçait SG-22 à franchir une grande distance dans les coursives, et les fugitifs étaient obligés de faire confiance à leur "informateur" pour trouver le chemin de la sortie.


-…monsieur ? demanda l'un des officiers au second, qui se rapprocha d'elle.
-Oui lieutenant ?
-Nous avons un problème. La prison ne répondait pas aux demandes de rapport d'avarie, et voilà la surveillance vidéo.
-C'est pas vrai…commandant !
-Quoi ? répondit celle-ci, son attention portée sur le vaisseau inconnu.
-Les prisonniers viennent de s'évader, nous avons un homme à terre.
-Merde ! Retrouvez-les, scellez immédiatement tous les compartiments.
-A vos ordres.

Les lumières s'éteignirent brusquement dans le couloir, forçant les évadés à s'arrêter dans leur course pour éviter de se heurter ensemble.
-Encore ? lâcha Cambell.
Non, il semblerait que votre évasion ait été découverte, et que les lumières ont été coupées pour gêner votre progression, entre autres mesures. Rien de très grave, je vous l'assure.
La seconde d'après, Shanti, à l'instar de ses deux compagnons, put voir dans le couloir aussi clairement qu'avant et faillit en laisser tomber son arme de surprise.
Un jeu d'enfant que de voir dans ces conditions. Mêmes vos équipements y arrivent, c'est dire.
-Bon, on continue ? dit Maltez.
Ils avancèrent d'un pas rapide, pour s'immobiliser devant une porte bloquée.
Votre main, lieutenant Bhosle. demanda la voix.
Shanti, comprenant ce qui allait se passer, posa sa main à plat sur la porte, et attendit. Pendant une dizaine de secondes, qui parurent durer une heure aux fugitifs, rien ne se produisit, puis la porte coulissa lentement, son système de verrouillage ravagé par les nanites.
Le compartiment suivant était beaucoup plus large et, dans la pièce que Shanti reconnut comme la salle de contrôle des propulseurs se trouvait une dizaine de techniciens et sous-officiers. Ceux-ci, en voyant la tenue de prisonniers des nouveaux arrivants, les regardèrent fixement, deux d'entre eux faisant mine d'avancer vers le petit groupe.
-Personne ne bouge, dit Shanti en pointant son arme vers eux. Nous ne faisons que passer, mais nous tirerons s'il le faut.
Elle laissa son supérieur et Campbell passer, restant immobile à tenir en respect les individus à côté d'elle. D'un bref coup d'œil, elle vit Maltez poser sa main sur la porte avant de reporter son attention sur les marins.
-C'est ouvert, Shanti ! Venez ! cria Campbell en ouvrant la porte.
Elle se dirigea à reculons vers la porte, puis, à quelques mètres de celle-ci, se retourna pour se ruer dans le passage tout juste ouvert.


-Commandant, les prisonniers ont réussi à quitter leur compartiment et viennent de passer par le Contrôle Propulsion. L'un d'entre eux est armé et le groupe d'intervention devrait les atteindre d'ici une minute à peine.
-Activez les systèmes de défense interne pour les immobiliser. Je veux deux sections pour sécuriser l'armurerie, répondit l'officier en charge du navire.


Shanti entendait désormais des pas lointains, rapides, appartenant à un groupe de personnes qui se dirigeait vers elle. Ne se posant plus de question sur les modifications qu'elle avait subi malgré elle, elle continuait de courir aussi vite que possible le long du chemin affiché dans son champ de vision. Quelques instants plus tard, le sas suivant était en vue quand un son strident déchira ses oreilles, au point où elle n'entendait même plus ses propres hurlements de douleur. Puis, aussi brutalement qu'il était venu, le son disparut.
Système de défense active interne, lieutenant. Je peux éliminer la douleur et les désagréments, mais il détruira rapidement vos tympans. Je vais vous indiquer la position des haut-parleurs muraux.
Une demi-douzaine de disques jaunes apparurent sur les murs, et, vérifiant que son arme était réglée au coup par coup, tira successivement dans chacun d'entre eux, tandis que la porte subissait l'assaut des nanites de Campbell.
La porte ouverte, Shanti se dirigea vers celle-ci, pour voir une demi-douzaine d'impacts frapper le mur là où elle se trouvait l'instant d'auparavant.
-Contact ! hurla-t-elle en s'engouffrant par l'ouverture avant de rabattre la porte derrière elle.
Par pitié, dites-moi que vous pouvez refermer cette porte ! supplia silencieusement Shanti en plaquant sa main sur la masse métallique.
Bien sûr. Encore quelques secondes…C'est bon, rejoignez les autres, lieutenant. lui répondit la voix.
Elle se mit à courir aussi vite que possible, tandis que résonnait derrière elle le cognement sourd des Marines tentant d'ouvrir la porte. Cognement qui cessa au bout de quelques secondes.
Très bien, vous devriez arriver dans la salle de stockage de munitions du hangar bâbord après cette porte. Le Jumper est à proximité immédiate, normalement.
Shanti n'eut pas le temps de répondre qu'une explosion derrière elle la fit presque tomber au sol, rattrapée au dernier moment par Maltez, Campbell gardant sa main plaquée sur la porte pour l'ouvrir.
Quelques instants plus tard, Shanti reproduisait la manœuvre précédente, scellant physiquement la porte à la cloison avant de rejoindre les deux militaires qui se dirigeaient vers l'entrée de la salle.

-Le sergent Rockwell nous confirme que les fugitifs sont rentrés dans la soute à munitions bâbord. Il ne peut pas faire sauter sa porte et va devoir contourner, rapporta le second.
-Évacuation du hangar bâbord. Fermez les portes épaisses, et préparez les haut-parleurs. Je veux pouvoir leur parler dès que l'évacuation sera terminée.

SG-22 pénétra dans l'immense hangar au moment où les gyrophares rouges s'allumèrent, accompagnés d'une alarme sonore et d'un appel à l'évacuation.
Le Jumper est dans la Baie n°7. Embarquez immédiatement.
Ils s'étaient mis à courir le long des chasseurs parqués dans les baies d'envol abandonnées par les techniciens lorsque les énormes plaques de blindage aux deux extrémités de la piste commencèrent à se refermer. Au même instant, une voix se fit entendre dans tout le hangar :
-Ici le capitaine de vaisseau Nastasha Rodenko, commandant du croiseur Daedalus. Le hangar est scellé et mes Marines seront sur vous d'une minute à l'autre. Déposez les armes immédiatement ou je dépressuriserai la zone. Vous avez 30 secondes pour obéir. Rodenko, terminé.

-Est-ce que le Jumper est armé, Tom ? demanda Maltez.
-Pas à ce que je sache, ce n'était qu'une mission de reco.
En effet, commandant, votre véhicule de fuite n'est pas armé, et aucun autre vaisseau présent n'est adapté. lui dit la voix.
Soudain, Shanti se mit à courir vers un chasseur voisin.
-Shanti ! Qu'est-ce que vous foutez ? hurla-t-il.
Sans prendre le temps de répondre, elle disparut derrière la cloison séparant les baies, d'où un bruit de roulement se fit entendre.
-Tom, préparez le Jumper, je ramène Shanti ! dit-il au pilote.
Surgissant de la baie d'envol, il dût sauter de côté pour éviter ce que poussait sa subordonnée : un chariot à missiles.

-Qu'est-ce que…?
-Pas le temps, commandant, répliqua la jeune femme en faisant pivoter la lourde charge sans difficulté, pointant les projectiles vers la paroi avant du hangar.

Au même moment, un souffle les jeta tout deux à terre, alors que l'air commençait à être vidé de la salle où SG-22 se trouvait.
Shanti plaqua sa main sur le missile le plus proche, faisant d'énormes efforts pour la garder plaquée sur la coque circulaire.
Faites-le partir ! pensa-t-elle.
Ce sera fait. Relevez-vous et allez vers le Jumper à moins que vous ne vouliez être soufflée par le propulseur.
-Allez, commandant, on y va ! La voie est libre ! lui dit-elle en se redressant et le tirant par le bras.
Ils se mirent à avancer difficilement, dans l'ouragan qui emplissait le hangar et, quelques secondes plus tard, le missile partit en hurlant de son chariot. Traversant en une fraction de seconde la distance le séparant de son plus proche obstacle, il ne dût son bon fonctionnement qu'à la désactivation de sa sécurité de tir. La fusée de contact, non bridée par la trop faible distance parcourue, confirma la collision avec le métal, transmettant les signaux aux lasers de détonation. Un instant plus tard, le missile et une partie de la porte épaisse étaient avalés par une petite sphère de plasma au refroidissement quasi-instantané. La combinaison de l'explosion et de la dépression locale provoqua une énorme onde de choc, ouvrant ainsi une brèche de grande taille. Jetés à terre par l'onde de choc, les deux membres de SG-22 s'agrippèrent aux parois de la baie lorsque le petit vaisseau Ancien se souleva et avança avant de pivoter pour laisser son arrière à moins d'un mètre d'eux.
Se jetant sur le sol du Jumper, Shanti et Maltez roulèrent de côté pour laisser Campbell fermer l'issue, tandis que leur véhicule retrouvé s'avançait dans le hangar.
Au moment où les deux rescapés de la décompression rejoignirent le pilote à l'avant, ils virent un des sas du hangar s'ouvrir et laisser passer une vingtaine de silhouettes habillées en noir, qui semblaient ne pas souffrir de la pression en chute libre ou de la tempête qui renversait chariots élévateurs, pièces mécaniques et bidons d'huile.
-On se casse ! dit Maltez alors que les premiers tirs venaient percuter la coque de leur frêle engin.

Le Jumper s'évanouit alors devant le regard du sergent Rockwell et de ses Marines, activant son camouflage avant d'accélérer brusquement et de franchir le trou causé par le missile.
Pendant quelques secondes, un silence absolu régna dans le Jumper, personne ne sachant quoi dire après les évènements qu'ils venaient de vivre. Puis, Campbell prit la parole :
-Bon, on s'est évadés. Mais on va où, maintenant ?


Le capitaine Rodenko n'en croyait pas ses yeux, ayant suivi, comme la quasi-totalité du personnel dans le CIC, la spectaculaire évasion de ses trois prisonniers. Mais si elle avait du mal à le croire, elle savait parfaitement quelles en seraient les conséquences pour sa carrière, si elle échouait dans ce test qu'était le Daedalus.
Elle se tourna vers son second et inspira profondément avant de donner ses ordres.
-Faites décoller tous les chasseurs disponibles. Lancez les drones de reconnaissance et mettez en réseau les capteurs gravitationnels. Feu à volonté sur le Jumper dès qu'il sera découvert.
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MessageSujet: Re: Effet Papillon [Tome II]   Effet Papillon [Tome II] EmptySam 2 Mai 2009 - 8:59

Excellent chapitre. Vraiment, rien à redire. On assiste là à une évasion spectaculaire, qui est parfaitement menée, et qui de plus rend compte des capacités de très loin supérieures du mystérieux allié de SG 22 par rapport à la technologie terrienne.

J'aime beaucoup cette petite phrase :
Citation :
Un jeu d'enfant que de voir dans ces conditions. Mêmes vos équipements y arrivent, c'est dire.

L'évasion nous montre que cet allié a non seulement une connaissance parfaite de la technologie terrienne, mais que toi même tu as une excellent maitrise de ton sujet.

Les quelques mots glissés à propos du Dédale nous donne quelques détails de plus sur cet univers parallèle, ce qui est plus agréable. Surtout le code du Dédale qui est UNSS et non BC-304. (United Nation Space Ship peut-être?). Et le fait que ce vaisseau ait été modifié afin de devenir plus un vaisseau cargo qu'un croiseur de guerre, et que tout commandant de croiseur terrien doivent passer par le Dédale sont des petits détails par rapport à la trame de ton histoire mais qui nous permettent de nous familiariser avec ton univers.

J'aime aussi le fait qu'un des membres de SG 22 ait fait le choix de rester, ce qui rend la décision des trois autres un peu plus dramatique.
Et enfin, le meilleur pour la fin. J'aime les descriptions faites à propos des améliorations que SG 22 a reçues. On peut s'imaginer à leur place, et je peux comprendre qu'il leur a fallu plusieurs heures avant de maitriser leurs nouvelles capacités. On s'en doutait, les nanites allaient jouer un grand rôle dans leur évasion, et on est servi ^^

Donc en résumé, rien à jeter, rien à modifier, c'est parfait tel quel. Un excellent chapitre! clap!
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