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 Alien

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Mat
Le Pharaon
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MessageSujet: Alien   Mar 19 Aoû 2008 - 15:15





Le cargo spatial Nostromo, propriété de la toute puissante corporation Weyland-Yutani, file vers la Terre avec sept êtres humain cryogénisés à bord. Mais lorsque "Maman", l'ordinateur central, détecte un SOS, le vaisseau se déroute et réveille l'équipage. Sur une planète désertique et sans lumière, repose une épave extraterrestre. Les explorateurs interstellaires se doivent de la visiter...



Réalisateur: Ridley Scott
Producteurs: Gordon Carroll, David Giler & Walter Hill
Scénaristes: Dan O'Bannon & Ronald Shusett

D'après des oeuvres originales de:
Alfred Van Goth (recueil "La faune de l'espace", 1950) ,
Edward L. Cahn (film "It! Terror from Beyond Space", 1958) ,
Renato Pestriniero, Mario Bava & Alberto Bevilacqua (Texte et film "La Planète des vampires", 1960 et 1965) ,
Curtis Harrington & Roger Corman (film "Queen of blood", 1966) ,
John Carpenter & Dan O'Bannon (film "Dark Star", 1974) ,
Dan O'Bannon et Ronald Shusett (premier script) & Hans Giger (oeuvres graphiques)

Compositeur: Jerry Goldsmith
Autre contribution remarquable : Hans Giger (création spécifique de l'Alien, du Nostromo, de LV-426 et de l'épave extraterrestre)
-
Nationalités : Américaine & Britannique
Titre VF : Alien, le huitième passager
Date de sortie : 25 mai 1979
Budget : 11 millions de dollars
Durée : 1 H 51 Min / 1 H 50 Min (Director's Cut)
Accompagnement parental obligatoire pour les mineurs de moins de 17 ans aux États-Unis (R)



Sigourney Weaver -  Ellen L. Ripley
Tom Skerritt - Capitaine A.J. Dallas
Veronica Cartwright - J.M. Lambert
Harry Dean Stanton - S.E. Brett
John Hurt - G.W. Kane
Ian Holm - Ash
Yaphet Kotto - J.T. Parker
Bolaji Badejo - L'Alien
Helen Horton - Voix de Maman






Dernière édition par Matthieu le Dim 7 Aoû 2011 - 16:34, édité 8 fois
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Mat
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MessageSujet: Re: Alien   Sam 17 Jan 2009 - 21:00

J'ai revu ce film il y a peu, et je dois dire qu'il me bluffe toujours autant. Rarement, on aura vu un film formant à lui seul un tel univers. Trois lieux, le cargo spatial Terrien, le planétoïde sans vie et l'épave E.T, forment l'une des fresques parmi les plus sobres et les plus minimalistes, mais aussi pourtant parmi les plus fascinantes et les plus impressives, qu'ait montré le genre au cinéma. Malgré l'époque, le film a évité tous les pièges des pistolaser, téléporteurs, pyjamas, pour imposer dés sa sortie une marque nouvelle, s'inscrire en fondateur. SF engagée en 1968 avec La Planète Des Singes, SF métaphysique avec 2001, L'Odyssée De l'Espace en 1968 toujours, le space-opéra pulp avec La Guerre Des Étoiles en 1977, sans oublier l'impact de Star Trek dés les années 60... puis, pour la première fois ou presque en 1979 grâce à Alien, de la SF horrifique de haut niveau (avec une once de proto-cyberpunk par dessus). Cette dernière ne se résume alors plus aux blobs de farces et attrapes dans les nanars de série Z...

Avec l'extraordinaire travail de Giger et de ses comparses, la rencontre de ces coursives mécaniques et archaïques, de ces scaphandres froids, de l'E.T fossilisé, des oeufs, et, bien sûr, du huitième passager lui-même, anime un univers douloureux, sale et sombre. Même si cela se discute à partir d'Aliens, Le Retour, l'univers de la saga se limite encore pour l'instant à ce que montre ce film. Cela fait partie des grands atouts d'Alien; (que ne dément pas Aliens, Alien3 et Alien Résurrection) même en coupant le son et en ne suivant pas l'histoire, l'image seule apporte énormément à la SF.

Bien que classique avec son scénario à la Dix Petits Nègres, l'histoire est efficace et bien traitée, sombre et chargée de sous-entendus. D'ailleurs, c'est l'un des films qui fait le plus parler sur ses aspects sous-jacents: pulsions, sexe, mais aussi différentes interprétations de différents points du scénario, sans oublier les "goodies". (discussions sur le chat, etc)

Le jeu d'acteur ne pose pas de problème, et se partage surtout entre Sigourney Weaver et Ian Holm.

Avec Alien, Ridley Scott pulvérise son cahier des charges et signe un chef d'oeuvre...


Dernière édition par Matthieu le Jeu 28 Juil 2011 - 16:21, édité 1 fois
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Parnassus
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MessageSujet: Re: Alien   Lun 7 Sep 2009 - 19:33

J'ai revu les trois premiers films il y a peu également. Ce sont des réactions à chaud.

Bonjour l'angoisse. Réalisation claustrophobique et scénario qui semble se resserrer inextricablement sur le personnage principal à mesure que le film avance. L'atmosphère est pesante, le rythme est parfaitement géré et la photographie est des plus travaillées. J'ai même sursauté 2 fois, wouhou! Sigourney Weaver déchire. Excellent film.
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Ihriae
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MessageSujet: ALIEN, LE HUITIEME PASSAGER (1979), de Ridley Scott   Ven 17 Sep 2010 - 10:47

Hello,

Une analyse du film de Ridley Scott : ALIEN, LE HUITIEME PASSAGER, si cela vous dit.

Ce n'est pas la première ni la dernière, et il me semble que cela résume aussi pas mal de choses dites précédemment par Mat Vador.
Comme d'habitude, n'hésitez pas à me faire part de vos conseils, de vos critiques... Bref, de tout ce qui vous passe par la tête à propos de ce récit.
Je précise, bien qu'il ne soit pas de nature à choquer, que le point de vue est le mien.

Bonne lecture...



ALIEN, LE HUITIEME PASSAGER (1979)

Si le cadre est l’espace, Alien (1979), de Ridley Scott, n’en répond pas moins aux contingences du film d’horreur traditionnel : l’environnement a une importance cruciale, le monstre est effrayant, les personnages sont convaincants dans leurs actes et dans leurs émotions. Enfin, l’atmosphère renforce la notion d’enfermement et de solitude face aux dangers. Tous ces éléments ont donné au film de Ridley Scott une dimension qui en fait une œuvre majeure de la science-fiction. Cela n’était pas gagné d’avance dans la mesure où le scénario se révèle à la fois d’un classicisme ainsi que d’une simplicité confondants. Il pourrait se résumer ainsi : l’équipage d’un cargo doit lutter contre un envahisseur extraterrestre, découvert sur une planète isolée, qui les massacre les uns après les autres, ou plus simplement comme le souligne l’accroche du film : « Dans l’espace, personne ne vous entend crier… »


1. Les Lieux
Dix ans séparent Alien de 2001, A Space Odyssey. En dix ans, la vision que les réalisateurs ont des vaisseaux spatiaux a considérablement évolué. Il est vrai que l’homme est allé sur la Lune et que, malgré son ralentissement sensible, la conquête de l’espace conserve sa magie. Dans le récit de Ridley Scott, les voyages dans l’espace ne sont plus seulement des voyages scientifiques. C’est pourquoi, le vaisseau possède l’allure d’un cargo ou d’un vaisseau de guerre. Extérieurement, c’est un vaisseau sombre et massif. L’intérieur est spacieux, propre, sec et fonctionnel. Toutes ces indications sont données dès la première séquence. Une autre information est donnée : le vaisseau est désert. Pourtant certains bruits, certains mouvements, tous dus à la ventilation, donnent le sentiment qu’il y a de la vie. La caméra conduit le spectateur au poste de pilotage où il découve une forme humaine. Mais il ne s’agit que d’un scaphandre. Sur le casque se reflètent les lumières de l’ordinateur de bord. Durant cette présentation, le spectateur anticipe. Il sait qu’il est venu voir un thriller spatial, il peut donc s’attendre à voir un fait insolite dès la première séquence. Un vaisseau dont tous les passagers sont morts, par exemple. Aucune musique n’intervient jusqu’à l’éveil du vaisseau. Seuls les sons annoncent « cet éveil ». Lorsqu’enfin nous découvrons les membres de l’équipage, ceux-ci se trouvent dans des capsules de cryogénisation. Apparaît, dans cette scène, un thème musical léger, éloignant alors tout sentiment de danger.
Le vaisseau est montré tel un iceberg : la partie la plus visible est la plus claire, la plus vivable. Son aspect moderne et technologique est rassurant. En revanche, plus nous nous enfonçons dans le ventre du vaisseau, plus les lieux s’obscurcissent et deviennent humides, et moins rassurants. La salle des commandes est l’espace de vie des « cadres » et des scientifiques et la salle des machines est celui des mécaniciens et des ouvriers. Cette partie est si sombre qu’il est difficile d’en distinguer les détails. L’analogie morphologique tendrait à faire de la partie directive et analytique, la tête, et de la partie ouvrière, le corps. Le vaisseau est assimilé à un organisme vivant. C’est d’autant plus fort qu’il est doué d’une conscience, celui de Mother, un ordinateur qui obéit à des ordres extérieurs. L’équipage n’est que son extension, voire une sorte d’outil. Il ne représente rien, il est remplaçable et, donc, peut être sacrifié. C’est Mother qui détourne la trajectoire du vaisseau pour se mettre en orbite autour d’une planète de laquelle est émis un signal.
Lorsqu’une navette quitte le Nostromo avec trois membres de l’équipage pour trouver l’origine du signal, cet acte peut être assimilé à celui de certains animaux marins lorsqu’ils libèrent leurs œufs afin que ceux-ci soient fécondés. Ici encore, apparaît une analogie. Le Nostromo a tout d’un sous-marin tandis que le brouillard bleu qui baigne la planète ressemble à un vaste océan.
Le vaisseau extraterrestre, vu de l’extérieur, est organique. Il ressemble à un animal préhistorique avec deux excroissances osseuses. L’intérieur le confirme, et ajoute même une dimension divine, à cause des sons fantomatiques qui sont émis et de son architecture proche du gothique. Sans oublier la taille du seul et unique occupant, mort, que les explorateurs découvrent.
La présence de Mother à bord du Nostromo rattache Alien à 2001, A Space Odyssey. Peut-être les astronautes ont-ils enfin découvert chez les « Grands Anciens », cette preuve d’une intelligence supérieure à celle de l’homme ? Ce que tendent à prouver le design du vaisseau et l’étonnement de l’équipage. Mais si l’être en question est un dieu ou un représentant d’une espèce plus évoluée que l’humanité, quelque chose de plus puissant encore l’a tué comme le signale l’un des membres de l’équipage en remarquant ses os éclatés.
Nous évoquions précédemment l’idée de fécondation. En pénétrant dans le sanctuaire, les hommes de l’équipage éveillent un organisme fécondateur. A leur retour sur le vaisseau, Ripley va jouer le rôle de filtre en interdisant leur accès à l’intérieur de l’habitacle mais le véritable prolongement de Mother, Ash, un androïde, va passer outre et permettre à l’organisme de pénétrer dans le vaisseau où il trouve un terrain propice pour prendre sa forme définitive. Mother et Ash contaminent le vaisseau : d’abord, en laissant entrer la créature volontairement, ensuite en faisant de ce vaisseau un lieu impossible à vivre pour les humains. Mieux encore, Ash n’hésite pas à tenter de supprimer Ripley, « l’anticorps », tandis que Mother sacrifie l’équipage pour accomplir sa mission prioritaire : ramener l’organisme sur Terre. Le vaisseau qui était un lieu de vie devient un lieu de survie. Il y a impossibilité pour l’équipage de s’en échapper et cet espace confiné devient propice à la peur.


2. La créature
Le film doit une partie de son succès à la créature. Celle-ci fut créée par l’artiste peintre, H. R. Giger. Ridley Scott a sans doute découvert son ébauche dans un recueil d’illustrations, Le Necronomicon (Hommage à H.P. Lovecraft - Le Necronomicon est un ouvrage fictif). Une des peintures, Nécronome 4, représente effectivement une créature au crâne oblong, osseux et lisse, aux yeux vides et à la mâchoire carnassière. Cette créature tient dans ses mains, aux doigts effilés, un embryon.
La créature n’apparaît pas immédiatement dans le film. Pourtant l’ambiance de la première séquence nous prépare à sa vision. Il en va de même dans celle où les astronautes pénètrent dans le vaisseau alien. Certains sons évoquent les grognements d’un animal. Nous nous attendons, à tout moment, à une attaque brutale. Or, il ne se passe rien jusqu’à ce que l’un des explorateurs découvre ce qu’il appelle « un champ cultivé plein d’objets en cuir comme des œufs ». A cet instant, notre attention est captée par l’explication. Aussi, quand l’explorateur se penche sur l’un des « cocons », sommes-nous attentifs à son propos. Cela amplifie le mouvement, soudain et vif, d’une créature ressemblant à une petite pieuvre, qui s’agglutine au casque de l’astronaute. La scène est aussi brutale que brève. Nous ne verrons rien de plus. Les plans suivants montrent en alternance l’extérieur du vaisseau alien et le retour des explorateurs ainsi que l’intérieur de la navette du Nostromo où attendent Ash et Ripley.
La seconde vision de l’alien a lieu après l’ouverture du casque de l’astronaute. La créature ressemble à la fois à une membrane visqueuse recouvrant le visage de l’homme, à une araignée aux longues pattes, tandis que sa queue évoque l’appendice d’une pieuvre. Elle confirme et affine l’image perçue précédemment. Cela la rend, cependant, impossible à définir même pour le scientifique qui tente une autre forme d’observation en la radiographiant. Il est donc décidé d’ôter la créature de son hôte quels qu’en soient les risques. Et c’est ici que le plus surprenant et le plus terrible est découvert : un liquide s’écoule d’une patte sectionnée et traverse la coque du vaisseau sur deux étages. Dans sa forme primaire, la créature était source de répulsion. Elle devient, par sa nature, source d’inquiétude, car sa constitution la rend impossible à détruire avec des moyens traditionnels. La créature est déterminée par son aspect physique et par sa structure interne, ainsi que par son acte initial qui fait d’elle un parasite. Cependant la crainte qu’elle fait naître s’évanouit un temps. Effectivement, elle finit par « libérer » son hôte pour disparaître ; et lorsqu’elle est retrouvée, elle n’est plus qu’une enveloppe sans vie, vide. Il faut alors se demander ce qu’il est advenu du contenu de cette enveloppe. La question est donc de savoir s’il s’agit d’un parasite ou d’un organisme fécondateur.
Sous sa forme initiale, sortie de l’œuf, la créature est fécondatrice. Ce qui outrepasse les lois naturelles. Les créatures de notre univers, à peine sorties de l’œuf, ne sont pas matures, et elles sont vulnérables. La créature d’Alien entre en parfaite contradiction avec ce que nous connaissons. Elle est aussi parasitaire car elle apparaît, sous une seconde forme (elle parasite l’astronaute qu’elle a agressé) et les conditions de sa naissance la détermine comme l’un des plus terribles prédateurs qui soit, au regard des critères terrestres : elle brise les os de la cage thoracique de son hôte pour s’en expulser brutalement, non sans avoir montré, l’espace d’un instant, une rangée de crocs en acier. Cette forme est celle de son adolescence. Sa nature est déterminée et sa morphologie est au début d’une foudroyante évolution. De nouveau, elle bouleverse les lois de la nature. C’est un homme qui lui donne naissance, et le fait que ce soit une femme, dans Aliens (1986), de James Cameron, ne change rien à son mode de naissance. En résumé, la créature va donc parasiter le corps d’un homme sous une forme larvaire (entre l’araignée et le poulpe), puis après fécondation, sous une forme embryonnaire (forme prénatale de la créature) et enfin se servir du vaisseau comme lieux de vie et de croissance, et des humains comme nourriture.
La troisième forme de la créature (forme adulte) semble incomplète dans le sens où nous n’en distinguons que les contours. Il ne lui a fallu que quelques heures pour se transformer d’un embryon d’une quinzaine de centimètres en une sombre créature de trois mètres de hauteur. A partir de là, elle se révèle redoutablement dangereuse, agressive et intelligente. Arrivée à sa forme adulte, elle aurait pu être présentée au regard du spectateur mais Ridley Scott ménage le suspense, et c’est ce qui fait la force de la créature. Nous savons de quoi elle est faite et ce dont elle est capable. Cela est suffisant pour induire la crainte. Les personnages, comme les spectateurs, vont « devoir juger ce qu’ils ne voient pas et craindre ce qu’ils ne connaissent pas ».
La créature apparaît pour la première fois dans sa forme finale, derrière un homme, mais la fois suivante, elle n’est qu’un point sur un radar. En ne montrant pas la créature dans sa totalité, Scott transcende l’un des codes du genre qui consiste à montrer le monstre pour mieux effrayer le public.


3. Les personnages
Aucun des personnages n’est, au préalable, destiné à devenir un héros. Contrairement à beaucoup de personnages de space opera, ils ont une épaisseur vitale dans le sens où ils sont communs : ils ont un physique ordinaire et sont tous les employés d’une compagnie minière. Leurs préoccupations sont terre-à-terre comme le montre la conversation sur les salaires. Ils ne sont pas non plus pressés de porter secours à un vaisseau dont ils ne connaissent rien. Ils ne sont même pas définis les uns par rapport aux autres. S’ils ont chacun une fonction précise, il est impossible de les définir, psychologiquement. Leur nom ne les définit pas plus. Seul leur physique engendre une distinction. Il y a deux femmes, une grande brune aux cheveux longs, et une petite blonde aux cheveux courts, et cinq hommes, quatre blancs et un noir, parmi les blancs, un barbu, un grand et mince, le deuxième se définit par sa psychologie (la distance qu’il garde par rapport à ses compagnons et à la situation). Le troisième est de taille moyenne, volubile, et enfin le quatrième parle peu et porte toujours une casquette. Il y a aussi un chat, Jones. L’absence d’un personnage principal désoriente le public qui devient donc attentif à tout. Petit à petit, cependant, durant les cinquante premières minutes du récit, environ, les personnages vont s’individualiser. Dallas devient le chef du groupe, Ripley son Second, et Ash, le scientifique, Brett et Parker sont les hommes d’entretien du vaisseau. Seuls les rôles de Kane et de Lambert, la seconde femme de l’équipage, ne sont pas véritablement définis. Cependant, cela suffit pour que le spectateur ait des points de repères. Le réalisateur se chargera de les détruire rapidement. Il fait de Kane, la première victime. Dallas, le chef est ensuite éliminé et, en vingt-cinq minutes, tous les membres de l’équipage seront supprimés, à l’exception de Ripley.
Deux personnages ressortent par leur nature : Ripley (Sigourney Weaver) et Ash (Ian Holm). Ripley parce qu’elle va lutter contre le monstre. Elle se présente dès l’apparition du parasite comme son antivirus. Elle refuse l’entrée des explorateurs dans le vaisseau. Ash s’opposera à elle une première fois, puis une seconde en essayant de la supprimer. Il révèlera par cet acte sa nature : celui d’un androïde. Ripley aura donc à lutter contre deux ennemis : la créature, et une machine dont le seul but est d’aller dans le sens de Mother dont il est le prolongement. Or, Mother a dérouté le vaisseau à la suite de la réception d’un message extraterrestre. L’une de ses fonctions est de trouver des vies extraterrestres à des fins militaires. La fonction de Ash est de les protéger. Ce qu’il fait contre l’avis de Ripley. Il devient ainsi son premier ennemi. Ennemi qu’elle parvient à abattre malgré la force et la détermination dont il fait preuve. Son autre ennemi est la créature qui se révèle de nature à la fois organique et mécanique. En luttant contre la créature, Ripley lutte contre une arme de guerre.
A son tour, en abandonnant ses illusions (incarnées dans son refus de laisser entrer Dallas et Lambert avec Brett « contaminé », refus qui répondait à un règlement auquel elle obéissait aveuglement), alors qu’elle ne l’était pas, elle se transforme en guerrière. Elle se départit de ses vêtements comme de son identité et son passé, et revêt l’armure blanche du chevalier luttant contre le dragon. Elle utilise des armes qui peuvent paraître archaïques : le vide et l’espace, un harpon et le feu. Ripley lutte à la fois contre une arme de guerre et une machine sexuelle. La créature sous ses diverses apparitions montre des aspects morphologiques qui ne prêtent à aucune confusion. Le sort qu’elle réserve à Lambert est sans équivoque. La scène n’est pas montrée mais le contexte sonore ne laisse aucun doute. Ripley comme la créature introduisent la sexualité dans la science-fiction. Mais ce que Ripley ajoute au genre, c’est une dimension incontestablement féminine. Contrairement à l’un des personnages féminins d’Aliens (1986), de James Cameron, elle ne renie pas sa féminité. Elle devient ici la première héroïne à se battre pour survivre sans attendre qu’un homme vienne la sauver. Elle se sauvera elle-même.
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MessageSujet: Re: Alien   Ven 17 Sep 2010 - 15:33

J'ai centralisé ton post sur le topic général du film, Ihriae clin d'oeil

Citation :
Si le cadre est l’espace, Alien (1979), de Ridley Scott, n’en répond pas moins aux contingences du film d’horreur traditionnel : l’environnement a une importance cruciale, le monstre est effrayant, les personnages sont convaincants dans leurs actes et dans leurs émotions.
Seulement, à dire vrai, du film d'horreur réussi; combien de film du genre Jason 12 ou Freddy 27 ont marqué pour leur environnement et pour la crédibilité du monstre et des personnages? Si tu prend un film d'horreur comme AvP : Requiem, c'est même l'inverse : les scénaristes, qui ont tout le génial univers d'Alien sous la main, ne trouvent rien de mieux comme cadre qu'une petite ville US chiante, et les personnages sont pour beaucoup tellement idiots que tout le monde est du côté des monstres (qui dessoudent les gens avec du gore à profusion mais pas vraiment en générant la frayeur) .

Alien est plus qu'un film d'horreur comme tous les autres, même parmi les bons. Il fait partie de cette catégorie des néo-films de monstres qui relève un peu de leur tombe les classiques de la Hammer (Dracula, La Momie, Frankenstein...) . Ce sont des films plus particuliers dans le sens où ils tournent autour d'un monstre charismatique qui marque les gens et qui surtout prend pied dans un univers au delà de nos règles (soit SF, soit occultisme, soit les deux) : Alien, Predator, The Thing, The Fly, Dracula, Hellraiser, Hurlements, Les griffes de la nuit...

Il s'agit indiscutablement (enfin, sauf si vous voulez en discuter :-p ) d'une sous-catégorie à part, que l'on peut opposer aux slashers les plus rationnels (recourant peu au paranormal) ou aux plus récents torture porn, qui n'ont rien de fantastique ou de SF.

Citation :
Enfin, l’atmosphère renforce la notion d’enfermement et de solitude face aux dangers.
Élément qui peut être très utile mais qui n'est pas cependant incontournable, preuve en est par exemple le triomphe artistique de The Fly.

Citation :
Dix ans séparent Alien de 2001, A Space Odyssey. En dix ans, la vision que les réalisateurs ont des vaisseaux spatiaux a considérablement évolué. Il est vrai que l’homme est allé sur la Lune et que, malgré son ralentissement sensible, la conquête de l’espace conserve sa magie. Dans le récit de Ridley Scott, les voyages dans l’espace ne sont plus seulement des voyages scientifiques. C’est pourquoi, le vaisseau possède l’allure d’un cargo ou d’un vaisseau de guerre. Extérieurement, c’est un vaisseau sombre et massif. L’intérieur est spacieux, propre, sec et fonctionnel. Toutes ces indications sont données dès la première séquence.
Je ne sais pas si je dirais que la vision des réalisateurs a changé, même s'il est vrai que les futurs univers spatiaux-futuristes de Outland, Blade Runner, 2010, Pitch Black, Event Horizon, Pandorum... rappelleront davantage Alien que 2001. Mais je crois surtout que cette succession de deux phases que tu décris a été comprise et cernée : comme tu le dis, le vaisseau de 2001 est encore une affaire de science et de conquête de l'espace. Les deux pilotes sont des qualifiés surentraînés, engagés dans une mission pionnière, qui reste "extraordinaire" par définition. Alien, c'est effectivement "cent ans après": des routiers un peu rustres, agacés par leur boulot monotone, ont remplacé Dave, Frank et Al 9000 (les scientifiques de L'Odyssée) sur les astrovoies que ces derniers avaient tracé pour la première fois. C'est la transition entre la nouveauté et l'établi, le particulier et le banal. Pour autant, il n'y a qu'un choix d'époque à faire, il n'y a pas eu de remplacement absolu. A l'époque, on retrouvait le look 2001 dans Planet of the Apes ou encore dans la saga cinématographique Star Trek post-TOS. Ces dernières années, on a bien vu Solaris ou encore Avatar pour présenter une ambiance astronautique plus proche de 2001 que d'Alien. De plus, il ne faut pas oublier qu'entre ces deux films, et plus précisément deux ans avant Alien, il y a eu Star Wars, qui a pas mal ouvert la voie à l'idée d'un espace apprivoisé qui n'est plus la chasse gardée des savants et autres cosmonautes surentraînés, mais subit l'invasion des soldats, roublards, travailleurs, marginaux.

Citation :
L’intérieur est spacieux, propre, sec et fonctionnel.
C'est ambigu, tout de même; je veux bien pour les salles blafardes de l'infirmerie, la chambre, la salle à manger et quelques autres pièces, mais une bonne moitié du vaisseau au moins est le contraire de cette description; je parle de ces intérieurs électro-mécaniques sombres, humides (dixit la mort de Brett sous la "pluie") , huileux, encombrants et peu arpentables, des espaces plus techniques du Nostromo (salle de pilotage, salle des machines, soutes...) qui sont en fait un peu le pendant mécanique et géométrique du cauchemar gigerien que représente le vaisseau alien échoué.

Citation :
Une autre information est donnée : le vaisseau est désert. Pourtant certains bruits, certains mouvements, tous dus à la ventilation, donnent le sentiment qu’il y a de la vie. La caméra conduit le spectateur au poste de pilotage où il découve une forme humaine. Mais il ne s’agit que d’un scaphandre. Sur le casque se reflètent les lumières de l’ordinateur de bord. Durant cette présentation, le spectateur anticipe. Il sait qu’il est venu voir un thriller spatial, il peut donc s’attendre à voir un fait insolite dès la première séquence. Un vaisseau dont tous les passagers sont morts, par exemple. Aucune musique n’intervient jusqu’à l’éveil du vaisseau. Seuls les sons annoncent « cet éveil ». Lorsqu’enfin nous découvrons les membres de l’équipage, ceux-ci se trouvent dans des capsules de cryogénisation.
Remarques intéressantes, je pense que j'en avais ressenti les effets sans jamais les cerner comme tu l'as fait. clin d'oeil

Citation :
Le vaisseau est montré tel un iceberg : la partie la plus visible est la plus claire, la plus vivable. Son aspect moderne et technologique est rassurant. En revanche, plus nous nous enfonçons dans le ventre du vaisseau, plus les lieux s’obscurcissent et deviennent humides, et moins rassurants. La salle des commandes est l’espace de vie des « cadres » et des scientifiques et la salle des machines est celui des mécaniciens et des ouvriers. Cette partie est si sombre qu’il est difficile d’en distinguer les détails. L’analogie morphologique tendrait à faire de la partie directive et analytique, la tête, et de la partie ouvrière, le corps.
Tiens, ma réponse ci-dessus est inutile, du coup xD

Dans les différentes façons d’interpréter le film, il y en a une qui fait du Nostromo un esprit, ou un cerveau, selon une lecture freudienne; la bête est le ça, soit l'image des pulsions à l'état sauvage que l'on ressent egocentriquement dés la naissance et qu'on est sensé apprendre à réprimer, Ash et Mother sont l'expression d'un surmoi (essence des règles sociétaires inculquées, ne pas cogner, bien se tenir à table, etc) que le monde extérieur (= les ordres de la Compagnie) rend dans le cas présent aussi dangereux dans le pragmatisme sans limite et l'absence d'empathie, que l'état de barbarie l'était dans l'assouvissement totalement décomplexé des désirs égoïstes. En cela, peut-être peut-on l'assimiler à la pression sociale de formatage telle qu'elle se pratique sur l'esprit dans une société autoritaire. Et au milieu de tout cela, les êtres et les idées, malmenés.

Citation :
Lorsqu’une navette quitte le Nostromo avec trois membres de l’équipage pour trouver l’origine du signal, cet acte peut être assimilé à celui de certains animaux marins lorsqu’ils libèrent leurs œufs afin que ceux-ci soient fécondés. Ici encore, apparaît une analogie. Le Nostromo a tout d’un sous-marin tandis que le brouillard bleu qui baigne la planète ressemble à un vaste océan.
Si l'on veut, mais je pense qu'au final, le Nostromo est surtout, littéralement, dans le noir. Dans l'inconnu, celui de l'esprit, de la nature. Si le Nostromo est bien cet esprit dont je parlais, tiraillé entre pulsions mal sublimées et éducation trop rigide, alors il lui incombe un peu de trouver sa route dans l'inconnu de son être et de son environnement, seul, comme plus ou moins tout le monde.

Mais j'aime aussi beaucoup la symbolique omni-organique poisseuse basée sur la contamination et la fécondation/fertilité, que tu évoques à plusieurs reprises. Je trouve qu'elle colle très bien à cette angoisse latente du corps et de la souffrance physique qui électrise un peu tout le film. La vile petite bête (le nouveau-né) qui pourrait surgir sur votre épaule, s'insinuer par surprise et malgré vous dans ce que vous avez de fragile et d'intime, pour le salir, l’abîmer, le voler, on ne sait pas trop. Tout comme le viol, tantôt souillure, avec le baiser du crabe, et le viol, tantôt douleur, du long et puissant muscle buccal de la créature mature (dont le crâne n'est jamais qu'un énorme pénis en érection, plutôt détaillé d'ailleurs) . Puis bien sûr la maladie, l'accident, la mort violente, avec le sort que connaît Kane, qui renvoie directement aux tripes, aux intestins, la matière sale mais incontournable qui y séjourne. Le remplacement, le surclassement, l'infiltration, la trahison, avec l’androïde sous couverture. Et aussi la corruption corporelle, la dégénérescence, l'arrachement à sa conscience, sa perception et à son identité, dans le director's cut récent, avec les victimes captives qui mutent, encore vivantes, en... d'autres oeufs (peut-être l'idée de mort la plus effrayante et le plus effarante que Alien donne à voir, en fin de compte) . Pour revenir à 2001, peut-être les routiers du Nostromo auraient-ils aimé, s'ils le pouvaient, se sublimer dans une forme non-physique, à la manière de Dave, pour se délester enfin de cette angoisse d'être un sac de viande qui pourrit tôt ou tard, parfois avant même la mort, et qui attire tant de souffrances attachées intimement à nous.

Citation :
Le vaisseau extraterrestre, vu de l’extérieur, est organique. Il ressemble à un animal préhistorique avec deux excroissances osseuses. L’intérieur le confirme, et ajoute même une dimension divine, à cause des sons fantomatiques qui sont émis et de son architecture proche du gothique.
C'est plutôt les cales du Nostromo, notamment celle où Brett disparaît, que je qualifierais de gothique. L'épave, je dirais plutôt qu'elle se présente comme un chaos organisé, osseux et intestinal à la fois.

Citation :
La présence de Mother à bord du Nostromo rattache Alien à 2001, A Space Odyssey.
Avec une différence quand même fondamentale qui est que Al 9000 découvre les sentiments personnels, et c'est cette nouveauté déroutante qui le conduit très vite à se laisser entraîner dans le crime, un crime dont l'objet est personnel et pas vraiment matérialiste, d'ailleurs personne à l'extérieur du Discovery One n'a commandité ni même souhaité la mutinerie de Al. Dans l'affrontement qui suit, c'est d'ailleurs bien Al le rebelle, pas les deux astronautes. Mother, à l'inverse, se fiche d’entraîner l'équipage à la mort ou de ne pas le faire, ça n'a pas de sens pour elle. Elle obéit sans une once de quelconque émotion, à un ordre, un ordre extérieur. Elle ne manigance rien, et n'en éprouve rien. Mais si affrontement il doit y avoir, c'est elle qui représente l'autorité, même injuste, tandis que l'équipage est en rébellion. Malgré tout, Mother obtempère sans état d'âme lorsque Ripley enclenche l'autodestruction, ce qui achève de prouver son extrême détachement de tous les évènements et de toutes les vies présentes, y compris ses propres actes et sa propre existence. De son côté, Al (ou Carl dans le livre) ressent l'auto-préservation et redoute la mort.

D'ailleurs, l'autodestruction de Mother/Nostromo devait aussi tuer l'alien, et c'est peut-être une invraisemblance que le cerveau électronique obéisse, car il devrait avoir les capacités intellectuelles pour faire le lien entre sa propre destruction et l'échec de sa mission prioritaire.

Citation :
Peut-être les astronautes ont-ils enfin découvert chez les « Grands Anciens », cette preuve d’une intelligence supérieure à celle de l’homme ? Ce que tendent à prouver le design du vaisseau et l’étonnement de l’équipage. Mais si l’être en question est un dieu ou un représentant d’une espèce plus évoluée que l’humanité, quelque chose de plus puissant encore l’a tué comme le signale l’un des membres de l’équipage en remarquant ses os éclatés.
Les Anciens de 2001 et d'Alien représentent tout de même là encore des pôles très opposés. Dans 2001, ils sont devenu une présence immatérielle et mystique, dont l'unique reliquat matériel est le monolithe noir, l'objet le plus pur, le plus parfait qui soit. Et cette présence indéterminée est un symbole, que l'on peut renvoyer à Dieu, à la nature, ou à l'Univers. Dans Alien, on parle d'êtres qui ne sont pas détachés du monde matériel basique. Au contraire, le côté viscéral, de même que la prestance corporelle, sont prépondérants dans ce que l'on découvre d'eux.

Citation :
tandis que Mother sacrifie l’équipage pour accomplir sa mission prioritaire : ramener l’organisme sur Terre.
A noter tout de même que Mother ne fait rien de direct contre l'équipage : elle s'est contentée de dérouter le vaisseau vers la zone de perdition, en "sachant" que le danger pour l'équipage devait être ignoré. C'est ensuite Ash qui assume la consigne de protection de la bête (pas sûr qu'elle en ait jamais eu besoin) en tentant l'élimination physique de ses compagnons.

Citation :
Une des peintures, Nécronome 4, représente effectivement une créature au crâne oblong, osseux et lisse, aux yeux vides et à la mâchoire carnassière. Cette créature tient dans ses mains, aux doigts effilés, un embryon.
Il y a un certain nombre de dessins différents sur la créature, plus ou moins définitive ou plus ou moins hybridée à l'image de la féminité ou du phallus, selon les planches.

Citation :
Cela amplifie le mouvement, soudain et vif, d’une créature ressemblant à une petite pieuvre,
Une pieuvre, je ne trouve pas, le facehugger n'est pas désarticulé, il n'a pas ce côté "mou" hormis pour sa queue. Et puis, un design pieuvre, ça aurait fait "cliché". Je dirais plutôt arachnide (scorpion autant qu'araignée) et crustacé.

Citation :
un liquide s’écoule d’une patte sectionnée et traverse la coque du vaisseau sur deux étages. Dans sa forme primaire, la créature était source de répulsion. Elle devient, par sa nature, source d’inquiétude, car sa constitution la rend impossible à détruire avec des moyens traditionnels.
Je crois que l'acide sanguin demeure définitivement l'idée de génie de Giger, Scott, O'Bannon et Shusett. La conséquence logique qui en découle, si désarmante, est juste inimitable, je crois. C'est LA raison pour laquelle aucun véhicule motorisé, ni même d'ailleurs un autre monstre de la SF, ne peut combattre l'Alien sans s'autodétruire pratiquement.

Citation :
Sous sa forme initiale, sortie de l’œuf, la créature est fécondatrice. Ce qui outrepasse les lois naturelles. Les créatures de notre univers, à peine sorties de l’œuf, ne sont pas matures, et elles sont vulnérables. La créature d’Alien entre en parfaite contradiction avec ce que nous connaissons.
Il est vrai que toutes ces nombreuses petites entorses à ce que nous attendons sont un bon moyen de remuer inconsciemment l'énervement et l'anxiété.

Citation :
Arrivée à sa forme adulte, elle aurait pu être présentée au regard du spectateur mais Ridley Scott ménage le suspense, et c’est ce qui fait la force de la créature.
En agissant ainsi, il ménage aussi le charisme de la créature, car en 79 il s'agit sur plusieurs plans d'un type dans un costume. Le montrer planté au milieu d'un couloir éclairé, faisant bhaaaa avec les bras en avant l'aurait réduit à un héritier des Choses venues d'ailleurs des 50's, sans lui assurer l'aura qu'on lui connait. Certaines scènes coupées du film, visibles sur Youtube, témoignent du gâchis qui aurait pu se produire à l'époque (vous n'avez pas vu la créature, alias le bonhomme costumé, marcher gauchement à quatre pattes, le dos côté sol? Tant mieux pour vous^^)

Citation :
En ne montrant pas la créature dans sa totalité, Scott transcende l’un des codes du genre qui consiste à montrer le monstre pour mieux effrayer le public.
S'agissait vraiment de les effrayer à coup de costumes en caoutchouc, ou plutôt de les enthousiasmer?

Citation :
L’absence d’un personnage principal désoriente le public qui devient donc attentif à tout. Petit à petit, cependant, durant les cinquante premières minutes du récit, environ, les personnages vont s’individualiser. Dallas devient le chef du groupe, Ripley son Second, et Ash, le scientifique, Brett et Parker sont les hommes d’entretien du vaisseau. Seuls les rôles de Kane et de Lambert, la seconde femme de l’équipage, ne sont pas véritablement définis. Cependant, cela suffit pour que le spectateur ait des points de repères. Le réalisateur se chargera de les détruire rapidement. Il fait de Kane, la première victime. Dallas, le chef est ensuite éliminé et, en vingt-cinq minutes, tous les membres de l’équipage seront supprimés, à l’exception de Ripley.
Il est vrai que ne pas laisser voir le(s) personnage(s) principal(paux) avant un long moment, contrairement à ce que beaucoup font sans se poser aucune question, encore aujourd'hui (voir Predators) , et le fait de balancer illico par dessus bord tous les mecs "sortables" avec qui le public aurait aimé casé la jolie fille dans le duo de survivants final, jolie fille qui elle-même n'apparaît comme héroïne probable que passé un certain temps, est sans doute une forme de révolution induite par le film.

Citation :
Elle devient ici la première héroïne à se battre pour survivre sans attendre qu’un homme vienne la sauver. Elle se sauvera elle-même.
Et ne connait pas le baiser final.^^

Citation :
La scène n’est pas montrée mais le contexte sonore ne laisse aucun doute. Ripley comme la créature introduisent la sexualité dans la science-fiction. Mais ce que Ripley ajoute au genre, c’est une dimension incontestablement féminine.
Je répète pour ma part qu'il ne faut pas négliger la Leia de 1977 comme pionnière (même si elle rentre un peu dans le rang dans Le retour du Jedi) clin d'oeil
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