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 Brazil

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Mat
Le Pharaon
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MessageSujet: Brazil   Lun 18 Aoû 2008 - 21:13





Dans une société rétro-futuriste totalitaire, Sam Lowry, petit bureaucrate sans histoire, devient un ennemi de l'état avant d'avoir pu dire ouf lorsqu'il tente de corriger une erreur administrative. En parallèle, le monde onirique dans lequel Sam cherche le réconfort la nuit commence à envahir sa perception d'une réalité trop laide pour mériter d'être vue.




Année de sortie : 1985
Réalisateur : Terry Gilliam
Producteur : Arnon Milchan & Patrick Cassavetti
Scénariste : Charles McKeown, Tom Stoppard & Terry Gilliam
Compositeur : Michael Kamen & Kate Bush
Nationalité : Britannique



Jonathan Pryce - Sam Lowry
Robert De Niro - Harry Tuttle
Kim Greist - Jill Layton
Katherine Helmond - Ida Lowry, la mère de Sam
Ian Richardson - Mr Warrenn
Michael Palin - Jack Lint
Bob Hoskins - Spoor
Ian Holm - Mr Kurtzmann
Peter Vaughan - Mr Helpmann
Jim Broadbent - le docteur Joffe
Barbara Hicks - Mrs Terrain
Charles McKeown - Lime






Dernière édition par Mat Vador le Dim 15 Mar 2009 - 10:40, édité 1 fois
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l'enfanteuse
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MessageSujet: Re: Brazil   Sam 25 Oct 2008 - 21:50

Un film que j'ai vu une dizaine de fois quand j'avais environ dix ans et pourtant je n'en garde que le souvenir de quelque chose de confus maniant assez habilement l'art de l'humour et de la dérision.
beaucoup de couleurs, de mouvementsun petit délire peu compréhensible pour moi à l'époque. Certaines scènes perdurent pourtant dans mon esprit, des séquences cultes hilarantes pour mon regard d'enfant mais profondément triste au fond et mettant mal à l'aise. DeNiro était déjà sublime...
Je me demande si ce film a bien vieilli? Peut-être le regarderai-je de nouveau...
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Mat
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MessageSujet: Re: Brazil   Sam 25 Oct 2008 - 22:40

Citation :
Je me demande si ce film a bien vieilli?
Pour l'avoir vu en option cinéma il y a seulement deux ans, je peux te dire que son esthétique fait plutôt "vieillot exprès", et pas "mal vieilli", du moins c'est mon opinion. Wink Épatant ce film... outre l'aspect rétrofuturiste vraiment réussi et angoissant, il est extrêmement connoté et personnel, d'une force impressionnante... pensez donc, un homme qui se retrouve la proie du totalitarisme pour avoir tenté de corriger une erreur administrative!
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Parnassus
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MessageSujet: Re: Brazil   Lun 7 Sep 2009 - 10:41

Je vais commencer par parler d'un de mes films préférés. Aussi, je déconseille à ceux qui n'ont pas vu le film de lire ce qui suit, c'est blindé de spoilers.

En 1948, George Orwell écrit le très célèbre roman d'anticipation 1984. En 1986, Alan Moore entame l'écriture de la bande dessinée V for Vendetta. En 1984, Terry Gilliam réalise le film Brazil. Le point commun? Toutes ces œuvres sont des dystopies se déroulant dans les années 1980, au Royaume-Uni. Outre la remarquable actualité du roman d'Orwell à l'époque, presque prophétique, V et Brazil dirigent leurs revendications claires (sans pour autant avoir besoin de sur-expliquer leurs propos au spectateur visiblement abruti par des dialogues lourdingues -- oui, c'est de vous que je parle monsieur Fincher) vers le gouvernement en place à l'époque. Dans sa préface de V for Vendetta, Moore explique que les idées imaginées pour 1984 étaient en train de se matérialiser les unes après les autres dans la réalité: l'État place des caméras à chaque coin de rue, le gouvernement est sur le point de passer des lois allant à l'encontre de certaines minorités, par exemple les homosexuels, etc.

Brazil met en scène Sam Lowry, un fonctionnaire qui se complait dans le vide existentiel qu'est sa vie "Non, je ne veux pas de promotion, je ne veux rien!", loin des responsabilités et du traquas d'être un être à part entière au milieu du système. Ce système est représenté, tout au long du film, comme un organisme vivant et pensant, qui se fait de plus en plus oppressant à mesure que l'histoire avance (quoiqu'il le soit déjà grandement dès l'ouverture), et Sam se trouve à l'intérieur de cet organisme, il en est une cellule, pour preuve, il évolue (ou pas) presque continuellement entre ses boyaux. Gilliam avoue volontiers que "l'intérieur" des choses le fascine: tous ces tubes et tuyaux sont manifestement la représentation de l'entité supérieure qui domine le film et son univers: la ville (il est d'ailleurs amusant de remarquer que lors de la première apparition de De Niro, les tuyaux donnent l'impression de respirer). Ce parti pris visuel extrêmement riche (chaque plan est important) est accompagné, de manière quasi constante et franchement agaçante (mais c'est l'idée), d'une cacophonie électro-mécanique visant à renforcer cet effet d'oppression.

L'élément déclencheur de toute cette histoire loufoque (on rit jaune bien sûr), est au sens propre comme figuré du terme, un "bug", un insecte qui tombe dans une machine et entraîne une faute de frappe sur un mandat d'arrestation. Les machines sont d'ailleurs un élément central du film: Sam vit dans un appartement ultra-robotisé, impossible de commander un steak au restaurant (surement un des summums de l'absurde), et impossible de sortir de chez soi sans être espionné en permanence. Il y a plusieurs plans qui transmettent clairement cette idée, par exemple dans l'immeuble de monsieur Buttle et de Jill (la femme des rêves de Sam), on peut voir la télévision sur quatre reflets différents dans l'appartement de la jeune femme, preuve de l'omniprésence du média dans la vie quotidienne des protagonistes. Un autre élément important de cet amas d'absurde effrayant et pourtant réaliste, c'est la bureaucratie omnipotente, omnisciente et incompétente. Ce ne sont plus les hommes qui décident de leurs actions, ils doivent vivre en fonction d'un nombre incalculable de formulaires et de démarches administratives. Sincèrement, qui ne s'est jamais reconnu en Jill au Ministère de l'Information, essayant désespérément de déclarer une erreur administrative, et renvoyée comme une balle de ping-pong d'un service à l'autre, incohérents au possible? De même, l'ascension sociale n'est plus possible que part pistons, et le dédommagement de la perte du monsieur Buttle consiste en un chèque. Autant de détails visant à renforcer l'idée de société-prison qui fait peu d'états de la condition humaine au profit de la santé de la nation dans son ensemble.

C'est donc l'histoire d'un homme qui va tenter d'aller à l'encontre du système, de sortir du ventre de cet organisme pour vivre au grand air. C'est l'histoire d'un échec, du moins en apparence. Je m'explique. Le monde dans lequel vit Sam est sans issue, et ce point est très vite souligné: les plans serrés, les rues étroites, le danger permanent (matérialisé par des terroristes, preuve que l'espoir existe tout de même dans cet univers). Ainsi le seul moyen qu'a Sam d'exister en tant qu'individu est de fuir dans le monde de l'imaginaire, de vivre dans ses rêves (mais pas de vivres ses rêves). Son rêve consiste ni plus ni moins à trouver la femme idéale, et il y parvient presque. Les séquences oniriques du film sont particulièrement fascinantes visuellement parlant. Sam y accompli d'ailleurs un des plus vieux fantasmes de l'humanité: voler, or la société lui barre constamment la route. Alors qu'il tente de secourir Jill, enfermée dans une cage, il est stoppé par d'immenses structures de béton et d'acier qui jaillissent du sol, car aussi haut qu'il volera, ça ne sera jamais suffisant pour leur échapper. Plus tard, alors qu'il approche du but, il doit affronter un samouraï constitué de puces électroniques, métaphore de la technologie nippone envahissante depuis de nombreuses années, et symbole de son effet sur l'humain: pourquoi voler de ses propres ailes quand on peut se faire traîner en groupe? Restons dans le domaine de l'intangible pour parler de la séquence finale, un des plus grands moments du cinéma contemporain, qui voit Sam s'échapper de la salle d'extermination à l'aide de la résistance. Terry Gilliam fait donc passer son héros dans de nombreuses situations grâce à des raccords géniaux (vraiment, ça relève du génie), de la disparition de Tuttle (car c'est tout ce qui reste de nous après notre mort, des papiers), à l'enterrement construit sur le contraste mort/quête de la jeunesse éternelle, et son combat pour surmonter les forces de police qui lui courent après, mais on sait que c'est vain: comment sortir du système alors qu'il se trouve en son centre?

Sam a-t-il perdu? Non, c'est le Ministère de l'Information qui a perdu, parce que Sam s'est bel et bien échappé dans un monde où personne ne pourra venir le surveiller, l'interroger ou le contrôler: son esprit, son monde imaginaire. Brazil, dans sa version finale et non "producer's cut - love conquers all", nous offre le plus pertinent des happy ends qui soit. Et je trouve que c'est très caractéristique du cinéma de l'ex Monty Python: un monde onirique qui n'oublie cependant pas la réalité dans tout ce qu'elle a de pire, cf. Les Aventures du Baron Munchausen, The Fisher King, ou Tideland.

Malgré tout, l'humour de Gilliam est très présent dans Brazil, et le jeu d'acteur est époustouflant: Pryce porte le film sur ses épaules, sans sa prestation tout s'écroule, et De Niro joue un des personnages les plus romanesques de l'histoire du cinéma.

Dans une récente interview, Terry Gilliam affirme que Brazil est toujours, si ce n'est même plus, d'actualité qu'à l'époque de sa sortie. Je ne puis qu'être d'accord.

PS: ce qu'il y a d'extraordinaire avec ce film, c'est qu'en relisant mon message je m'aperçois que je n'ai fait qu'effleurer certains points, tout en en oubliant d'autres, c'est certain. Jamais un film n'a été aussi riche, dans tous les sens du terme... sauf dans le sens pécuniaire, puisque le budget fut de 15 millions de dollars seulement (le prochain Cameron fera 300 millions je crois).
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EvilLoki
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MessageSujet: Re: Brazil   Dim 3 Jan 2010 - 15:48

Je viens de voir Brazil est le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il faut arriver à le digérer. Que l'on soit d'accord, j'ai vraiment aimé, mais le tout est tellement dense qu'il faudra certainement que je le revois.

Cela dit, j'ai beaucoup apprécié le monde décrit par Gilliam avec cette administration tentaculaire et oppressante. Les acteurs sont formidables, notamment Jonathan Pryce et Robert de Niro (j'avais l'impression de voir Mario lol! ) et l'esthétique est plaisante tout en ayant bien vieilli. Il est même "marrant" de voir, vingt ans plus tard, cette vision du futur totalement délirante même si elle n'est pas totalement incohérente. (j'ai par exemple beaucoup aimé les écrans plats à la résolution digne d'un Minitel).

Je ne serais dire pourquoi, mais le personnage qui m'a le plus l'air d'être représentatif de ce monde froid et procédurier est l'ami de Sam qui est un agent du Bureau de Recoupement des Informations. Sa façon de lui demander de ne plus l'appeler et de l'engueuler alors qu'il va le torturer est assez symptomatique de cette société. Une autre scène assez marquante est la "bataille des bureaux entre Sam et son voisin. Très symbolique je trouve.

Par contre, j'ai failli avoir du mal à accepter la fin tant la phase de l'évasion m'est apparu trop loufoque pour moi, mais finalement la fin est magnifique.
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Silent Prime
Larve Toxique
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MessageSujet: Re: Brazil   Jeu 10 Juin 2010 - 20:00

Comme bien souvent avec Gilliam, nous baignons dans son imagination, à l'image de l'Imaginarium du Docteur Parnassus.

C'est un voyage, il faut croire que l'esthétique n'a pas assez vieilli pour moi, car j'adore ! En fait, c'est un peu comme en jeux vidéo, l'importance de l'esthétique sur la technique. La technique vieillit, l'artistique des graphismes lui beaucoup moins.

Il faudrait que je le revois, mais j'en ai un très très bon souvenir, et puis c'est du rêve encore une fois.
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Barlbatrouk
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MessageSujet: Re: Brazil   Jeu 3 Fév 2011 - 15:46

Brazil ou l'un des meilleurs films d'un des meilleurs réalisateurs? Ce qui est drole c'est que le premier film de Gilliam que j'ai vu lors d'une sortie ciné au collège à savoir "Bandit, Bandit" ne me prédestinait pas à devenir fan par la suite. Aujourd'hui c'est simple je suis amoureux de cet humour et cette imagination déjà présente du temps des Monty Python. Il faut dire que Gilliam et ses ex-acolytes sont fans de mon musicien préféré: Frank Zappa, que Gilliam allait voir en concert tous les soirs lors de sa jeunesse. Finalement tout ce retrouve!

Concernant Brazil, ce film a été un choc. Déjà, un fait facilement le lien avec 1984 qui compte parmi mes plus grande découverte littéraire. Mais le film de Gilliam est loin d’être une pale copie, au contraire. L'univers qu'il a créer est unique et n'appartient qu'à lui-même. J'aurai aimé le revoir avant de poster mais malheureusement ma copine détient mon dvd en otage... Et de toute façon l'essentiel a déjà été dit: Ce film est un chef d'oeuvre!

Par contre je n'avais pas connaissance de toute cette polémique concernant la fin. Moi celle que j'ai vu dans mon souvenir

Spoiler:
 

Quelqu'un pourrait-il me dire de quelle fin il s'agit?

_________________

"-Talby, looks like I'm headed for the planet. Going right toward it.
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...
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