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 1984

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Artheval_Pe
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MessageSujet: 1984   Dim 14 Sep 2008 - 19:58

1984



Lorsque George Orwell écrivit 1984 en 1948, il ne pensait pas donner ce titre à son roman, mais c'est celui sous lequel il fut publié en 1949 sous la pression de son éditeur.
1984 est l'histoire de Winston Smith, membre du parti extérieur de l'Angsoc dans une Angleterre totalitaire devenue part d'une Océania comprenant les Etats-Unis et la plupart des pays anglophones, alternativement en guerre contre les deux autres superpuissances se partageant le monde. Il travaille au Ministère de la Vérité où sa tâche consiste à falsifier quotidiennement l'histoire pour la faire coller aux déclarations officielles du régime, personnifié par la figure de l'immuable Big Brother. Mais Winston est agité de doutes et de scrupules. Malgré la surveillance permanente du télécran dans son appartement, et la menace que fait peser la police de la pensée, il commence à noter le passé réel et à réfléchir aux moyens d'affaiblir le Parti.
L'Océania, probablement à l'image des autres superpuissances, est un totalitarisme fondé sur la peur où toute liberté d'expression est supprimée. L'obéissance et la dévotion religieuse envers le parti et ses exigences sont la règle. L'ensemble de la société est surveillée par la police de la pensée, et est divisée en trois castes immuables : Les prolétaires, le parti extérieur et le parti intérieur. Les faits et gestes de la vie quotidienne de chaque membre de la population sont surveillés.
C'est dans ce contexte que Winston va tomber dans un amour paradoxal pour une fervente membre zélée du parti.


Grand classique de la science-fiction politique, 1984 démonte les ressorts du totalitarisme et fait fonction d'avertissement sur les futures possibilités technologiques offertes aux régimes autoritaires. S'étant largement inspiré des méthodes soviétiques et nazies pour concevoir celles de l'angsoc dans son roman, George Orwell donne un exemple de totalitarisme fondé sur la peur, montre ses manifestations concrètes, ses conséquences sur l'individu et éclaire sur les comportements humains sous de telles contraintes. Résolument pessimiste, il donne une vision d'un futur politique que nous devons éviter à tout prix, sous peine de ne plus pouvoir faire machine arrière.

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Sapho
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MessageSujet: Re: 1984   Jeu 6 Nov 2008 - 15:25

C'est à ce livre que je pense à chaque fois que je vois une caméra dans la rue... BigBrother nous surveille... Sans vouloir paraître alarmiste Laughing

Lu à la même époque que "Le meilleur des Mondes", je l'avais trouvé vachement plus compliqué - ça fait presque 10 ans quand même ^^ - et beaucoup plus sombre aussi.
Très oppressant aussi, comme bouquin, tant on a l'impression d'être sans cesse aux aguets, observé, surveillé, scruté. Impression qui ne se relâche même pas lors de la seule excursion des protagonistes hors de la ville.

Un livre qui donne à réfléchir (et le jeu, pour moi, c'est d'écrire ça sans rire silent )


Dernière édition par Sapho le Jeu 19 Nov 2009 - 22:35, édité 1 fois
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Onan
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MessageSujet: Re: 1984   Jeu 6 Nov 2008 - 15:41

Je n'ai pas lu le livre mais le film était assez sympa. Bein glauque comme ambiance. Après on dit souvent que les films tirés de livres sont ratés, je ne pourrais pas confirmer dans ce cas là. Si quelqu'un a vu le film et lu le livre ... Heureux
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Gandhoor
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MessageSujet: Re: 1984   Jeu 19 Nov 2009 - 22:11

Ce roman orwellien fut une énorme claque pour ma part. Un récit magistral et inoubliable. C'est intelligent, époustouflant et atroce. La scène de la chambre 101 est une anthologie sur le thème du totalitarisme et des dangers inhérents au culte de la personnalité.
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Mat
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MessageSujet: Re: 1984   Jeu 19 Nov 2009 - 22:14

Gandhoor a écrit:
Ce roman orwellien fut une énorme claque pour ma part. Un récit magistral et inoubliable. C'est intelligent, époustouflant et atroce. La scène de la chambre 101 est une anthologie sur le thème du totalitarisme et des dangers inhérents au culte de la personnalité.
Je n'ai vu que le film, sans avoir lu le roman, mais ça me suffit pour retrouver une raisonnance quant à ce que tu dis, concernant la chambre 101 tout particulièrement silent Je me sentais presque enfermé et enserré avec le malheureux protagoniste dans un enfer refusant de prendre fin... (il y a une pré-scène de torture du même acabit dans Brazil, assez puissante également)
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Gandhoor
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MessageSujet: Re: 1984   Ven 20 Nov 2009 - 17:43

Le roman d'Orwell est mille fois plus puissant et évocateur que l'adaptation ciné.
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Dystopia
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MessageSujet: Re: 1984   Dim 2 Jan 2011 - 15:17

Paraitrait-il même que l'adaptation est une fieffée bouse... J'avais lu ça en lisant des commentaires sur Brazil, considéré comme le film le plus proche de 1984, mais réussi celui-là, contrairement à l'adaptation directe.

1984 est clairement mon roman préféré, ma plus grande claque littéraire. Je crois que je suis voué à ne lire que des choses moins énormissimes, désormais confused
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Nobuko
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MessageSujet: Re: 1984   Dim 2 Jan 2011 - 20:29

Je n'ai pas encore lu le livre, mais j'ai vu le film.

Si ce film est une "bouse", alors il s'agit d'une bouse plutôt réussi car, ça n'en reste pas moins un excellent film.

D'ailleurs, entre parenthèses, vous ne trouvez pas que nos sociétés actuelles tendent de plus en plus vers ce genre de modèle à la 1984 ?
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Dystopia
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MessageSujet: Re: 1984   Dim 2 Jan 2011 - 21:00

En tout cas la surveillance vidéo commence à bien s'ancrer dans les sociétés...
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Mara
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MessageSujet: Re: 1984   Dim 2 Jan 2011 - 21:24

1984 est l'un des livres qui m'a le plus marquée que ce soit au niveau de ses concepts :

- Les télécrans et la société de surveillance ou les surveillants sont aussi les surveillés
- Le Miniver qui a le monopole de l'Histoire et qui se charge de la réécrire au bon vouloir des uns et des autres
- Les concepts Big Brother et Goldstein, qui catalysent l'amour et la haine collective
- La guerre comme moyen de contrôle des peuples
- Le Novlangue : L'anéantissement de la langue pour empêcher la pensée

qu'au niveau de sa conclusion, effroyable de pessimisme... J'avais de l'espoir jusqu'au bout et je dois avouer que je me suis pris une très grosse claque à la dernière page.

Dystopia a écrit:
En tout cas la surveillance vidéo commence à bien s'ancrer dans les sociétés...
La vidéosurveillance, la mise en valeur des savoirs utiles face aux savoirs théoriques (récentes réformes de l'EN autour de l'histoire géo et des langues anciennes)... Il y a de quoi être pessimiste en effet.

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Joe Black
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MessageSujet: Re: 1984   Dim 2 Jan 2011 - 22:06

Nobuko a écrit:
Je n'ai pas encore lu le livre, mais j'ai vu le film.

Si ce film est une "bouse", alors il s'agit d'une bouse plutôt réussi car, ça n'en reste pas moins un excellent film.

Ayant préalablement lu le livre avant de voir le film, j'ai trouvé que l'adaptation cinématographique n'était pas une franche réussite alors que paradoxalement, les acteurs jouent fort bien et que l'ambiance délabrée, angoissante et oppressante du livre était plutôt bien retranscrite.

Il me semble que le problème de cette adaptation est que le livre 1984 est une telle merveille à lire, renvoyant à une multitudes d'idées, de courants de pensée et d'événements historiques et laissant en plus, lorsqu'il est achevé, une foule de questions et de portes ouvertes, qu'il était extrêmement difficile pour un film d'essayer d'être aussi exhaustif et poignant que le livre. De plus, un personnage aussi complexe que O'Brien perd beaucoup de sa consistance avec le film.

L'adaptation raconte dès lors assez bien l'histoire contenue dans le livre (l'amour entre Winston et Julia ou bien par exemple, les scènes de tortures et d'enfermement sont tout aussi atroces que dans le livre), mais on perd beaucoup de la richesse et des interrogations inhérentes au bouquin d'Orwell.

Nobuko a écrit:
D'ailleurs, entre parenthèses, vous ne trouvez pas que nos sociétés actuelles tendent de plus en plus vers ce genre de modèle à la 1984 ?

A l'époque, Orwell a écrit ce livre en pensant fortement à l'ex-URSS et au fascisme allemand et italien qui de nos jours, n'existent plus. Après, je ne pense pas qu'un système dictatorial aussi total que celui développé dans 1984 (on va jusqu'à réellement perdre la faculté fondamentale de penser différemment) puisse se développer dans un pays, alors penser que cela puisse se produire sur l'entièreté de la planète me paraît très peu envisageable. De plus et l'histoire l'a montré, les systèmes totalitaires, contrairement à celui de 1984, ne sont pas éternels ; par exemple, beaucoup d'intellectuels de l'intérieurs ou de l'extérieur pensaient à l'époque que l'Union Soviétique était partie pour durer et il a très schématiquement suffit de l'arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev et deux réformes (la perestroïka et la glasnost) pour voir s'effondrer petit à petit un empire vieux de 70 ans quoique pour le coup, l'empire s'effritait déjà avant.

Ensuite, c'est vrai que quelques éléments troublant comme les caméras de surveillance dans la rue ou la ré-écriture de l'histoire (cela à l'air anodin mais on retouche de nos jours certains clichés d'époque pour effacer des cigarettes même si l'on reste encore loin de ce que faisait l'ex-l'URSS qui allait jusqu'à effacer des dirigeants en disgrâce sur les photos officielles...) sont monnaie courante dans nos propres démocraties.

Cependant, je pense que le livre d'Orwell était plus en mise en garde contre les dérives dictatoriales du XXème siècle et une sorte de best off du pire de ce que ces régimes pouvaient produire, et leurs possibles évolutions s'ils avaient duré. Et puis, avec l'arrivée d'internet, il me semble que l'information aura beaucoup plus de peine à être contrôlée même si les dirigeants chinois ont ces derniers temps, plutôt bien réussit à endiguer certaines nouvelles (je pense notamment au fait qu'un nombre conséquent de personnes en Chine ne savent pas que le dissident Liu Xiaobo a gagné le Prix Nobel de la Paix).

Mara a écrit:
qu'au niveau de sa conclusion, effroyable de pessimisme... J'avais de l'espoir jusqu'au bout et je dois avouer que je me suis pris une très grosse claque à la dernière page.

Je suis dans le même cas mais cependant, je garde quand même un petit espoir que Winston ne soit pas entièrement lobotomisé. Son inconscient est peut-être en partie sauvé, à l'image de son voisin qui, même en étant un fervent admirateur du Parti et profondément convaincu par les flots de propagande, rêvait sans toutefois s'en rendre compte, de détruire Big Brother avant de se faire dénoncer par ses enfants. De plus, il reste une chance minuscule que Winston ait peut-être comme il le suggérait lors de son enfermement, réussit à mettre son cerveau sur pause et il réussira peut-être grâce à un déclic que lui-même ne risque de ne pas comprendre, à se suicider avant qu'il ne se fasse exécuter... Cependant, son intégrité psychique est irrémédiablement compromise et le processus de torture qui se termine et lui faisant renier Julia, la seule part d'humanité qu'il lui restait, est l'une des choses les plus terrifiante qu'il m'ait été donnée de lire.

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Nobuko
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MessageSujet: Re: 1984   Dim 2 Jan 2011 - 22:47

Je fais plutôt référence à un dictature des multinationales, ce qui est en train clairement de se passer dans notre monde à l'échelle planétaire.
Les Etats s'effondrent et les gouvernements ont de moins en moins de pouvoir.
Nous sommes clairement entré dans une phase de dictature du monde financier.

Les multinationales et les banques dictent leurs lois à des gouvernements exécutants. Les hommes politiques ne sont vraiment plus que des figurants juste bon à servir la soupe aux financiers et endormire le peuple.
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Joe Black
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MessageSujet: Re: 1984   Dim 2 Jan 2011 - 23:16

Citation :
Je fais plutôt référence à un dictature des multinationales, ce qui est en train clairement de se passer dans notre monde à l'échelle planétaire.
Les Etats s'effondrent et les gouvernements ont de moins en moins de pouvoir.
Nous sommes clairement entré dans une phase de dictature du monde financier.

Les multinationales et les banques dictent leurs lois à des gouvernements exécutants. Les hommes politiques ne sont vraiment plus que des figurants juste bon à servir la soupe aux financiers et endormire le peuple.

Il est sûr que les lobbys des toutes sortes (entreprises pharmaceutiques, grandes banques, etc...) sont de plus en plus présents dans les parlements des grands gouvernements mondiaux.

Cependant, je ne pense pas que ces lobbys, même s'ils peuvent avoir une très forte influence (je pense notamment aux États-Unis, particulièrement touché par cet état de fait), soient assez puissants pour dicter entièrement leur conduite aux différents pouvoirs exécutifs de puissants pays.

De plus, la récente crise financière l'a démontré, un modèle basé sur l"État providence" est le seul à même de sauver certaines grandes entreprises ou banque en cas de crise mondiale. Par exemple, une véritable institution de la finance telle que de la banque multinationale Lehman Brothers, n'a pas pu survivre car l'état américain a refusé de l'aider.

Ces multinationales ne sont donc peut-être pas aussi puissantes que ce que l'on pourrait penser et malheureusement, si beaucoup de banques et entreprises gigantesques ayant clairement fraudés ont été sauvées, c'est parce qu'un nombre énorme d'emplois et par extension l'économie de nombreux pays dépendait de leurs activités.

Néanmoins, ce qui me fait sérieusement réfléchir et me fait vraiment peur, c'est lorsque que par exemple Peter Brabeck, l'ancien PDG de la multinationale Nestlé, militait ouvertement pour la privatisation de l'eau...

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Nobuko
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MessageSujet: Re: 1984   Dim 2 Jan 2011 - 23:28

A une époque trainait sur le net une vidéo authentifiée comme véritable du patron de Monsento donnait explicitement l'ordre au président Bush père d'accélérer les choses, sinon il y aurait des représailles.

Je ne sais pas à quoi cela faisait référence mais le fait est qu'un patron de multinationale s'était octroyé le droit de donner des ordres à un président de la république.
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Mat
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MessageSujet: Re: 1984   Lun 3 Jan 2011 - 10:24

Je n'ai toujours pas lu le livre, mais j'ai trouvé que le film était loin d'être une bouze. Au pire le trouverai-je incomplet par rapport au livre, lorsque je l'aurai lu, mais je ne vois pas ce qui pourrait lui retirer cette qualité intrinsèque que je lui ai trouvé...

Pour ce qui est de la 1984isation de la société, je dois dire que je me méfie beaucoup (surtout parce que je me souviens bien avoir rédigé des débilités à propos des agissements futurs de Sarkozy dans mes dissertations de 2007, quand je terminais le lycée) des idées de ce type. C'est sûrement un ressenti et une philosophie personnelle, mais je me balance complètement d'être filmé dans la rue -et pas chez moi comme dans 1984, nuance- tant que je n'y fais rien de légalement répréhensible, et que vraisemblablement je désaprouverais moi-même, de même que je trouve que les anti-Facebook en font des wagons et ont une vision faussée et caricaturale de la manière dont ce média peut être utilisé (peut, puisque ça reste une démarche volontaire) , à condition de ne pas être la première ado en freelance venue.

je crois assez fort à l'ancien dicton "la dictature, c'est ta gueule, et la démocratie, c'est cause toujours". Je ne me crois pas dans la société idéale, loin de là, et comme la plupart des gens sans doute, je ressens souvent pas mal de dépit et d'indignation quant à ce qui peut se produire ici-même, en France. Cependant, globalement, je ne crois pas, ou plus, que la liberté et l'intimité soient réellement menacées en Occident. Que certaines personnes importantes le voudraient, et essayent, j'y crois facilement, mais je ne crois pas plus que ça à l'étendue de leur pouvoir.

Enfin, attention. Quand je parle de leur pouvoir, je parle de ce dont parle 1984. Réprimer presque totalement l'Humain en l'Humain, aller quasiment jusqu'à la société fourmillière, où l'Etat surveille, ordonne et punit jusque dans les WC, seconde après seconde, toute la vie.
Que leur pouvoir leur permette de truander la bourse et les débats à l'Assemblée, j'en suis convaincu. Mais à vivre au quotidien, pour la plupart des gens, la différence de degré entre notre société où le fric et l'administration ont la légitimité sur l'éthique et le bon sens, et le Moloch que dépeint 1984, est astronomique.

Sans vouloir tomber dans la petite démonstration facile, le simple fait qu'on puisse débattre tranquillement de si c'est 1984 ou pas...

Personnellement, je pense qu'en 2010, c'est davantage en tant que "mythe" permettant d'étudier sous une perspective particulière les mécanismes employés par les états monstre de l'époque moderne, particulièrement du XXe, que 1984 prend sens. je ne dis pas que cycliquement, l'un ou l'autre gouvernement médiocre n'essaye pas de raviver et de s'approprier l'un des traits mineurs que montre 1984, cependant, je conçois plutôt 1984 comme une allégorie et un travail portant sur une introspection passée. A travers 1984, je comprend plutôt "pourquoi et comment l'URSS, McCarthy, l'Axe, les guerres mondiales...?" , démarche qui ne perdra jamais de son utilité.

Concernant les multinationales. Je pense qu'il y a une différence fondamentale avec 1984, qui réflechit à l'Etat ultime tel que l'Histoire l'a montré, et au collectif qui finit par tuer l'esprit de l'individu, tandis que la thématique cyberpunk, même transposée à notre réalité, porte plutôt sur la liquéfaction totale de l'Etat au profit d'une mosaïque de forces où l'individu, purement égoïste et autocentré, abolit à son tour toute notion de collectif (qui n'est pas que négatif, puisqu'avant le stade de la masse de fourmis, c'est aussi l'idée de la solidarité et des principes de respect d'autrui) .

Pour rester dans le miroir avec la fiction, je pense que 1984 et la Weyland-Yutani sont deux formes de pouvoir où l'Humain finit broyé, mais où les voies choisies sont symétriquement opposées. clin d'oeil L'URSS et Union Carbide sont selon moi deux monstres, mais aussi deux ennemis mortels. C'est l'exagération folle du groupe contre l'exagération folle de l'individu.
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Mara
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MessageSujet: Re: 1984   Mar 4 Jan 2011 - 19:06

Joe Black a écrit:
Je suis dans le même cas mais cependant, je garde quand même un petit espoir que Winston ne soit pas entièrement lobotomisé. Son inconscient est peut-être en partie sauvé, à l'image de son voisin qui, même en étant un fervent admirateur du Parti et profondément convaincu par les flots de propagande, rêvait sans toutefois s'en rendre compte, de détruire Big Brother avant de se faire dénoncer par ses enfants. De plus, il reste une chance minuscule que Winston ait peut-être comme il le suggérait lors de son enfermement, réussit à mettre son cerveau sur pause et il réussira peut-être grâce à un déclic que lui-même ne risque de ne pas comprendre, à se suicider avant qu'il ne se fasse exécuter...

Je dois avouer que je n'ai envisagé une seule seconde que Winston aurait pu garder une petite parcelle en lui... La conclusion m'a tellement traumatisée (j'insiste là dessus, j'y ai repensé pendant des jours...) que j'ai du mal à la voir comme véhiculant ne serait-ce qu'une parcelle d'espoir.

En fait je m'attendais à la fin suivante : Winston lobotomisé, mais gardant une parcelle de conscience très enfouie au fond de, est exécuté, et à la millième de seconde où il meurt, il se souvient qu'il est libre. Et gagne donc sa liberté.

Finalement, le fait qu'il reste en vie à la fin de l'ouvrage rend la conclusion encore plus terrifiante : Big Brother ne tue pas, il lave le cerveau, et c'est encore pire que la mort... En réalité, j'ai du mal à imaginer une fin avec un peu d'espoir car ça enlèverait de la puissance à la conclusion... C'est aussi le fait qu'elle soit aussi terrifiante qui fait toute la force de cet ouvrage !

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Joe Black
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MessageSujet: Re: 1984   Mar 4 Jan 2011 - 22:10

Mara a écrit:
Je dois avouer que je n'ai envisagé une seule seconde que Winston aurait pu garder une petite parcelle en lui... La conclusion m'a tellement traumatisée (j'insiste là dessus, j'y ai repensé pendant des jours...) que j'ai du mal à la voir comme véhiculant ne serait-ce qu'une parcelle d'espoir.

En fait je m'attendais à la fin suivante : Winston lobotomisé, mais gardant une parcelle de conscience très enfouie au fond de, est exécuté, et à la millième de seconde où il meurt, il se souvient qu'il est libre. Et gagne donc sa liberté.

Finalement, le fait qu'il reste en vie à la fin de l'ouvrage rend la conclusion encore plus terrifiante : Big Brother ne tue pas, il lave le cerveau, et c'est encore pire que la mort... En réalité, j'ai du mal à imaginer une fin avec un peu d'espoir car ça enlèverait de la puissance à la conclusion... C'est aussi le fait qu'elle soit aussi terrifiante qui fait toute la force de cet ouvrage !

En fait, la possibilité que Winston garde une minuscule parcelle de son esprit libre et qu'inconsciemment, il puisse parvenir à se libérer de la doublepensée une fraction de seconde pour se donner la mort avant qu'on ne le tue (le Parti va savourer sa victoire pendant un temps, mais il n'est pas dit qu'il gardera Winston en vie indéfiniment) est certes peu probable, mais tout de même plausible. Parce qu'on le voit bien durant l'épilogue, le fait qu'il écrive 2+2=5 sur une table montre que son cerveau fait fonctionner la doublepensée à plein régime. Après, il est certain que la torture tant physique que psychique qu'il a subi et qui s'achève avec le renoncement et la trahison à Julia le brise totalement, faisant de lui une sorte de légume sans aucun sentiment excepté une ferveur et une admiration sans bornes à tout ce qu'entreprend le Parti...

Et je suis entièrement d'accord de dire que c'est une fin absolument horrible et particulièrement terrifiante (j'ai rarement lu ou vu quelque chose d'aussi pessimiste excepté la fin du film "The Mist" de Frank Darabont) mais il me semble qu'Orwell ne ferme pas totalement la porte à un petit peu d'espoir (et j'en reviens à mon exemple du voisin qui rêvait de détruire Big Brother). Mais bon, c'est peut-être moi qui essaie désespérément de trouver un peu d'espoir là où il n'y en a pas.

Mat Vador a écrit:
L'URSS et Union Carbide sont selon moi deux monstres, mais aussi deux ennemis mortels. C'est l'exagération folle du groupe contre l'exagération folle de l'individu.

Je suis jaloux!^^ Ta dernière phrase est vraiment belle.

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Barlbatrouk
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MessageSujet: Re: 1984   Mer 23 Fév 2011 - 18:27

Citation :
1984 est clairement mon roman préféré, ma plus grande claque littéraire. Je crois que je suis voué à ne lire que des choses moins énormissimes, désormais


J'avais eu la même claque lors de la lecture de ce chef d'oeuvre. Finalement d'autres livres ont finis par me faire plus ou moins le même effet, comme La Route par exemple.

Sinon pour rependre ce qui a été dis, c'est vrai que le nombres d'idées est assez impressionnante dans ce bouquin qui prend parfois une triste résonance de nos jours. Pour la fin je rejoins Mara, personnellement je n'y ai trouvé aucune lueur d'espoir. La fin du premier Saw (je ne parlerais pas des sombres bouses qui ont suivit) m'avait fait à peux près le même effet, dans le sens ou la fin m'a complètement retourné, pendant plusieurs heures je me sentais mal rien que d'y repenser...

Par contre on ne parle pas beaucoup de la relation entre le personnage et la fille, je trouve pourtant que même à ce niveau c'est très bien écrit et très beau. C'est d'ailleurs ce qui rends la fin si... dure. J'ai vraiment l'impression que ce livre est génial à tout point de vue, presque... parfait? Par conte je n'ai pas vu le film et ne pourrai donc en parler !

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MessageSujet: Re: 1984   Dim 31 Juil 2011 - 15:35

J'ai fini 1984, et autant dire que je me suis pris une claque incommensurable. Ce livre est une tuerie. Et Orwell est un monstre.
Jusqu'à la fin, jusqu'à la dernière page, j'avais un espoir, un petit espoir, un espoir minuscule, mais j'étais certain qu'il pourrait y avoir une petite étincelle à la fin, une petite lueur. Mais non.
Pendant la première partie, je croyais à un possible renversement du parti. Durant la seconde, je pensais que lorsque Winston et Julia feraient partis de la Fraternité, ils feraient quelque chose de décisif. Tout le long de la dernière, je me suis dit que Winston mourrait libre. Mais non.
Orwell nous livre une anticipation très pessimiste, mais si bien décrite, dans ses fondements, dans ses actions, dans sa logique... Sans temps mort, même les amourettes de Winston sont intéressantes au plus haut point.
Je rejoins également le commentaire de Mara, qui exprime mieux que je n'y arrive ce que j'ai ressenti.
La seule chose que j'ai dite en fermant le bouquin pour la dernière fois c'est: Waouh.
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1984
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