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 Un vieux texte pour le jeu X-Wars

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Rufus Shinra
Roi des Petits Gris
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MessageSujet: Un vieux texte pour le jeu X-Wars   Ven 11 Avr 2008 - 8:30

Il y a quelques années, j'étais sur X-Wars, un bon jeu de stratégie spatial sur navigateur Web. J'avais alors proposé mes services pour transformer certains rapports de combat fournis par le jeu en textes plus conséquent.....j'étais alors assez naïf pour avoir fait deux textes. Le premier n'existe plus que sur un ordinateur inaccessible pour le moment.
J'ai en revanche pu retrouver le second. Voilà pour ceux considérant (n'est-ce pas, CM Punk de SGF ? ^^) qu'il n'y a pas assez d'action dans mes textes.

N'hésitez pas à poster des commentaires, mais soyez indulgents, je l'ai fait il y a un peu plus de deux ans (soit avant le début de Effet Papillon)




En orbite haute au-dessus de Barnard,
Système Ross
52ème jour de la 187ème année depuis la colonisation



Le bourdonnement incessant emplissait, malgré sa faible intensité, les baraquements. Sur les couchettes, la majorité dormait tandis que quelques-uns des plus jeunes demeuraient immobiles, les yeux ouverts, à scruter le plafond.
Il fallait toujours un certain temps avant de réussir à dormir à bord d'un vaisseau spatial aussi bien qu'en environnement planétaire, car, quelle que soit l'heure de bord, il régnait toujours un certain bruit. Et si, en théorie, tout le monde était rassuré par celui-ci, qui témoignait du fonctionnement des systèmes de survie, en pratique, il empêchait de dormir ceux qui n'y étaient pas parfaitement habitués, qu'ils soient de jeunes pilotes en première affectation ou des vétérans rentrant d'une permission planétaire.

Le vaisseau était le fleuron de la FSB (Flotte Spatiale Barnardienne), le Valeria. Ce porte-astronef de huit cent mètres de long trônait au milieu de son groupe de combat qui, vu les faibles dimensions de la FSB, était appelé "1ère flotte", flotte qui elle-même croisait près de la station spatiale Andromeda, QG de la FSB et centre de production des chasseurs et corvettes.



Les quelques pilotes qui écoutaient, sans pouvoir faire autre chose après leur journée d'entraînements sur simulateur et en condition réelle, n'eurent pas l'occasion de trouver le sommeil cette nuit lorsque l'alarme se mit à hurler, accompagnée de klaxons et des gyrophares jaunes d'alerte.

Alerte jaune ! Alerte jaune ! Ceci n'est pas un exercice ! Ceci n'est pas un exercice ! Tout l'équipage aux postes de combat !
L'annonceur se répéta plusieurs fois avant de s'éteindre, pour s'assurer que ceux qui venaient de se réveiller en sursaut aient reçu le message.

Les pilotes vidèrent leurs baraquements en moins de deux minutes. Ils n'avaient pris le temps de passer leur uniforme que parce qu'il ne s'agissait pas d'un niveau d'alerte plus élevé. Ils allaient devoir agir, certes, mais pas forcément dans les minutes qui suivaient, ce qui aurait pu être le cas si une alerte rouge avait été déclenchée au CIC.

Tous les hommes et les femmes d'équipage se ruaient vers leurs postes, tandis que l'équipage de quart était déjà en train de s'affairer, les uns à affiner les instruments de mesure longue distance sur la menace qui venait d'être détectée, d'autres à faire passer le générateur à fusion à son niveau maximal, certains à se rendre en salle de briefing pour avoir une idée de ce qui se passait, tandis que les officiers du navire et les chefs d'escadrons se rassemblaient dans le CIC pour recevoir leurs ordres de l'amiral.



-Il y a approximativement 15 minutes, notre réseau de détecteur d'anomalies gravitiques a repéré une série d'impulsions provenant de la limite du système, commença l'amiral Dernet. Nos ordinateurs ont identifié ces impulsions comme étant les traces de l'arrivée d'un groupe de vaisseaux, d'un nombre actuellement indéterminé.
L'Amirauté a immédiatement prévenu le Sénat de cette arrivée, et toute la flotte est en état d'alerte. Bien entendu, s'il s'avère que ces navires sont dotés d'intentions hostiles, ce sera à la 1ère flotte de faire face à cette menace.

Les différents officiers acquiescèrent à l'issue de cette déclaration, puis le commandant du navire, le capitaine de vaisseau Troy Carter s'adressa individuellement à ses officiers :
-Irina, je veux que nous soyons prêts à quitter notre orbite sous 2 heures. Je veux avoir chaque gramme de poussée disponible si l'on doit se retrouver à combattre une armada ennemie d'ici demain.
La chef-ingénieur du bord salua son supérieur, puis quitta le central des opérations, tandis que le capitaine donna ses ordres aux chefs de chaque section, ne s'adressant au CAG, le grand patron des chasseurs embarqués, qu'en dernier :
-Chris, on aura besoin de toi en salle stratégique dès que possible, donc dès que le briefing préliminaire est fait, tu rappliques me voir avec l'amiral.
-Compris, boss, répondit le colonel Christopher "Phoenix" Marshall avant de se diriger vers la section du navire réservée aux pilotes.



......Donc, en résumé, on ne sait toujours pas ce qui est là-bas, mais on ne veut pas prendre de risque. Je veux que les Tux Warriors assurent une patrouille de protection autour de la flotte, les Durendal restant en état d'alerte rouge, temps de réaction 2 minutes et les Ombres se préparent à décoller pour une reco longue distance. Les autres, vous bossez sur les simulateurs. Je me suis arrangé avec les techniciens pour que vous ayez à faire face à une flotte hostile.
Au travail !!

Sur ces mots, le CAG laissa sa place aux cinq chefs d'escadrons, qui se mirent à donner les ordres spécifiques à chacun des groupes d'appareils.

Le vaisseau était étonnamment calme aux yeux de "Phoenix". Une flotte à priori hostile venait de sortir de l'hyperespace à la limite du système, et le vaisseau qui constituait le seul rempart de leur planète était silencieux, à l'exception du bourdonnement continuel des machines. Tandis qu'il se dirigeait rapidement vers la salle des opérations stratégiques, il voyait par des sas laissés ouverts l'agitation qui régnait dans les différents compartiments, où les quartier-maitres donnaient les ordres aux matelots qui se pressaient de tous côtés pour rendre le navire prêt au combat.

Enfin, il arriva devant la salle dont la porte lui fut ouverte par l'un des gardes en faction. L'état-major était en train d'essayer de donner un sens aux informations qu'il recevait de toutes parts, vaisseaux civils, observatoires, scanners.....
Il put se mettre à sa place sans qu'on le remarque et se mit à son tour au travail, commençant à préparer des plans d'opérations pour son escadre, en fonctions des informations dont il disposait.

Une heure plus tard, le brouhaha continuel de la pièce fut assourdi par un juron.
Toutes les têtes se tournèrent vers le lieutenant à son origine. Celui-ci, sans dire un mot, pressa quelques boutons, et afficha sur l'écran principal une photo de moyenne qualité.
D'autres jurons fusèrent, plus faiblement cette fois-ci.
-Des bugséraniens....., dit le CAG. Et bien maintenant, on est fixés quant aux intentions de cette flotte.....






Vaisseau-mère de la XIème flotte régalienne de Tyr VII Aggregator
Heure d'arrivée de la flotte + 42 minutes


Le vaisseau élancé s'orientait lentement vers la nouvelle proie du Royaume à l'aide de ses impulseurs latéraux. Le cuirassé lourd était le fleuron de la technologie bugséranienne, armé de missiles radiologiques, d'armes nucléaires, à plasma et de batteries d'armes à énergie.
Le fer de lance d'une flotte redoutable, qui, comme lors des raids précédents, allait balayer toute opposition avant de piller les ressources disponibles sur la planète.

Le Meneur de Nuées Mortog observait impassiblement la passerelle de commandement de son vaisseau, alors qu'après le saut hyperspatial, sa flotte se positionnait en ordre de bataille, unités légères en avant et sur les côtés, navires lourds au centre et transports de raid derrière, à l'abri des tirs ennemis.

Comme à chaque exercice et à chaque bataille, la coordination des navires fut parfaite, et les différents vaisseaux se rassemblèrent en leurs escadrons respectifs en moins d'une heure humaine. Ce fut alors que Mortog donna l'ordre à la Nuée de se diriger vers la petite planète.


Quatre-vingt quinze masses allongées et asymétriques commencèrent leur trajet vers Barnard.






Pont d'envol n°6 du Valeria
Heure d'arrivée de la flotte + 1 heure et 50 minutes

Pour tout étranger au navire, le déplacement des hommes et des femmes aux tenues disparates aurait pu sembler être désordonné et dénué de sens. Les techniciens allaient d'un bout à l'autre du pont, conduisant des chariots de munitions, amenant les tubes de carburant, vérifiant les appareils, le tout au milieu des cris et du bruit infernal des moteurs en préchauffage.
Le colonel Marshall se dirigeait vers un groupement d'appareils volumineux, d'où ne dépassaient de la coque que les tourelles rotatives, arborant chacune un volumineux canon-mitrailleur et quelques fusées.
Autour des appareils noirs se trouvait un groupe de pilotes en combinaison autonome, qui étudiaient l'un des terminaux d'information du hangar.

-Bon, les gars, dit-il aux pilotes de l'escadron de reconnaissance "Ombre", on vient de charger le plan de vol sur vos ordinateurs de navigation.
Vous décollerez dans dix minutes, continua-t-il, passerez par le champ d'astéroïdes de Raffela, puis vous arriverez en mode furtif sur une trajectoire d'interception au niveau de la flotte bug. L'amiral veut savoir à quoi nous avons affaire, le nombre de vaisseaux, leur classe, s'ils ont une escorte de chasseurs, et s'il y a des transporteurs de troupes avec eux. Dès que vous arriverez à proximité, vous enverrez les infos par laser unidirectionnel au QG.
Vous revenez ensuite à la maison par le même chemin que par lequel vous serez venus.
Des questions ?

Aucun des pilotes ne fit mine de vouloir poser de questions, et Phoenix s'apprêta à leur souhaiter bonne chance, quand il crut bon de leur rappeler une dernière chose :
-N'oubliez pas. N'essayez pas de faire un carton, quand vous serez là-bas. Les infos complètes sur cette flotte valent bien plus qu'un ou deux vaisseaux détruits.


Les pilotes acquiescèrent, et se dirigèrent vers leurs chasseurs.


Marshall savait qu'il n'y avait que peu de chances qu'un seul de ces pilotes ne rentre, mais ils n'avaient pas le choix. Les informations qu'ils allaient récupérer pourraient peut-être révéler une faiblesse dans la formation des vaisseaux ennemis, qui, à en juger par les données des capteurs longue portée, étaient bien plus nombreux et plus volumineux que les navires de la FSB.

8 heures plus tard.....

Les vaisseaux noirs fonçaient dans l'espace interplanétaire, sans aucune lumière ou émission de rayonnement pour trahir leur présence. Leur travail était d'être des trous dans l'espace, et ils le faisaient à merveille.
Le major David "Russo" Campbell activa son système de communication par laser pour effectuer une diffusion général à son escadron :

-Ombre Leader à tous. Il est temps de se réveiller, mesdames et messieurs. Flotte ennemie à 80000 km et en rapprochement. Activez vos lasers de comm et commencez à transmettre au QG.
Il entendit les pilotes lui répondre par l'affirmative et, sur son écran de contrôle tactique, vit effectivement un voyant lui indiquer que les chasseurs transmettaient les communications, les informations des capteurs passifs et bientôt des capteurs actifs au quartier général de la flotte.
-Groupe 1, avec moi, on fait un passage à vitesse balistique sur ces gros bestiaux au centre, on les illumine et on se casse. Groupe 2, avec Tiger, vous occupez les navires-écrans le temps qu'on passe. Groupe 3, Firefly, vous couvrez l'escadron s'il y a des chasseurs ennemis à proximité. Groupe 4, Sandman, vous vérifiez la nature des navires de l'arrière-garde. Avec un peu de chance, ce sont des navires logistiques qui devraient plaire à Durendal.

Les quatre groupes de quatre appareils chacun se séparèrent pour accomplir les objectifs que le major venait de donner.
S'ils survivaient assez longtemps, l'escadron de bombardement tactique Durendal pourrait frapper de manière dévastatrice au sein de la flotte ennemie, pensait Russo.
Survivre assez longtemps, çà va être la vraie difficulté.......


Les seize chasseurs continuaient leur vol vers ce qui allait sûrement devenir le lieu de la première escarmouche d'une bataille désespérée......





Destroyer anti-aérien Nemesis, XIème flotte régalienne.

Le spécialiste de seconde catégorie Raptha scrutait attentivement le moniteur de son scanner interférentiel à balayage, en maugréant silencieusement.
Pourquoi me suis-je spécialisé dans les détecteurs ? Tous mes anciens camarades sont maintenant des guerriers reconnus, avec de nombreuses destructions à leur actif, et moi, je ne suis toujours qu'un spécialiste non-combattant, méprisé à la fois par mes camarades, ma famille, mes officiers et les femmes !!

Je t'en ficherai, moi du "Les radaristes sont aussi importants que les canonniers, soldats." Dans les faits, on ne vaut moins que.... Hein ? Qu'est-ce que ?

Sur le moniteur s'affichaient par intermittence quelques contacts minuscules.
Ils avaient à nouveau disparu.

Sûrement des micrométéorites ferreuses. Mais c'est peut-être des missiles furtifs, aussi...... Si je déclenche l'alerte pour rien, je vais me faire passer un beau savon et dire adieu à toute chance de promotion.



Mais d'un autre côté, les chances de promotion d'un radariste qui ne se distingue pas au combat.....


-Alerte, contacts repérés !! Quatre cibles en approche, présumées hostiles.

Le chef de clan de seconde catégorie du Nemesis s'approcha du radariste qui venait de faire déclencher l'alerte générale :
-Qu'est-ce que c'est que ce foutoir, Raptha ??!! Il n'y a rien ici !! Si tu ne sais même pas regarder correctement le moniteur d'un radar, je ne sais pas ce que tu pourras faire correctem...
L'officier en charge du CIC fut interrompu par une transmission entrante :
-Ici la corvette Fureur. Nous avons repéré les contacts sur nos lidars. Il s'agit de chasseurs furtifs sur une trajectoire d'interception. Nous commençons le combat.

L'officier se retenait d'exploser de rage, ayant été humilié devant ses subalternes.
L'incident aurait pu en rester là si, quelques secondes plus tard, les haut-parleurs n'avaient pas réussi à mettre encore plus en évidence l'incompétence du dit-officier :
-Bien vu !

Raptha essaya alors de désamorcer la situation en lançant un sourire sympathique au chef de clan. Celui-ci, sentant en plus l'injure que lui faisait ce subalterne, sortit sa lame cérémoniale et lui trancha la gorge. S'adressant à un des matelots présent, il hurla :
-Débarrassez-moi du cadavre de cet imbécile.
Puis, à tout le reste de la salle :
-Que cela vous serve de leçon sur ce qu'il arrive lorsque l'on se moque d'un officier supérieur !!

Peu avant que tout ne devienne noir, le malheureux Ralga eut le temps d'établir deux règles à suivre dans la flotte bugséranienne, règles qu'il n'aurait pas l'occasion de transmettre :
1) Ne jamais avoir raison face à un officier
2) La sympathie et la pitié ne sont pas les valeurs requises pour bénéficier d'un quelconque avancement
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Rufus Shinra
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MessageSujet: Re: Un vieux texte pour le jeu X-Wars   Ven 11 Avr 2008 - 8:31

Ombre 7 :

Selthen Derek jura lorsque le voyant rouge clignota de plus en plus rapidement jusqu'à rester allumé en permanence.
-Ombre 7 à Ombres : On est repérés !!

Il n'eut pas le temps d'attendre la réponse de ses coéquipiers, puisqu'un second voyant, bien plus menaçant que le premier, venait de s'allumer.
-Groupe 2, rompez la formation, manœuvres évasives.



Ombre 1 :

-Groupe 1, serrez la formation, et n'activez les capteurs qu'à mon signal, pas avant, s'entendit dire Russo, avant de préparer le programme automatique qui allait activer simultanément contre-mesures, leurres, propulseurs, capteurs et armements défensifs.

Après avoir reçu confirmation de ses coéquipiers; il se mit à observer attentivement le moniteur du scanner passif, qui lui retransmettait l'état du combat que menait le groupe 2 face aux corvettes et au destroyer ennemi.
Après tout, je ne peux rien faire pour eux.......



Les chasseurs du groupe Ombre étaient prévus pour s'infiltrer et recueillir des informations, et, s'ils disposaient d'un armement conséquent, celui-ci était conçu pour être utilisé dans un combat bref, où tous les avantages seraient du côté allié. Bref, pour résumer, en-dehors des embuscades, ils ne valaient rien.
Et cela se vérifiait dans ce premier engagement.

Les deux corvettes avaient lancé une dizaine de missiles chacune sur le groupe 2. Le capitaine Samuel "Tiger" Dermann eût moins de chance que ses coéquipiers, avec sept missiles verrouillés sur son appareil.
L'activation des propulseurs et des contre-mesures électroniques en dévièrent trois. Tandis que les quatre autres se rapprochaient, plusieurs leurres furent projetés le plus loin possible du chasseur, avec pour effet d'attirer l'un des missiles en approche.
Les canons-mitrailleurs eurent très peu de temps pour s'aligner avec leurs cibles, et ne touchèrent qu'un des projectiles mortels.
Les deux derniers pénétrèrent dans la coque du chasseur, explosant à l'intérieur, libérant toute l'énergie contenue dans les 8 kg d'explosifs qu'entouraient des milliers de billes d'acier.

Le chasseur se transforma en un énorme nuage de débris en expansion.

Parmi ces débris se trouvaient les billes d'acier des deux missiles, qui allaient dans toutes les directions à plusieurs kilomètres par seconde.

L'une d'entre elles rencontra l'ailier de Tiger, et, dans sa trajectoire, ravagea l'une des tourelles d'armement, le réservoir de carburant principal et la main gauche de Selthen.
Celui-ci hurla un court instant dans sa combinaison. Un instant d'autant plus bref que la bille ne dépassait que de quelques secondes le dernier missile verrouillé sur lui.

Le missile qu'aurait dû abattre l'un des canons-mitrailleurs si une toute petite bille de quelques grammes n'avait pas eu le malheur de croiser sa route.......



Tout ce que le major Campbell pouvait faire à présent, c'est donner une quelconque utilité à la mort de ceux et celles qu'il côtoyait depuis plusieurs années. Et les informations que son chasseur récupérait représentaient la meilleure manière de le faire.

Alors qu'il s'approchait avec son groupe du cœur de la flotte ennemie, les systèmes actifs se mirent à émettre en direction des différents navires, obtenant des images radar détaillées, des signatures thermiques, des photos de très haute résolution, le tout pendant que les contre-mesures électroniques luttaient contre les ordinateurs de ciblage bien plus évolués et infiniment plus performants des batteries anti-aériennes ennemies.

Repéré bien après le groupe de diversion, le groupe 1 put s'approcher des navires de combat lourds sans avoir à subir le feu des navires d'escorte, spécialisés dans la destruction des appareils de petite taille. Mais si les léviathans ennemis n'étaient pas conçus pour affronter les chasseurs, il n'en demeurait pas moins qu'ils avaient un armement largement suffisant pour anéantir ces moustiques.

Alors que les chasseurs de Russo avaient fait des analyses poussées sur une quinzaine de vaisseaux, l'Aggregator lança une bordée de missiles antinavires en direction du petit groupe.

Les CME firent leur possible pour arrêter ces projectiles, mais sans succès puisqu'ils avaient été lancés sans aucune forme de guidage, juste vers des points couvrant la zone où allaient se trouver les chasseurs de l'escadron Ombre.

Quelques missiles furent interceptés par les propres missiles des chasseurs, puis par leurs canons, mais les autres libérèrent leurs charges à plasma, vaporisant les quatre appareils d'un seul coup.

Leur dernière transmission fut celle des spécifications de ces missiles lourds.





Le quatrième groupe eut plus de chance que ses congénères, n'ayant croisé la route que de transporteurs géants, mastodontes lents et lourdement blindés, mais heureusement sans véritable armement si ce n'est quelques canons antiaériens légers que les chasseurs prirent soin à éviter, dans le cas improbable où ils auraient été repérés par les scanners de veille des transports.


Les quatre survivants de l'escadron de reconnaissance prirent le chemin du retour vers leur planète, où toutes les forces de leur marine se rassemblaient et se préparaient au combat.




Navire-amiral de la flotte Valeria
Environ 150 minutes ensuite

Marshall et les autres assistèrent à la destruction de douze des seize chasseurs, les caméras montées sur ceux-ci affichant les tirs en approche, puis plus rien.
En même temps, les informations affluaient de toutes parts, que ce soit des appareils détruits il y a déjà plus de deux heures, dont les dernières informations arrivaient à peine, ou de la planète, où les derniers transports se préparaient à décoller, chargé des ressources nécessaires à la reconstruction de ce que l'ennemi détruirait.

L'amiral Dernet se leva, et, quelques secondes plus tard, lorsqu'il eut l'attention de ses subordonnés, se mit à parler :

-Comme nous le pensions, la puissance de feu de cette flotte est trop importante pour que nous puissions lui faire subir le moindre revers par une attaque frontale.
Nous avons donc deux jours pour trouver de quelle manière nous allons nous y prendre pour les renvoyer chez eux avec, si possible, pas mal de vaisseaux en moins.

Il se tourna vers chacun des membres de la réunion : "Des idées ?"



Le CAG du Valeria fut le premier à ouvrir la parole :

-On pourrait déjà frapper ces transporteurs. Ils ont l'air peu défendus, et si l'on réussissait à faire passer ne serait-ce qu'une poignée de bombardiers à travers le gros de la flotte, ils pourraient faire des ravages dans leurs rangs, les privant de toute logistique et de toute capacité d'attaque au sol, à moins qu'ils n'envisagent de violer le traité d'Alcor. Mais même des bugs y songeraient à deux fois avant d'oser çà.....

Le traité d'Alcor avait été signé par toutes les puissances spatiales et stipulaient qu'un aucun cas un vaisseau spatial ne pouvait ouvrir le feu sur une cible planétaire proche de civils. Et, vu que la flotte combinée d'une vingtaine des plus grandes superpuissances de l'univers connu avait renvoyé à l'âge de pierre toutes les marines stellaires qui avaient violé ce traité et, par la même occasion, avaient assassiné des milliers, voire plus, de civils, les raids de pillage ne pouvaient compter que sur les forces d'intervention au sol et les transporteurs pour rentabiliser leur déplacement.

-Regardez, continua-t-il, sur cette carte.
Joignant le geste à la parole, il afficha une carte holographique du système stellaire, avec Barnard en vert, leur flotte en bleue et la flotte ennemie en rouge. Il prit un gant spécial et, de son doigt, traça une trajectoire sur la carte, trajectoire qui s'afficha sur la carte en pointillés.
-Si nos chasseurs passent en-dessous du plan de l'écliptique, alors ils pourront sûrement contourner les défenses ennemies, pour frapper son arrière-garde.

L'amiral continua alors, saisissant l'idée de Phoenix :
-Et alors, en plus d'avoir perdu leurs transporteurs, leur attention serait tournée vers les bombardiers, rendant une embuscade possible pour le restant de la flotte.............Elégant. Nous pourrions réussir à leur infliger de lourdes pertes, mais lorsqu'ils se remettront de leur surprise initiale, nous nous prendrons toute la puissance de feu des vaisseaux survivants, et même avec l'avantage de la surprise, je doute que nous puissions détruire assez de vaisseaux pour nous en sortir.


Ce fut au tour de Troy Carter de parler :
-On pourrait peut-être les forcer à se retirer.....leur faire peur

-Expliquez, lui dit l'amiral, en tournant la tête vers lui.

-Et bien, si l'on pouvait leur faire croire que nous avons plus de vaisseaux, et que ceux-ci ne se dévoilent qu'au moment de l'embuscade, ils pourraient croire que nous avons en fait de quoi les repousser.
On pourrait effectuer l'embuscade de manière à avoir une fenêtre d'engagement de faible durée, puis, ensuite, la flotte se dirigerait vers le point où les "autres" vaisseaux seraient en train de se rassembler.

A la place du l'officier en charge de ce raid, j'aurais assez peur si, en plus d'être tombé dans une embuscade, j'apprenais que les forces ennemies sont quatre à cinq fois plus importantes que prévu. Il pourrait peut-être alors décider de changer de trajectoire et de rentrer chez lui avant de subir plus de pertes, surtout si ses transporteurs sont détruits.



Rapidement, l'idée générale du plan fut acceptée, et la partie la plus importante de toute bataille put commencer : sa préparation.
Chacun savait que cette stratégie ne pourrait fonctionner que si toutes les forces spatiales de Barnard coopéreraient parfaitement, du pilote de bombardier jusqu'à l'amiral pour faire gober une couleuvre de la taille d'une ceinture d'astéroïdes aux forces ennemies.....
Ils n'avaient que deux jours pour mettre au point tous les détails des plans d'attaque, de navigation, de logistique et pour les mettre en œuvre.....

28 heures plus tard
Orbite de Barnard



Tous les vaisseaux à capacité spatiale de la planète étaient rassemblés près de la station de commandement, à l'exception de quelques transporteurs qui n'avaient pas été requis pour l'évacuation des ressources, et que l'Amirauté avait réquisitionné puis rempli de matériel de guerre électronique pour pouvoir tromper la flotte ennemie.

Les différents escadrons de chasseurs se relayaient pour assurer une couverture à cet ensemble de vaisseaux tant civils que militaires, garantissant une certaine sécurité au rassemblement.

Francis Ferguson vit sur son radar l'un des appareils passer à quelques centaines de kilomètres de son yacht.
Chaque vision d'un appareil militaire ne faisait que lui rappeler dans quoi il s'était porté volontaire, et, si il se doutait bien que ses chances de survie étaient minces, il réussissait plus ou moins à se reconvaincre qu'il avait fait le bon choix. Non en pensant à toutes ces holovids de batailles héroïques, de héros se sacrifiant pour leur nation, mais juste en jetant un coup d'œil sur la seule chose qu'il avait embarqué avec lui : une photo de sa famille. Malgré tous les accords qui avaient pu être signés, il ne pouvait pas être sûr que ces bugs n'ouvriraient pas le feu sur la planète. N'ayant pas d'entraînement militaire, il ne pouvait pas faire grand chose pour protéger sa femme et ses quatre enfants, mais le peu qu'il pourrait faire, il le ferait.

Tout comme lui, quelques centaines de civils étaient dans leurs navires privés, à attendre les ordres des vaisseaux de guerre. Certains avaient affiché leur peur au moment de partir, d'autres non, mais tous la ressentaient maintenant.



Toutefois, il fut tiré de ces pensées macabres par un appel radio qui emplit la cabine de chaque appareil de cette flotte hétéroclite :
-Missiles, missiles !! A tous les appareils, engagez des manœuvres dilatoires.
Puis, le militaire ayant envoyé l'appel se rendant compte qu'il parlait aussi à des civils, reprit son message :
-Barrez-vous !! Vite, il y a des engins nucléaires dirigés sur vous !!

Deux catégories de personnes se distinguèrent alors dans la flotte : ceux qui avaient peur, et ceux qui paniquaient.
Seuls les premiers purent réagir suffisamment vite pour avoir une chance d'échapper aux engins en approche.

Ferguson avait peur.
Cela ne l'empêcha pas de mettre ses propulseurs à fusion en route et de s'éloigner le plus vite possible du point de rassemblement de la flotte.

Au même moment, les systèmes de défense anti-missiles se mirent à ouvrir le feu vers les engins en approche, ne tirant pas toutes leurs munitions, un combat de grande envergure les attendant à peine quelques heures plus tard.

La bordée de missiles d'interception était sur le point de toucher les premiers missiles lorsque ceux-ci explosèrent, libérant leurs deux mille mégatonnes à l'unisson et balayant ainsi la contre-attaque.

Tous les appareils civils furent privés de commandes le temps que leurs systèmes redondants se mettent en route pour pallier la destruction des systèmes primaires par l'EMP.

Les navires de guerre, avec des composants blindés face aux EMP, n'eurent pas à subir ce contretemps et purent continuer leurs manœuvres, abattant tous les engins qui se dirigeaient vers eux, mais ceci au détriment de la couverture des vaisseaux civils.

Une poignée d'engins passa à travers cette défense. Les premiers explosèrent là où étaient encore rassemblés les navires civils dont les propriétaires avaient paniqué et s'étaient retrouvés ainsi à l'arrêt lors de l'EMP.

Quelques autres explosèrent aux alentours.....

Francis Ferguson aperçut une vive lueur au loin, puis une autre, et ainsi de suite. Il regardait les différents flashs lorsque son regard fut attiré par une lueur différente.
Celle-ci se déplaçait en parallèle à son vaisseau.
Tout d'un coup, cette étoile filante se transforma en énergie pure, consumant son yacht et quelques autres malchanceux.

Malchanceux, tout simplement.
Il avait eu le courage de faire remplir son vaisseau d'explosifs et d'accepter de s'éjecter après l'avoir envoyé sur un croiseur ennemi.
Il avait eu les réflexes nécessaires pour faire partir son vaisseau immédiatement lorsque l'ordre lui en fut donné.
Il avait eu la volonté de protéger sa famille, quoi qu'il puisse lui en coûter.
Mais il n'avait pas eu de chance, et il fut tué brutalement par l'un des missiles tactiques.
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MessageSujet: Re: Un vieux texte pour le jeu X-Wars   Ven 11 Avr 2008 - 8:32

L'amiral donna un autre ordre aux vaisseaux survivants :
-Ici l'amiral Dernet à tous les vaisseaux sous le commandement de la FSB. Départ immédiat pour les coordonnées indiquées sur le plan de vol.
Bonne chance à tous.


Quelques dizaines de vaisseaux de guerre et une quarantaine de vaisseaux civils se remirent en formation, puis prirent se dirigèrent lentement vers l'armada en approche.

Toutes les pièces sont en place., pensa l'amiral en se calant dans son fauteuil.Dès que les chasseurs auront décollé, la partie aura commencé.







Le calme qui régnait sur le pont d'envol principal du porte-astronef contrastait avec l'agitation qui y avait régné lors des premières heures qui avaient suivi la détection des navires ennemis. A présent, les équipes d'entretiens terminaient les dernières vérifications sur les énormes bombardiers, en s'assurant qu'aucun détail ne puisse leur échapper, des systèmes de largage de leurres aux torpilles nucléaires lourdes à modulateur de phase.

Les pilotes étaient sortis de la salle de briefing générale pour mettre leurs combinaisons, et chacun d'entre eux, accompagné de son officier d'arme et de son canonnier se dirigèrent vers les nacelles-habitacles.



La procédure rituelle consistant à vérifier une dernière fois leur appareil était un réflexe automatisé pour chacun des membres d'équipages. Pourtant, elle prit plus longtemps que lors des exercices, cette fois-ci, principalement à cause du fait qu'il s'agissait de la première véritable attaque qu'ils auraient à mener et que leur vie allait, plus que jamais, dépendre du bon fonctionnement de chaque composant des appareils.

Une fois la vérification accomplie, les pilotes armèrent les systèmes d'éjection des nacelles, sous l'œil attentif du quartier-maître assigné à l'appareil d'une vingtaine de mètres de long.
Les capsules autonomes purent alors être insérées dans les chasseurs, où elles prirent le contrôle de tous ses systèmes, affichant autour du pilote et du canonnier une vue des alentours du chasseur, retransmise par des centaines de micro-caméras.



Une fois que tous les appareils annoncèrent que leurs systèmes étaient fonctionnels, ils furent dirigés vers les catapultes électromagnétiques, qui, sur l'ordre de l'officier de pont, lancèrent les différents appareils dans l'espace, sur la trajectoire désignée par le plan de vol.






Quatre heures plus tard :

L'escadron de supériorité spatiale "Tux Warriors" menait l'ensemble de la force de chasseurs et de bombardiers du Valeria. Ses seize appareils étaient pilotés par l'élite des forces spatiales de la flotte Barnardienne, et avaient pour mission d'assurer la sécurité des bombardiers et des appareils de soutien qui les accompagnaient.

Evidemment, vu le nombre de vaisseaux lourds auxquels ils allaient devoir faire face, leur tâche était devenue plus précisément de "protéger le plus longtemps possible les appareils qui les accompagnaient"....

En revanche, ils avaient, en contrepartie de leur infériorité, qu'elle soit numérique, en terme de puissance de feu ou de résistance face aux tirs ennemis, pu se mettre quelques avantages de côtés :
-tout d'abord, ils allaient attaquer en priorité des transporteurs faiblement armés.
-ils disposaient d'un appareil de guerre électronique, ainsi que d'une canonnière de commandement et de contrôle qui allait coordonner leurs efforts de manière optimale.
-enfin, ils disposaient de l'élément de surprise associé à une bonne connaissance des forces ennemies, association extrêmement redoutable lorsqu'il s'agit de se lancer dans la bataille.


-Phoenix à tous, commença le CAG, depuis la canonnière de commandement, on a repéré les transporteurs juste là où les Ombres nous ont dit qu'ils seront. Je vous transmets les infos sur le canal tactique. Il y a en plus deux frégates ennemies suffisamment près pour pouvoir poser problème.
-Tux, vous vous chargez des frégates, Durendal, vous poursuivez l'attaque comme prévu sur les transporteurs, dès que Hanton et ses gars auront supprimé leurs défenses antimissiles, compris ?
Les pilotes de l'escadron de bombardement lourd Durendal et ceux de l'escadron de soutien Killer Bees acquiescèrent, et Phoenix put voir les deux escadrons d'attaque accélérer, tandis que celui de bombardement se fragmentait, chaque appareil s'alignant sur une cible différente.




Tux 1 :
Le lieutenant-colonel Manuel "Chopper" Pasquale fronça des sourcils lorsque son avertisseur de détection lui signala que la frégate que lui et sept autres de ses appareils s'apprêtaient à détruire les avait repéré.
-A tous les appareils, feu à volonté, go go go !!

Simultanément, les seize officiers d'armes des appareils activèrent leurs missiles antinavires, leurs propulseurs à plasma fournissant une accélération de plusieurs centaines de G.

Les frégates, dont l'attention était retenue par les appareils qui venaient à peine d'être détectés, ouvrirent le feu de toutes leurs batteries vers les fusées approchant, mais il était déjà trop tard : l'effet de surprise allié aux assistants de pénétration des missiles ne firent que renforcer l'avantage écrasant que le simple nombre de projectiles procurait aux assaillants.

Si quelques missiles furent effectivement détruits, la grande majorité purent atteindre leurs cibles respectives, transformant instantanément deux frégates de protection modernes en des sphères de plasma en expansion qui se dissipèrent l'instant d'après dans le vide interplanétaire.


Les équipages des transporteurs se rendirent compte qu'ils étaient attaqués, mais, malheureusement pour eux, ils n'avaient pas encore repéré l'autre escadron qui se dirigeait vers eux, et qui, lui, lança tout autant de missiles, cette fois non plus tirés en masse vers les navires, mais avec grande précision dans les dispositifs de défense.

Les impacts ravagèrent ces dispositifs sans qu'ils puissent esquisser le moindre mouvement.

Les capitaines des différents navires eurent à peine le temps de réaliser qu'ils avaient perdu en moins d'une minute toute protection qu'un problème plus important se manifesta.
Un problème de sept mètres de long, un de diamètre et chargé d'une ogive de cinquante mégatonnes, pour être plus précis.
Chaque transport avait l'un de ces "problèmes" verrouillé sur lui, qui accélérait constamment dans sa direction, s'éloignant de l'un des bombardiers de l'escadron Durendal.


Phoenix put voir, devant lui, le cockpit de la canonnière de commandement s'obscurcir automatiquement pour protéger les yeux des pilotes de la série d'explosions thermonucléaires qui venait de mettre un terme à toute possibilité de rentabilité au raid ennemi......

Sun Tsu avait dit que celui qui connaissait ses forces et celles de l'ennemi était assuré de la victoire.....Il semble avoir eu raison jusqu'à présent., pensa-t-il en jetant un coup d'œil à l'écran tactique sur lequel s'affichait encore la soixantaine de navires de guerre ennemis, voyons-voir si il aura toujours raison lorsqu'il s'agira d'affronter des adversaires quatre fois plus nombreux et bien plus armés que nous..........
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Rufus Shinra
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MessageSujet: Re: Un vieux texte pour le jeu X-Wars   Ven 11 Avr 2008 - 8:32

Le centre de contrôle de l'Aggregator était depuis quelques minutes une véritable ruche en effervescence, à l'image de l'aspect insectoïde de ses occupants.
Si cette ruche avait eu une "reine", cela aurait été le chef de Nuées Mortog. Les rapports de détection et de situation lui venaient de toutes parts, à peine organisés par quelques officiers subalternes.
En un mot, malgré l'organisation et l'entraînement, c'était la panique. Certes, une panique qui allait disparaître en l'espace de quelques minutes, le temps que la nouvelle situation tactique soit complètement appréhendée, mais la panique quand même.

Quelques minutes auparavant, la situation était parfaitement identique à celles que la Nuée qu'il menait avait affronté lors des précédents raids, soit le regroupement de vaisseaux indigènes qui venait l'attaquer de manière frontale, avec plus ou moins de manoeuvres désespérées pour tenter de contrebalancer l'énorme différence qui opposait le dit-groupement avec une glorieuse Nuée de raid, tant au niveau quantitatif que qualitatif.

Il avait bien rencontré des petits appareils de reconnaissance ou des engins de petite taille sur lesquels était monté un armement de fortune, mais jamais il n'avait dû affronter des appareils de cette taille spécifiquement conçus pour le combat, et disposant d'armements adaptés.
Il y avait une première fois à tout, et cette première fois était toujours la plus délicate, la preuve en étant la destruction de ses transports.

Un contretemps regrettable, puisqu'après avoir annihilé les structures orbitales et la flotte ennemie, il aurait à faire un aller-retour supplémentaire avec un autre escadron de transporteurs, en supposant qu'il reste suffisamment de ressources sur la planète pour assurer la rentabilité d'un tel retour.

Et la prochaine fois, les transporteurs seront bien plus protégés et mieux équipés...., pensait-il rageusement.

Sortant de ses pensées, il s'aperçut que la situation s'était à nouveau calmée autour de lui : les projecteurs tridimensionnels affichaient la situation telle que les différents navires de la Nuée la voyaient : deux groupes d'appareils, les engins légers qui se ruaient en direction de l'arrière de la flotte, et ceux plus massifs qui s'apprêtaient à entrer à portée de tir.

Il donna l'ordre de détacher l'arrière garde des vaisseaux pour éliminer les appareils légers avant qu'ils ne puissent causer d'autres dégâts, tandis que le restant de ses forces allait accélérer à la rencontre des unités lourdes adverses pour les écraser.

Ses subalternes se mirent au travail immédiatement, attribuant les diverses cibles selon les suggestions des intelligences artificielles qui géraient les systèmes automatiques, le tout pour obtenir une efficacité maximale.




On peut être une civilisation idolâtrant le guerrier et ne pas pour autant être hermétique aux concepts modernes de la guerre spatiale.

Plus précisément, les civilisations étant allergiques à ces concepts ont rarement eu l'occasion de démontrer le bien-fondé de cette attitude. Et vu que si elles remportaient des victoires, elles fixaient les nouveaux concepts de guerre moderne, on peut affirmer sans grand risque que les civilisations ayant survécu aux différentes rencontres qu'offrent l'Univers sont au courant des grands principes du combat dans le vide.


La flotte Barnardienne avait appris, tout au cours de son développement, ces principes.
L'un d'entre eux était de ne jamais rester longtemps face à un ennemi supérieur. C'est donc pourquoi la flotte s'apprêtait à passer sur une trajectoire qui offrait une fenêtre de tir réduite.

Les deux parties en présence suivaient leurs adversaires sur les senseurs longue portée depuis plusieurs heures à présent, et, même si l'un des amiraux avait désiré changer de stratégie au dernier moment, les lois de la physique, ou plus précisément, la poussée des propulseurs des navires des deux flottes, rendaient impossible toute modification d'envergure des trajectoires.

La rencontre ne durerait que huit minutes.
Huit minutes durant lesquelles tous les navires de guerre présents dans ce système stellaire anonyme se tireraient dessus à coup d'armes à plasma, de missiles thermonucléaires, d'ogives radiologiques et de moult autres gentillesses.
Sachant cela, les équipages de tous les vaisseaux s'étaient préparés à lancer un maximum d'engins lors de cette phase qui, si elle était, dans l'absolu, brève, n'en demeurerait pas très très longue pour ceux présents à bord de navires luttant pour leur survie dans un milieu définitivement hostile.



Fenêtre de tir – 6 minutes

L'amiral suivait le déroulement des opérations, même s'il savait qu'il n'avait, en pratique, plus rien à faire, puisque toutes ces huit minutes avaient été préparée et répétées des dizaines de fois le long du trajet.
Chaque homme et chaque femme connaissait son devoir et l'accomplirait le temps voulu. Tout ordre arrivant durant la brève bataille ne serait que source de confusion, mais il ne pouvait pas s'empêcher d'observer la suite d'évènements qui allait sans doute causer la mort de milliers de personnes dans les navires.

Son regard s'attarda sur les chasseurs et leurs appareils de soutien qui rattrapaient tant bien que mal la flotte ennemie.
Ils n'arriveraient pas à temps pour pouvoir se joindre au combat, mais pourraient cependant achever les vaisseaux que sa flotte laisserait blessés et agonisants.

- Cinq minutes avant engagement, annonça un enseigne de vaisseau à quelques pas de lui.

Il regarda à nouveau le chronomètre du plafond.
Celui-ci affichait en chiffres rouge vif le temps restant avant le début des hostilités.

Le chronomètre continua à fonctionner sans problème, et, sans s'en rendre compte, l'amiral se perdit dans ses pensées, et ne fit plus attention à ce qui l'environnait.

Jusqu'à ce que le chronomètre ne cesse de faire défiler ses chiffres et qu'une grande vibration n'emplisse le porte-astronefs.





C'est à ce moment que l'enfer se déchaîna dans ce qui était quelques secondes avant un nuage très dispersé d'atomes d'hydrogènes.

Huit minutes infernales débutaient et, d'un côté ou de l'autre, voire même les deux, quelqu'un allait voir se voir botter son postérieur jusqu'à Arcturus, comme l'avait dit en des termes moins élogieux le capitaine du Valeria Troy Carter, un peu moins de deux jours auparavant, lorsque la question s'était posée de savoir ce qu'il faudrait faire de cette flotte........






Si les deux flottes étaient inégales en termes de vaisseaux présents, les salves qui s'échangeaient étaient aussi nourries des deux côtés. Ce fait apparemment étrange s'expliquait pourtant d'une manière très simple : la FSB, ayant dans ses arsenaux plus de missiles que ne pouvaient en contenir ses vaisseaux, avait tout simplement mis les engins supplémentaires à l'extérieur des vaisseaux, les lançant en même temps que ceux situés dans les navires de guerre, la seule limitation étant le contrôle de tir, limité, des dits-navires.


Chaque officier de chaque navire suivant la progression des deux salves verrait à un moment les deux salves se croiser en un écho unique, un écho qui se dissocierait à nouveau, de manière symétrique, comme si les engins de mort avaient décidé de faire demi-tour de leur plein gré.

Une seconde salve partit ainsi, se dirigeant vers les navires dont la distance diminuait encore légèrement, puis vint le tour des défenses anti-missiles.

Les fusées Barnardiennes ouvrirent le feu en premier, à la fois du fait de la portée accrue dont elles bénéficiaient par rapport à leurs équivalents bugséraniens, mais aussi parce que leurs cibles, étant plus rapides, s'étaient retrouvées plus rapidement dans l'enveloppe de défense active.

Les anti-missiles partirent, contrairement à leurs homologues antinavires, en un ordre clairsemé, activés uniquement quand les ordinateurs verrouillaient un missile qui n'était pas détourné par les leurres et les ECM.

La cadence de tir de ces fusées légères ne cessa d'augmenter alors que les projectiles approchant devenaient plus aisés à suivre.
Les engins ennemis étaient pointés équitablement sur tous les navires de la flotte, puisqu'à cette distance, un destroyer était similaire à un porte-astronefs. La dispersion des tirs joua alors un rôle important pour la survie de la 1ère flotte, puisque le nombre de missiles assaillants demeurait somme toute gérable par les I.A. de défense.

L'amiral Dernet se mit à penser que la situation n'était peut-être pas si désespérée qu'il ne le pensait au préalable, lorsque, tout d'un coup, l'accélération de l'un de ses destroyers chuta brutalement. Le Prestige avait subi coup sur coup quatre impacts de missiles à plasma qui avaient annihilé son faible champ de protection, puis ravagé la section ingénierie et sa passerelle de commandement, transformant le navire en une masse informe qui continuait d'avancer, mais qui prenait du retard par rapport à la flotte.

Il appuya sur un bouton pour ouvrir un canal de communication :
- Prestige Ici Dernet, du Valeria. Quelle est l'étendue des dégâts ici ?

Il attendit une vingtaine de secondes, alors que les anti-missiles partaient pour attaquer la seconde salve, puis se décida :
- Si quelqu'un m'entend : Ici l'amiral Dernet. Rendez vous si possible à l'ennemi. Nous ne serons pas en mesure de recueillir les rescapés......désolé.

Il n'eut pas le temps de se demander si les survivants seraient récupérés par cette flotte, une vingtaine de missiles, ayant traversé sans obstacle le chemin les séparant du Prestige, l'avait transformé en un nuage de débris chauffés par le plasma des explosions et du générateur, dont les systèmes de sécurité n'avaient pu s'activer à temps.

La seconde salve avait touché d'autres navires : un croiseur avait perdu sa baie d'envol légère, tandis que l'une des corvettes avait simplement disparu.

Encore cinq bordées de missiles à affronter.....Autant de chances que notre tactique s'effondre....
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MessageSujet: Re: Un vieux texte pour le jeu X-Wars   Ven 11 Avr 2008 - 8:33

La salve humaine n'avait pas attendue pour autant, et cinq cent soixante missiles foncèrent, non pas sur les différents vaisseaux de l'armada bugséranienne, mais sur huit d'entre eux.

Les huit destroyers de protection de l'avant-garde eurent chacun soixante-dix missiles dirigés vers eux. Si la défense combinée de la flotte fit des ravages parmi eux, cela n'empêcha pas une soixantaine de missiles de survivre au total.

Et si cette flotte bugséranienne aimait les armes à plasma pour ses missiles, la 1ère flotte de la FSB portait sa préférence sur les ogives thermonucléaires à nuage d'hydrogène.

Les énormes fusées arrivèrent à proximité des différents destroyers, et entamèrent la première phase de leur processus de détonation : un réservoir d'hydrogène surpressurisé solide fut envoyé en avant de la fusée, entre elle et sa cible.
Puis, le réservoir s'activa et sublima cet hydrogène, créant un nuage qui allait se disperser très rapidement dans le vide spatial. Mais la fusée thermonucléaire arriva aussitôt après, et sa charge à triple étage fission-fusion-fission de deux cent mégatonnes s'activa. C'était la seconde phase, celle où une arme lourde explosait au cœur d'un nuage encore très dense de gaz, permettant ainsi la propagation d'une onde de choc.
Le problème aurait été suffisamment "intéressant" pour les membres d'équipages des cibles si, en plus, les concepteurs n'avaient pas jugé opportuns de rajouter à leur ogive un certain "côté farce", au prix de l'idée que leurs cibles pouvaient se faire du "fair-play" : L'hydrogène du nuage était en fait un mélange deutérium-tritium, qui eut une certaine tendance à rentrer en fusion lorsqu'il fut soumis aux intenses rayonnements dégagés par le dernier étage de fission de la bombe embarquée.

Pour résumer clairement : chacune des soixante ogives survivantes eut le même effet qu'une explosion de deux cent mégatonnes se produisant dans l'atmosphère, à ceci près que l'onde de choc n'était pas une onde de pression poussant de l'air, mais une onde de pression propulsant un mélange d'hydrogène en pleine fusion thermonucléaire.

Les huit destroyers furent effacés de la flotte bugséranienne, tandis que les navires situés dans un rayon de cinquante kilomètres subirent une diminution notable du niveau global de leurs champs de protection.



La flotte Barnardienne avait décidé de faire payer un prix élevé pour sa destruction quasi inévitable, et le message venait d'arriver vers ses futurs bourreaux.

Et s'ils ne l'ont pas bien interprété, qu'à cela ne tienne : cinq cent autres messages se dirigeaient vers huit nouveaux vaisseaux......, pensait l'officier le plus gradé de la petite flotte.
Bien sûr, le problème reste toujours présent, puisque les salves suivantes seront composées de missiles à ogives non-nucléaire antinavires. Mais au moins, ils devraient être encore plus sur leurs gardes....








Tout semblait indiquer que les défenseurs, malgré leur première frappe réussie, allaient subir un retour de volée magistral, asséné par la Nuée.

Ce ne fut que partiellement vrai
Durant les premières minutes, il y eut à nouveau des cris et de l'agitation alors que tous les officiers et les sous-officiers du poste de commandement voyaient disparaître des destroyers et des croiseurs sous les coups de ces ogives dévastatrices.

L'Aggregator lui-même fut l'une des cibles de la seconde salve humaine, mais, contrairement aux victimes de la première, il réussit à arrêter presque tous les missiles, les deux survivants n'ayant réussi qu'à affaiblir le champ de protection de proue.
Six autres vaisseaux avaient été moins chanceux, et n'eurent d'autre choix que de rejoindre l'avant-garde de la Nuée sur la liste des vaisseaux ayant subi une glorieuse fin.

Puis Mortog était passé, durant ces quelques minutes de bataille, d'une humeur enragée par le revers qu'il subissait à nouveau, à un semblant de satisfaction lorsqu'au final, alors que les deux ennemis sortaient de la zone de tir, onze des vingt-cinq engins ennemis avaient subi le même sort que ses destroyers et croiseurs de protection : une transformation quasi-instantanée en plasma suivie de la dispersion dans le vide de l'ensemble de leurs atomes.
Mieux encore, presque tous les autres vaisseaux étaient plus ou moins endommagés, selon les chutes d'accélération enregistrées par les capteurs.

De son côté, l'escarmouche lui avait coûté vingt-deux vaisseaux entièrement détruits, et six endommagés, parmi lesquels l'Aggregator, qui avait reçu la visite de deux missiles à travers ses boucliers affaiblis.

Un échange plus que favorable, qui ne fait que refléter l'issue des combats, se dit-il, Ces humains se battaient farouchement, et mériteraient d'être reconnus comme de dignes guerriers lors des récits futurs. Mais pour le moment, il va d'abord falloir songer à remporter la victoire de la seule manière possible : avec la destruction totale et complète de cette flotte.
Les historiens se chargeront ensuite de montrer à quel point ils ont su surmonter leur faible nature d'humains pour être de vrais guerriers.




VFB Valeria

Le capitaine Carter se réveilla pour voir un plafond blanc, qui contrastait avec l'éclairage bleu du CIC.
D'ailleurs, où suis-je, si ce n'est pas au CIC ?

Une femme en blouse le croisa du regard et s'approcha de lui :
"Ah ! Vous êtes enfin réveillé, capitaine."
"Que s'est-il passé ?"
"Plusieurs missiles bug sont passés à travers nos défenses, et la passerelle a été touchée. Vous êtes à l'infirmerie, et cela fait à présent", dit-elle en jetant un coup d'œil à l'horloge de bord, "quatre heures que nous avons quitté la zone d'engagement."
"Bien qu'ici il n'y ait pas eu de vrai changement durant ces quatre heures", ajouta-t-elle en désignant l'hôpital du bord, ou les médecins passaient de patient en patient, donnant des consignes aux infirmiers et infirmières qui tentaient de s'occuper des victimes du combat, souvent brûlés sur l'intégralité de leur corps lors des explosions et des incendies provoqués par les missiles.
"Où en est la situation ? Est-ce que le leurre a fonctionné ?", dit alors le commandant du navire.
"Je suis médecin, et pas officier d'état-major, capitaine. Et malgré la situation, je préfère ceci que l'inverse." lui répondit la jeune femme.
"Comment-çà, qu'est-il arrivé aux autres ?"
Le médecin prit un air gêné avant de lui dire :
"Vous êtes le seul survivant. Tous les autres ont été tués dans l'impact du missile qui vous a amené ici."
Alors qu'il faisait mine de se lever, il s'immobilisa et, pris d'une immense crainte, posa la question qui l'inquiétait depuis qu'il savait combien de temps il était resté inconscient. :
"Est-ce que les ordres stratégiques ont été transmis ? Je veux dire, est-ce que l'un des autres membres du staff de commandement a pu transmettre un message avant de mourir ?"
"J'ai bien peur que non, capitaine", répondit la femme, "ils étaient déjà tous morts lorsque les équipes de secours sont arrivées sur place.'

Une ou deux secondes s'écoulèrent sans qu'un seul mot soit prononcé, puis le convalescent brisa le silence :
"Prévenez les transmissions !! Dites-leur d'envoyer le message suivant sur la fréquence Bravo 4 : Lancement de la seconde phase des opérations"
Le médecin prit l'un des téléphones de bord et transmit son message, puis il continua :
"Répétez après moi. Phase deux autorisée par l'officier en charge de la première flotte, capitaine de vaisseau Troy Carter. Code d'accès GZ5VHOD4L0M7"
Le médecin répéta mot pour mot le message de son capitaine, avant de lui demander :
"Que se passe-t-il, monsieur ?"
L'officier lui répondit, d'un air las :
"Il se passe juste que notre stratégie bien huilée vient d'ingurgiter un grain de sable format 45 tonnes, voilà ce qui se passe. Avec ces heures de retard, il est plus que probable que notre plan n'ait aucune chance de fonctionner, alors qu'il aurait sûrement put nous permettre de sauver les meubles autrement."



Quelques minutes plus tard, le groupe de transporteurs resté en près de Barnard activa ses systèmes de guerre électronique, et apparut aux yeux de tout vaisseau à deux milliards de kilomètres à la ronde comme une flotte de soixante navires lourds commençant à accélérer vers la Nuée bugséranienne.



Aggregator


Mortog vit, comme tous ceux présents dans le poste de commandement, cette nouvelle armada apparaître près de la planète ennemie puis se diriger dans leur direction.
La trajectoire qu'avait pris cette première flotte lui avait effectivement permis de rester hors de portée de ses armes durant le restant du trajet, ce qui impliquait une très bonne préparation du combat, confirmée par l'efficacité de leurs tirs lors du bref échange. Pourtant, cette seconde flotte, suffisamment puissante pour l'anéantir, lui et toute sa Nuée, avait attendu bien longtemps avant de se dévoiler.

La première explication qui lui était venue à l'esprit était que cette flotte voulait être sûre de pouvoir engager le combat sans aucune possibilité de fuite pour ses navires, mais quelques instructions données à l'ordinateur réfutèrent cette explication logique : il pouvait encore décliner le combat s'il le désirait.

Il devait prendre une décision, et le savait. D'un côté se trouvait une flotte de taille comparable à la sienne, mais sûrement équipée des missiles et des appareils légers dont il avait fait la douloureuse expérience quelques heures plus tôt. De l'autre se trouvait une incohérence. La maladresse dont celui qui avait donné l'ordre de départ avait fait preuve ne correspondait absolument pas au talent remarquable (pour des humains) qui environnait chaque détail des escarmouches précédentes : positionnement des navires, choix des cibles, navigation, tout était parfait, ou presque.
Et tout d'un coup, une erreur que même un aspirant de première année saurait éviter......

Il jeta à nouveau un regard vers la cuve holographique, où un compte à rebours était à présent affiché : le temps qu'il lui restait pour prendre la décision d'attaquer ou de se retirer.

A quelques centaines de milliers de kilomètres, dans le CIC secondaire d'un vaisseau endommagé se trouvait la même représentation du champ de bataille, et le même compte à rebours. Mais dans cette salle, les rares officiers survivants savaient, grâce à leur capitaine, toute la réalité de la situation stratégique, et la véritable nature de cette seconde flotte.

Un bluff mal joué par un joueur en nage, manquant de faire tomber ses cartes de ses mains tremblantes. Mais ce bluff demeurait leur dernière chance de survie, face à la Nuée, certes meurtrie, mais toujours mortelle.
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MessageSujet: Re: Un vieux texte pour le jeu X-Wars   Ven 11 Avr 2008 - 8:34

La décision prise par le meneur de Nuées fut la seule logique, étant donné les informations qu'il possédait à ce moment, et le fait que, dans sa civilisation, seuls étaient respectés les guerriers téméraires. Peut-être que si la "seconde flotte" s'était manifestée dès la fin de l'escarmouche, la décision aurait été différente, mais maintenant, chacun des humains et des bugséraniens devrait subir les conséquences de cette décision.

Dans les état-majors des deux parties en présence, une certaine tension était présente. Dans le premier, elle résultait du manque d'information sur cette "flotte", tandis que dans l'autre, elle résultait de la quasi-certitude que la bataille serait perdue, même si la flotte ennemie ne ramènerait aucun butin chez elle, si ce n'est des épaves lourdement endommagées en lieu et place de ses vaisseaux.

Le (nouvellement promu) contre-amiral Carter n'avait eu, de tout le débriefing de l'escadre, qu'une seule vraie bonne nouvelle : Phoenix et ses pilotes avaient décidé de prendre directement une trajectoire d'interception vers le Valeria plutôt que de tenter d'attaquer la flotte ennemie alors qu'elle venait de se réorganiser pour les combattre plus efficacement.
Il était certes prévu dans ses ordres de mission qu'il devrait rentrer si l'opposition ennemie semblait trop importante, mais Carter avait craint depuis le début qu'avec de tels ordres, le CAG ne donne l'ordre d'attaquer quoi qu'il en coûte, pour éviter de passer pour un lâche.

Il avait su garder la tête froide et reconnaître une situation défavorable lorsqu'elle se présenta à lui.

Désormais, le plan de bataille était simple : Faire le maximum de dégâts à la Nuée, à l'aide de la flotte, des transporteurs civils volontaires placés en embuscade entre les deux groupes de navires de guerre et enfin des quelques batteries de missiles orbitales.

Un baroud d'honneur, en gros, pensa-t-il alors qu'il suivait la manœuvre d'appontage de près de cinquante appareils endommagés sur un porte-astronefs lui-même blessé.






Les pilotes du Valeria s'étaient entraînés sur simulateurs des dizaines de fois à ce "cauchemar du pilote", où toute imperfection pouvait mener à non seulement la mort du pilote fautif, mais aussi la perte de nombreux autres appareils, dans la mesure où ceux-ci ne pourraient plus apponter sur une baie d'envol ravagée par un crash.

La première consigne était d'obéir à l'officier de pont, quelque soient ses ordres, et quelque soit la fierté du pilote à qui ils étaient adressés.
La seconde était que les appareils endommagés, où malheureusement pouvaient se trouver les équipages comprenant un ou plusieurs blessés, ou en manque d'oxygène, devaient atterrir en dernier. Cette mesure, même si elle pouvait causer la mort des équipages concernés, était indispensable, car c'est ces appareils qui, lors d'une situation d'urgence comme celle-ci, ont le plus risques de s'écraser, et de bloquer les suivants.

Phoenix surveillait depuis sa corvette de commandement et de contrôle toute la procédure d'appontage, pour ensuite s'arrimer sur le porte-astronefs.

Huit appareils avaient déjà pu rentrer dans la baie d'appontage du mastodonte sans autres difficultés que d'avoir une ou deux fois dû interrompre leur trajectoire et la recommencer.
Alors que le neuvième chasseur, Durendal 14, était en phase d'approche, il sentit que la trajectoire n'était pas correcte.
Il connaissait le pilote, ainsi que la manière qu'il avait d'utiliser ces réacteurs d'appoint.
Pour d'autres pilotes, il n'y aurait eu rien à dire, mais pour Falco, c'était différent.

- Falco, ralentis un peu et redresse ton appareil.
- Négatif, patron. L'ordinateur et le contrôleur de vol me disent que la trajectoire est bonne.
- Peut-être, mais moi, je sais comment tu pilotes. Tu fais ce que je te dis, tout de suite !!
- OK, patron, je préviens le contrôleur que je ralentis.

La scène se déroula au ralenti devant ses yeux, alors que Falco commença à redresser quelques secondes trop tard, et avec un peu trop d'impulsion, comme d'habitude.
Puis, au même moment, il ralentit de ses propulseurs d'appoint, les mêmes propulseurs qui l'avaient servi pour se redresser.
Le dernier détail qui précipita la catastrophe fut celui de ses compensateurs inertiels, dont la programmation n'avait pas été parfaite : la procédure standard d'appontage impliquait une absence de chargement offensif, mais dans la situation actuelle, ils ne pouvaient pas se permettre de larguer les torpilles inutilisées pour récupération ultérieure. Les compensateurs eurent donc à la fois à gérer le paramètre de l'attraction du porte-astronefs, mais aussi le déséquilibre causé par les deux torpilles nucléaires restantes, toutes deux situées dans les tubes bâbords.

Au lieu de se repositionner correctement, l'appareil se mit dans un cercle vicieux, où ses compensateurs fonctionnaient mal, et où le système de stabilisation, ne prenant pas en compte la masse des torpilles, stabilisait dans le mauvais sens.

En à peine deux secondes, le bombardier se transforma en une toupille dont la vitesse de rotation augmentait sans cesse.

Falco ne répondait déjà plus aux appels du contrôleur, assommé, ou tué par l'accélération sans compensateurs, et Phoenix hurla dans sa radio :
- Alerte collision. Bombardier en perdition sur vous, Valeria!!

Dans quelques secondes, l'engin hors de contrôle allait percuter à grande vitesse la zone d'appontage, avec ses huit appareils, encore partiellement remplis de carburant et de munitions. Même si les armes nucléaires n'exploseraient pas, grâce aux sécurités, l'impact lui-même et l'incendie qui s'en suivrait ravagerait complètement le navire-amiral, causant l'incapacité pour les appareils restants de se poser et de se ravitailler pour le combat à venir, sans même parler des capacités de combat du vaisseau lui-même.

En un instant, le CAG tapa sur une demi-douzaine de boutons, se maudissant tout autant qu'espérant qu'il ne fut pas trop tard.

Le résultat de sa manipulation fut la désactivation de l'IFF de Durendal 14, son système d'identification ami-ennemi.

La suite fut brève.

Repérant tout d'un coup un appareil inconnu à moins de cinq kilomètres de son vaisseau, le système de défense automatique appliqua sa procédure d'urgence, procédure autorisée par l'état de guerre décrétée quelques dizaines d'heures plus tôt par le Sénat.
Tout d'abord, il prit quelques millionièmes de secondes pour calculer la vitesse de l'engin approchant, ainsi que sa trajectoire probable.
Résultat : vitesse et trajectoire indiquaient une collision imminente.
Son système logique décréta que l'engin était un projectile hostile ayant passé les autres systèmes de détection, et conclut, un millième de seconde après la désactivation de l'IFF, que Durendal 14 était en fait un missile antinavire furtif lancé auparavant.
Ce même système ne savait faire qu'une seule chose dans cette éventualité.

En quelques dixièmes de secondes, l'appareil avança de cent mètres vers le Valeria, tandis que deux canons automatiques se mirent en position de tir, leurs rail-guns rotatifs déjà en charge prêts à tirer.

Les deux canons tirèrent de minuscules projectiles d'acier à seize kilomètres par seconde, avec une cadence de tir de cinq cent coups par seconde, avec un cône de dispersion de deux degrés, causé par de subtiles variations du champ magnétique lors du tir.

Une seconde ensuite, l'appareil continuait toujours sa route, touché par à peine quelques centaines de projectiles.
Cette seconde fut le temps nécessaire aux fusées de courte portée pour partir de leur silo de lancement arrière.

L'appareil fut à à peine six cent mètres du navire lorsque les deux fusées, catapultées vers leur objectif, ayant juste eu le temps de mettre en route leurs propulseurs, explosèrent dans l'appareil, avec leurs charges à plasma.

La majorité des débris s'écrasèrent sur la coque, sans causer de véritables dommages, et seule une poignée d'entre eux réussit à pénétrer dans le hangar, où le personnel présent avait juste eu le temps de plonger à terre en entendant l'avertissement du CAG sur les haut-parleurs.


L'incident n'avait duré que quelques dizaines de secondes, et aussitôt, l'agitation frénétique reprit le dessus dans le hangar, où les hommes et les femmes de la baie d'appontage devaient faire se poser encore une trentaine d'appareils, puis les ravitailler, les réparer dans la mesure du possible, et enfin les préparer à un lancement, le tout en six heures.

Dans une situation de combat réelle, les techniciens étaient soumis à plus de stress encore que les pilotes, et pour eux, la boutade "l'urgent, c'est fini, l'impossible maintenant, les miracles, prévoir 24 heures" devenait la réalité, et tous les vaisseaux dépendaient d'eux pour leur survie. Alors, aussi immoral que cela pouvait être, le deuil du pilote devrait patienter, au moins jusqu'à après le combat........
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Rufus Shinra
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MessageSujet: Re: Un vieux texte pour le jeu X-Wars   Ven 11 Avr 2008 - 8:34

Quelques minutes après "l'incident", les mécaniciens étaient à nouveau sur le qui-vive, préparant le Valeria à recevoir ses appareils. La dernière corvette s'immobilisa sur la coque du porte-astronefs une cinquantaine de minutes ensuite, après six appontages d'urgence et un crash dû à des dégâts sur le train magnétique d'un des intercepteurs.

Si les pilotes et les équipages de soutien tactiques allaient pouvoir se poser deux heures et profiter du calme avant la tempête qu'allait être la bataille en orbite autour de Barnard, les autres membres d'équipages ne chômèrent pas, les uns à réparer ce qui pouvait l'être sur les différents appareils plus ou moins touchés, les autres à s'assurer que les tubes lance-missiles seraient prêts à tirer lorsque le temps sera venu de défendre une dernière fois leur planète.

Les différents pilotes et officiers d'armes avaient théoriquement deux heures de repos avant le briefing et le lancement, mais pourtant, ils ne se reposaient pas. S'entraînant dans la salle de sport désertée du Valeria, donnant un coup de main aux techniciens, ils étaient presque tous occupés, à la fois pour ne pas penser aux pertes passées et futures, mais aussi parce que, physiquement, ils n'arrivaient pas à rester en place, alors que tout le monde autour d'eux s'activait pour leur permettre d'infliger un maximum de dégâts à la flotte assaillante.


Les quelques hommes et femmes qui s'étaient installés au mess jetaient de temps en temps un coup d'œil par la verrière virtuelle qui affichait une image des caméras extérieures. La flotte était blessée, chaque navire saignant, perdant à la fois son oxygène et son carburant, tel un être humain blessé par balle. Mais les blessés continuaient leur marche inexorable, sachant ce qui les attendrait sûrement à la fin.
Certains devaient se dire que le combat n'était pas la seule option, qu'ils pourraient malgré tout tenter de s'enfuir. Ceux-là s'étaient tus, soit par honte, soit en réalisant que même la fuite apporterait la mort, par manque de matériel et de vivres adaptés. Et ceux qui n'appartenaient à aucune de ces deux catégories s'étaient tus quand même, puisque "lâcheté devant l'ennemi en temps de guerre" était un crime qui était traité simplement : le(la) fautif(ve) était tout simplement expulsé(e) de la flotte.......sans combinaison.

Les rares occupants du mess pensaient, sans parler, autour des tables où trônaient des boissons non alcoolisées. Presque tous pensaient à la même chose, aux mêmes amis et camarades qui avaient disparus parmi les débris de leurs appareils, mais nul ne disait le moindre mot. Puis, plus ou moins fréquemment, une personne quittait le mess ou y rentrait, pilote ne pouvant supporter ce silence si lourd de sens, ou cherchant au contraire à se mêler à une conversation autour d'un verre.


Après un temps qu'aucun d'entre eux n'aurait pu mesurer, l'alerte générale fut ressentie comme une délivrance, les appelant à une occupation qui allait sûrement les occuper pleinement sans leur laisser le temps de songer à autre chose.


La salle de briefing des pilotes était moins remplie que quelques heures auparavant, de nombreux sièges vides témoignant des pertes subies par le groupe, prélude au combat qui se préparait.
Chacun prêtait désormais une attention plus que complète aux consignes que leur donnait le CAG, étudiant attentivement chaque aspect du plan de bataille établi par le nouvel état-major au cours des dernières heures.

Un plan simple, et aussi suicidaire que ne l'était la situation actuelle : Les appareils légers attendraient avec les transports civils volontaires, et tireraient des missiles pour couvrir l'approche de ces derniers, puis, lorsque les transports auraient été détruits, soit lors de leur approche, soit en percutant les navires ennemis, ils feraient demi-tour, se ravitailleraient auprès de corvettes spécialisées, puis feraient front à quatre contre un, avec le soutien des défenses orbitales et de la flotte.

Les détails du plan étaient ensuite donnés à chaque groupe de vol sur les écrans individuels, où les pilotes pouvaient voir la partie du plan qui leur revenait, les transports qu'ils auraient à couvrir, la zone de défense de la flotte et tous les détails qui prirent une bonne partie de la demi-heure du briefing.

Lorsqu'il fut sûr que chaque homme et femme sous ses ordres avait pris connaissance des ordres de mission, Christopher leur fit un dernier speech :
- La situation est désespérée, et on est en infériorité numérique complète. Deux raisons largement suffisante pour qu'on leur fasse découvrir que s'il y a une règle intangible dans l'Univers, c'est bien celle-ci : "Cherchez les meilleurs et mourrez dans l'heure" !!

Quelques rires accueillirent la devise de l'escadre embarquée du Valeria, puis, les pilotes se levèrent et se dirigèrent d'un pas rapide vers le pont d'envol, où ils pourraient reproduire le même rituel précédant le décollage de leurs appareils. Seulement, cette fois, il n'y aurait plus d'avantage tactique préparé à l'avance, plus de cibles faciles sinon un groupe de cuirassés avec leurs escortes, sachant face à quoi ils se battaient, et prêts à en découdre depuis l'escarmouche précédente.


Les chasseurs, une fois lancés, se mirent en route pour rejoindre la petite escadre de yacht et de transports civils chargés de plusieurs tonnes d'explosifs lourds et d'un pilote prêt à jeter son vaisseau sans protection au milieu des tirs ennemis dans l'espoir d'endommager voire de détruire l'un des destroyers ou des croiseurs. Ces transports étaient escortés par des chasseurs légers bourrés de munitions et avec quelques officiers assez fous pour se lancer au combat dans une sphère remplie de carburant et d'explosifs, et manquant sérieusement de tout ce qui pourrait s'apparenter à un blindage.

Les appareils se mirent à l'arrêt, sur la trajectoire de la flotte. Les chasseurs étaient devant les transports, couvrant ces derniers de leurs systèmes actifs de furtivité et de brouillage. Ils seraient repérés à un moment, mais au moins, ce serait le plus tard possible, et peut-être même suffisamment tard pour que l'un ou l'autre des transporteurs puisse causer quelques dégâts à leurs bourreaux.

Peut-être.






La formation disparate de chasseurs, bombardiers, corvettes et autres transporteurs était sur le point d'engager les hostilités lorsqu'elle fut devancée par un croiseur avancé, qui lança deux missiles à longue portée, suivis de près par ceux d'autres navires de la Nuée.

Corvette de commandement Home One :
-A tous les appareils, autorisation d'ouvrir le feu !! Protégez les transports à tout prix, les gars !!

Avant même qu'il n'eut fini de donner l'ordre de départ à son escadre, Phoenix put voir sur le moniteur de positionnement les différents appareils se lancer à l'assaut de la formation ennemie.

Russo remercia mentalement les deux corvettes de guerre électronique qui accompagnaient les autres appareils : à elles seules, elles produisaient des dizaines de faux contacts indiscernables des vrais appareils, déroutaient à chaque seconde de nouveaux missiles, et empêchaient les navires ennemis de reconnaître les transporteurs.

Il jeta un coup d'œil vers le vaisseau de livraison orbital qu'il escortait, en souriant quant à la nature de son contenu qu'il s'apprêtait effectivement à livrer, puis reporta son attention sur l'écran de contrôle tactique, qui signalait l'approche de deux missiles sur le dit vaisseau de livraison.

L'une des corvettes brouilla si bien les capteurs de l'un des missiles que celui-ci se retourna et repartit vers la flotte qui l'avait lancé. Même s'il tomberait à court de carburant avant de s'en approcher à nouveau et que sa charge offensive restait minime, la direction qu'il prenait était préférable.
Le second, en revanche, continua sa trajectoire, et rentra dans la bulle de sécurité du transporteur, soit à moins de cinquante kilomètres. Le chasseur de Russo réagit alors en lançant l'un des minuscules missiles d'interception vers le projectile, puis en lui assignant l'un des canon-mitrailleurs du chasseur, au cas où il survivrait au projectile à haute vélocité.

Ce qui ne fut pas le cas, lorsque le projectile guidé par laser et par radar détona à huit mètre devant son objectif, lacérant celui-ci d'échardes d'acier dont la vitesse d'impact se comptait en dizaines de kilomètres par seconde.

Au même moment, les autres appareils du Valeria défendaient, avec plus ou moins de succès, les petits transporteurs.
L'un des cargos les plus volumineux disparut dans un flash éblouissant lorsqu'un missile fit détoner son propulseur à plasma.

Il fut suivi dans la destruction par quatre autres vaisseaux civils, détruits par des projectiles ayant surchargé la défense du chasseur et des corvettes, ou ayant effectué des manœuvres d'approche finale plus rusées que d'habitude.

Alors que le groupe d'attaque approchait, les tirs s'intensifiaient, et il devint évident, vu la manière dont les missiles approchaient leurs cibles, que la couverture des corvettes de guerre électronique avait été percée à jour. Les missiles se dirigeaient presque exclusivement contre les transporteurs civils, de manière plus précise, et ce n'était qu'une question de temps avant que les pertes ne deviennent plus importantes.

L'ensemble des pilotes entendit alors dans leurs écouteurs l'ordre de leur CAG :
- Phase deux de l'opération, les gars, larguez les Lances.

Les Lances étaient des missiles antinavires de moyenne portée prévus pour les chasseurs. Si leur faible charge offensive ne pouvait pas faire de sérieux dégâts à un navire de grande taille, le grand nombre d'impacts que subirait chaque navire aurait, lui, des conséquences dévastatrices.

Et ce même grand nombre de fusées en approche ne ferait que constituer un amas de cibles plus urgentes pour la flotte ennemie que le groupe de transporteurs. La phase deux avait ainsi un but tant offensif que défensif : le tir de cent vingt sept missiles allait à la fois pouvoir causer des dommages, mais aussi protéger les attaquants pendant les quelques minutes où ils allaient franchir les derniers milliers de kilomètres les séparant de la Nuée.



Les ordinateurs gérant la grille de défense anti-aérienne de la Nuée changèrent effectivement de cible, et affectèrent la grande majorité des missiles en attente de lancement sur les projectiles humains.

Le Meneur de Nuées Mortog observait patiemment les petites fusées disparaître les unes après les autres de son écran.
Même si certaines d'entre elles passaient, elles ne toucheraient que peu de navires, et ne mettraient pas en danger la victoire finale, et tout ce qu'il attendait, c'était que les petits appareils rompent leur formation pour revenir sur leur vaisseau-porteur, ayant épuisé leurs munitions.
Mais les petits vaisseaux ne rentraient pas. Au contraire, ils semblaient continuer d'accélérer.


C'est stupide !! Aucun appareil de cette taille ne peut espérer nous faire quoi que ce soit sans missile, et ce serait encore plus stupide de leur part s'ils n'avaient pas tiré un maximum de missiles lors de leur première salve !!


Pourtant, même s'ils font des erreurs, ils ne sont pas stupides. Donc, cette attitude cache quelque chose.


Sur ces pensées, le vieux chef de guerre se mit à étudier les données disponibles sur les vaisseaux attaquants, puis, brusquement, se mit à entrer frénétiquement des ordres prioritaires dans sa console de commande.



Les ordinateurs de défense reçurent un ordre direct du Meneur de Nuée et, contrairement à n'importe quel subordonné face à la même situation, ne posèrent pas de questions et appliquèrent l'ordre.
Les petits appareils revinrent en priorité maximale, et les fusées d'interceptions se mirent à délaisser les Lances pour se diriger vers les assaillants.

Pourtant, malgré la clairvoyance du Meneur de Nuées, il était déjà presque trop tard, et certains des transporteurs allaient à une vitesse telle que les missiles ne pourraient plus les frapper avant leur collision avec les navires de la Nuée.



Ainsi, Russo vit le pilote du vaisseau de livraison quitter son vaisseau qui filait à présent sur l'un des croiseurs ennemis. Le pilote devrait à présent attendre et espérer. Attendre d'être récupéré, et espérer ne pas se trouver sur la trajectoire d'un tir perdu.

Le petit vaisseau, de son côté, entamait son dernier voyage, alors qu'une demi-douzaine de navires se retrouvait illuminée par les impacts des quelques missiles Lances survivants. L'un des destroyers disparut en une boule de plasma lorsque l'un des missiles interrompit momentanément le champ magnétique de confinement du générateur thermonucléaire, mais le vrai danger arrivait, sous la forme d'une vingtaine de transporteurs chargés d'explosifs.

Les canons de courte portée firent des ravages parmi les frêles vaisseaux, les vaporisant en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, mais pourtant, six d'entre eux passèrent les barrages de projectiles et purent remplir leur mission. L'un d'entre eux avait réussi cet exploit par chance, mais pour les cinq autres, l'explication était différente : leurs pilotes n'avaient pas quitté le bord, et avait réussi à louvoyer entre les tirs jusqu'à s'approcher assez près de leur cible.



Mortog vit par les caméras optiques l'un de ses croiseurs se faire éventrer par deux énormes explosions, suivies à leur tour de nombreuses explosions secondaires à travers tout le vaisseau, qui rapidement se transforma en épave calcinée et brisée.

Deux autres destroyers subirent le même sort, brisés par les impacts de navires chargés d'explosifs, tandis que, touché mortellement, un dernier commença à dériver, hors de tout contrôle.


Les appareils restants se mirent enfin à changer de direction pour retourner vers leur vaisseau porteur, mais cette fois, aucun tir ne se dirigeait vers eux, pour la simple et bonne raison que les capteurs de moyenne et longue portée des vaisseaux de la Nuée resteraient aveuglés pendant encore quelques minutes, à la suite des différentes explosions.
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MessageSujet: Re: Un vieux texte pour le jeu X-Wars   Ven 11 Avr 2008 - 8:35

Quelques heures plus tard,



La flotte humaine, déjà blessée et épuisée, était à présent immobile, par rapport au foyer pour lequel elle s'apprêtait à mourir.
Tout était silencieux, dans le vide interplanétaire qui entourait les vaisseaux, et il en était de même à l'intérieur des vaisseaux. Tout d'abord, personne ne semblait vouloir parler, et ainsi briser le silence qui ne survivrait que quelques minutes encore, avant de succomber aux ordres frénétiques que les uns donneraient aux autres dans l'enfer du combat. Mais si les hommes et femmes ne parlaient pas, les machines s'étaient tues parce que les sons ne pouvaient plus se propager dans les vaisseaux : chaque compartiment avait été soumis au vide aussitôt que les équipages avaient revêtu leurs combinaisons souples. Ainsi, pas d'incendie ni de décompression explosive.


Dans les CIC s'affichait le temps avant le départ des projectiles.

Cent secondes.

Les pilotes de bombardiers firent tourner leurs appareils sur tous les axes possibles, pour vérifier le bon fonctionnement de leurs stabilisateurs directionnels, tandis que les obturateurs des tubes lance-missiles étaient éjectés, en vue de réduire le temps nécessaire à un tir.

Quatre-vingt dix secondes.

Le CAG fit quelques modifications mineures de dernière minute au plan de vol du reste de son escadre, modification qu'il transmit par l'intermédiaire de lasers de communication. Il passa alors ses derniers instants de tranquillité à regarder le spectacle toujours magnifique de se planète à travers l'un des rares hublots de la corvette.

Quatre-vingt secondes.

Mortog jeta un coup d'œil à l'affichage tactique pour tenter de déceler un nouveau piège ou une faille dans le système de défense adverse, sans succès, avant d'inconsciemment souhaiter bonne chance aux combattants des deux flottes, en sachant que quelque soit le vainqueur, chacun aurait fait preuve de zaktu, l'esprit du combattant, la plus noble des valeurs du soldat, reconnue chez peu de combattants autres que ses semblables.

Soixante-dix secondes.

Le contre-amiral Carter conforta sa position dans le fauteuil du CIC secondaire, sans dire un mot. Ses pensées oscillaient entre les regrets pour le nombre de morts, passé et à venir, et la détermination pure qui lui dictait de ne penser qu'à l'avenir, si bref qu'il fut, et aux opportunités qui lui restaient de causer autant de dégâts que possibles à l'adversaire.

Cinquante secondes.

Le commandant Peter Jameson, des fusiliers marins, vérifia une dernière fois son fusil automatique, avant de regarder le sas universel de la navette d'abordage, qui s'ouvrirait pour permettre à lui et aux autres commandos du bord de rentrer dans les vaisseaux pour y déposer des charges de démolition. La devise du régiment assigné à la 1ère flotte ressurgit alors de son esprit : La mort est une option. L'échec non.

Quarante secondes.

L'officier de navigation Luan Ti observa tranquillement la carte du futur champ de bataille, puis posa sa main gauche près du bouton de contrôle d'urgence, pour pouvoir assurer le contrôle du destroyer si jamais les systèmes automatiques étaient endommagés.

Trente secondes.

Le technicien de seconde classe Ford craqua. Silencieusement, dans son coin, sans le montrer à qui que ce soit, il abandonna, toute volonté brisée par la seule tension présente avant le combat.

Vingt secondes.

Les cuisiniers, blanchisseurs, et autres personnels non-combattants des navires étaient dispersés dans leurs vaisseaux, sous le commandement d'un lieutenant ou d'un maître principal, pour effectuer les réparations qui allaient bientôt devenir indispensables, et qui ne pourraient être effectuées par les hommes et femmes accomplissant les diverses tâches permettant à un croiseur ou à une frégate de continuer le combat.

Dix secondes.

Dans les différents CIC, plusieurs sous-officiers firent le même geste simultanément, tendant leur bras vers leur console de commande, désactivant les dernières sécurités, et scrutant attentivement le compte à rebours alors que celui-ci finissait d'égrener les chiffres rouges sang.

Zéro.

Le bouton résista une fraction de seconde avant de s'enfoncer.
Il activa alors un circuit, et l'information électrique fut interprétée par chacun des ordinateurs du vaisseau.
Les missiles partirent de leurs tubes de lancement, et commencèrent leur bref trajet qui les mènerait, peut-être, jusque dans les entrailles de l'un des vaisseaux adverses, où leur mission pourrait être achevée avec la détonation de la charge explosive.

Le scénario, identique dans tous les vaisseaux, du bombardier au cuirassé, se conclut par la libération de plusieurs milliers de missiles.


-Tux Warriors, en avant !!, annonça Chopper, qui engagea au même moment ses impulseurs pour se lancer dans la bataille, rapidement suivi du reste de son escadron.

Sans plus de consignes, chaque pilote se dirigea vers quelques uns des missiles, ceux qui lui avaient été assignés et "illuminés" par les navires de commandement.
Ainsi, même si les navires lourds eurent "l'honneur" de tirer les premiers coups, les chasseurs humains furent en fait les premiers à engager le combat, dans leur mission d'interception des projectiles.

Chaque chasseur se rapprocha de la vague de missiles, puis inversa sa trajectoire, pour se diriger vers les cibles des missiles ennemis. De cette manière, ils auraient une plus grande fenêtre de tir pour l'interception. Et chaque seconde supplémentaire pouvait être un missile supplémentaire de détruit, et des vies supplémentaires de sauvées dans la flotte.
Bref, chaque pilote pourrait grandement aider la flotte, même si son appareil ne pouvait pas rivaliser avec les géants qui tentaient désespérément de s'entretuer de chaque côté.

Les premiers missiles antinavires bugséranniens disparurent lors de l'explosion des projectiles intercepteurs lancés par l'escadron humain.
Puis, les tourelles à tir rapide se mirent à attaquer les projectiles, qui ne faisaient pas attention à autre chose que leur cible.

Déchiquetés par les obus, plusieurs centaines d'engins disparurent, libérant les destroyers anti-aériens humains d'un lourd fardeau.
Mais rapidement, les survivants de la première salve distancèrent les chasseurs, qui inversèrent leur trajectoire pour se lancer dans l'interception de la salve suivante.

Ces survivants durent subir le feu défensif de l'armada humaine, et, à l'aide de l'effet combiné des chasseurs, des navires et des installations orbitales, n'arrivèrent jamais à franchir les lignes de défense, le dernier projectile s'évanouissant à deux mille kilomètres de sa cible.

Quelques minutes plus tard, alors que la seconde salve sortait de la portée de tir des chasseurs, la première vague de fusées humaines arriva sur la Nuée bugsérannienne, et quatre survivants vinrent frapper quatre navires différents, navires qui continuèrent d'ouvrir le feu de tous leurs tubes, comme si de rien n'était.

Le combat continua, chaque salve voyant de plus en plus de ses missiles passer à travers les défenses adverses, au fur et à mesure que la distance de vol s'amenuisait.

Puis l'un des missiles frappa le générateur principal du destroyer Forstchen. Son générateur secondaire ne s'activa pas, et son système de défense cessa toute activité.
Le trou dans la grille anti-missile allait rapidement permettre à d'autres missiles de passer.
Le chef-ingénieur du bord Ohlander activa son communicateur et appela la salle des machines, où se trouvait, selon ses capteurs, un survivant, qui pourrait activer manuellement le générateur secondaire, et ainsi combler le vide dans les défenses.

Dans la salle des machines dévastée se trouvait effectivement un homme.
S'il y avait eu de l'air, ou tout autre gaz, dans cette salle, il aurait pu être possible d'entendre le message que l'ingénieur hurlait et qui résonnait dans la petite combinaison souple.
Le propriétaire de la combinaison était parfaitement conscient, et n'avait rien subi qui aurait pu l'empêcher physiquement d'accomplir ce que son supérieur lui ordonnait de faire, mais il ne bougea pas.
Le technicien Ford avait tout simplement craqué quelques minutes auparavant, et était incapable de bouger, si ce n'est de trembler, alors qu'il pleurait.

L'équipe envoyée par l'ingénieur pour activer le générateur ne put voir pourquoi le survivant des machines était resté sans rien faire là où il était.
Les quatre missiles antinavires firent éclater la coque du Forstchen, tandis qu'une dizaine d'autres continuèrent leur route vers le Valeria, sans être pris en charge par la grille de défense.
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MessageSujet: Re: Un vieux texte pour le jeu X-Wars   Ven 11 Avr 2008 - 8:35

La destruction du destroyer de protection déclencha des mécanismes dans les systèmes de gestion du réseau de défense, et les onze missiles en approche se virent affectés aux missiles du Valeria.
Le temps que les missiles ne soient reprogrammés, et les tubes rechargés, six projectiles étaient arrivés dans l'angle mort des intercepteurs, et devinrent la proie des CIWS. CIWS qui, malgré leur cadence de tir et leur précision, n'arrêtèrent que quatre projectiles, alors que les missiles d'interceptions détruisaient ceux à portée de tir.

Les deux missiles restants se dirigèrent vers les hangars.

Une chose exceptionnelle des hangars, durant le combat, est qu'ils restent pressurisés, car un atterrissage d'urgence, ou un crash, peuvent projeter de nombreux micro-débris qui auraient tôt fait de percer les combinaisons souples des techniciens, et de condamner ceux-ci à la mort.

Le premier missile brisa comme des fétus de paille la porte blindée du hangar, et permit au second projectile de pénétrer dans un hangar rempli de réserves de carburant pour chasseur, soit de dihydrogène pur, des dernières munitions pour les dits chasseurs, qu'il s'agisse d'obus ou de missiles, et de nombreux véhicules utilitaires.

Le missile antinavire explosa au milieu de l'ouragan de la décompression causée par la première détonation.


Les explosifs du missile ne firent pas de véritables dégâts structurels dans la hangar.
La réaction en chaîne qu'ils déclenchèrent, elle, fut dévastatrice.

L'explosion fit s'embraser plusieurs arrivées de carburant, alors même que le système d'urgence activait le champ de protection qui remplacerait temporairement la porte du hangar.
Au milieu d'une atmosphère composée regorgeant d'hydrogène, l'incendie prit très rapidement des proportions incroyables, brûlant tout autour de lui, et déclenchant d'autres incendies, qui, à leur tour, provoquaient des explosions et contribuaient à l'enfer qu'était devenu la raison d'être du Valeria.

La secousse ébranla tout le vaisseau, et, à l'intérieur du CIC, tous ceux qui n'étaient pas sanglés furent projetés au sol ou sur leurs consoles.

Le contre-amiral, après s'être relevé, appuya sur un bouton de son écran, et vit s'afficher devant lui une image du hangar, où les techniciens tentaient désespérément d'éteindre les incendies, sans aucun équipement adapté, combinaisons, lances, neige carbonique, qui avaient été détruits lors de l'explosion initiale. Il prit rapidement sa décision, et fit une manipulation sur son moniteur, avant d'annoncer par l'intermédiaire du haut-parleur des hangars :
- Le hangar sera dépressurisé d'ici soixante secondes. Evacuation immédiate du hangar !!



Mais dix secondes après qu'il eut fait son annonce, une fissure formée par l'une des déflagrations laissa passer suffisamment de chaleur, et une sécurité se désactiva, ses commandes brûlées.
Certains des conduits d'aérations se rouvrirent, malgré la situation de combat à bord, et, envoyant de l'oxygène, ravivèrent l'incendie.

Puis la catastrophe arriva, de manière quasi instantanée :

Il y eut un retour de flamme à travers ces conduits, et l'explosion atteint la salle des machines, proche du hangar. Sortant du plafond, l'onde de choc tua les techniciens présents, et endommagea les systèmes de contrôle du générateur à fusion, dont l'enveloppe magnétique fluctua suffisamment pour que le plasma, toujours alimenté, touche les parois, les vaporisant instantanément, et détruisant par la même occasion les électro-aimants supraconducteurs qui le maintenaient au milieu de la centrale.

Le plasma engloutit alors la salle des machines, et continua sa trajectoire, en formant une sphère en expansion qui annihila un tiers du navire en l'espace d'une seconde, le reste étant saccagé par l'onde de choc.


La lueur attira l'attention de tous les yeux ayant pu la voir, et eut une signification claire : la flotte humaine avait perdu.

Même si les vaisseaux restants continuaient de tirer et de recevoir des missiles, le navire-amiral avait été détruit, et désormais, il n'y aurait plus de possibilité pour les chasseurs, pourtant si efficaces, de se ravitailler en carburant et en munitions.


Phoenix assimilait ces informations alors qu'il suivait le déroulement des opérations. L'un des vaisseaux alliés avait rapidement pris, sur son écran, la même couleur qu'avait autrefois l'icône du Valeria, signifiant que son capitaine avait pris le commandement provisoire de la flotte, et, une trentaine de secondes plus tard, il reçut un ordre bref, qui fut celui de se lancer à l'attaque des navires ennemis.

Plus de défense, plus d'esquive, plus d'astuce, plus d'espoir. Juste une attaque, suicidaire, avec toutes les armes, pour donner aux destroyers et aux croiseurs un peu plus de temps à vivre.

Voilà quelle était la dernière mission des derniers hommes et femmes du Valeria, qui avaient perdu amis, maison et chance de survie.

- A tout le monde. Nous avons reçu l'ordre de passer à l'attaque. On fait comme prévu, on couvre les bombardiers le temps qu'ils balancent leurs fusées, et on montre à ces marins ce que c'est que des pilotes de chasse énervés. A tout le monde, bonne chance.

Il se retint de sortir le vieux couplet comico-héroïque de "l'immense honneur d'avoir pu servir avec ces pilotes, et bla-bla-bla" que tous les vieux films 2D de guerre ressortaient dès que la décision était désespérée.
Quand la situation est vraiment désespérée, personne ne sort des absurdités pareilles, puisqu'après tout, personne ne va s'en sortir pour dire à quel point ceux qui meurent à présent étaient ou non des héros. Ceux qui en décideront seront les historiens, et ceux-ci n'auront pas accès aux dernières paroles échangées par les pilotes.

C'est ainsi que la charge suicidaire se déroula, sans baratin inutile, si ce n'est quelques plaisanteries de mauvais goût par certains sur ce qui les attendrait après.


Enivrés par la victoire stratégique que représentait la destruction du seul porte-astronef ennemi, les spécialistes du C.I.C. de l'Aggregator ne remarquèrent pas les minuscules contacts en approche avant que l'un des ordinateurs n'affiche une alerte signalant un verrouillage radar et lidar.
Mais à ce moment-là, le Valeria put frapper son dernier coup, et plus de cent vingt missiles partirent, répartis sur deux cibles, les deux navires les plus importants de la flotte ennemie, tandis que l'ensemble des chasseurs se mit en direction de deux autres navires.


A peine quarante missiles furent stoppés par les défenses, et ainsi trente missiles s'abattirent sur l'Aggregator et cinquante sur l'Al-Khalid. Le second cuirassé, jumeau du navire-amiral s'évanouit dans une nuée d'explosions, indistinctement causées par les missiles embarqués, ou par les soutes à carburant et à munitions s'embrasant sitôt après les impacts.

Le chef de Nuée Mortog survécut, à l'instar de ceux présents dans le C.I.C., grâce au copieux blindage dont celui-ci était fourni, et, rapidement, les rapports d'avarie se mirent à arriver, par l'intermédiaire des systèmes de communication internes encore présents.

Si la destruction des batteries de canons principales et de la soute à missiles était pour le moins gênante, celle des systèmes de communication l'était beaucoup plus, puisqu'à présent, il n'était plus en mesure de donner d'ordres aux vaisseaux de la Nuée.


Les petits appareils payaient à présent le prix de leur succès, cueillis par les défenses anti-missiles des destroyers et des croiseurs, qu'ils tentaient de harceler avec leurs armes inadaptées, espérant suffisamment de chance pour réussir à détruire un composant essentiel, ou au moins rediriger le tir des batteries anti-aériennes depuis les missiles alliés vers eux.
Mais entretemps, le nombre de ces missiles avait encore diminué, alors qu'un croiseur s'était disloqué après l'impact de six d'entre eux dans son flanc.

La corvette de commandement, inutile dans un tel engagement, s'était aussi rapprochée de la flotte ennemie, pour représenter une cible sur laquelle on tirerait certains missiles, missiles qui ne seraient pas utilisés contre la flotte.

Le CAG était désormais responsable des systèmes de contre-mesures passives et actives de la corvette, qui louvoyait entre les missiles, sachant qu'un seul impact direct suffirait pour l'anéantir.

Marshall vit l'un des missiles s'approcher, ignorer les contre-mesures électroniques, dédaigner les leurres et se diriger vers lui. La corvette fit alors une embardée, immédiatement suivie d'une autre, cette fois plus importante.
Quand il put reprendre ses esprits, il vit que la porte séparant le compartiment de pilotage et celui de contrôle était en piteux état, percées en de multiples endroits, tandis qu'autour de lui, les autres techniciens étaient morts ou agonisants, leurs combinaisons laissant s'échapper des bulles de sang là où les éclats étaient passés.

Puis il entendit le bruit.

Un petit sifflement qui venait de sa combinaison, plus précisément de l'endroit où un éclat l'avait déchirée, sans le blesser.
L'endroit d'où l'air fuyait, sans qu'il soit possible de reboucher le petit trou.

Il se désangla alors de son siège, et se dirigea vers le poste de pilotage, où les deux pilotes reposaient, sans vie.

Phoenix dégagea celui qui était en un seul morceau, et s'installa à sa place, en remerciant le ciel que les systèmes de contrôle étaient encore actifs.
Le bouton "Plus proche cible" lui indiqua un destroyer devant lui, et, appuyant sur un autre bouton, fit s'orienter rapidement le vaisseau vers la corvette, et accéléra de toute la poussée disponible vers le navire qui, pour le moment, le dédaignait.


Les canons de défense rapprochée ouvrirent le feu sur la cible en approche, et la touchèrent à de nombreuses reprises, mais la corvette était vide, sans munitions, ni oxygène, et par conséquent, rien ne pouvait exploser à l'intérieur, et le vaisseau continua sa course, troué par les petits projectiles.

L'un d'entre eux toucha Marshall, et la douleur le réveilla alors qu'il avait succombé au sommeil induit par le manque d'oxygène.

Il eut le temps de voir pendant quelques secondes la coque du destroyer se rapprocher à toute vitesse, avant de retomber dans le néant.




Certains des pilotes s'éjectèrent, mais aucun appareil ne put rentrer, tous détruits, soit lors d'une attaque suicide sur l'un des navires, soit tout simplement détruits par les batteries de D.C.A. de la flotte bugserannienne.

Deux destroyers, une corvette et un croiseur furent détruits ou mis hors de combat suite à cette dernière attaque, et, à présent, plus rien ne pouvait s'opposer à la furie des navires survivants, qui dépassaient largement en nombre et en puissance de feu la flotte humaine, privée de son dernier avantage tactique.
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Rufus Shinra
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MessageSujet: Re: Un vieux texte pour le jeu X-Wars   Ven 11 Avr 2008 - 8:36

Le lieutenant Harriman, responsable adjoint du ravitaillement du Valeria se réveilla, et, autour de lui, tout n'était que ténèbres, brisées par un gyrophare jaune coincé et qui éclairait en permanence la même cloison.





Activant la lampe du casque de sa combinaison étanche, il vit la désolation dans laquelle se trouvait le compartiment où il se situait :
Autour de lui flottaient des cadavres dans des combinaisons plus ou moins déchirées, tandis que le sol tremblait, de manière irrégulière.
Pendant quelques minutes, il examina les corps qui flottaient dans l'espoir de trouver des survivants, mais tous s'avérèrent n'être que cela, des corps.

Il commença alors à se diriger dans la direction qui lui semblait être celle des nacelles de sauvetage de sa section, en espérant trouver l'une d'entre elle assez intacte pour lui permettre de quitter l'épave du porte-astronefs.

Certains couloirs étaient infranchissables, soit parce que, lors de l'explosion, un autre compartiment s'était encastré dedans, transformant le tout en un amas de métal froissé impossible à déplacer sans une grue, soit parce que tout simplement, le dit-couloir menait au vide spatial, qu'il n'aurait pas été sage de rejoindre sans moyen de propulsion, ce dont les combinaisons étanches de survie manquaient.

Son errance dura une demi-heure, deux heures, dix minutes, il ne s'en rendit pas compte, plus préoccupé à trouver un chemin viable vers des capsules que par l'heure, mais il arriva enfin devant l'une des sections, où certaines capsules étaient manquantes, probablement utilisées par d'autres survivants dans sa situation.

Ouvrant le sas, il entra dans l'une des nacelles, puis activa le mécanisme de libération.
Simultanément, une balise de détresse universelle fut déclenchée, et commença à émettre un signal que tout vaisseau appartenant à une civilisation pourrait reconnaître comme celui d'un appel à l'aide.

Ainsi, vingt minutes plus tard, Harriman sentit sa capsule se faire prendre par un faisceau de gravité, qui l'attira dans une direction précise. Il put voir dans le hublot de la petite nacelle le vaisseau dont il prenait la direction.



Un destroyer bugserannien.



Tenant son arme prête, il se tint prêt à se défendre lorsque la capsule s'immobilisa dans le hangar du destroyer.

La porte s'ouvrit, activée de l'extérieur, après avoir confirmé que l'atmosphère était respirable, pour laisser voir l'intérieur du vaisseau, qui contrastait avec tout ce que le lieutenant avait pu voir.


Une voix informatisée s'adressa à lui :
- Veuillez jeter vos armes hors de la capsule, et sortir les bras en l'air. Nous vous garantissons qu'aucun mal ne vous sera fait, tel qu'il en a été convenu dans l'armistice.


L'armistice ??!! On a déjà perdu ??, pensa-t-il. Puis il regarda l'heure sur l'affichage de la capsule, et il vit que dix-huit heures s'étaient passées durant son inconscience et sa fuite de l'épave du Valeria.

Quelques minutes plus tard, il jeta son arme, puis sortit, les mains en l'air, de la capsule, où il vit plusieurs créatures non-humaines qui semblaient tenir des armes dans ce qui leur servait de mains.
Après que des entraves lui furent passées, l'une des créatures s'avança et s'inclina devant lui, en disant :
- Le chef de Nuée Mortog a tenu à ce que vous et vos semblables soient traités convenablement, comme les guerriers que vous avez prouvé être, en attendant d'être remis à vos autorités.

Ne sachant quoi dire, Harriman s'inclina, avant qu'une autre des créatures ne lui fît signe de la suivre. Lui emboîtant le pas, il se retrouva quelques minutes plus tard dans l'une des cellules, où se trouvaient les officiers prisonniers qui avait survécu à la bataille et que ce navire avait récupérés.

Alors que les geôliers apportèrent de la nourriture et de l'eau, il apprit de la part des autres officiers ce qui était arrivé après la destruction du Valeria : la charge de l'escadron, décrite par l'un des canonniers qui s'étaient éjectés, après avoir perdu son pilote, puis la destruction complète de la flotte à coup de missiles dans l'heure qui suivit, pour terminer par la reddition du gouvernement planétaire.
Ce qui surprenait le plus les hommes et femmes présents avait été l'attitude de ce Mortog, qui avait soi-disant donné l'ordre à la flotte de secourir les humains rescapés malgré les pertes qu'ils lui avaient fait subir, alors que les bugs étaient connus pour leur absence de pitié avant, pendant et après les combats, mais, surpris ou pas, ils lui en étaient reconnaissants.


Quelques heures plus tard, une navette barnardienne vint les récupérer, et ils furent ramenés sur la station orbitale pour un débriefing, avec les autres survivants. Ils eurent l'occasion de raconter aux membres des services de renseignements à quoi ressemblait l'intérieur d'un des vaisseaux bugserannien, de signaler tout détail, anodin ou non, puis, après une période de quarantaine, eurent un congé exceptionnel, assorti, pour la majorité, d'une promotion, puisque, en tant que rares officiers vétérans, c'était à eux que revenait d'assurer la reconstruction de la flotte et de son personnel si, un jour, Barnard voulait à nouveau être une puissance militaire.



Lorsqu'ils purent avoir accès aux médias de leur planète, les survivants apprirent quelque chose de plus étonnant encore que le traitement auquel ils avaient eu droit : le meneur de nuée s'était engagé, au nom de son empire, à ne plus revenir dans ce système stellaire avec des intentions belliqueuse, ainsi qu'une protection, le tout sans un quelconque "impôt" ou contrôle sur le gouvernement.
Une alliance, en somme.
Cette décision avait, dès son officialisation, fait couler beaucoup d'encre dans les journaux, qui s'interrogeaient de la raison d'une telle générosité, alors que cette attaque n'avait pu rapporter de ressources quelconques et avait coûté terriblement cher à l'agresseur en termes de vaisseaux.







Croiseur Bloodfang, nouveau vaisseau-mère de la XIème flotte régalienne

Le Meneur de Nuées était partagé lors de ce voyage de retour. D'un côté, il avait perdu une grande partie de sa flotte, mais, de l'autre, il avait remporté un butin qui valait plus que toute sa flotte réunie, comme la bataille qu'il venait de remporter l'avait prouvé.
En échangeant une paix durable contre les plans de ce porte-astronef, de ses appareils et de ces missiles nucléaires spéciaux, Mortog venait de donner à son empire les outils pour mener à bien des conquêtes militaires sans précédents........



FIN


Je pense que vous comprenez désormais pourquoi je me suis qualifié de naïf à cette époque : Il m'a fallu une bonne semaine pour illustrer un combat tel qu'il s'en produit des centaines par minute dans ce jeu.
Résultat, j'ai préféré me lancer dans Effet Papillon ^_^;
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Webkev
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MessageSujet: Re: Un vieux texte pour le jeu X-Wars   Ven 11 Avr 2008 - 23:17

Je ne vois pas ce qu'il y a à jeter dans ce texte. La tension du récit est palpable du début à la fin. Un excellent rythme, des détails permettant une excellente visualisation des scènes de combats, des stratégies bien pensées, des retournements de situations, des imprévus...

Tu nous as servi là un excellent mélange, savamment dosé, avec tous les ingrédients nécessaire à un récit de bataille superbe.

Je tire mon chapeau bien bas clap!
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Vyslanté
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MessageSujet: Re: Un vieux texte pour le jeu X-Wars   Mer 16 Fév 2011 - 21:19

Je ne sais que dire...


C'est vraiment un bon, très bon texte !

Tu parviens à nous immerger dans cette bataille, avec tous ses retournements et autres imprévus, et je dois dire que quand j'ai vu "FIN" j'ai été assez déçu ^^

Bref, un texte qui donne envie poursuivre dans la découverte des oeuvres de l’auteur ! (tiens... c'est une idée, ça... j'en connais qui vont bien aimer !)


Au fait, je sais pas si c'est moi, mais j'ai senti une influence Honor-harringtonienne...


Une nouvelle fois, bravo clap! !
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Rufus Shinra
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MessageSujet: Re: Un vieux texte pour le jeu X-Wars   Mer 16 Fév 2011 - 21:22

Citation :
Au fait, je sais pas si c'est moi, mais j'ai senti une influence Honor-harringtonienne...
Touuuuuute petite, l'influence XD En gros, c'est ça et la fic "Hold The Line" de l'univers Wing Commander, côté inspiration (HTL pour l'aspect chasseurs). Heureux que ça plaise, en tout cas ! ^_^; Le truc, c'est que, bête comme j'étais, je m'étais proposé pour faire des RP à la demande sur leur forum, et puis je me suis rendu compte que c'était un peu long à rédiger, ces saletés.
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Un vieux texte pour le jeu X-Wars
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